Adem Yildiz, Ilgin Guler et Memet Dogan, trois militants antifascistes turcs sont menacés d’expulsion (voir nos précédents articles sur Adem Yildiz ici et ici, sur Ilgin Guler ici). Deux d’entre eux sont réfugiés politiques et ils sont tous trois en ordre de papiers: c’est leur engagement politique contre le régime turc qui est donc jugé problématique par la France. Dans les DGSI, les reproches sont entre autres d’avoir participé à la Fête de l’Huma, au 1er Mai, à des manifestations pour les prisonniers politiques, des concerts de Grup Yorum, etc. Le procès de Memet Dogan aura lieu le 24 mai (l’audience du 19 avril a été reportée pour absence d’interprète).

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Berkin Elvan était un adolescent de 15 ans tué par une grenade lacrymogène le 11 mars 2014 après avoir passé une dizaine de mois dans le coma. Le procès de ses assassins, des policiers turcs, commençait aujourd’hui. Hier, à la veille de l’audience, la police a attaqué la famille, aujourd’hui elle attaque les avocats à l’intérieur même du palais de justice. On peut voir les avocats, toujours en toge, se faire attaquer sur la vidéo suivante. Le procès à plusieurs fois été obstrué et ajourné, les policiers qui sont jugés n’ont d’ailleurs jamais été privés de liberté. La mort de Berkin avait provoqué une vague de manifestations et de révoltes. Le DHKP-C lui avait également dédié plusieurs attaques à sa mémoire.

Turquie: La police attaque les avocats au procès des meurtriers de Berkin Elvan

Erdogan Cakir (militant marxiste kurde du Front Populaire) est en grève de la faim depuis le 13 février dernier, suite aux fouilles corporelles à nu qu’il a subit dans le centre de détention de Villenauxe la Grande. Un rassemblement aura lieu devant le centre de détention de Villenauxe la Grande, ce samedi 18 mars 2017 à 14h.

Erdogan Cakir

Erdogan Cakir

La manifestation qui devait avoir lieu ce matin à 10h à la Place du Luxembourg a été attaquée par la police. Selon la police, toute manifestation ayant trait à la Turquie est interdite pour le moment « par craintes d’attaques » de la part des fascistes turcs. La police a appliqué elle-même cette règle moins d’une minute après le début de la manifestation en arrachant la banderole des mains des manifestants avant de les plaquer au sol et de les traîner dans la boue. Quinze manifestants ont été colsonnés durant une vingtaine de minutes et relâchés après prise d’identité. La police de Liège avait également empêché une distribution de tracts pour la libération de Musa à la Place Saint-Lambert il y a trois jours.

La soirée de solidarité qui avait lieu hier soir au Sacco-Vanzetti a elle été un succès, avec une salle comble, un repas solidaire, une projection d’une interview de Musa Asoglu et une intervention du Comité « Liberté pour Musa Asoglu ». Des milliers de tracts informant de la situation de Musa ont été distribués à la Place de la Monnaie quelques heures avant.

30 secondes avant l’intervention de la police, le 22 février dernier

Adem Yildiz, un jeune marxiste originaire de Turquie âgé de 27 ans qui avait été menacé par la préfecture du Val d’Oise d’être expulser, en raison de son engagement politique contre le fascisme en Turquie et ses activités militantes (voir notre article). Aujourd’hui c’est Ilgin Guler qui est confronté à une procédure semblable: la préfecture de Seine et Marne a entamé une procédure d’expulsion car le Préfet pense que l’expulsion d’Ilgin Guler « constitue une nécessité impérieuse pour la sûreté de l’Etat ou la sécurité publique ».

Ilgin Guler est en France depuis plus de 10 ans avec un titre de séjour en règle. Il est arrivé en France auprès de sa mère (réfugié politique à l’époque) à l’âge de 17 ans par regroupement familial. Il défend ouvertement son engagement contre le fascisme en Turquie. On lui reprochela diffusion de revues (légales en France et en Turquie), présence à la fête de l’Humanité, organisation de rassemblements et de manifestations, organisation de concert de Grup Yorum, soutien affiché aux prisonniers politiques turcs et kurdes… Toutes ces activités militantes sont directement reliées par le ministère public au DHKP-C. Procès le mardi 31 janvier à partir de 9h30, Tribunal de Melun, 2 Avenue du Général Leclerc

Le palais de justice de Melun

Le palais de justice de Melun

Les dernières opérations de guérilla urbaine menée par le DHKP-C, les tirs de roquettes contre le quartier général de la police et le siège de l’AKP à Istanbul, (voir notre article d’hier) auquel il faut peut-être joindre le mitraillage d’une patrouilleuse de police ce samedi matin à Esenyurt, district de la rive européenne d’Istanbul, font suite (et répondent) à une série de revers subis par l’organisation.

Nous avions parlé de la mort de deux combattants dans le Dersim (voir notre article) mais c’est un total de seize guérilleros que le DHKP-C a perdu dans la région à la fin de l’année, dont dix dans un seul bombardement de l’aviation turque. A ces pertes se sont ajouté l’arrestation dans la province d’Izmir de Çiğdem Ş., présentée comme une dirigeante de l’organisation pour la zone égéenne. Agée de 35 ans, elle avait déjà été arrêtée en 2012, soupçonnée d’avoir planifié une attaque contre la police, et avait été libérée en 2016. Jeudi 19, une vaste opération anti-DHKP-C a eu lieu dans le district d’Okmeydanı à Istambul a débouché sur 5 arrestations.

L’opération policière à Okmeydanı

L'opération policière à Okmeydanı

Deux guérilleros du DHKP-C ont été tués dans un bombardement de l’armée turque avant-hier, 28 décembre, dans la vallée du Cat, dans la région montagneuse du Dersim. Leyla Aracı et Mahir Bektaş appartenaient à l’Unité de guérilla rurale du Dersim du DHKP-C. La veille, un sous-officier de l’armée turque avait été tué par la guérilla dans le Dersim.

Leyla Aracı, combattante du DHKP-C

Leyla Aracı, combattante du DHKP-C

Les autorités allemandes détiennent Musa Asoğlu, un responsable du DHKP-C. Musa Asoğlu a été arrêté au début du mois à Hambourg lors d’un raid des services anti-terroristes dans un appartement. 9 autres personnes suspectées d’êtres liées au DHKP-C avaient été interpelées lors de cette opération. Musa Asoğlu figure parmi les militants les plus recherchés par la Turquie mais aussi par les USA: le département d’État des États-Unis offre depuis 2014 une récompense de 3 millions $ pour toute information menant à son arrestation – un militant du DHKP-C ayant mené une attaque kamikaze contre l’ambassade des Etats-Unis à Ankara en février 2013, tuant un garde de sécurité turc.

Musa Asoğlu avait été un des inculpés du dossier DHKP-C en Belgique. A l’issue de sept procès successifs, la cour d’appel de Bruxelles avait écarté les accusations de « terrorisme », d' »association de malfaiteur » et « d’organisation criminelle » pour Asoglu, Saz et Erdal (voir notre article). Le délai raisonnable étant dépassé, Musa Asoglu, a été condamné à trois ans de prison avec sursis.

Musa Asoğlu

Musa Asoğlu

Une explosion, qui aurait été provoquée par un motocycle piégé, s’est produite aujourd’hui jeudi près d’un poste de police dans le quartier de Yenibosna dans la partie européenne d’Istanbul, non loin de l’aéroport international Atatürk. L’explosion a fait dix blessé. De nombreuses ambulances ont été dépêchés sur les lieux. Des témoins ont dit CNN-Turk qu’ils ont entendu une puissante explosion, ainsi que des coups de feu. La police turque a bouclé la zone. L’opération semble être le fait de la guérilla urbaine du PKK, même si ce commissariat avait déjà été attaqué en 2012 par un commando du DHKP-C.
EDIT: L’action a été revendiquée par les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK).

Le point de l’explosion

Le point de l'explosion

La tentative de coup d’état a déclenché une immense offensive de la part de l’AKP contre toute l’opposition. Mis à part les purges géantes qui ont lieu dans l’armée et le système judiciaire et les manifestations pro-Erdogan qui défilent en scandant « Allah Akbar », des affrontements ont éclaté dans plusieurs villes du pays entre pro et anti-AKP.

Dans cette vidéo, on peut voir les habitants d’Armutlu (Province de Yalova) qui mettent en fuite les militants islamistes:

A Gazi, le quartier rouge d’Istanbul, massivement habité par des Alévis et des Kurdes, les militants d’AKP ont été escortés par la police, ses blindés et ses autopompes, lors d’une manifestation pro-Erdogan. Les manifestants islamistes ont rapidement été chassés par les habitants et des émeutes ont suivi durant la nuit.

L’auto-défense armée à Gazi

L'auto-défense armée à Gazi