Au cœur du conflit, la méthode utilisée par trois organisations syndicales pour mobiliser les cheminots pendant trois mois sans trop peser sur leur feuille de paie. La formule de la grève en pointillé – deux jours de débrayage suivis de trois jours de travail puis de deux jours de grève pendant trois mois – va déclencher une bataille juridique entre syndicats et direction.

La SNCF part du principe que les dix-huit préavis de grève étalés sur trois mois déposés par les trois organisations syndicales ne forment qu’un seul et même mouvement social. Ce qui permet à la direction des ressources humaines de mensualiser le calcul des jours de repos. Ainsi, sur un mois complet, un gréviste assidu verra sur sa feuille de paie 15 jours décomptés de sa paie au lieu des 10 journées de débrayage. La CFDT-cheminots va déposer une procédure d’urgence en référé devant le tribunal de grande instance de Bobigny.

La grève à la SNCF

Quatre Italiens et deux Suisses ont été placés en garde à vue dans les Hautes-Alpes. Ils sont accusé d’ « aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire national et en bande organisée ». Ces militants avaient participé ce dimanche à une expédition en solidarité avec les migrants qui passent par différents cols des Alpes pour arriver en France. Les gendarmes ont essayé en vain d’empêcher l’entrée en France des activistes et des migrants qui les accompagnaient. Cette action était une réponse au coup médiatique des « Identitaires » qui prétendaient avoir fermé le col de l’Échelle.

Six arrestations après l’action solidaire du col de Montgenèvre

L’amicale « Verts Chers » a incendié quatre dépanneuses dans la nuit du dimanche 22, à Saint-Herblain, en soutien à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Ces dépanneuses, appartenant à l’entreprise de dépannage « Louis XVI », avaient servi à saisir des véhicules des occupants de la ZAD. L’entreprise « Louis XVI » collabore depuis plusieurs années avec la gendarmerie. Elle avait déjà participé au musellement d’une opération « escargot » (une action de ralentissement de la circulation), menée en 2016 en soutien à la ZAD.

Le site officiel des occupants de la ZAD a salué cette action de résistance et de sabotage. (plus d’infos ici).

France : Quatre dépanneuses incendiées en soutien à la ZAD

A l’aube de ce vendredi, la faculté de Tolbiac, occupée depuis le 26 mars et symbole de la résistance étudiante à la réforme des universités, a été évacuée par les forces de l’ordre. L’opération, menée par une centaine de CRS, s’est déroulée très rapidement aux alentours de 5 heures du matin, en période de vacances scolaires. Entre 50 et 100 personnes passaient la nuit sur place – un amphithéâtre ayant été aménagé en dortoir. Les occupants évoquent pêle-mêle des coups de matraque, des corps traînés sur le sol et trois blessés dont un grave.

L’intervention policière à Tolbiac

L'intervention policière à Tolbiac

Ce mardi, un zadiste belge, présent à Notre-Dame-des-Landes, a été condamné à huit mois de prison ferme et à verser 1600 euros de dommages et intérêts à deux gendarmes. Il était accusé d’avoir aspergé à l’extincteur des gendarmes mobiles et avait accepté de passer en comparution immédiate.

Par ailleurs, trois autres zadistes avaient été condamné la veille à des peines de cinq et six mois de prison avec sursis, pour avoir jeté des projectiles sur les gendarmes. Un autre zadiste est en détention préventive dans l’attente de son procès. Dans chacune de ces affaires, le procureur de la république a appelé à marquer les esprits avec des « peine exemplaires ».

Les affrontements à notre-Dame-des-Landes

Une action de soutien à la ZAD a été menée dimanche contre l’ambassade de France auprès de l’Union européenne à Bruxelles à coups de patates et de peinture. Un rassemblement d’information s’est tenu à Liège, également dimanche, au marché de la Batte. Dans le Couvinois, une banderole de soutien à la ZAD a été placée sur la N5 en direction de la France. Pour rappel, un rassemblement vendredi devant l’ambassade de France avait été nassé par la police (voir notre article)

A Bruxelles…


… et à Liège

A Bruxelles...
... et à Liège

Demain mardi 17 avril, à l’occasion de la Journée internationale des prisonniers palestiniens, un rassemblement aura lieu à 18H sur la Grand Place de Lille (Place du Général De Gaulle -Métro Rihour). Ce rassemblement appellera à la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Notre Secours Rouge participera à ce rassemblement.

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Alors que la grève des salariés de l’usine de fabrication de sandwiches et de salades Daunat à Chambry a pris fin jeudi, 13 d’entre eux ont reçu un courrier samedi matin les informant leur mise à pied en vue d’une mesure de licenciement pour faute lourde. Les 13 anciens grévistes, qui font partie de l’équipe hygiène de nuit, ont reçu ce courrier en main propre par huissier. Ce courrier ne mentionne aucun motif et précise que les salariés seront reçus lors d’entretiens individuels du 24 au 26 avril. En attendant, ils ne peuvent pas reprendre le travail.

La grève chez Daunat Picardie

La grève chez Daunat Picardie

Ce dimanche, la coordination des occupants avait donné rendez-vous à l’ouest d’une route qui traverse la ZAD, le long d’un chemin dit de Suez. Vers 11H00, quelques centaines de zadistes ont tenté de passer à l’est de la route afin d’aller reconstruire les lieux détruits. Les gendarmes ont tiré des grenades lacrymogènes et de désencerclement. Les soutiens aux zadistes, ont afflué depuis le milieu de matinée vers le lieu de la manifestation. Plusieurs milliers de manifestants étaient dispersés dans la zone du chemin de Suez en début d’après-midi, notamment dans les bois environnants.

D’importants barrages routiers de gendarmes étaient installés sur les principales voies d’accès de la ZAD dimanche matin. Les gendarmes laissaient passer les personnes après une fouille des sacs. L’État français a appelé les occupants de la ZAD, expulsés ou non, à régulariser leur situation avant le 23 avril. L’équipe médicale des zadistes, a rapporté que depuis le début de la semaine, au moins 148 personnes ont été prises en charge, victimes d’éclats de grenades ou souffrant d’hématomes ou d’atteintes neurologiques (vertiges, céphalées, confusions), conséquence des explosions. Plusieurs journalistes couvrant les incidents ont également été blessés.

Ces derniers jours, plusieurs manifestations de soutien aux expulsés ont eu lieu, outre celle de Nantes (voir notre article). Une manifestation de 1.000 à 2.000 personnes à Montpellier, s’opposant à divers aspects de la politique de Macron, dont l’expulsion de la ZAD, a elle aussi donné lieu à des affrontements: 51 personnes ont été interpellées, 43 étaient encore en garde à vue ce dimanche. A Bruxelles , vendredi, une trentaine de manifestants réunis devant l’ambassade de France ont été nassés et ont subis un contrôle d’identité général. A Montréal une manifestation sauvage est partie du métro Mont-Royal et s’est terminés à l’intérieur de l’Université du Québec.

A Montpellier hier samedi

A Montpellier hier samedi

Entre 7000 et 10000 personnes solidaires de la ZAD ont manifesté dans les rues de Nantes, encadrés d’un millier de policiers et d’un hélicoptère. Après un début calme, les CRS ont dû répondre à un jet de pierres sur leurs camions par un premier tir de gaz lacrymogènes. Des vitres ont été brisées et des feux de poubelles allumés par des groupes mobiles restés actifs après la dispersion du cortège. 12 manifestants ont été arrêtés et les autorités signalent 64 blessés parmi les forces de l’ordre (dont 2 ont été conduits à l’hôpital).

EDIT 15/4:
Le procureur général fait le point ce dimanche soir sur les 12 mesures de garde à vue en cours. Trois hommes ont été remis en liberté dans l’après-midi après avoir reçu une convocation à comparaître ultérieurement devant le tribunal correctionnel de Nantes. Six hommes seront déférés lundi matin au parquet de Nantes. Ils seront jugés l’après-midi en comparution immédiate. Deux mineurs seront eux aussi déférés lundi matin au parquet de Nantes afin de comparaître devant le tribunal pour enfants. Une garde à vue a enfin été prolongée par le parquet de Nantes sans qu’une décision judiciaire ait encore été prise à cette heure.

La manifestation de ce samedi à Nantes

La manifestation de ce samedi à Nantes