Le 5 février 2026, deux policiers nationaux ont été jugés au tribunal de Bobigny pour des violences commises le 28 août à Saint-Denis, où l’un avait giflé et craché au visage d’un jeune habitant de La Plaine tandis que son collègue restait passif. Filmée par une riveraine et largement diffusée, la scène a contredit les déclarations mensongères du policier mis en cause et a permis d’engager des poursuites judiciaires. Auteur de l’agression, l’agent Alexandre M. a été condamné à six mois de prison avec sursis et à une interdiction d’exercer sur la voie publique pendant deux ans. Son collègue, Baptiste D., présent lors des faits et resté passif face aux violences sans intervenir pour les empêcher, a également été reconnu coupable et condamné à deux mois de prison avec sursis.

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Le vendredi 6 février, les autorités israéliennes ont expulsé Camille (22 ans, de Chambéry) et Momo, deux membres de l’organisation International Solidarity Movement (ISM), après le rejet de leur appel. Arrêtés le dimanche précédent en Cisjordanie (voir notre article), ils étaient détenus pour leur présence dans une « zone militaire fermée ». Le comité de soutien de Camille dénonce un « simulacre de justice » et une décision politique visant à écarter les témoins internationaux pour faciliter l’expansion des colonies et l’éviction des populations bédouines, notamment dans le secteur d’Al-Mughayyer.

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Le mercredi 11 février à 19h, le film de Lise Baron, Dans nos prisons, histoire d’une lutte (52’), sera projeté au Chat Noir à Toulouse (270 avenue de Muret). Le documentaire retrace les mobilisations des années 1970, quand détenues, familles et militants, dont le Groupe d’information sur les prisons, ont mené mutineries et actions collectives pour dénoncer les conditions de détention inhumaines. Ces luttes ont permis de mettre en lumière la « question carcérale », un enjeu toujours d’actualité dans le débat sur la justice et les droits des prisonniers.

Depuis le mouvement social contre la réforme des retraites de 2023, plus de 1 000 militants de la CGT font l’objet de procédures disciplinaires ou judiciaires, dont cinq dirigeants nationaux. Licenciements, convocations, mises en examen et condamnations ponctuent cette vague de répression qui touche toutes les branches, de la Fédération nationale des mines et de l’énergie aux services publics locaux. La CGT dénonce notamment l’usage croissant du « name and shame » par certains employeurs : la diffusion délibérée des noms et coordonnées des militants visés à la police, aux instances disciplinaires ou au grand public pour intimider, isoler et discréditer les syndicalistes. Face à cette politique, le syndicat organise des actions de solidarité et un plan d’accompagnement pour les cégétistes ciblés, tout en dénonçant un climat social et juridique de plus en plus hostile à l’action syndicale.

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Après les révélations visant Capgemini (voir notre article), une enquête de presse met en cause deux autres groupes français, Parrot et Thales, pour leurs collaborations avec des agences états-uniennes liées au contrôle migratoire. Parrot a fourni des drones de surveillance au département de la Sécurité intérieure, utilisés notamment par l’ICE pour des opérations de contrôle aux frontières, tandis que Thales a contribué à des systèmes d’identification biométrique exploitant reconnaissance faciale et empreintes digitales. Ces partenariats suscitent de nombreux appels à la mobilisation pour s’opposer à ces coopérations, ainsi que pour dénoncer le rôle de l’État français, actionnaire de plusieurs entreprises du secteur.

À Toulouse, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’usine Thales ce mercredi 4 février. En déployant des banderoles et en collant des affiches, les manifestants ont dénoncé la coopération du fleuron industriel français avec l’ICE, mais aussi Israël, les Émirats arabes unis ou encore la Turquie. Cette entreprise française est détenue à 26,06 % par l’État, qui est donc directement responsable des activités du groupe. Thales est l’un des piliers du complexe militaro-industriel mondial, produisant drones militaires, systèmes de missiles, technologies de surveillance et véhicules blindés.

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À Paris, la révolutionnaire turque Zehra Kurtay a annoncé le 5 février 2026 la suspension de sa grève de la faim illimitée entamée pour dénoncer le refus de son droit d’asile, après 219 jours de mobilisation (voir notre article). Lors d’une conférence de presse tenue dans sa tente de résistance, elle a déclaré avoir obtenu une victoire partielle avec la suspension par la haute cour de la décision de renvoi la visant. En particulier, elle a affirmé que : « L’impérialisme français, incapable de me soumettre, a cherché à me dépouiller de tous mes droits et à me livrer au fascisme turc. Il a cherché à intimider le peuple et s’est attaqué à nos droits fondamentaux. Par les politiques qu’il a mises en œuvre, il a tenté de rompre nos liens avec le peuple. » Son compagnon de lutte, Nezif Eski, également en grève de la faim pendant plus de 100 jours, a mis fin au mouvement en même temps qu’elle. Malgré l’arrêt de la grève, Kurtay a indiqué que la tente de résistance resterait ouverte pour poursuivre la mobilisation et défendre les droits fondamentaux liés à son droit d’asile.

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Mercredi 4 février, la venue sur le Campus 1 de l’université de Caen du média d’extrême droite Frontières, accompagné de militants du Rassemblement National et du Collectif Nemesis, a suscité une contre-mobilisation de dizaines d’étudiants. Les organisations locales CGT-SELA et PCR Caen dénoncent une répression policière, après l’intervention des forces de l’ordre qui ont nassé les participants et procédé à plusieurs interpellations, dont celles de deux de leurs membres.

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Le 3 février, le tribunal a annulé les charges de « diffamation » et d’atteinte à la réputation de l’université portées contre François, militant en solidarité avec la Palestine et contre l’impérialisme, à la suite d’une plainte du président d’Aix-Marseille Université (voir notre article). Plus d’une centaine de camarades, syndicalistes et militants progressistes étaient présents pour soutenir François, soulignant l’importance de la mobilisation collective face à la répression politique. Cette victoire est le résultat d’une lutte de deux ans, mettant en lumière les enjeux de liberté d’expression et de critique des collaborations françaises avec l’État israélien.

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À l’occasion de la sortie de son livre Tant qu’il y aura des prisons, la sociologue, militante féministe et abolitionniste pénale Gwenola Ricordeau interviendra lors d’une rencontre publique organisée par le Secours Rouge Toulouse le samedi 14 février à partir de 18h30 à l’amphi E de l’Université Toulouse Jean Jaurès (métro Mirail Université). Dans cet ouvrage accessible et incisif, elle démonte méthodiquement les justifications classiques de l’institution carcérale (punir, dissuader, réhabiliter, protéger) pour en révéler la violence sociale, montrant que la prison est un pilier d’un ordre façonné par le capitalisme, le racisme et le patriarcat. En s’adressant autant à celles et ceux qui « croient » à la prison par défaut qu’à ceux qui sentent intuitivement qu’elle n’est pas la solution, elle invite à imaginer un monde libéré de l’enfermement.

Suite à l’arrestation de 96 socialistes et journalistes en Turquie (voir notre article), des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes européennes dans la soirée du 3 février à l’appel d’AVEG-KON et d’autres organisations. En France, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées Strasbourg Saint-Denis à Paris (photo) et la police est intervenue pour interrompre l’initiative. Parallèlement, d’autres initiatiaves ont eu lieu à Rennes et à Lyon, mais aussi en Allemagne (Leipzig, Aix-la-Chapelle, Cologne, Francfort, Darmstadt, Duisbourg et Stuttgart), à Vienne en Autriche, à Genève et Bâle en Suisse, à Bruxelles en Belgique et au Royaume-Uni à Londres et Manchester. Partout, organisations politiques, syndicales et de jeunesse ont dénoncé la répression, scandé des slogans antifascistes et révolutionnaires, rendu hommage aux militants emprisonnés et appelé à renforcer la solidarité et la résistance internationales face aux attaques de l’Etat fasciste turc.