L’industrie du jeu vidéo est secouée par le bras de fer entre la direction de la société Rockstar Games et les travailleurs créateurs de GTA. En octobre dernier, Rockstar Games a licencié brutalement une trentaine d’employés sous prétexte de sanction pour des fuites. Take-Two Interactive, la maison mère, s’aligne sur cette version. Mais ces licenciements massifs ciblent étrangement des travailleurs affiliés au syndicat IWGB. Le syndicat a immédiatement dénoncé une tentative de répression syndicale pour étouffer la contestation interne. Les « fuites » (des messages Discord, relayés par « People Make Games ») ne comportent aucun secret industriel, juste des critiques sur les pratiques managériales douteuses de Rockstar. Cela s’inscrit dans un climat social déjà explosif, exacerbé par la pression extrême entourant le développement de Grand Theft Auto 6, le jeu le plus attendu de la décennie. Le député travailliste Chris Murray, furieux de ses échanges stériles avec Rockstar, a porté le dossier devant le Parlement. Le Premier ministre Keir Starmer a pris la parole pour qualifier la situation de grave. Le gouvernement promet l’ouverture d’une enquête ministérielle sur ce dossier.

Le bras de fer actuel met en évidence la situation des travailleurs des studios:  perdre son emploi signifie perdre son visa. Certains employés étrangers se retrouvent forcés de quitter le pays précipitamment. Plus de 200 autres travailleurs de Rockstar North ont signé une lettre commune pour exiger la réintégration de l’équipe. L’affaire dépasse le cas Rockstar. L’issue de l’enquête gouvernementale pourrait créer un précédent juridique massif pour le droit du travail dans le secteur du jeu vidéo.

La soirée d’hier co-organisée à Saint-Gilles par le PCP, School of the revolution, C3, l’UPB et notre Secours rouge autour de la projection de To kill a war machine a été l’occasion pour l’assistance d’une cinquantaine de personnes de répondre à l’appel des proches de Palestine Action à écrire à leurs prisonnier·es (photo). Nous relayons ici les informations pour continuer à répondre à cet appel : Adresses et conseils

La police métropolitaine de Londres a annoncé qu’elle allait intensifier l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale en temps réel (Live Facial Recognition, RFL), n’ayant signalé aucune arrestation suite à une fausse alerte au cours des douze derniers mois. Entre septembre 2024 et septembre 2025, 962 personnes ont été arrêtées après le déploiement de la RFL, a indiqué la police. Bien qu’aucune arrestation n’ait eu lieu suite à une fausse alerte, dix personnes – dont huit personnes noires – ont été identifiées à tort par le système. Quatre d’entre elles n’ont pas été interpellées et les autres ont été interrogées par les agents pendant moins de cinq minutes. La police métropolitaine affirme que le déploiement de la RFL avait conduit à plus de 1 400 arrestations au total, dont plus de 1 000 personnes ont été inculpées ou ont reçu un avertissement. Parmi ces personnes figuraient celles recherchées par la police ou les tribunaux, ainsi que les personnes ayant enfreint les conditions imposées par un tribunal.

À l’aube du 20 juin 2024, Jennifer Kowalski, 29 ans, et Cole Macdonald, 23 ans, du groupe Just Stop Oil, ont cisaillé le grillage de l’aéroport de Stansted, au nord-est de Londres, pour accéder à la zone de stationnement des avions privés, armées d’extincteurs remplis de peinture orange. Elles espéraient attirer l’attention sur le bilan carbone de Taylor Swift, à l’occasion de sa tournée dans la capitale britannique. Avant même sa monumentale tournée des “Eras”, qui s’est échelonnée en 2023 et 2024 dans le monde entier, Taylor Swift avait été classée “célébrité la plus pollueuse de l’année” par l’agence de marketing Yard, avec 170 vols en sept mois. Mais le jet privé de Taylor Swift ne s’y trouvait pas à ce moment-là et les deux militantes ont aspergé de peinture deux avions appartenant respectivement à une compagnie d’assurances et à un groupe d’investissement. Elles ont été condamnées lundi à des peines de prison avec sursis : cinq mois pour Jennifer Kowalski, déjà condamnée pour des manifestations en Écosse, assortis d’une amende de 480 livres (550 euros), et six semaines pour Cole Macdonald. Le groupe Just Stop Oil a annoncé en mars l’arrêt de ses actions-choc (voir notre article) qui ont régulièrement valu des peines de prison à ses militant·es.

Suite à la désignation de Palestine Action comme « organisation terroriste » en juillet dernier (voir notre article), plus de 700 personnes ont été arrêtées pour avoir affiché leur soutien à l’organisation nouvellement interdite lors de manifestations. Finalement, la police londonienne a décidé d’inculper 67 personnes. Les accusés comparaîtront devant le tribunal à plusieurs dates en octobre et encourent une peine maximale de six mois d’emprisonnement s’ils sont reconnus coupables.

En soutien aux 24 activistes pro-palestiniens emprisonnés pour leur participation présumée à une action contre le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems à Filton, des rassemblements ont été organisés le 15 août dernier devant les prisons de Bronzefield et Peterborough réunissant des dizaines de personnes. Parallèlement, plusieurs prisonniers de la prison de Bronzefield ont retiré leur photo d’identité de l’extérieur de la porte de leur cellule et l’ont remplacée par le visuel de la journée de soutien. Les prisonniers de la prison de Peterborough ont écrit « Free Gaza » et « Save the Innocent Children » sur l’extérieur de leurs cellules afin de témoigner leur soutien. Initiées par le mouvement Prisoners for Palestine qui est dirigé par des prisonniers britanniques, ces actions marquent l’anniversaire de la grève de la faim des prisonniers palestiniens en 2004 et le premier anniversaire de l’incarcération des Filton 24. Par ailleurs, l’initiative était également en mémoire de deux personnes assassinées à la prison de Bronzefield la semaine du 28 juillet dernier.

T. Hoxha est une militante pour la Palestine qui est emprisonnée depuis 9 mois sans procès dans le cadre de l’affaire dite des Filton 24, ce groupe d’activistes accusé d’avoir participé à une action contre le site du principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems à Filton en avril 2024. Elle est en grève de la faim à la prison de Peterborough depuis le 11 août. Ses revendications sont qu’elle puisse réintégrer son emploi à la bibliothèque et recevoir tout le courrier qu’elle n’a pas encore reçu. Par ailleurs, elle n’a aucun suivi médical, malgré les demandes répétées de ses proches.

Jeudi 14 août, Ellie a fêté ses 30 ans dans une prison britannique. Ce sera son deuxième anniversaire derrière les barreaux sans pouvoir voir sa famille et ses amis, car il n’y a pas de visite ce jour-là. Elle a passé 366 jours en détention provisoire pour son implication présumée dans une action contre une usine du principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems à Filton, dans le cadre d’une affaire où 24 personnes sont poursuivies (voir notre article). Afin de la soutenir, ses soutiens proposent d’envoyer un e-mail à Ellie pour lui souhaiter un joyeux anniversaire à l’adresse emailallprisoners@gmail.com, avec pour objet « Happy birthday Ellie ! »

Un total de 466 partisans de l’organisation Palestine Action ont été arrêtés ce samedi 9 août à Londres lors d’une manifestation de soutien au réseau propalestinien interdit début juillet par les autorités et classé « organisation terroriste » (voir notre article ici). C’est l’un des plus grands nombres d’interpellations pendant une seule manifestation dans la capitale britannique – pour « soutien à une organisation interdite ». La police a arrêté toutes les personnes ayant brandi la pancarte « Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action » et « Agir contre le génocide n’est pas un crime » ou « Free Palestine ». De nombreux drapeaux palestiniens étaient visibles dans la foule, à quelques pas de laquelle étaient alignés des voitures de police.

ÉDIT : C’est au total 522 personnes qui ont été arrêtés pour avoir affiché leur soutien à l’organisation Palestine Action. « La grande majorité des arrestations ont eu lieu pour avoir affiché un objet (dans ce cas une pancarte) en soutien à une organisation proscrite (dans ce cas Palestine Action), en violation de l’article 13 de la loi antiterroriste de 2000 », écrit la police londonienne.

Le gouvernement travailliste a lancé, lundi 21 juillet, une enquête pour établir les responsabilités de la police et du gouvernement Thatcher dans la brutale répression de la grande grève des mineurs de 1984. Cette grève et sa répression reste encore, plus de quarante ans plus tard, ancrée dans la mémoire britannique. Elle dura de mars 1984 à mars 1985, quand l’Union Nationale des Mineurs s’opposa au projet soutenu par le gouvernement de Margaret Thatcher de fermer des charbonnages. L’enjeu était surtout de briser la puissance des syndicats britanniques et la répression a été féroce: 11 000 mineurs grévistes furent arrêtés, 5 653 poursuivis en justice, 200 emprisonnés parfois de nombreuses années. Près d’un millier ont été licenciés, six sont morts sur les piquets de grève et des centaines ont été blessés par la police.