Les fascistes de l’English Defence League avaient organisés une manifestation islamophobe samedi après-midi à Liverpool. Une contre-manifestation antifasciste, massive et énergique, s’est affrontée au partisans de l’EDL de telle manière que la police régional (celle du Merseyside) a fini par interdire la manifestation de l’EDL “dans l’intérêt de la sécurité des personnes qui travaillent, vivent et visiter le centre ville”. Douze personnes ont été arrêtées sur base de l’article 12 de la Loi sur l’ordre public. La police a dû escorter les fascistes venus de province à leur train.

Le dispositif policier séparant les antagonistes

Le dispositif policier séparant les antagonistes

La police de Durham, une ville de 50.000 habitants du nord-est de l’Angleterre, va utiliser un programme d’intelligence artificielle nommé Hart (harm assessment risk tool), qui doit aider les policiers à décider s’ils doivent placer en détention ou non un suspect, en évaluant les risques qu’il représente. Conçue avec l’aide de l’université de Cambridge, cette technologie, fondée sur l’apprentissage automatique a assimilé cinq années d’archives de la police de Durham, comprises entre 2008 et 2012. En apprenant des décisions prises pendant cette période, et de la récidive ou non de certains suspects, Hart est censé évaluer le risque – faible, moyen ou élevé – des suspects. Elle analyse pour cela de nombreuses données sur la personne (son casier judiciaire, son âge, le délit dont elle est suspectée, son code postal etc.).

Testée en 2013, les résultats ont été étudiés pendant deux ans – le temps d’évaluer le taux de récidive des personnes analysées par le programme. Les prévisions de “risque faible” se sont révélées justes à 98%, celles de “risque élevé” à 88%. Dans un premier temps, la machine s’exprimera sur des cas choisis aléatoirement. Aux officiers ensuite de s’en inspirer, ou non, pour décider du sort du suspect. Ce fonctionnement permettra de continuer à évaluer ce programme, sans que celui-ci ne s’exprime sur tous les cas, au risque de se révéler trop influent. Aux Etats-Unis, plusieurs Etats disposent d’un outil du même type: Compas, soupçonné de racisme, notamment à l’égard des Afro-Américains. C’est l’un des problèmes posés par l’apprentissage automatique : en s’appuyant sur des décisions humaines, la machine risque de reproduire les mêmes biais.

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La police du Pays de Galles pilotera un programme de reconnaissance faciale lors de l’un des plus gros événements sportifs d’Europe, le 3 juin prochain à Cardiff lors de la finale de la Champions League. Des dispositifs seront déployés dans la gare de Cardiff, et autour du stade, dans le centre ville. Les caméras devraient scanner les visages de 170.000 visiteurs et les comparer à une base de données de 500.000 visages, alertant la police pour toute correspondance. Cette opération fait suite à un précédent usage de l’AFR (Automatic Facial Recognition) à Londres, lors du Carnaval de Notting Hill.

Les polices britanniques tentent donc d’affiner le système lors d’événements de foule. Elle avait précédemment noté que les visages des “sujets non-coopératifs” (qui trouvent un moyen ou l’autre de camoufler, obscurcir, cacher leur visage) était une limitation du système et avait suggéré comme solution une augmentation du nombre de caméras et une plus haute qualité d’image, augmentant également le besoin en coût informatique puisque la quantité de données à traiter est plus grande. Un coût non négligeable puisque le logiciel de reconnaissance (qui est celui du FBI) est imprécis 14% du temps et se trompe beaucoup plus souvent sur les personnes noires. Un dernier chiffre évocateur: lors de la précédente opération d’AFR au carnaval de Notting Hill la police n’a réussi à faire aucune arrestation via l’AFR, pas une seule personne n’a été arrêtée via ce système sur les 454 personnes interpellées au long du festival. La police a donc du mal à prouver l’efficacité de ce système malgré son prix et le fait que des dizaines de milliers de personnes “innocentes” soient scannées.

Le centre-ville de Cardiff.

Le centre-ville de Cardiff.

La police londonienne a arrêté samedi 14 personnes pour diverses infractions suite à des incidents lors d’un rassemblement fasciste Britain First et de l’English Defense League et d’une contre-manifestation d’Unite Against Fascism. Les fascistes voulant exploiter l’attentat de Westminster d’il y a 10 jours, ils se sont rassemblés Trafalgar square. L’important dispositif policier séparant les deux rassemblements a pu être débordé par les contre-manifestants qui ont pu s’affronter directement aux fascistes protégés par la police.

Arrestation d’un antifa hier à Londres

Arrestation d'un antifa hier à Londres

Trois quartiers parmi les plus riches de Londres bénéficieront de leur propre police privée. La société nommée “My Local Bobby” (LMB) pourra faire des arrestations et rassembler des preuves pour lancer des poursuites privées, elle est ouverte par d’anciens policiers gradés et appartient à TM Eye, une société d’enquête privée bien établie. Elle offrira également aux habitants de payer un abonnement mensuel pour des services supplémentaires comme des vérifications de sécurité informatique ou des escortes nocturnes. L’ouverture de LMB survient alors qu’une cure d’austérité a lieu dans la police. Pour démarrer, elle comprendra 20 agents privés qui patrouilleront dans ces trois quartiers, équipés de body-cams. Ils pourront faire des arrestations et devront remettre leurs suspects à Scotland Yard. LMB aura accès au Police National Computer, le fichier de la police métropolitaine.

My Little Bobby

My Little Bobby

Ce 23 février, des agents de la police de Manchester sont intervenus à la Levenshulme Station après avoir reçu un appel qui indiquait la présence d’un homme muni d’une arme à feu. Après que les agents aient demandé à l’homme de “lâcher son arme”, ils ont utilisé un taser et lui ont infligé une décharge de 50.000V. L’homme s’est évanoui et a ensuite été arrêté par les policiers. L’homme était en fait une personne malvoyante de 43 ans, “l’arme à feu” sa canne blanche. La police a ensuite déclaré en défense de ses agents “Ils ont répondu rapidement à l’incident pour s’assurer de la sécurité de la communauté de Levenshulme”, alors qu’elle avait reconnu “qu’aucune menace n’existait en fait”.

Ce n’est pas une première pour la police britannique, en octobre 2012 elle avait déjà attaqué une autre personne aveugle en ayant confondu sa canne blanche avec “un sabre de samouraï”. Cette première victime a d’ailleurs réagi à cette nouvelle agression, soulevant qu’aucune leçon n’avait été apprise depuis.

Condamnés en 2016 à verser une amende de 10 000 dollars par l’UEFA en raison de l’affichage des drapeaux Palestiniens lors d’un match contre un club israélien (voir notre article), les fans du Celtic FC et la direction du club ont réagi à leur manière, en affirmant que ces “représailles de l’UEFA n’allaient pas les empêcher de soutenir le peuple Palestinien”. Le Comité des supporters du Celtic a récolté de l’argent afin d’aider le club à payer l’amende de l’UEFA, mais aussi 220.000 dollars qui seront versés à deux organismes de charité en Palestine. Des équipements sportifs et matériels de football ont d’ailleurs étés offerts aux enfants Palestiniens de la ville d’Aida (Cisjordanie) par les ultras du Celtic.

Au Celtic Park le 18 août 2016

Au Celtic Park le 18 août 2016

Des dizaines d’actions directes ont été menées ces dernières dans toute l’Europe, mais particulièrement en Allemagne, contre des intérêts de l’état ou des organisations fascistes et islamistes turcs. Le vidéo ci-dessous montre l’attaque qui a eu lieu à Londres le 8 novembre contre le Diyanet İşleri Başkanlığı (Direction des Affaires Religieuses) et la Société Islamique Turque. Une trentaine de jeunes kurdes tirent des engins pyrotechniques, brisent les vitres et taguent “Turquie = ISIS (DAESH)” sur les murs. La photo est celle de l’incendie à Kassel, le 4 novembre,de la voiture du responsable du club Ülkü Ocagi affiiliée à l’organisation fasciste “Loups Gris”.

Voiture incendiée à Kassel

Voiture incendiée à Kassel

Wikileaks mène actuellement une campagne de fuites intensives contre Hillary Clinton (et Podesta, son chef de campagne). Son représentant, Julian Assange vit toujours enfermé dans l’ambassade d’Equateur qui l’accueille depuis juin 2012. Mais ce lundi, la connexion internet d’Assange a été coupée et les premières spéculations pointaient du doigt les gouvernements britannique et étatsunien, qui comptent depuis plus de 4 ans mettre Assange sous les verrous. Wikileaks a fini par communiquer: ce serait en fait le gouvernement équatorien, hostile aux révélations compromettantes sur la candidate démocrate, qui aurait réclamé qu’on retire sa connexion internet à Assange.

Mise à jour 19 octobre: L’Equateur a confirmé.

Pour lire les e-mails d’Hillary et de son chef de campagne, c’est ici.

Julian Assange à la fenêtre de l’Ambassade d’Equateur à Londres. Archive.

Julian Assange à la fenêtre de l'Ambassade d'Equateur à Londres. Archive.

La police métropolitaine de Londres a été appelée vers 5h40 (heure locale) ce matin car neuf militants du mouvement Black Lives Matter UK s’étaient enchaînés à un tripode qu’ils avaient placé au milieu de la piste de décollage de l’aéroport de London City, l’un des six que compte la capitale britannique. Il aura fallu près de 4 heures à la police pour les détacher et les arrêter vers 9h30. La totalité des vols prévus ce matin ont été mis très en retard. Black Lives Matter UK voulait dénoncer que si peu de voyageurs noirs peuvent se permettre de voyager depuis cet aéroport, celui-ci est placé dans un quartier avec une forte communauté noire qui est le premier à respirer la pollution dégagée et que de nombreux pays d’Afrique Subsaharienne sont concernés par la crise climatique. Scotland Yard n’a pas encore communiqué sur la façon dont les manifestants se sont introduit sur la piste mais il est probable qu’ils aient traversé la Tamise d’une façon ou d’une autre (peut-être en nageant) pour y accéder. Les neuf sont inculpés sous les motifs suivants: intrusion aggravée, se trouver illégalement côté piste et violation du règlement de l’aéroport de London City.

BLM-UK bloque l’aéroport de London-City

BLM-UK bloque l'aéroport de London-City