En vertu des nouveaux projets antiterroristes gouvernementaux, les détails de tous les appels téléphoniques, SMS, e-mails ainsi que des sites internet visités en ligne devront être enregistrés dans une série de vastes bases de données. D’après ces plans, les sociétés de téléphonie terrestre et mobile ainsi que les fournisseurs internet seront obligés de stocker les données durant un an, et de les rendre disponibles pour les services de sécurité. Les bases de données n’enregistreront pas le contenu des appels, des SMS et des e-mails, mais les numéros et les adresses depuis lesquels ils sont envoyés et de ceux qui les reçoivent. Pour la toute première fois, les services de sécurité auront un accès généralisé à tous les renseignements sur qui a communiqué avec qui sur les sites de réseaux sociaux comme Facebook. Les messages instantanés entre les abonnés de sites tels que Twitter seront également enregistrés, tout comme les communications entre les joueurs de jeux vidéo en ligne.

Les sociétés, parmi lesquelles BT, Sky, Virgin Media, Vodafone et O2 devront elles-même conserver les enregistrements, plutôt que ce ne soit le gouvernement qui ne le fasse de manière centralisée. Grâce à ce projet, les services de sécurité obtiendront des accès ‘en temps réel’ aux enregistrements téléphoniques et internet des personnes qu’ils souhaitent placer sous surveillance, ainsi que la capacité de reconstituer tous les mouvements grâce aux données stockées dans les fichiers. Le système pistera les ‘qui, quand et où’ de chaque message, permettant une surveillance extrêmement rapprochée. Ce projet gouvernemental, pour lequel le ministère de l’intérieur britannique a débuté les négociations avec les sociétés de télécommunications il y a plus de deux mois, devrait être officiellement annoncé dans le courant du mois de mai.

A Sussex (banlieue de Londres), au début du mois, un agent de police sur le terrain a été contacté par sa centrale parce que le système élaboré de vidéosurveillance avait détecté un rodeur. Le policier se met à la chasse du cambrioleur présumé, guidé par radio, en temps réel, par un collègue, lui-même informés par le système. Mais alors que son collègue n’arrête pas de lui dire qu’il est sur les talons du suspect, le policier ne parvient jamais à retrouver l’homme en question : chaque fois que le suspect s’aventure dans une ruelle voisine, le policier se précipite dans cette même ruelle, sans rattraper ni même voir le rôdeur. Cela a duré 20 minutes, le temps qu’il a fallu pour un officier de comprendre que le système avait identitifé comme « suspect » ce même policier (habillé en civil), qui s’était donc poursuivi lui-même.

La police londonienne a lancé ce lundi sa campagne contre-terroriste qui doit durer au minimum quatre semaines. Son nom: ‘It’s Probably Nothing, But…’ (Ce n’est probablement rien, mais…). Elle consiste en des publicités dans la presse locale et des minorités ethniques, ainsi qu’en un spot radio. Des tracts vont également être distribués dans 1,4 millions de domiciles londoniens. Stuart Osborne, sous-commissaire adjoint: ‘La menace terroriste pour Londres et la Grande-Bretagne demeure réelle. Nous, à la police de Londres, avons un rôle clé pour contrecarrer cette menace, qu’elle provienne de groupes inspirés d’al-Quaïda ou de groupes républicains dissidents irlandais – mais nous ne pouvons jouer ce rôle qu’avec le soutien de toutes nos communautés. Les terroristes vivent parmi nous. Nous voulons que vous nous disiez tout ce que vous voyez qui ne vous semble pas comme d’habitude dans vos vies quotidiennes. Nous savons qu’il se peut que vous soyez inquiets à l’idée de parler à la police, peut-être parce que vos amis ou votre famille pourrait le découvrir. Mais peut-être bien que vous avez des renseignements qui pourraient sauver des vies’.

Suite aux émeutes du mois d’août 2011, les autorités londoniennes ont pris diverses mesures répressives et administratives. Elles ont entre autres nommé un nouvel homme à la tête de la police de la capitale et créé une nouvelle unité, la Trident Gang Crime Command. Elles ont également décidé d’affecter des forces locales spécialisées aux 19 arrondissements londoniens les plus concernés par de potentiels soulèvements urbains. Hier, le nouveau patron de Scotland Yard a dirigé une offensive spectaculaire contre les gangs et les collectifs suspectés d’avoir joué un rôle dans les émeutes de l’été. Plus de 1300 policiers ont effectués plus de 300 raids coordonnés dans la capitale. Au total, 213 personnes ont été arrêtées et 34.000 livres (environ 41.000 euros) en liquide ont été saisies.

Arrestation à Londres

Arrestation à Londres

Le commissaire de la police de londonienne a annoncé qu’un grand nombre de ses hommes étaient actuellement formés aux techniques anti-émeutes afin de gérer d’éventuelles futurs mouvements dans la capitale. Il a également affirmé qu’à partir de dorénavant, davantage de véhicules seraient disponibles si nécessaire. D’après lui, le bilan des événements d’août dernier révèle qu’il y avait trop peu de policiers sur le terrain et qu’ils étaient insuffisamment formés pour faire face à la situation. ‘Nous devons plus nous porter vers l’avant, en utilisant nos véhicules, avancer, et ne pas rester debout en ligne’. Il a ajouté que l’utilisation des canons à eau et des balles en plastique devait être une décision politique qui ne devait pas dépendre de la police.

En marge du G20 en avril 2009, la police londonienne avait fait usage de la tactique du ‘kessel’ pour contenir les manifestants. Cette tactique consiste à maintenir la foule à l’intérieur d’un cordon policier en l’empêchant d’en sortir, en général durant de longues heures. Deux militants avaient porté plainte contre les autorités et la Haute Cour s’était prononcé en leur faveur, estimant que les forces de l’ordre avaient fait preuve d’une ‘force disproportionnée’ contre des manifestants non-violents, et qu’il n’y avait aucune preuve d l’imminence d’une atteinte à l’ordre public qui aurait pu justifier la mise en place du ‘kessel’. Suite à ce jugement, la police londonienne avait fait appel, arguant que les tactiques utilisées s’étaient révélées nécessaires pour contenir un groupe de manifestants violents et l’empêcher de ‘récupérer’ toute la foule pacifique. La Cour d’Appel s’est, ce jeudi, prononcée en faveur de la police de Londres. Celle-ci a statué que ‘la décision de contenir la foule était justifiée en raison des craintes que celle-si soit rejointe par d’autres manifestants qui étaient violents et agités’. Elle a par ailleurs jugé que la Haute Cour avait ‘appliqué un mauvais test pour évaluer s’il y avait un risque imminent de trouble de l’ordre public’.

Un appel à envoyer des lettres de soutien aux cinq prisonniers antifascistes
emprisonnés en 2009 lors d’une manifestation contre Blood & Honour a été
lancé. Les adresses des prisonniers ainsi qu’un guide publié par la Croix-Noire
de Brighton sont disponibles sur le site d’IMC Londres

Anarchistes anglais

Anarchistes anglais

Mardi, des membres d’une cellule anarchiste a attaqué un dépôt de la LLoyds bank à Bristol en solidarité avec les prisonniers de « Lutte Révolutionnaire » en Grèce et avec ceux du « bomb case » au Chili. L’intervention rapide des services de secours a empêché les matériaux inflammables placés devant la porte en bois d’incendier tout le bâtiment au dos duquel était peint « Jusqu’à ce que tous soient libres ».

Grande-Bretagne: Action de solidarité avec les prisonniers grecs et chiliens

La police londonienne continue à travailler dans le cadre de l’enquête autour des émeutes du mois d’août dernier. Quatre mois après les événements, plus de 3400 personnes ont été arrêtées et plus de 2/3 ont été inculpées ou citées au tribunal. Aujourd’hui, la police a perquisitionné environ cent habitations à travers la capitale britannique à la recherche d’émeutiers. Il s’agit de la plus vaste opération menée depuis le début de l’enquête qui vise à identifier et à traduire en justice toutes les personnes qui auraient pris part aux émeutes. 62 personnes ont été interpellées ce mercredis. Par ailleurs, les autorités continuent à publier les photos des présumés émeutiers. ‘Nous avons une énorme équipe d’officiers qui travaillent sur cette enquête, et nous vous trouverons! Nous sommes déterminés à traduire en justice tous ceux qui ont commis ces actes scandaleux et nous continuerons à effectuer des arrestations’ a déclaré un porte-parole de la police.

Le ministre de la défense britannique a annoncé le soutien militaire qui sera apporté pour assurer la sécurité autour des Jeux Olympiques de Londres l’an prochain. 7500 militaires épauleront la police dans et autour des différents sites olympiques et ce malgré l’annonce faite par Scotland Yard que la présence militaire serait réduite au minimum. Le HMS Ocean, le plus grand navire de la Royal Navy (tout juste rentré d’une mission de soutien à la campagne en Libye), sera stationné sur la Tamise pour fournir un soutien logistique, des logements et des pistes d’atterrissage pour les hélicoptères. Des Typhoons seront temporairement stationnés à la base de la royal air force Northolt à Londres et des dispositifs de défense aérienne basés au sol seront également déployés pour protéger l’espace aérien britannique. Au total, le ministre de la défense prévoit la contribution d’environ 13500 militaires, dont 5000 pour soutenir la police avec des moyens parmi lesquels des équipes de déminage, des chiens, le soutien de la Royal Navy pour le contrôle maritime,… Il y aura également un contingent fort de 1000 hommes non armés qui sera déployé dans le cas d’une urgence civile en lien avec les Jeux et 1000 autres hommes fourniront un soutien logistique.

HMS Ocean

HMS Ocean