Édit 20/01/2020 : #Taha Bouhafs a été remis en liberté le 18 janvier. La juge d’instruction n’a pas suivi le parquet qui demandait la mise en examen du journaliste.

Vendredi 17 janvier, la présence du président Macron était signalée sur Twitter par un journaliste à un spectacle au théâtre des bouffes du Nord à Paris. Une manifestation spontanée s’est très rapidement formée et les manifestant·es ont tenté de pénétrer dans le théâtre avant d’être repoussé·es par la police. Macron a cependant dû être exfiltré. Le journaliste Taha Bouhafs qui avait signalé la présence du président a été placé en garde à vue dans la nuit pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations ».

Le lendemain s’est déroulé l’acte 62 des Gilets Jaunes. La manifestation parisienne a rassemblé quelques 10 000 personnes. La police a chargé la manifestation faisant usage de matraques et de coups de pieds dans la tête des manifestant·es. Des affrontements ont ensuite eut lieu à la Gare de Lyon où des manifestant·es ont incendié une baraque de chantier au son de « Allumer le feu » de Johnny Hallyday. Par ailleurs, plusieurs vidéos circulent montrant un policier frappant un manifestant déjà à terre et le visage en sang. Au total, on signale 59 arrestations. Des mobilisations ont également eu lieu dans de nombreuses villes de France : à Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Toulouse, ou encore Clermont-Ferrand.

Gilets Jaunes acte 62

Gilets Jaunes acte 62

Partie un peu tardivement, la manifestation contre la réforme des retraites a été un succès de mobilisation hier jeudi à Lyon, avec un important renfort de gilets jaunes, de lycéens et d’étudiants. Quelques affrontements ont éclaté lors du cortège. Des manifestants ont lancé des cailloux et des bombes de peinture en direction de l’Hôtel-Dieu et des forces de l’ordre. Réponse immédiate : la police a chargé en direction du cortège. Les heurts n’auront pas duré très longtemps. La manifestation a pu reprendre sur la place Bellecour.

Les heruts à Lyon

 

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Tout d’abord, vers 19 h 30, une quarantaine de personnes  ont attaqué le 7e commissariat de police de Renca, dans la préfecture occidentale, où elles auraient jeté des projectiles divers. Les policiers ont résisté, lancé des grenades lacrymogènes. Les affrontements se sont soldés par 10 arrestations. Plus tard, vers 19 h 50, environ 35 personnes sont arrivées au 46e poste de police de Macul dans la préfecture orientale, où elles ont également jeté des projectiles. Sept personnes ont été arrêtées pour des délits de troubles et l’une d’elles pour s’être opposée à l’action de la police, à l’issue des affrontements qui ont duré jusqu’à 22h30. Par la suite, vers 23 heures, une cinquantaine de personnes ont attaqué le 55e commissariat de police à Pudahuel. Une heure plus tard, c’était le 43e commissariat de police de Peñalolén était cerné par des manifestants qui dressaient des barricades incendiaires et lançaient des projectiles. Des heurts ont également eu lieu aux alentours du 20e Commissariat de Puente Alto.

L'attaque d'un des commissariat

Après une pause qui a coïncidé avec les fêtes de fin d’année, les manifestations populaires ont repris depuis samedi. Mercredi, des rassemblements ont eu lieu à Beyrouth, mais aussi à Tripoli (nord) et à Nabatieh (sud) notamment.. « À bas le règne de la banque » ou encore « Riad Salamé a provoqué la faillite du Liban », en allusion au gouverneur de la Banque centrale, ont scandé mardi les manifestant à Beyrouth,s alors que les forces de sécurité et l’armée ont imposé de strictes mesures de sécurité dans le secteur. Mardi soir, la police y avait fait usage de lacrymogènes pour disperser des centaines de manifestants alors que des banques ont été vandalisées. Trente-sept personnes ont été blessées et hospitalisées, selon la Croix-Rouge libanaise et dix ont été traitées sur place. Les forces de sécurité ont annoncé 59 arrestations. Mercredi soir, des centaines de manifestants se sont également dirigés devant le commissariat de Hélou, un autre secteur de la capitale, où ils ont bloqué la route et scandé des slogans réclamant la libération des détenus, avant que des affrontements n’éclatent entre eux et les forces de sécurité, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes.

Une banque attaquée mardi à Beyrouth

Lundi 13, à l’occasion de la venue du président Macron dans le cadre du G5 Sahel, le local de organisation indépendantiste et socialiste d’Occitanie LIBERTAT, la « Tor deu Borrèu », a été attaqué par la police et six militant-e-s ont arrêté-e-s. A 16H, toutes les entrées de la ville de Pau étaient verrouillées par la Gendarmerie pour laisser passer le convoi présidentiel. Pendant ce temps, à la Tor deu Borrèu, des militant-e-s avaient accroché une banderole et diffusaient de la musique engagée via haut-parleur tout en scandant des slogans politiques. Cinq policiers en civil ont d’abord cherché à entrer dans le local, bientôt rejoints par une cinquantaine d’autres – en uniforme comme en civil. Les policiers forcent la porte, se jettent sur les militants et les arrêtent très brutalement. Une dizaine d’agents se saisissent de la sono et arrachent la banderole accrochée à la fenêtre du local. Une fois au commissariat, les policiers peinent à expliquer le motif des interpellations. Un coup c’était pour tapage diurne, puis un autre pour outrage, ensuite rébellion… Finalement, le chef d’accusation est « outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique en réunion ». La garde-à-vue aura duré de 17H15 à 21H.

La Tor deu Borrèu le jour de l'attaque

 

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Alors que le mouvement de protestation contre la réforme des retraites atteint ce mercredi son 42e jour de blocage, la Chambre de commerce et d’industrie du Havre (CCI) a été le théâtre d’affrontements. Ce mercredi soir, vers 18 heures, la CCCI a dû annuler in extremis sa cérémonie de vœux, en arguant de raisons de sécurité. Plus d’une centaine de manifestants, parmi lesquels on comptait majoritairement des dockers et des syndicalistes de la CGT, se sont rassemblés devant la CCI, alors que des policiers étaient postés à l’intérieur. Les manifestants ont essayé de pénétrer dans le bâtiment. Ils ont réussi abîmer une porte et à envoyer dans le hall des fumigènes et des pétards artisanaux de forte puissance. Un commissaire présent sur place a ramassé un pétard qui lui a explosé dans la main. Il a eu un doigt arraché. Vendredi dernier, la mairie avait fait l’objet d’une manifestation sauvage lors d’une cérémonie de vœux. L’édile a annoncé avoir déposé plainte, après que des dizaines de personnes opposées à la réforme avaient envahi l’hôtel de ville et consommé les petits fours et champagne prévus pour la soirée.

Les opposants massés devant la CCI du Havre, mercredi 15 janvier

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Début juillet 2017, à l’occasion du sommet du G20 à Hambourg, des affrontements importants avaient eu lieu durant deux jours entre manifestant·es et police. La police allemande avait alors lancé plusieurs avis de recherche publiant plus d’une centaine de photos de manifestant·es en appelant la population à la délation et lançant plus de 3500 procédures.

Au cours d’une de ces enquêtes, des perquisition avaient eu lieu en mai 2018, en Suisse, Italie, Espagne et France. Ces descentes de police concernaient principalement les affrontements ayant eu lieu sur l’Elbchaussee à Hambourg le 7 juillet 2017, qui avaient engendré d’importants dégâts (voir notre article). En France, c’est Loïc Citation qui fut ciblé. Le domicile de ses parents est perquisitionné mais les policiers français et allemands qui ont fait le déplacement ne trouvent rien. La commission rogatoire allemande voit large : « Dégradations par incendie – participation à un attroupement armé – port d’arme de catégorie A par assimilation : engin explosif – violences sans ITT sur agents dépositaires de la force publique » mais le militant est absent et explique, dans un communiqué, ne pas vouloir se rendre aux autorités. En août 2018, il est arrêté chez ses parents et incarcéré à Nancy, avant d’être extradé quelques mois plus tard vers l’Allemagne.

Le 18 décembre 2018 s’est ouvert le procès de Loïc Citation et de 4 autres accusés dans le cadre de l’affaire dite de l’Elbchaussee. Rapidement, le public a été exclu des audiences. Courant février 2019, deux co-accusés, jusque là détenus dans la prison de Hambourg, sont libérés (les deux autres, mineurs au moment des faits, n’ont jamais été emprisonnés). La demande de libération de Loïc Citation formulée au mois de juin par ses avocat·es avait, quant-à-elle, été rejetée et sa demande de s’exprimer publiquement sur le fond de l’affaire a été refusée. Cependant après près de 16 mois de détention, il a obtenu une libération conditionnelle le dimanche 12 janvier 2020. Il doit ainsi : avoir une adresse de domiciliation à Hambourg, pointer le lundi et le jeudi à la police Hambourgeoise, travailler en tant que jardinier, dans le soin des arbres, donner son passeport et ses papiers au tribunal, aller aux prochaines dates de procès et ne participer à aucune action illégale. Le procès devrait se poursuivre jusqu’en avril.

Les affrontements du G20

Les affrontements du G20

Au moins cinq personnes ont été blessées lundi lors d’affrontements entre des manifestants et l’armée libanaise dans la ville méridionale de Sidon. Les affrontements sont survenus alors que les manifestants tentaient de bloquer des routes. Des milliers de manifestants étaient descendus dans les rues de différentes régions du pays, y compris la capitale Beyrouth et Tripoli, pour insister sur leurs revendications. Les gens ont bloqué les routes tout en scandant des slogans contre les politiciens et la banque centrale, les tenant responsables de la détérioration financière et économique du pays. Des manifestations à l’échelle nationale ont commencé le 17 octobre 2019 contre la classe dirigeante libanaise, entraînant la démission de l’ancien Premier ministre et la nomination d’un successeur. Cependant, celui-ci n’a jusqu’à présent pas réussi à former un nouveau cabinet en raison de l’intervention de différents partis politiques et de leurs querelles sur les parts dans le nouveau gouvernement. Pendant ce temps, les manifestants demandent un gouvernement indépendant capable de lutter contre la corruption et mettent en œuvre de sérieuses réformes structurelles pour sauver le système financier du pays d’un effondrement imminent.

Une ambulance emporte un manifestant blessé à Sidon

La journée de mobilisation d’hier samedi était la deuxième de la semaine, après celle de jeudi. A Paris, les manifestants en tête d’un pré-cortège, essentiellement composé de personnes vêtues de noir et cagoulées ainsi que de gilets jaunes, ont brisé des vitrines sur le trajet du cortège reliant la place de la Nation à celle de la République. Des projectiles ont été lancés en direction des forces de l’ordre qui ont tiré du gaz lacrymogène. Des pavés ont été descellés ; une agence bancaire HSBC et plusieurs magasins ont été saccagés. Au cours des heurts qui ont éclaté au niveau de l’avenue Daumesnil, dans le 12e arrondissement de la capitale, certains manifestants criaient « LBD », en référence aux tirs de lanceurs de balle de défense responsables de graves blessures lors de précédentes manifestations.

L'agence HSBC, avenue Daumesnil, attaquée hier par les manifestants

 

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Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à Paris, ce jeudi 9 janvier, contre la réforme des retraites. Il y a eu des dizaines de blessés, essentiellement aux abords de la place Saint-Augustin dans le 8e arrondissement, où était censé se disperser le cortège vers 17 heures. Vers 16h30, les forces de l’ordre ont répondu à des jets de projectiles par des charges et des tirs de gaz lacrymogène. Plusieurs vitrines de commerces et Abribus ont été brisés. Des dizaines de milliers de manifestants ont aussi défilé en province. À Amiens, les manifestants étaient entre 5.000 et 10.000 selon les syndicats. Dans le cortège, plusieurs entreprises privées du département étaient présentes comme Dunlop, Bonduelle et Stelia. Des gaz lacrymogènes ont été tirés pour empêcher les manifestants d’avancer. Un envahissement des voies a eu lieu en gare de Bordeaux en fin de cortège dans l’après-midi. Quatre interpellations ont eu lieu sur l’ensemble de la manifestation. A Rouen, un homme a été blessé à coups de matraque dans la manifestation, les policiers ayant chargé dans le cortège, dans la rue Jeanne d’Arc. A Toulouse, des affrontements ont éclaté un peu avant 17h, à hauteur de Jean Jaurès. Plusieurs manifestants ont été interpellés.

Les affrontement de ce jeudi à Paris

 

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