Entre le 27 et le 29 avril, la police antiterroriste turque a arrêté 8 personnes dans le cadre d’une opération visant une cellule du DHKP-C à Istanbul. Les militants arrêtés sont accusés d’avoir participé à 14 actions clandestines différentes et de projeter des attaques contre les locaux de certains partis en campagne pour les élections législatives du 12 juin prochain. L’un des militants arrêtés est soupçonné d’être un artificier de la guérilla urbaine du DHKP-C. En deux mois, 87 personnes ont été arrêtées et incarcérées pour leur prétendue appartenance à l’organisation marxiste-léniniste DHKP-C.

Le 6 avril dernier, la police italienne avait mené une large vague de perquisitions dans plusieurs villes à la suite desquelles quelques 26 personnes présentées comme anarcho-insurrectionalistes avaient été mises en examen. La police politique avait finalement exécuté cinq arrestations. Ce mardi 26 avril, les incarcérés et ceux qui avaient été frappés de différents contrôles judiciaires (mise en résidence surveillée à l’extérieur ou interdiction de fréquenter Bologne) sont passé en appel, et le tribunal a rendu sa décision hier. Il a refusé la demande de remise en liberté, ne faisant tomber que la finalité de ‘subversive’ à l’accusation d’ ‘association de malfaiteurs »‘ Pour tout le reste, les thèses du procureur demeurent en l’état.

Ce jeudi, la cour d’appel de Paris a accordé un régime de semi-liberté à Jean-Marc Rouillan. Celui ci lui avait été accordé en février dernier par le tribunal d’application des peines, mais le parquet avait fait appel. Il avait déjà bénéficié de cette mesure auparavant, mais il avait été réincarcéré fin 2008 pour avoir accordé une interview dans laquelle il avait déclaré qu’il ne crachait pas sur ce qu’il avait fait. Sa nouvelle remise en liberté sera effective le 19 mai prochain. Rouillan sera placé sous bracelet électronique avec notamment obligation de travailler, d’indemniser les victimes et de ne pas évoquer les faits.

La cour d’appel fédérale de Pennsylvanie a annulé jeudi la condamnation à mort de Mumia Abu Jamal,, sans pour autant que sa culpabilité soit remise en question. Par 2 voix contre 1, la cour d’appel de Philadelphie a refusé la demande de Mumia Abu-Jamal d’un nouveau procès.
La décision de la cour signifie que l’accusation doit se présenter une nouvelle fois devant un jury pour obtenir une condamnation à mort, sinon la peine sera automatiquement commuée en réclusion criminelle à perpétuité.
Les juges ont en effet estimé que lors du procès de 1982, les instructions données aux jurés ont pu leur faire croire qu’ils devaient s’accorder à l’unanimité sur des circonstances atténuantes pouvant épargner au condamné la peine capitale, alors que la procédure est en fait moins restrictive. Cette même cour d’appel avait déjà suspendu sa condamnation à la peine capitale en 2008, entraînant trois ans de procédures de contestation et une intervention de la Cour suprême. La Cour d’appel a ordonné mardi que la condamnation soit réexaminée par un jury. L’Etat de Pennsylvanie doit organiser de nouvelles audiences dans les 180 prochains jours », ordonne la cour d’appel.

La semaine dernière, sept candidats kurdes s’étaient vus refuser, par les autorités électorales, de poser leur candidature au scrutin du 12 juin prochain. Cette décision avait soulevé une vague de manifestations dans plusieurs villes du pays au cours desquelles de violents incidents avaient éclaté entre la police et la foule. Les autorités sont allées plus loin ce week-end. A Hakkari, dans le sud-est du pays, 35 élus ont été arrêté dans la nuit de dimanche à lundi. Cette rafle n’est pas sans rappeler celle ayant eu lieu à Diyarbakir en décembre 2009 et dans laquelle 23 personnes, dont treize bourgmestres de villes kurdes avaient été arrêtés. Lundi, une grande majorité des habitants de Hakkari ont quitté la ville en guise de protestation, dans un immense cortège en direction du pont Depin, le poste de contrôle sur la route Hakkari-Van à 7 km de là. A la nuit tombée, ils sont rentrés dans leur ville et certains d’entre eux ont passé la nuit devant la mairie. Entre-temps, douze des élus arrêtés avaient été remis en liberté. Les 25 autres ont été incarcérés dans l’attente de leur procès.

Manifestation à Hakkari

Manifestation à Hakkari

L’Audience nationale, la plus haute instance pénale espagnole, a révoqué la libération de l’ancien membre de l’ETA, Anton Troitiño, remis en liberté le 13 avril dernier après 24 ans d’incarcération. Le tribunal a décidé de ne pas tenir en compte les six ans de détention provisoire! Comme la peine maximale prévue en droit espagnol est de 30 ans de prison, Anton Troitiño ne pourra être officiellement mis en liberté que le le 17 janvier 2017. Un mandat d’arrêt a été lancé contre lui. Il se trouve actuellement à Hendaye, en Pays Basque nord.

Les quatre leaders mapuches condamnés au Chili à 25 ans de prison font, depuis le 15 mars, la grève de la faim pour demander un procès par un tribunal qui n’invoque pas la loi terroriste (basant les condamnations sur les assertions de témoins anonymes et masqués). Héctor Llaitul, Ramón Llanquileo, José Huenuche et Jonathan Huillical se trouvent dans un état de santé délicat, dû à la perte de poids qui dépasse plus de 12 kilos et aux séquelles de la grève de la faim antérieure qui s’est prolongée pendant 80 jours. Les mobilisations continuent à Santiago et dans les villes de Concepción et de Temuco, dans les régions de Bío Bío et de La Araucania, pour réclamer la libération des mapuches.

Chili: Nouvelle grève de la faim des Mapuches

Le collectif Coup pour Coup 31 et le Secours Rouge Arabe ont co-organisé à Toulouse le 15 avril un meeting de solidarité avec les peuples en lutte du Maghreb au cours duquel Georges Ibrahim Abdallah est intervenu par le moyen d’une communication téléphonique. Voici l’enregistrement de cette intervention:


Déclaration de Georges Ibrahim Abdallah – 15… par coup-pour-coup

Le site de Coup pour coup 31

« Binayak Sen est peut-être un sympathisant maoïste mais cela ne le rend pas coupable de sédition », ont déclaré les juges de la Cour Suprême de l’Inde qui ont accordé vendredi 15 avril la liberté provisoire au célèbre docteur et militant des droits de l’homme, invalidant ainsi le jugement de la haute cour du Chhattisgarh du 24 décembre 2010. Le docteur avait été condamné à la réclusion à perpétuité pour sédition et complot avec les maoïstes. Les visites médicales qu’il avait effectué à la prison de Raipur auprès d’un prisonnier maoïste avait fait de lui un « messager maoïste » et les documents rédigés par les rebelles indiens retrouvés à son domicile le rendaient « sympathisant » de la guérilla. Les irrégularités du procès et l’absence de preuves tangibles permettant de justifier la condamnation avaient provoqué une importante mobilisation.