À la fin du mois de janvier, la Haute Cour espagnole avait notifié à Pablo Hasel l’ordre d’entrer volontairement en prison. Ce dernier avait été condamné à plusieurs peines de prison totalisant deux ans, neuf mois et un jour (voir notre article). Parmi ces condamnations, une peine de 9 mois de prison pour avoir chanté une chanson critiquant la monarchie espagnole. Cette condamnation était assortie d’une amende que Hasel avait d’ores et déjà annoncé qu’il ne payerait pas, risquant ainsi une majoration de sa peine à 2 ans de prison.

Le rappeur communiste disposait d’un délai courant jusqu’au vendredi 12 février pour se rendre à la police. Il avait refusé et s’était retranché, hier, dans le rectorat de l’Université de Lérida. Ce matin, vers 7h, des mossos (policiers catalans) équipés en tenues anti-émeutes étaient intervenus pour l’arrêter. Les policiers ont cependant dû affronter plusieurs centaines de personnes qui avaient monté des barricades, formé des chaines sur les routes, et monté différents dispositifs de défense pour empêcher l’arrestation. Ces dispositifs n’ont cependant pas suffit et Pablo Hasel a été arrêté vers 9h.

Pablo Hasel arrêté

Pablo Hasel arrêté

L’annonce de l’arrestation prochaine du rappeur communiste avait déclenché un important mouvement de solidarité. De nombreuses actions avaient été menées en Catalogne (voir notre article), en Espagne mais aussi en Belgique et ailleurs en Europe.

Hier, Dimitris Koufontinas, en grève de la faim depuis le 7 janvier, a été transféré à l’unité de soins intensifs de l’hôpital de Lamia en raison de sa mauvaise santé. Les actions pour le soutenir se poursuivent (voir notre article) et une journée internationale d’action aura lieu demain. Plus d’infos ici et ici.

Dimitris Koufontinas à la sortie de la prison.

Dimitris Koufontinas à la sortie de la prison.

Le 8 janvier, Dimitris Koufontinas, membre de l’Organisation révolutionnaire du 17-Novembre en prison depuis 2002, a entamé une grève de la faim qui se poursuivra jusqu’à son transfert à la prison de Koridallos. La grève est longue et Dimitris est dans un état critique à l’hôpital de Lamia : selon les médecins, il pourrait s’effondrer à tout moment. Pendant la grève, de nombreuses initiatives et actions de solidarité ont eu lieu dans toute la Grèce et au-delà : protestations, manifestations, tags sur les murs, banderoles, attaques contre de multiples cibles (hommes politiques, banques, bureaux de poste, etc.). L’Assemblée de solidarité avec Dimitris Koufontinas a lancé un appel pour que le VENDREDI 12 FÉVRIER soit une journée de solidarité et d’action.

 

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Les prisonniers de Saint-Louis ont se sont révoltés samedi. Ils ont déclenché des incendies, provoqué des inondations, éclaté les fenêtres du quatrième étage et jeté du mobilier à l’extérieur pour protester contre les conditions de détention liées au Coronavirus. Les prisonniers déclarent craindre les infections, protestent contre les restrictions qui ont limité les visites ainsi que contre procédures judiciaires bloquées. L’émeute a été réprimée par des dizaines de policiers qui ont pris plusieurs heures pour reprendre le contrôle de la situation. Ces derniers ont parlé au bureau du procureur et en conséquence certains prisonniers risquent des accusations supplémentaires. Enfin, 65 prisonniers ont été transféré dans une autre prison appelée le « Workhouse », connue pour ses mauvaises conditions de détention.

Les mutineries sont courantes dans les prisons depuis l’apparition du Coronavirus et l’aggravation des conditions de vie des prisonniers qui en découle (voir nos articles).

Révoltes de prisonniers contre les conditions de détention liées au Coronavirus

Révoltes de prisonniers contre les conditions de détention liées au Coronavirus

Depuis le mardi 2 février, Yvan Colonna est en grève de la faim et de la soif à la prison d’Arles. Définitivement condamné en 2011 pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, le détenu a entamé cette action après avoir été placé au mitard à la suite de son refus de changer de cellule (qu’il occupait depuis plusieurs années). Un second détenu corse incarcéré également à Arles, Sébastien Mattei, a lui aussi entamé une grève de la faim et de la soif pour les mêmes raisons qu’Yvan Colonna.

Édit : Yvan Colonna a stoppé sa grève de la faim le jeudi 5 février.

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Lundi, un groupe de militant·es anti-autoritaires a investi les bureaux du parti « Nouvelle Démocratie » à Patras pour soutenir le prisonnier Dimitris Koufontinas en grève de la faim (voir notre article). Cette opération s’est déroulée quelques minutes avant l’arrivée prévue du Ministre grec de la Protection du citoyen, Michális Chryssohoïdis, dans les locaux. Les militant·es ont suspendu des banderoles au balcons et on scandé des slogans. La police est intervenue procédant à neuf arrestations.

Des militant·es investissent les bureaux de Nouvelle Démocratie et de la région Grèce occidentale pour soutenir Dimitris Koufontinas

Des militant·es investissent les bureaux de Nouvelle Démocratie et de la région Grèce occidentale pour soutenir Dimitris Koufontinas

Une manifestation en solidarité avec Dimitris Koufontinas était prévue vendredi 29 février mais la police grecque avait en réaction annoncé le mardi l’interdiction de les rassemblements pendant une semaine pour des raisons de « santé publique ». La solidarité avec Koufontinas s’étend jusqu’au Mexique, où un groupe a affiché sa solidarité avec le prisonnier avec une bannière indiquant « solidarité avec Dimitris Koufontinas, liberté pour tout le monde ». A Genève, un placard a été collé sous le nez de la délégation de la Grèce à l’ONU.

Kanchan Narnaware, alias Bhoomi, une prisonnière politique de 37 ans qui avait été emprisonné deux fois en 2008 et 2014, est décédée le 24 janvier. Elle était le membre fondateur et dirigeante de l’organisation socio-politique Deshbhakti Yuva Manch, basé à Chandrapur, que les autorités indiennes ont réprimée en la considérant comme une « organisation de front » du parti communiste maoïste clandestin. Bhoomi était connue pour avoir thématisé les nombreux suicides d’agriculteurs alors qu’elle était activiste étudiante en 2004, ce qui avait dès cette époque fait d’elle une cible du gouvernement.

Dossier(s): Inde-Népal Tags: ,

Outre Vaggelis Stathopoulos et Polycarpos Georgiadis, détenus à Larissa, Giannis Dimitrakis et Nikos Maziotis, détenus à Domokos, qui ont commencé le 16 janvier une grève de la faim en solidarité avec Dimitris Koufontinas, militant de l’organisation révolutionnaire “17 Novembre” en grève de la faim depuis le 7 janvier (voir notre article). Le Secours Rouge International a lancé un appel à soutenir cette lutte.

Depuis le 7 janvier, le prisonnier révolutionnaire Dimitris Koufontinas, de l’organisation “17 Novembre”, est en grève de faim.
Les prisonniers révolutionnaires Giannis Dimitrakis, Nikos Maziotis, Vaggelis Stathopoulos et Polycarpos Georgiadis se sont mis en grève de la faim en solidarité avec Dimitris Koufontinas, qui a aussi reçu le soutien des prisonnier·e·s politiques en grève de la faim dans les prisons du régime fasciste turc. Ceux-ci font de leur lutte une partie de la lutte contre le régime et, en faisant le lien avec la grève des prisonnier·e·s en Grèce, les associent à cette lutte.
Si cette période semble caractérisée par la pandémie, la pandémie elle-même peut-être caractérisée comme un révélateur et un accélérateur des tendances propres au système : injustice et précarité, autoritarisme et répression, prennent des dimensions nouvelles.
Dans ce cadre, chaque lutte, chaque résistance prend une importance particulière. Elle devient une partie de la lutte et de la résistance de tous et de toutes, elle doit être soutenue par tous et toutes.
C’est aussi en ce sens que le Secours Rouge International appelle à des initiatives de soutien à la grève de la faim des prisonnier·e·s révolutionnaires en Grèce, mais aussi en Turquie et au Kurdistan.
La solidarité est notre arme; soutenons la résistance des prisonniers et prisonnières révolutionnaires.
Secrétariat du Secours Rouge International, Zurich-Bruxelles, 21 janvier 2020

Dossier(s): Grèce Tags: ,

Mercredi 20 janvier, le tribunal provincial de Saragosse a condamné à 6 ans de prisons quatre antifascistes qui avaient manifesté contre le parti d’extrême-droite Vox le 17 janvier 2019. Francisco Javier AV, Antonio Daniel LD, Adrián LR et Imad MB avaient été arrêtés durant la manifestation et étaient poursuivis pour troubles de l’ordre public (voir notre article). Ils étaient également accusés d’avoir lancé des objets sur des policiers et d’en avoir blessé six. Cela s’est avéré impossible à prouver. Un agent a cependant prétendu avoir reconnu un des militants qui l’aurait blessé. Celui-ci, Imad MB, écope ainsi d’une amende de 480 euros en plus de sa peine de prison.

Les affrontements de Saragosse

Les affrontements de Saragosse