En Turquie, une infirmière d’Istanbul a été arrêtée le 26 janvier 2026 pour avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux où elle se tressait les cheveux en solidarité avec les YPJ (Unité de Proection des Femmes) du Rojava. Accusée de « propagande terroriste », elle n’a fait qu’un geste symbolique pour dénoncer la violence contre les femmes kurdes en Syrie par les groupes djihadistes. Les autorités turques, qui assimilent les FDS (Forces Démocratiques Syriennes, une coalition militaire dirigée par les YPG/YPJ) au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), criminalisent cette expression de solidarité, tandis que des manifestations pro-kurdes se multiplient dans le pays. L’affaire intervient dans un contexte de négociations fragiles de paix entre Ankara et le PKK, soulignant la pression exercée sur toute forme de protestation ou de soutien politique aux Kurdes.

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Le 26 janvier 2026, le tribunal du Pirée a condamné le militant révolutionnaire turc Halil Demir à 4 ans et demi de prison à l’issue d’une procédure expéditive marquée par une violation flagrante du droit à un procès équitable. Malgré l’indisponibilité de son avocat, le tribunal a refusé le report d’audience ainsi que la désignation d’un avocat commis d’office, conduisant à une condamnation sans défense, sans prise de parole et sans véritable procès. Cette affaire est directement liée aux événements de 2021 à la prison de Korydallos, où des prisonniers politiques turcs avaient été frappés dans l’enceinte du tribunal : Halil Demir est poursuivi pour avoir résisté à ces violences. En réaction, il a entamé une grève de la faim pour exiger le respect de ses droits fondamentaux. Ses soutiens dénoncent une coopération répressive entre les États grec et turc visant à criminaliser les réfugiés et militants politiques, et appellent à une solidarité internationale.

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Ali Dilmen, prisonnier révolutionnaire à la prison de type F de Kandira, était en grève de la faim depuis 163 jours pour soutenir Ufuk Keskin, malade, et leurs demandes ont été satisfaites, selon l’association TAYAD. Parmi les mesures obtenues : un régime médical pour Keskin, l’augmentation de la limite de communication de 7 à 10 heures, la levée des restrictions sur les livres et le placement d’un ami à ses côtés. Ali Dilmen a été admis à l’hôpital pour traitement. Par ailleurs, Ali Teke et Hüseyin Karaoğlan ont également vu leurs demandes respectives acceptées. Ces victoires s’inscrivent dans une lutte plus large des prisonniers de Turquie contre l’isolement et les conditions carcérales strictes, avec d’autres grèves de la faim toujours en cours à travers le pays.

Une enquête a été ouverte contre 356 personnes ayant « attaqué » des drapeaux turcs à la frontière entre la Turquie et la Syrie, a annoncé le ministre de la Justice, Yılmaz Tunç, alors que les populations kurdes ont franchi des barrières pour soutenir le Rojava en proie aux attaques du régime syrien (voir notre article). À ce jour, 35 personnes ont été arrêtées, 45 font l’objet de mesures judiciaires de contrôle, et 77 restent en garde à vue.

Lors d’une audience tenue le 14 janvier devant la 13ᵉ cour pénale de grande instance d’Istanbul, Muharrem Cengiz, membre de Grup Yorum, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité aggravée. Les autorités turques lui reprochent d’avoir mené, dans le quartier de Gazi, des actions contre la corruption ainsi que contre des trafiquants de drogue. Cette décision s’inscrit dans un contexte de répression croissante visant les milieux de gauche et progressistes, dont Grup Yorum constitue une illustration brutale. Depuis 2016, plus de trente personnes liées au groupe de musique ont été détenues. Plus d’une dizaine sont actuellement incarcérées pour des accusations en lien avec leur activité musicale et politique, tandis que six membres figurent sur la liste des personnes les plus recherchées par le ministère de l’Intérieur turc.

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Le 12 janvier, l’audience concernant la demande d’asile de la révolutionnaire turque Zehra Kurtay s’est tenue devant le tribunal administratif, la décision sera rendue le 19 janvier. Une forte mobilisation de soutien a rassemblé des personnes venues de toute la France et de l’étranger. Ils ont tous souligné les graves risques qu’une extradition vers la Turquie ferait courir à Zehra. Lors de l’audience, le représentant de l’État a présenté la militante et journaliste comme une menace, allant jusqu’à des comparaisons choquantes avec l’attentat terroriste du Bataclan et l’accusant d’une supposée récidive pour ne pas s’être présentée une fois à la gendarmerie, en raison du décès de sa mère. La défense a insisté sur les violations massives des droits humains et les risques de torture en Turquie, citant notamment le cas d’Ayten Öztürk (voir notre article). À l’extérieur de l’audience, les soutiens ont partagé un moment de solidarité et de détermination, tandis que Zehra Kurtay a remercié chaleureusement tous ceux qui la soutiennent. Cela intervient alors que Zehra en est à plus de 190 jours de grève de la faim illimitée pour exiger de pouvoir vivre en France.

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Le 11 janvier 2026, à Batman, une ville à majorité kurde du Sud-Est de la Turquie, quatre jeunes (Selahattin İrekür, Diyar Yarma, Argeş Toparlı et Süleyman Avşar) ont été interpellés à leur domicile après avoir participé à une manifestation contre les attaques de groupes affiliés au gouvernement syrien dans les quartiers kurdes Şêxmeqsûd et Eşrefiyê d’Alep. Les perquisitions ont eu lieu dans les quartiers de Bağlar, Çamlıtepe et Bayındırlık au matin, et les quatre jeunes ont été conduits au commissariat central de la ville.

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Le prisonnier politique Kenan Yanen, militant accusé d’être membre du MLKP (Parti communiste marxiste-léniniste) et détenu depuis 31 ans, a été libéré le 9 janvier 2026 de la prison de haute sécurité F de Tekirdağ n°2, après que sa libération avait été retardée à plusieurs reprises par le Conseil d’observation administrative. Bien qu’il ait purgé la durée légale de 30 ans, sa libération avait été ajournée trois fois au motif de « mauvaise conduite », des décisions dénoncées comme arbitraires, avant qu’il ne soit finalement remis en liberté. À sa sortie, il a été accueilli par des membres de sa famille et ses camarades (au centre de la photo avec un bouquet de fleurs).

Jeudi 8 janvier à Istanbul, une manifestation organisée pour dénoncer les attaques contre les quartiers kurdes d’Alep a été violemment réprimée. Au moins 30 participants ont été interpellés, certains après avoir été frappés, et plusieurs manifestants ont été emmenés sous escorte policière. Les témoins rapportent des scènes d’intimidation, avec des arrestations ciblant des figures associatives et militantes. Cela intervient alors que les forces de sécurité locales résistent aux assauts meurtries dans la ville d’Alep et que de nombreux rassemblements sont organisés en Europe et ailleurs (voir notre article).

En Turquie, la répression judiciaire visant les avocats engagés se poursuit. Le 5 janvier dernier, l’avocat du Halkın Hukuk Bürosu (Bureau juridique du peuple) et prisonnier politique Aytaç Ünsal a entamé une grève de la faim d’une semaine. Celle-ci vise à dénoncer deux décisions emblématiques de cette politique répressive : l’incarcération de l’avocat Naim Eminoğlu et le blocage de la libération de Selçuk Kozağaçlı, pourtant éligible à une remise en liberté, empêchée par une décision arbitraire du conseil administratif et de surveillance. À travers cette action, Aytaç Ünsal dénonce l’acharnement des autorités contre les avocats qui défendent les opposants politiques.