Les prisonniers révolutionnaires Ayberk Demirdögen, Ulaş İnci et Nazım Şafak Korkmaz ont mis fin à leurs grèves de la faim après avoir obtenu gain de cause, une victoire attribuée à la mobilisation conjointe des détenus, de leurs familles et de leurs partisans. Ils étaient respectivement mobilisés depuis 290, 78 et 68 jours. Toutefois, la lutte se poursuit contre les prisons de type puits, plusieurs prisonniers restant en grève de la faim illimitée dans des prisons de haute sécurité à Antalya, Çorlu Karatepe et Kandıra, tandis que les familles maintiennent des actions de soutien à Ankara et İzmir. En effet, Tahsin Sağaltıcı et Gürkan Türkoğlu sont en grève de la faim depuis le 30 juillet 2025, tandis qu’Ali Dilmen l’est depuis le 11 août, Hüseyin Özen depuis le 18 août et Doğan Karataş depuis le 15 octobre 2025.

Détenus depuis plusieurs semaines pour avoir protesté contre la mort d’enfants et les accidents du travail dans des centres de formation (voir notre article), seize jeunes membres du Parti des travailleurs de Turquie (TİP) ont été libérés le 26 décembre dernier des prisons de Bakırköy et Silivri. Après leur sortie, les porte-paroles du TİP ont dénoncé l’injustice de leur détention, affirmant que leur lutte pour la protection des enfants et contre les conditions de travail dangereuses continue, et qu’ils poursuivront leurs actions jusqu’à la fermeture de ces centres et la démission des responsables concernés.

Le même jour, l’activiste Ozan Deniz Ödemiş a été libéré. Membre des Gençlik Komiteleri (Comités de jeunesse, en turc), il avait été arrêté et détenu le 23 décembre dernier pour « insulte au président » (voir notre article). Suite à cette annonce, son organisation a réagi en affirmant :  « Nous briserons les attaques et le blocus imposés à la jeunesse et nous libérerons tous les prisonniers révolutionnaires ».

À İzmir le 23 décembre dernier, plusieurs militants solidaires des prisonniers en grève de la faim dans les prisons de « type puits » ont été interpellés lors de perquisitions matinales à leur domicile, avec notamment l’arrestation d’au moins neuf membres de Sosyalist Mücadele İnisiyatifi et d’autres militants liés à Umut-Sen et aux familles de détenus de TAYAD. À Istanbul le 24 décembre, dans le quartier de Kadıköy, la police a également placé en garde à vue cinq membres du groupe Dev Güç qui manifestaient contre ces prisons connues pour leurs conditions de détention particulièrement inhumaines (voir photo).

Les révolutionnaires emprisonnés Fergil Fırat et Celal Punar, incarcérés à la prison de haute sécurité de Karatepe, ont interrompu la grève de la faim qu’ils avaient entamée pour demander leur transfert vers un établissement non classé « type puits » (voir notre article), après que leur requête a été officiellement prise en compte par l’administration pénitentiaire. Leur avocat a indiqué que la demande avait été transmise aux autorités compétentes, précisant que la grève pourrait reprendre si le transfert n’aboutissait pas.

Ozan Deniz Ödemiş, membre des Gençlik Komiteleri (Comités de jeunesse, en turc) et rédacteur pour e-komite, a été arrêté le 23 décembre 2025 en Turquie et placé en détention pour « insulte au président ». Les Gençlik Komiteleri sont une organisation de jeunesse de la gauche socialiste révolutionnaire, politiquement proches de l’ESP (Parti socialiste des opprimés), active notamment dans les mobilisations étudiantes et sociales.

Le 22 décembre 2025, des membres du Kızıl Parti (Parti Rouge) et des militants de l’Action Étudiante ont été brièvement arrêtés à Taksim et sur l’avenue İstiklal pour avoir protesté contre le salaire minimum fixé en dessous du seuil de pauvreté. La police est intervenue lors de leur rassemblement. Tous les militants ont été relâchés par la suite.

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Le 24 décembre 2025, à Şirnex, trois jeunes ont été arrêtés après des perquisitions à leur domicile, accusés de « propagande pour une organisation ». Lors des fouilles, des vêtements traditionnels kurdes et un drapeau kurse ont été saisis comme preuves. Les jeunes ont été conduits au poste de police local et l’affaire fait l’objet d’une restriction de consultation de 24 heures. Le nombre d’arrestations dans la ville pourrait augmenter.

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De nombreuses de personnes ont manifesté devant le consulat indien à Istanbul, à l’appel de plusieurs organisations révolutionnaires, sous le slogan « Stop à l’opération Kagaar ! Mettez fin aux massacres ! », pour dénoncer la répression de l’État indien contre les forces révolutionnaires et les peuples, notamment les Adivasis. Encadrée par une forte présence policière, la mobilisation a vu des slogans de solidarité internationale et d’hommage à des militants tués, tandis qu’un communiqué en turc et en anglais accusait l’État indien de violences systématiques, évoquant plus de 550 morts depuis septembre 2025. Les manifestants ont exigé l’arrêt immédiat de l’opération Kagaar, la fin des crimes contre le peuple, la reconnaissance des droits collectifs des Adivasis et la libération de tous les prisonniers politiques.

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Bien que Rozerin Kalkan ait purgé sa peine depuis 20 mois, cette prisonnière politique kurde reste incarcérée en Turquie, sa libération ayant été à plusieurs reprises reportée par une commission pénitentiaire sur des motifs politiques, notamment l’« absence de remords », sa participation à des grèves de la faim et des lettres prétendument compromettantes qu’elle n’a jamais reçues. Arrêtée en 2016 à l’âge de 19 ans, elle a été condamnée à plus de dix ans de prison et elle est détenue aujourd’hui à la prison de haute sécurité de Şakran. Ce cas illustre une pratique plus large : depuis 2021, environ 4 000 libérations anticipées de prisonniers politiques, majoritairement kurdes, ont été refusées ou retardées par ces commissions.

Suite à la vague d’arrestations contre des membres ou sympathisants du Parti Socialiste des Opprimés (voir notre article), six membres présumés ont été placés en détention provisoire à Istanbul, accusés d’appartenance à une organisation terroriste sur la base d’activités sociales comme des pique-niques ou la rédaction de communiqués de presse.