Après plus d’une année de procès (voir notre article), le militant turc résidant en Belgique et extradé en Allemagne (voir notre article) Erdal Gökoglu ,a été condamné jeudi par le tribunal régional supérieur de Hambourg à cinq ans d’emprisonnement. Il est accusé d’avoir été responsable entre 2002 et 2013 des locaux du DHKP-C à Hambourg et à Berlin. Le procureur n’avait exigé “que” trois ans et neuf mois de prison.

Entre 1995 et 2001, Gökoglu a été arrêté en Turquie et y a été torturé à plusieurs reprises. Gökoglu souffre du syndrome de Wernicke-Korsakoff depuis une grève de la faim en 2000 dans les prisons turques de type F et des traitements forcés qui ont suivi dans un hôpital. Plusieurs fois, le procès de Hambourg, qui a débuté le 7 juin 2018, a dû être interrompu en raison de son état de santé précaire. En Turquie, il a été déclaré invalide en 2001 et s’est réfugié en Belgique après sa libération.

Erdal Gökoğlu

Erdal Gökoğlu

À la fin du mois de juin, un groupe appelé la People’s United Revenge Militia (HBIM) a annoncé avoir mené une action de sabotage contre le Grand Efe Hotel de la région d’Özdere, dans le district de Menderes, à İzmir. Deux hôtels ont été évacués à la suite de cette action. Le groupe a menacé de continuer à cibler les entreprises touristiques et a exhorté les touristes locaux et étrangers à quitter la région. La milice explique que dans cette partie de la Turquie, les gens ont énormément souffert, que la faim, la pauvreté et les massacres sont systémiques et normalisés et que le peuple kurde subit une persécution immense.

Quelques jours plus tard, le 29 juin, dans le district de Datca à Muğla Palamutbükü, les émetteurs de télévision qui diffusaient la propagande du régime ont également été sabotés par la HBIM. Cette dernière action servant également d’avertissement. HBIM a déclaré que cette zone touristique et que toutes les zones touristiques financent le régime et resteront donc des points de conflit. Le groupe a averti les touristes et leur demande de ne pas venir dans la région qui est devenue le centre des revenus pour le régime de l’AKP-MHP qui est soutenu par les pays occidentaux. Il exhorte également les touriste à ne pas rester silencieux et à s’opposer aux actions de leurs états.

Sabotage des tours de télévision dans le district de Datca

Sabotage des tours de télévision dans le district de Datca

Ce samedi 13 juillet, trois activités au Local Sacco-Vanzetti:

De 18h30 à 19h30: Atelier “Écrivons aux prisonniers politiques”, des cartes, timbres, adresses de prisonniers et conseils seront à disposition.

De 19h30 à 20h30: Le Front Anti-Impérialiste (AEC) présentera la situation de Aytem Özturk, journaliste et opposante arabo-turque livrée par Beyrouth au régime d’Ankara, détenue pendant 6 mois clandestinement et torturée avant d’être transférée dans une prison turque régulière.

À partir de 20h30: Apéro contre la répression en soutien au Local Sacco-Vanzetti et à la lutte contre la répression. Au programme, musique, cocktails, discussions, tables d’infos…

Soliparty 13 juillet

Soliparty 13 juillet

Aujourd’hui, les Forces de défense du peuple (HPG) ont annoncé que la commandante internationaliste Sarah Handelmann (alias Sara Dorsin) avait été tuée dans une frappe aérienne turque contre les zones de défense de Medyale 7 avril.

Dans un communiqué, le HPG a souligné les nombreuses qualités de la commandante et a apporté quelque précisions concernant son parcours. En 2017, la camarade Sara était venue d’Allemagne rejoindre le PKK. Elle a combattu dans les YJA-STAR (l’Unité des Femmes Libres) et servait comme commandante d’unité.

Plus d’infos ici

Şehîd Namirin !

Sara Dorsin, commandante dans les YJA-STAR

Sara Dorsin, commandante dans les YJA-STAR

Aujourd’hui, deux personnes ont été arrêtées en Belgique dans le cadre d’une enquête du parquet fédéral menée en collaboration avec Eurojust et Europol. Elles sont accusées d’appartenir à certaines des branches militaires du PKK, y compris les Forces de défense du peuple (HPG) et d’avoir recruté et entraîné des combattant·e·s (dans le cadre de camps d’entrainement) dans plusieurs pays européens.

Ces arrestations se sont déroulées à la suite de perquisitions menées dans cinq pays (Autriche, Belgique, France, Allemagne et Suisse) dans le cadre d’une enquête ouverte en 2017 et menée par un juge d’instruction liégeois en collaboration avec le parquet fédéral. Plusieurs réunions opérationnelles et une réunion de coordination à Eurojust (l’unité de coopération judiciaire de l’UE) ont servi de plate-forme pour échanger rapidement des informations sur les affaires et coordonner les différents étapes de l’enquête ainsi que les arrestations.

Combattant·e·s du PKK (archives)

Combattant·e·s du PKK (archives)

Après presque trois ans passés dans les prisons turques, l’étudiante toulousaine Ebru Firat est sortie de prison samedi. La jeune militante franco-kurde avait quitté Toulouse en 2014 pour combattre Daesh en Syrie. Elle avait notamment participé à la bataille pour libérer Kobané. Le 8 septembre 2016, elle a été arrêtée à l’aéroport d’Istanbul alors qu’elle tentait à nouveau de rejoindre la Syrie depuis Toulouse. Condamnée à cinq ans de prison pour appartenance au PKK, sa demande de transfèrement pour qu’elle puisse purger sa peine en France avait échoué (voir notre article).

Ebru Firat est arrivét au stade de sa peine où elle peut faire une demande de semi-liberté qui aurait compris l’obligation de rentrer en prison le soir. Elle a donc été placée dans un centre de semi-liberté près d’Ankara durant trois jours. Elle y a été observée et samedi son régime s’est assoupli. Elle est donc désormais libre de ses mouvements même si elle doit rester en Turquie pendant au minimum un an et pointer une ou deux fois par semaine.

Ebru Firat

Ebru Firat

Depuis quelques jour, l’armée turque mène des bombardements aériens et des parachutages dans la région kurde de Khakurk au Sud-Kurdistan (Irak). Selon le commandement des Forces de Défense du Peuple (HPG), l’attaque de Khakurk serait une tentative d’occupation. Selon Murat Karayilan membre du comité exécutif du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et commandant du quartier général des HPG, cette les opérations militaires turques se mènent avec le soutien de l’OTAN et plus particuliérement des États-Unis. Il a également annoncé que les guérilleros aller donner la réponse nécessaire à cette tentative d’occupation et mettre en place la résistance nécessaire.

Plus d’infos ici

Murat Karayilan, membre du Conseil exécutif du PKK

Murat Karayilan, membre du Conseil exécutif du PKK

L’activiste avait brandit le drapeau des YPJ pendant une manifestation contre la conférence de sécurité de Munich en février 2018. Il était par la suite accusé de faire la propagande du PKK. Le juge a acquitté l’activiste, estimant que les liens entre les YPJ et le PKK étaient insuffisamment prouvés. La même cour avait déjà acquitté un autre activiste, poursuivi pour avoir porté un drapeau du PYD à une manifestation contre l’invasion d’Afrin par l’armée turque.

En Allemagne, l’affichage de symboles du PKK, ainsi que ceux d’organisations considérées comme affiliées au PKK, est interdit. Par ces interdictions, l’état allemand répond à la demande de la Turquie de durcir la répression contre les activistes pro-kurdes.

YPJ drapeau

YPJ drapeau

Un Turc de 53 ans résidant en Belgique, à Willebroek, est incarcéré en Turquie depuis deux mois. La police a arrêté Ali Akyüz alors qu’il rendait visite à sa famille en Turquie. Le 18 juin, il sera présenté devant un juge turc. Il risque 20 ans de prison au total pour “terrorisme”. M. Akyüz a partagé un article au sujet de deux enseignants qui avaient perdu leur poste au lendemain du coup d’État manqué en Turquie (voir notre article) et, en 2015, un autre article avec une interview avec d’activistes qui occupaient le parc de Gezi. Sur la photo illustrant l’article partagé, les activistes posaient avec le drapeau du DHKPC.

Ali Akyüz

Ali Akyüz

Le 29 mai, le procureur général a demandé une peine de 3 ans et 10 mois pour Erdal Gökuğlo, en procès pour son appartenance supposée au DHKP-C. Il s’agit d’un procès mené en vertu du paragraphe 129b de la constitution allemande, visant les partisans d’une organisation étrangère qualifiée comme terroriste, et employé notamment contre les organisations de la gauche révolutionnaire de Turquie et du Kurdistan. Le 5 juin, les avocats d’Erdal plaideront en sa défense. Erdal était emprisonné en Belgique avant d’être extradé en Allemagne en 2017. Lire notre article.

Erdal Gökoğlu

Erdal Gökoğlu