Les manifestations radicales se succèdent à Portland (Oregon) depuis l’année dernière, provoquées de diverses manières par la brutalité policière, la discrimination raciale et la politique d’immigration américaine. Le bâtiment de l’autorité fédérale américaine de l’immigration et des douanes (ICE) est souvent le point de mire des manifestations. Samedi soir les manifestants y ont provoqué un début d’incendie. Les agents fédéraux sont sortis du bâtiment pour repousser les émeutiers en tirant des centaines de balles au poivre.

À Portland, des manifestants révolutionnaires, portant des pancartes contre Biden et contre la police, ont manifesté hier mercredi dans les rues du centre de la ville et endommageant au passage le siège du Parti démocrate de l’Oregon (tags, vitres brisées, etc.). L’une des pancarte disait “Nous ne voulons pas de Biden, nous voulons nous venger!” en réponse aux meurtres de la police et aux guerres impérialistes.

En soirée plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le bâtiment de l’ICE (United States Immigration and Customs Enforcement), qui a été le théâtre de plusieurs affrontements entre les manifestants et la police fédérale au cours de l’année écoulée, en particulier après la mort de George Floyd. Les manifestants demandent depuis longtemps l’abolition de l’ICE, l’agence qui applique de manière agressive les lois sur l’immigration, enfermant et déportant les enfants en séjour irrégulier. Le rassemblement a été déclaré illégal et les agents fédéraux ont utilisé massivement des gaz lacrymogènes et des munitions non-létales.

A Portland, un grand nombre de personnes étaient rassemblées vendredi dans la zone de Southwest 3rd Avenue, autour de Southwest Main Street, La police leur a intimé l’ordre de partir immédiatement: «Si vous ne partez pas, vous risquez d’être arrêté, cité et/ou sujet au recours à la force», ont menacé les policiers de Portland avec des mégaphones. Les affrontements ont aussitôt commencé. Des groupes de manifestants ont attaqué les forces de police, un centre commercial, le palais de justice fédéral au moyen de feux d’artifices et de cocktails Molotov. D’autres ont tenté pour pénétrer par effraction dans le centre de justice situé au 1120 Southwest 3rd Avenue. Outre les cocktails Molotov et les engins pyrotechniques, les  policiers ont canardés de pierres, des briques, de bouteilles d’eau congelée et de ballons de peinture. Les policiers ont chargé et utilisé des engins fumigènes, lacrymogènes, et des munitions non-létales. Des arrestations ont eu lieu mais les détails ne sont pas encore disponibles. Les forces de répression ne comprenait pas uniquement les policiers locaux, mais des agents des services fédéraux (en fait une division en uniforme du Département de la sécurité intérieure).

Les adjoints du shérif du comté de Multnomah et la police de Portland ont tenté d’exécuter une expulsion tôt mardi matin. Les agents ont été accueillis par une foule de de manifestants hostiles. Les manifestants ont lancé des projectiles sur les policiers anti-émeute qui tentaient de “sécuriser” une zone. Tout au long de la journée, des barricades de fortune ont été érigées autour de la “Maison Rouge”, visée par l’expulsion. Cette maison a été un point focal pour les militants du logement depuis qu’un juge du comté a autorisé l’expulsion de ses occupants, la famille Kinney, en septembre. Dans le but d’éviter la reprise de possession de la maison, les manifestants ont établi un “Blocus des expulsions 24h / 24 et 7j / 7”. Une bataille juridique au sujet de la maison fait rage, la famille Kinney déposant une requête auprès de la Cour suprême des États-Unis en novembre. Le propriétaire légal de la maison, Urban Housing Development, a jusqu’au 23 décembre pour répondre. La police a dû renoncer à l’expulsion, mais plusieurs arrestations ont eu lieu.

Des forces de la police et de la Garde nationale de l’Oregon ont pourchassé mercredi soir des centaines de manifestants de la gauche révolutionnaire dans le centre de Portland et ont procédé à au moins dix arrestations. Cette ville avait été placée en alerte renforcée par la gouverneure de l’Oregon, Kate Brown. Elle a prolongé un état d’urgence instauré pour la nuit de l’élection présidentielle pour prévenir des manifestations violentes.

Les manifestants ont participé à un rassemblement pacifique dans un parc du centre de Portland, où un ensemble de groupes anticapitalistes proposaient des conférences et de la musique. Lors que la marche qui a suivi, plusieurs manifestants portaient des armes à feu, dont des fusils. Une banderole portait le slogan « On ne veut pas de Biden. On veut la vengeance / pour les crimes policiers / pour les guerres impérialistes / pour les massacres fascistes » Le bureau du shérif du comté de Multnomah a déclaré que la situation qui prévalait correspondait légalement à une émeute, après l’arrestation d’un homme soupçonné d’avoir lancé un cocktail Molotov. Il y a eu des heurts, des caillassages, des tirs de gaz lacrymogènes, des vitrines brisées et des arrestations.

 

 

Il y a eu de nouveaux heurts, samedi 16, entre manifestants, agents fédéraux et policiers de Portland, devant le siège des services de l’immigration et des douanes dans la ville (l’ICE).
Les manifestants se sont rassemblés à Willamette Park avant de marcher sur l’ICE. Les manifestants scandaient des slogans à l’extérieur du bâtiment lorsque des agents du Service fédéral de protection sont sortis leur faire face vers 22 heures, heure locale. La police de Portland avait averti qu’elle utiliserait “des armes à impact, des gaz lacrymogènes et / ou des munitions OC” si les gens refusaient de dégager les routes et l’ICE. Les heurts ont alors commencés: caillassage contre tirs de grenades à gaz.

Les heurts de Portland ce samedi

La police est intervenue rapidement samedi soir, 10 octobre, pour arrêter environ un tiers des personnes qui manifestaient sur un boulevard alors que Portland s’approche de 130ème nuits de manifestations dans la ville. La manifestation de samedi soir n’a pas cependant été déclarée comme “rassemblement illégal” ou “une émeute”. Les manifestants se sont réunis à Alberta Park, quelques dizaines d’entre eux se sont déplacés sur le Martin Luther King Jr. Boulevard. Les responsables de la police ont ordonné au haut-parleurs de dégager le boulevard sous peine d’arrestation. La police est intervenue rapidement après et a commencé à procéder à plusieurs arrestations vers 22 h 45. La plupart des 26 arrestations portaient sur des accusations d’ingérence avec un agent de la paix et de conduite désordonnée.

Le lendemain, dimanche 11 octobre, un rassemblement dans le sud-ouest de Portland a été déclaré” émeute” par la police. Quelques centaines de manifestants s’était réuni à SW Park Ave et SW Madison Ave et ont fait tomber, avec une chaîne, les statues d’Abraham Lincoln et de Theodore Roosevelt. Trois personnes ont été arrêtées. Les organisateurs de la manifestation avaient appelé la manifestation «Journée de la rage des peuples autochtones», avant le jour de Christophe Colomb. Les manifestants ont marché vers le campus de l’Université d’État de Portland, attaquant plusieurs bâtiments sur le parcours.

La statue de Theodore Roosevelt

Une autre nuit mouvementée samedi 26 septembre au centre-ville de Portland, en Oregon, s’est terminée par plusieurs arrestations. Des centaines de personnes étaient rassemblées pour dénoncer le profilage racial et la violence policière lorsque les autorités ont déclaré leur manifestation d’attroupement illégal. La foule avait notamment envahi le secteur où se trouve le palais de justice et la cour fédérale des États-Unis. Un drapeau américain a été brulé et des feux d’artifice o,nt été tirés vers les policiers. Il y a eu plusieurs arrestations. D’autres manifestations BLM ont donné lieu à des affrontements à Seattle (10 arrestations), à New York (4 arrestations).

Déploiement policier samedi à New York

Les manifestations BLM et les affrontements ont repris à Portland, dans l’Oregon, à la suite d’une brève accalmie en raison des incendies de forêt qui ravagent l’État. Les affrontements de vendredi 18 septembre ont commencé quand la police a déclaré illégale une manifestation devant le bâtiment de l’Immigration et des Douanes. Les affrontements qui ont suivi ont amené l’arrestation de 11 manifestants. Quelques centaines de manifestants ont à nouveau défilé dans la ville samedi soir, certains d’entre eux brisant des vitrines et taggant des bâtiments. Une banque et un Starbucks faisaient partie des entreprises ciblées. Aucune arrestation n’a été effectuée, mais une enquête a été ouverte.

Les chiffres de la répression des manifestations dans la ville ont été rendus public. Le bureau de police de Portland, la police de l’État de l’Oregon et d’autres agences locales ont arrêté au moins 851 personnes entre le 31 mai et le 1er septembre de cette année. Sur les 851 arrestations examinées par le procureur de district, 249 ont été renvoyées pour accusation de “crime”, tandis que 599 autres sont répertoriées comme des simples “délits”. Jusqu’à présent, le procureur de district a porté plainte dans 19 cas impliquant des manifestants. Sur les 19 cas, une seule personne a été condamnée à ce jour après avoir plaidé coupable d’incendie criminel au premier degré. Les agences fédérales ont de leur côté arrêté 98 personnes, parmi lesquelles. 88 font maintenant face à des accusations fédérales, pour “crime” dans 38 cas et “délit” dans 45 autres. Au moins 18 mineurs ont été détenus pendant les manifestations et renvoyés au système de justice pour mineurs du comté.

Intervention des forces fédérales ce vendredi à Portland

 

Plusieurs centaines de voitures conduites par des partisans du président américain, avec drapeaux et signes pro-Trump, ont convergé de façon organisée en file sur Portland samedi, y compris dans le centre-ville où se trouvent les manifestants du mouvement Black Lives Matter. Des affrontements ont eu lieu entre manifestants et contre-manifestants» et des policiers sont intervenus et ont procédé dans certains cas à des arrestations. Des tirs ont eu lieu à 20 h 45 (heures locales), environ, dans le centre-ville, et un homme est mort dans circonstances encore ignorées. Selon des photographies, l’homme décédé portait une casquette «Patriot Prayer», un groupe local d’extrême droite actif contre les manifestations antiracistes qui occupent la ville depuis trois mois. Dans les deux heures qui ont suivi la fusillade, des manifestants se sont rassemblés au centre-ville et il y a eu des combats sporadiques. Dix personnes ont été arrêtées.

Un partisan de Trump tué à Portland

Un partisan de Trump tué à Portland