L’avis, demandé par la Chambre avant les vacances parlementaires, sur le troisième volet du projet de loi comprenant l’interdiction de manifester, a été rendu. “En plein air, des mesures préventives sont en principe possibles (…) Lorsque des individus commettent des délits violents au cours d’une réunion, la Cour Européenne des Droits de l’Homme reconnaît que l’État dispose d’un certain pouvoir discrétionnaire pour évaluer la nécessité d’imposer une restriction à la liberté de réunion et l’imposition d’une sanction est donc acceptée, sauf si elle est “disproportionnée”, indique le Conseil d’État dans cet avis. “La législation envisagée, qui contient une sanction individuelle, ne semble pas être considérée comme disproportionnée”, ajoute la juridiction administrative. En outre, “la CEDH déclare que la limitation de ce droit (de manifester) de la part des participants individuels est justifiée par la prévention de délits et par la protection des droits et libertés d’autrui.” Le Conseil d’État ajoute que le projet de loi ne crée pas de nouveau délit, mais prévoit seulement une peine supplémentaire qui peut être prononcée en plus de la peine principale visant un délit commis “sciemment, volontairement et intentionnellement”. Le Conseil d’Etat demande des clarifications sur 3 critères: le critère de 100 personnes, sur la notion de grève et le dispositif pénal (l’intention et la peine).

Seule la version néerlandaise de l’avis est actuellement disponible. Lorsque la traduction française sera prête, le parcours parlementaire du projet de loi pourra reprendre. Le texte a déjà été adopté en commission. Il est dès lors vraisemblable que le texte soit inscrit à l’ordre du jour de la séance plénière de la Chambre du 19 octobre. Jeudi matin, 10.000 personnes s’étaient rassemblées contre le projet de loi. Selon Raoul Hedebouw, ce n’est pas le MR ni le ministre de la Justice qui ont demandé que cette loi soit mise sur pied. C’est le Parti socialiste et le bourgmestre de Bruxelles (PS) Philippe Close.

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Mardi 26 septembre, Alexis Antonioli (au centre sur la photo), secrétaire de la CGT Total à la raffinerie de Normandie, près du Havre, reçoit une convocation pour un entretien disciplinaire. Le syndicaliste, au cœur des grèves de l’an dernier, qui ont vu la raffinerie être arrêtée à deux reprises, d’abord pour des augmentations de salaire à l’automne, puis contre la réforme des retraites en mars, était menacé de sanctions disciplinaires. La réponse de ses collègues a été immédiate : dès 21h, à la prise de quart des salariés de nuit, 70% des salariés de la raffinerie et de l’usine pétrochimique se sont mis en grève, menaçant la direction de cinq jours de grève, dont 48h immédiatement. Après quatre heures de grève, vers minuit, le directeur de la plateforme a dû s’excuser auprès du secrétaire du syndicat et abandonner la procédure disciplinaire à son encontre. La raffinerie, dans le contexte d’inflation du prix des carburants, est extrêmement rentable. Le seul secteur essence, où travaille Alexis Antonioli, aurait dégagé 88 millions d’euros de bénéfices le mois dernier. Dans ce contexte, la seule menace d’une grève a poussé la direction centrale à désavouer le directeur local, nommé suite aux grèves de l’automne.

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Le 4 octobre a été notifié le durcissement des mesures préventives à l’encontre de deux anarchistes poursuivis dans le cadre de l’opération contre le bimensuel Bezmotivny (voir notre article). Suite à des rapports de la DIGOS sur des prétendues violations des mesures précédemment imposées, le juge d’instruction a ordonné le transfert en prison de Gino Vatteroni (qui était aux arrestations domiciliaires avec toutes les restrictions) et le durcissement de la mesure de contrôle judiciaire pour Veronica (à l’origine elle avait reçu l’interdiction de sortir de la commune de résidence, avec interdiction de sortir de chez elle de 19 heures à 7h, maintenant elle a été placée aux arrestations domiciliaires avec toutes les restrictions).

 

 

Début juillet, la commission de la Justice avait donné son aval au projet de loi du ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne concernant entre autre l’interdiction judiciaire de manifester. Celle-ci donne aux juges la possibilité d’interdire aux émeutiers, aux “casseurs”, de manifester pendant un certain temps (voir ici). Les syndicats et d’autres organisations sociales et politiques redoutent qu’elle puisse devenir un levier pour restreindre également les manifestations pacifiques. Le front commun syndical a appelé aujourd’hui à la grève nationale et à une manifestation pour protester contre le projet de loi.

Ce samedi 30 septembre, plus de 200 policiers berlinois ont encerclé un rassemblement en solidarité avec Kayed Fasfous, en grève de la faim depuis plus 60 jours, et en soutien à Zaid Abdulnasser, coordinateur de Samidoun en Allemagne qui est menacé de se voir retirer son titre de séjour en Allemagne en tant que réfugié palestinien de Syrie en raison de ses activités politiques en faveur de la Palestine. Les policiers ont nassé les manifestants qui s’étaient rassemblés dans la Sonnenallee, près de la Hermannplatz. Les policiers ont inspecté chaque image et chaque texte, employant un traducteur pour traduire le texte arabe, y compris les calligraphies décoratives sur les sacs ou les t-shirts des participants. Ils ont successivement exigé que les drapeaux de Samidoun ne soient pas hissés, que les drapeaux et les pancartes à l’effigie de Georges Ibrahim Abdallah soient retirés. La police a ensuite menacé d’annuler le rassemblement si les participants chantaient “Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre”. Les manifestants ont refusé de céder. Après de nombreux chants, la police a dispersé le rassemblement et arrêté six manifestants, leur donnant des amendes et les relâchant peu après, pour avoir chanté “De la rivière à la mer, la Palestine sera libre”.

 

Samedi 30 septembre à 5h30, les policiers de l’unité spéciale antiterroriste (TEKAM) ont pris d’assaut l’immense squat Evangelismo à Heraklion, en Crète, pièce maitresse du mouvement social de la quatrième ville de Grèce. Dix occupants ont été arrêtés. L’un d’entre eux a été blessé, alors qu’il tentait de fuir. Un grand rassemblement de solidarité a eu lieu le matin même dans la zone commerçante et touristique. La police a lancé des gaz lacrymogènes sur la foule. Par la suite, le Centre de la Jeunesse de la municipalité a été occupé ainsi qu’une salle de conférence où un ministre a du écourter sa visite. De nombreux tags et plusieurs actions de sabotages ont eu lieu dans d’autres endroits de la ville.

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Demain mardi 3 octobre s’ouvrira le procès de l’affaire dite « du 8 décembre ». Un rassemblement aura lieu devant le Tribunal de Paris à partir de 12h. Par ailleurs, le procès est public et se tiendra tous les après-midi à partir de 13h30 du mardi au vendredi du 3 au 27 octobre. Une présence solidaire est souhaitée tout le long du mois d’octobre. L’affaire du 8 décembre 2020 est une opération antiterroriste commanditée par le Ministère de l’Intérieur contre des militant·es désigné·es par ce dernier comme des « activistes d’ultragauche » et mis·es en examen pour « association de malfaiteurs terroristes ». La DGSI, accompagnée d’unités de polices militarisées (GAO, RAID), avait procédé à l’arrestation de neufs personnes dont les engagements politiques étaient divers et dans des régions différentes: soutien aux familles réfugié·es, projets d’autonomie et de lieux collectifs à la campagne, soutien aux victimes de meurtres d’État, squat d’activités politiques et contre-culturelles, écologie et défense de la cause animale, implication dans des ZAD, activisme dans la scène punk, féminisme, mouvement Gilets Jaunes, etc. Ce sont des camarades de longue date des luttes sociales.

Les détails de l’« Affaire du 8 décembre » sont disponibles sur le blog

 

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L’Office fédéral de police criminelle (BKA) a demandé et obtenu que les photos d’Ernst-Volker Staub, Burkhard Garweg et Daniela Klette soient à nouveau affichées dans toute l’Allemagne, et notamment sur les panneaux d’affichages numériques dans les gares et transport publics. En outre, des perquisitions ont eu lieu chez des proches dans l’espoir que la police scientifique trouve des traces du passage du trio.  Les trois militants sont recherchés pour la dernière action revendiquée par la RAF en mars 1993 : l’explosion d’une énorme charge d’explosif avait dévasté la prison en construction de Weiterstadt, près de Darmstadt. Aucune personne n’avait été blessé mais les dommages causés à la prison s’étaient élevés à 90 millions de marks (première photo). Une récompense allant jusqu’à 80 000 euros a été offerte pour leur arrestation, mais voilà 30 ans que le groupe se maintient dans une clandestinité  financée par des hold-up (sur la photo : deux membres du trio lors d’un hold-up, 2016 voir aussi ici).

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Un homme de 43 ans originaire de Bruxelles, suspecté d’être à l’origine d’un incendie dans une filiale des supermarchés Delhaize la semaine dernière, a été interpellé et placé sous mandat d’arrêt. Jeudi dernier, une rangée de chariots a été incendiée dans l’entrée du Delhaize situé dans la Museumstraat à Anvers. Les flammes  n’avaient pas atteint le bâtiment. Des images de vidéosurveillance ont permis à la police d’établir un lien entre un véhicule et les évènements, ce qui a ensuite mené à l’identification de l’homme qui a été interpellé à Bruxelles et placé sous mandat d’arrêt pour suspicion d’incendie criminel. Il suspect comparaîtra demain mercredi devant la chambre du conseil.

Les actions contre la franchisation des magasins Delhaize se sont succédés ces derniers jours. Dernièrement la voiture de Diego Louwers, co-repreneur du Delhaize Flagey a été recouverte de peinture. Le pare-brise a été endommagé et on peut lire l’inscription “en toute franchise” sur le capot du véhicule.

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Des dizaines de milliers de personnes (80.000 selon les organisateurs) ont manifesté dans 120 villes en France ce samedi contre les violences policières. Il y a eu de forts affrontements à Paris. Arrivés au niveau de la station de métro Anvers, dans le nord de la capitale, les manifestants du cortège de tête ont brisé les vitres d’une agence bancaire de la Caisse d’Épargne. Ils ont ensuite jeté des projectiles sur une voiture de police coincée dans la circulation, boulevard de Clichy. Quatre policiers qui se trouvaient à l’intérieur du véhicule: l’un d’eux est sorti pour braquer son arme sur les manifestants. Une intervention des BRAV (policiers matraqueurs à moto) a alors eu lieu pour dégager la voiture. Il y a eu six arrestations dont trois qui seraient liées à l’attaque contre la voiture de police.

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