Le 3 mars 2017, le ministère de l’Intérieur a publié une décision qui interdit les drapeaux du PYD, du YPG/YPJ et les photographies d’Abdullah Ocalan et de plusieurs symboles du mouvement kurde. Après l’envoi de ce décret aux 16 Landen allemands, la politique de criminalisation des Kurdes en Allemagne a immédiatement augmenté, notamment en Bavière. Cependant, plusieurs tribunaux locaux en Allemagne ont statué qu’aborder des drapeaux des YPG/YPJ et du PYD n’est pas un délit.

L’activiste kurde Ciwan Çewlik, qui fait du travail politique et culturel en Allemagne depuis plusieurs années, était monté sur une scène pour soutenir la résistance des YPG/YPJ et la révolution du Rojava le 20 juillet 2019. Le ministère turc de la Justice a ouvert une enquête à son sujet et, à la demande de la Turquie, la Cour suprême de Hanovre avait ouvert une procédure contre l’artiste. Ciwan Çelîk a comparu avant-hier jeudi devant la Cour suprême de la ville. La représentation de la cour a décidé que l’affaire ne comportait aucun acte criminel.

Un stand de soutien avec le prisonnier anarchiste Thanos Hatziangelou, accusé avec deux autres personnes d’avoir participé aux actions de l’Organisation d’action anarchiste (voir notre article), se tiendra dans le cadre de la Journée antispéciste qui se tiendra à La Clé ce dimanche 7 août.
A La clé, 118 rue Fransman, à Laeken, à partir de 12H.

 

Le festival « di alta felicità » – du grand bonheur, un jeu de mots avec « alta velocità », grande vitesse – organisé par les opposants à la ligne est devenu un rendez-vous incontournable de l’été dans la vallée qui doit accueillir le Lyon-Turin. On y propose des débats, des concerts au milieu des tentes de camping. Plus de 2 000 manifestants se sont mises en marche, samedi 30 juillet, entre Venaus et le chantier de l’autoport de San Didero, à la sortie de Susa. Slogan « nous sommes la nature qui se rebelle », inscrit sur la banderole de tête, le cortège s’est séparé en deux à son arrivée. L’un poursuivant sa route, l’autre  s’est attaqué aux fils de fer barbelé clôturant l’enceinte du chantier avant de s’affronter aux forces de l’ordre. 12 policiers auraient été blessé après avoir été touché par des projectiles. Sur un second front, les activistes ont également profité de la proximité de l’autoroute descendant du tunnel du Fréjus vers Turin pour y déposer des troncs d’arbres afin de bloquer le trafic routier.

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En 2016, Bruxelles Prévention & Sécurité (depuis peu rebaptisé « safe.brussels »), l’organisme d’intérêt public bruxellois en charge d’intégrer les compétences régionales sécuritaires héritées de la 6e réforme de l’Etat, avait acheté 5 drones auprès de la firme française Novadem (voir ici). Depuis, la Région n’a depuis lors de cesse d’étoffer sa flotte et possède aujourd’hui 9 aéronefs qu’elle cogère avec la Direction Coordination et Appui de la police fédérale de Bruxelles, qui se charge, elle de les mettre au service des zones de police.

Du 1er janvier au 28 juillet 2022, la police bruxelloise a déjà mené 159 missions à l’aide de ces drones, pour une moyenne qui approche les 5 sorties hebdomadaires. A l’issue de leur première année complète d’utilisation, en 2019, les drones bruxellois avaient effectué 198 missions au profit de la police. En suivant l’évolution de ces chiffres pour les années suivantes, on constate que c’est surtout le covid qui a stimulé très fort leur utilisation. En 2020, en effet, le nombre de sorties effectuées atteignait un pic de 369 missions avec beaucoup de vols préventifs afin de rappeler les consignes en vigueurs. En 2021, année marquée par un nombre important de manifestations jugées sensibles, la tendance repartait légèrement à la baisse avec 314 missions exécutées par la « cellule drones » bruxelloise – une tendance qui, au rythme actuel, devrait se confirmer pour 2022. La Région bruxelloise s’apprête à commander deux nouveaux drones pour remplacer ceux dont la limite d’heures de vol a été dépassée.

Après qu’une cour d’appel a rejeté sa demande de libération sous conditions, des centaines de personnes ont manifesté hier à Athènes en solidarité avec le gréviste de la faim Yannis Michailidis. La police a utilisé des grenades assourdissantes, des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser la manifestation, et a procédé à 13 arrestations. Giannis Michailidis avait entre-temps été transféré de la prison à l’hôpital dans un état grave. Giannis a annoncé la suspension de sa grève de la faim à son 68e jour (voir ici). Malgré un intense campagne de solidarité en Grèce et au niveau international (dernièrement encore, le consulat de Grèce à Malmoe a été attaqué).

collage à Bruxelles

Une heure, c’est le délai dont disposent désormais les plateformes web pour supprimer les contenus considérés comme « terroristes » en ligne. Cette obligation est la mesure phare d’un texte de loi adopté par les sénateurs, mardi 26 juillet. Ce vote a été confirmé dès le lendemain par les députés. Cette mesure n’était pas passée avec la Loi Avia que le gouvernement Macron avait tenté d’imposer en 2020. À l’époque, le Conseil Constitutionnel avait censuré une grande partie de la loi, notamment les textes régulant les contenus sur internet. C’est donc une nouvelle tentative qui vient de réussir. Il s’agit de la 15e loi antiterroriste depuis 2015. Et bien d’avantage si l’on compte toutes les lois sécuritaires, relatives à la surveillances ou aux contestations.

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Le 19 juillet, huit syndicalistes, dont quatre du syndicat SI Cobas et quatre de l’USB (Unione Sindacale di Base) ont été joints à leur domicile pour une notification d’assignation à résidence. A la tête de l’opération le parquet de Piacenza, qui a produit 350 pages d’ordonnances à l’encontre de plusieurs dirigeants syndicaux locaux et nationaux de deux syndicats. C’est un nouveau mode opératoire judiciaire contre les luttes ouvrières dans la logistique, qui cible à nouveau le coordinateur national du SI Cobas, Aldo Milani. Les chefs d’accusation sont nombreux et graves : résistance à un agent public, blocage d’un service public, violence privée, association de malfaiteurs, et autres.

En réponse, les deux syndicatss ont proclamé une journée complète de grève générale entre mercredi 19 juillet et le lendemain. Des secteurs entiers du personnel logistique étaient déjà en grève et mobilisés ce jour, convergeant notamment devant la préfecture de Piacenza pour exiger la libération immédiate des syndicalistes arrêtés. Plusieurs rassemblements de protestation sont organisés ces jours-ci dans plusieurs villes italiennes, et une manifestation nationale est prévue ce samedi à Piacenza.

 

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Plusieurs actions de blocage du Pays basque ont été organisées ce samedi 23 juillet pour réclamer la libération de deux prisonniers basques septuagénaires, anciens membres d’ETA incarcérés depuis 32 ans, Jakes Esnal et Ion Parot. Environ 1700 personnes selon les organisateurs se sont réparties samedi sur dix points de blocage d’axes de circulation, sur la côte basque comme à l’intérieur des terres. Ces opérations avaient été interdites par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Vers 8h30, un groupe a réussi à pénétrer sur le tarmac de l’aéroport de Biarritz avant d’en être délogé par la police et d’être placé en garde à vue pour «introduction non autorisée dans la zone côté piste d’un aéroport». À Biarritz, vers midi, le boulevard qui relie autoroute, gare et aéroport a été bloqué. Des militants se sont enchaînés dans la matinée aux voies de chemin de fer à Boucau, au nord de Bayonne. Le trafic ferroviaire a été interrompu vers 11H00 dans les deux sens de circulation. Il y a eu au moins six arrestations.

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EDIT: il y a eu au total 26 arrestations.

Condamné en 2009 à douze ans et demi de prison, le militant altermondialiste Vincenzo Vecchi faisait partie des « dix de Gênes », lourdement condamnés pour les affrontements lors du G8 en 2001. Réfugié en Bretagne, il avait été arrêté en août 2019 à Rochefort-en-Terre, en vertu de mandats d’arrêt européens (MAE) émis par l’Italie. Depuis l’Italie réclame son extradition. La justice française s’y était opposé, mettant en cause la proportionnalité du MAE. Vincenzo Vecchi avait été libéré en novembre 2019 par la Cour d’appel de Rennes (voir notre article). Par la suite, la cour d’appel d’Angers avait refusé en novembre 2020 d’exécuter le MAE au motif que la peine principale de dix ans de prison, encourue pour « dévastation et pillage » (introduite dans le code pénal italien sous Mussolini), n’avait pas d’équivalent en France (voir notre article).

En janvier 2021, la Cour de cassation française avait saisi la justice européenne (la CJUE) sur la double incrimination et la proportionnalité du mandat d’arrêt européen (MAE) visant M. Vecchi. Ce MAE servant normalement à lutter contre le terrorisme et le grand banditisme. Une audience s’était tenue en janvier à Luxembourg. Ce jeudi 14 juillet, la CJUE estime qu’« une correspondance parfaite n’est pas requise entre les éléments constitutifs de l’infraction concernée dans l’État membre d’émission et dans l’État membre d’exécution » du mandat. Selon la CJUE, en outre, « il ne revient pas à l’autorité judiciaire d’exécution, dans le cadre de l’appréciation de ladite condition, d’évaluer la peine prononcée dans l’État membre d’émission au regard du principe de proportionnalité des peines ». Comme l’expose l’avocate française de Vincenzo Vecchi: « Cela veut dire que la Cour de justice, qui interprète les textes européens, vient de dire que les règles de collaboration européennes sont considérées comme supérieures aux principes fondamentaux du droit ». Prochain épisode devant la Cour de cassation à Paris.

Vincenzo à sa sortie de la prison de Rennes

 

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Giannis Michailidis est au 54e jour de grève de la faim (voir ici). En février 2011, il avait été arrêté lors d’une grande manifestation à Athènes pour avoir tiré à l’arc sur la police anti-émeute. Libéré sous conditions, ilm est recherché un mois plus tard pour appartenance à la CCF et passe à la clandestinité. En avril 2011, il est soupçonné d’avoir pris part à une fusillade avec la police. En février 2013, il est arrêté avec trois autres anarchistes, suite au braquage d’une banque et d’un bureau de poste. En juin 2019, après six ans de prison, il s’évade de la prison de Tyrintha. Sept mois plus tard, il est arrêté de nouveau armé et dans une voiture volée, en compagnie de deux autres camarades et accusé d’une autre attaque de banque. En décembre 2021, il peut demander sa libération conditionnelle. Le 23 mai, suite à deux réponses négatives, il commence une grève de la faim dans le but d’obtenir sa libération.

Les actions de solidarité avec Giannis sont nombreuses: tags, manifestations, accrochages de banderoles mais aussi des destructions d’automates bancaires (au moins six), des attaques au marteau (vitres brisées au palais de justice de Patras, à un commerce à Thessalonique, à un auditorium du ministère de la justice, à un local du parti de droite « Nouvelle Démocratie », à l’office des impôts de Maroussi), incendie d’un véhicule de la compagnie Cosmote à Exarcheia, jets de cocktails Molotov contre la police, toujours à Exarcheia, etc. Parmi les actions de solidarité internationale: une attaque à l’explosif contre une société de travaux publics au Chili le 11/7 et un rassemblement devant l’ambassade de Grèce à Londres le 10/7. La date de la prochaine audience qui doit décider de sa possible libération a été fixée au 25 juillet.

Fil info ici (en anglais)