Durant l’été 2014, le terrain du Keelbeek, à Haren, à la périphérie Nord de Bruxelles, où l’Etat veut construire la plus grande prison de Belgique, est occupé par des opposant.e.s au projet. Sans attendre les permis, la Régie des bâtiments démarre les travaux à plusieurs reprises. Mais à chaque fois, les engins de chantier sont repoussés par les zadistes. Le 20 mai 2015 se déroule l’audience publique de la commission de concertation concernant le projet de maxi-prison. Le même jour, une quinzaine de zadistes décident de manifester à l’intérieur de la Régie des bâtiments. Dénouement imprévu : la maquette de la maxi-prison, exposée dans le hall d’entrée, est détruite. Une enquête est ouverte et 4 personnes, pourtant non-impliquées dans la destruction, se retrouvent devant les tribunaux.

Le 19 février 2016, sans même avoir pu identifier les auteurs de la destruction et malgré les contradictions évidentes entre le témoignage du vigile et les images des caméras de surveillance, le tribunal correctionnel condamne les 4 personnes à 10 mois de prison avec 3 ans de sursis pour « destruction de bien mobilier en bande », verdict confirmé en appel. Le 1er octobre 2021, le tribunal prononce le verdict pour le volet civil. Les 4 militant.e.s doivent rembourser une somme gonflée au maximum de 43.000 euros à la Régie des bâtiments. Pour les 4 condamné.e.s, ces 6 années de procès dont 3 années de sursis, ont été pénibles à vivre. Mais le verdict au civil, avec son montant astronomique, est un nouveau coup dur. C’est pourquoi un appel à la solidarité financière a été lancé: Compte bancaire « soutien procès maquette » : BE66 5230 4745 8943. (lire l’appel complet)

 

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Le 1er décembre tombera à Berlin la sentence du procès contre Cem. Il est accusé des attaques en 20210 contre la Haus der Wirtschaft, la « Maison de l’économie », siège des principales associations patronales allemandes, le Département pour le développement urbain de Berlin et le tribunal de district de Wedding. Ces actions ont été revendiquées par les Revolutionären Aktionszellen (RAZ), les Cellules d’action révolutionnaires. Depuis 2013, neuf personnes ont été accusées, dont un militant du Secours Rouge International à Stuttgart, en vertu de l’article 129 du code pénal relatif à l' »association de malfaiteurs », d’avoir crée les RAZ et d’avoir participé à la revue clandestine Radikal. L’accusation spécifique d' »association de malfaiteurs » est tombée et un seul inculpé, Cem, reste sur le banc des accusés, accusé de trois incendies et d’avoir participé à Radikal.

 

 

Des milliers de Serbes sont descendus dans la rue. Ils rejettent la nouvelle loi sur les expropriations et la nouvelle loi sur le référendum, qui selon eux sont des instruments pour faire passer en force des projets industriels nocifs pour l’environnement. A Belgrade et en province, ils ont bloqué des centre-villes et des axes principaux. Le passage en force de deux lois favorisent un projet de mine de lithium mené par Rio Tinto qui cristallise les oppositions depuis plusieurs mois. Alors que des élections générales sont prévues en 2022, la manifestation est aussi l’occasion de s’opposer au pouvoir. À Belgrade, le blocage a cessé dans le calme, mais dans d’autres villes, il y a eu des bagarres lors de l’intervention de la police et des arrestations. À Sabac, la foule a fait le siège du commissariat et obtenu la libération des siens. Pour contrer les interventions policières contre le blocage (illégale) des rues, en plusieurs endroits, les manifestants ont organisés des flux denses traversants et retraversant inlassablement la rue, obtenant la paralysie du trafic sans tomber sous le coup de la loi.

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Le gouvernement allemand a approuvé l’expulsion de la militante espagnole Maria V. au motif qu’elle travaillait en relation avec des organisations et institutions kurdes. Maria V., qui a été expulsée vers l’Espagne, sera interdite d’entrée en Allemagne pendant les 20 prochaines années. C’est la première fois que l’état allemand impose une restriction d’une telle durée à un-e ressortissant-e de l’UE, en invoquant un lien avec le mouvement kurde.

Parmi les motifs de l’ordre d’expulsion figurent sa maîtrise du kurde, sa visite d’institutions kurdes et sa participation à des manifestations et des panels sur le Kurdistan ainsi que sa participation aux manifestations du 8 mars pour la Journée internationale des femmes travailleuses et sa résistance au Hambacher Forst, l’un des mouvements écologistes les plus connus d’Allemagne. Elle est considérée comme personne de lien entre le PKK, listée comme organisation terroriste depuis le 26 novembre 1993, et les groupes politiques de gauche en Allemagne.

manifestation kurde en Allemagne (archive)

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Trois hommes ont été arrêtés par des policiers enquêtant sur l’INLA, l’Irish National Liberation Army. Agés de 37, 42 et 46 ans, ils ont été arrêtés en vertu de la loi sur le terrorisme, a annoncé le service de police d’Irlande du Nord. Cinq maisons dans l’ouest de Belfast ont été perquisitionnées, ce qui aurait selon la police permis la découverte d’une arme à feu.  Les arrestations ont eu lieu en relation avec une manifestation dans le quartier de Divis, à Belfast, le 30 mai. Ce jour là, une vingtaine d’hommes cagoulés avaient tiré une salve d’honneur pour commémorer Martin McElkerney, un militant historique de l’INLA décédé quelques jours plus tôt.

EDIT 27/11: L’IRSP, l’Irish Republican Socialist Party, a dénoncé cette rafle et indiqué que l’arme n’était qu’une carabine à plomb d’apparence militaire

 

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Le 22 octobre, un jeune rom désarmé mais circulant à bord du voiture volée était immobilisé, puis abattu de 38 balles par sept policiers, qui ont été libérés. En premières représailles à ce meurtre impuni, aux premières heures du 15 novembre,deux bombes ont explosé contre les maisons de deux des policiers. L’action a été revendiquée par Cellules d’Action Directe – Organisation d’Action Anarchiste qui, en juillet dernier, avaient dénoncé publiquement comme cible 21 membres de la police grecque (voir ici). Ce sont les maisons de deux membres de cette liste qui ont été attaquée. Lire le communiqué.

La famille de Nikos Sambanis

 

 

 

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El Mahjoub Maliha, militant pour la cause du Sahara occidental, domicilié à Tessenderlo (Limbourg), avait été interpellé début novembre par le comportement suspect de son iPhone. Un courriel s’était affiché dans la boîte de réception de son iPhone comme « lu » alors qu’à peine reçu.  Il  a aussitôt contacté le laboratoire d’Amnesty International (voir notre article), transmettant une copie du contenu de son téléphone. Des traces de processus liés au logiciel espion Pegasus ont été découvertes dans la mémoire de l’appareil, elles datent de janvier, mars, avril, mai et juin 2021. La Maroc figure parmi les premiers utilisateur de Pegasus (voir notre article).

Apple a annoncé mardi avoir déposé une plainte contre NSO Group, la société israélienne qui fabrique  Pegasus  et avoir demandé au tribunal d’interdire définitivement les programmes de NSO sur les appareils et services de sa marque.

De violents affrontements entre policiers et manifestants ont eu lieu mardi à Cadix, en Andalousie, au huitième jour d’une grève des ouvriers de la métallurgie, qui réclament des hausses de salaire suite à la forte inflation (voir notre précédent article). Les heurts se sont produits à proximité du port de Cadix, à l’issue d’une manifestation qui a rassemblé plusieurs milliers d’ouvriers ainsi que des étudiants venus leur apporter leur soutien. Lors de ces affrontements, les forces de l’ordre, appuyées par un hélicoptère, ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

 

Affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, barrages routiers, barricades enflammées, pillages, attaques contres les bâtiments de l’état, tirs à balles réelles par et sur les forces de l’ordre, voici huit jours et nuits que les principales villes de Guadeloupe s’insurgent dans un mouvement dont l’étincelle fut l’opposition au pass sanitaire, mais dont les revendications se sont élargies. L’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), en tête de la contestation qui secoue l’île, a appelé à poursuivre la mobilisation. L’UGTG et les organisations qui ont lancé le mouvement « soutiennent avec fierté que la mobilisation populaire […] constitue une franche réponse à tous les mépris, toutes les violences qui nous sont opposés depuis des années, à nous peuple de Guadeloupe », écrit la secrétaire générale du syndicat.

Le gouvernement a envoyé 200 policiers et gendarmes supplémentaires en Guadeloupe et une cinquantaine d’agents du GIGN et du Raid. La répression judiciaire a commencé: Des audiences de comparution immédiate se sont tenues dès lundi 22 novembre. Cinq personnes étaient à ce momemt placées en détention, une a été déférée pour « violence volontaire avec arme sur une personne dépositaire de l’ordre publique » et les autres pour « vols aggravés ». Dix autres personnes sont en garde à vue ce dimanche matin. Les forces de l’ordre les ont interpellé la nuit de samedi à dimanche.

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À l’issue de son assemblée générale les 23 et 24 novembre, l’organisation policière internationale se dotera d’un nouveau président. C’est un émirati, le général Ahmed Naser Al-Raisi, qui part favori. Cet inspecteur général du ministère de l’Intérieur, avec plus de 40 ans de carrière dans les forces de police, est depuis 2018 membre délégué du comité exécutif d’Interpol. Le général Raisi est personnellement visé par plusieurs plaintes, notamment en Europe pour torture et détention illégale de l’opposant politique Ahmed Mansoor, détenu depuis mars 2017 pour « atteinte à la réputation de l’État » et de deux citoyens britanniques, Matthew Hedges et Ali Issa Ahmad, depuis libérés.

Et ce au moment où les dictatures, à commencer par la Turquie, utilisent de plus en plus INTERPOL afin de cibler leurs opposants. Jamais autant de “notices rouges” n’ont été émises. Ces demandes d’arrestation ou d’extradition s’élevaient autour de 1 200 chaque année dans les années 2000. Leur chiffre est proche des 14 000 à présent. Et dans le peloton de tête des pays qui innondent INTERPOL de ces notices se trouvent les Émirats Arabes Unis. Les Émirats se sont montrés extrêmement généreux vis-à-vis d’INTERPOL, cherchant à procurer un avantage à leur candidat. Alors que le pays doit assurer 0,425 % du budget de l’organisation, soit un peu plus de 240 000 euros, il s’est ainsi distingué par un don sans précédent de 50 millions d’euros. Cette somme correspond au budget nécessaire pour l’agrandissement du siège d’Interpol à Lyon. Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin vient de demander aux autorités locales de mettre la main à la poche. “Faute de quoi le siège d’INTERPOL pourrait quitter Lyon pour… les Émirats Arabes Unis.”

INTERPOL a une longue tradition de présidents tortionnaires et de collaboration sans réserve avec les dictatures. Dès 1938 elle s’était choisi comme président un général SS, chef de la Gestapo de Vienne, Otto Steinhäusl. Son président suivant fut Richard Heindrich, chef des polices nazies et un des principaux organisateurs de l’extermination des Juifs. Son premier directeur d’après guerre fut le belge Florent Louwage qui avait été avant-guerre un directeur de la Sûreté expert dans la chasse aux communistes et qui s’était mis, pendant l’occupation, au service de l’exécutif d’Interpol alors dirigée par le général SS Kaltenbrunner (condamné et pendu à Nurenberg pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité). Le successeur de Louwage fut le Portugais Agostinho Lourenço qui, dès 1933 avait organisé la police politique du régime du général Salazar, et orienté ses méthodes basées sur les arrestations arbitraires et la torture.

EDIT 25/11: Le général Ahmed Naser Al-Raisi a bien été élu hier à la présidence d’INTERPOL.

Le général Ahmed Naser Al-Raisi