D’ici le printemps prochain, un nouveau Règlement Général de Police sera d’application sur l’ensemble des communes de la capitale belge. Pour harmoniser les différents règlement déjà existants deux protocoles d’accord seront conclus. Le premier vise à uniformiser les infractions mixtes (vol, graffiti, coups et blessures…), le second à relancer la possibilité de dresser des sanctions administratives communales pour les mineur·es auteur·es de ce type d’infraction.

À cette occasion, la STIB a annoncé qu’elle mettrait tout en œuvre pour être en mesure de partager les images de vidéo-surveillance de son réseau avec les six zones de police de la capitale. Elle annonce être sur la dernière ligne droite en vue de la conclusion d’une convention en ce sens avec l’organisme régional Bruxelles Prévention et Sécurité et le Centre de l’Informatique de la Région de Bruxelles-capitale (CIRB). Après la signature de la convention avec les zones de police, la Région bruxelloise programmera les logins et mots de passe policiers qui auront accès en temps réel à aux images de vidéo-surveillance de la STIB. Ce droit sera cependant limité aux images des stations de métro qui se trouvent sur le territoire des zones concernées.

Caméra de la STIB

Caméra de la STIB

 

La justice n’aura finalement retenu que le chef de « propos injurieux envers les forces de l’ordre » et a condamné O.E.M. à une lourde amende pour avoir écrit sur Facebook “Un bon flic est un flic mort” puis “Un assassin qui meurt, ça ne me choque pas”. L’homme qui avait tenu ces propos après la fusillade de Liège a été condamné, la semaine passée, par le tribunal correctionnel de Bruxelles à une amende de 4.000 euros. Le Bruxellois s’était excusé mais le procureur du Roi avait requis la peine maximale pour calomnie, soit un an de prison.  La défense avait plaidé l’acquittement et estimé que les propos épinglés relevaient de la liberté d’expression voire d’un délit de presse et ne relataient pas des faits précis.

Le palais de justice de Liège

 

Dossier(s): Belgique Tags:

Une gilet jaune originaire de Namur est détenue dans un centre de rétention administrative à Paris, après son interpellation lors de la manifestation de samedi dernier dans la capitale française. Un autre Belge, originaire de Bruxelles, avait été interpellé au même moment mais il a, depuis, été libéré. La police les accuse d’avoir voulu monter une barricade contre les CRS. Les avocats des deux Belges contestent et affirment qu’ils souhaitaient déplacer la barrière pour leur permettre de quitter les lieux. Dans un premier temps, le procureur a requis une peine de quatre mois de prison mais le juge a décidé de les relaxer. Un arrêt de reconduite à la frontière a ensuite été délivré et les deux Belges ont été chacun placés dans un centre de rétention. Le préfet de police de Paris a alors demandé au juge de prolonger la rétention en vue d’une expulsion, estimant qu’ils représentaient une « menace imminente pour l’ordre public ». Les deux avocats ont contesté cette décision auprès du juge. Dans le cas du Bruxellois, le juge a estimé que l’interpellation était injustifiée, la Namuroise, le juge a rendu un avis contraire. Une audience en appel de la décision est prévue demain matin à Paris.

Un an de gilets jaunes

 

Samedi 16 novembre 2019, lors d’une manifestation des Gilets Jaunes à Paris, un homme a perdu un œil à cause d’un projectile tiré par un policier. Mercredi 20 novembre, il a refusé d’être auditionné par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) connue pour sa partialité et sa propension à étouffer les affaires de violences policières (voir notre article). Il demande la désignation immédiate d’un juge d’instruction compte tenu du caractère criminel de l’affaire, faute de quoi il diffusera les vidéos des responsables dans un délai d’une semaine.

Le parquet de Paris, lui aussi accusé de bloquer les dossiers de violences policières, annonce avoir ouvert une enquête pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique avec armes ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours ». Manuel C., le Gilet Jaune éborgné, a, par l’intermédiaire de son avocat, déposé une plainte auprès du doyen des juges d’instruction pour réclamer une requalification criminelle en « violences » aggravées « ayant entraîné une mutilation permanente ». La plainte vise nommément le préfet Didier Lallement, et l’accuse de complicité pour avoir autorisé l’usage de lanceurs de grenade 56 mm. Ces lanceurs de grenades lacrymogènes, dits Cougar ou Chouka, font partie des armes de maintien de l’ordre responsables de nombreux·ses blessé·es chez les Gilets Jaunes.

Gilets Jaunes - Acte 53 - manifestation à Nantes

Salutations internationales aux prisonnier·e·s révolutionnaires à l’occasion de la Conférence de Travail du Secours Rouge International, novembre 2019.

Les délégué·e·s de Belgique, Suisse, Italie, Allemagne et Turquie/Kurdistan présent·e·s à la Conférence de Travail 2019 du Secours Rouge International vous adressent leurs salutations les plus chaleureuses.

La conférence s’est tenue dans un contexte général de progrès du fascisme sous toutes ses formes : du fascisme déchaîné au pouvoir en Turquie à l’action des gangs néo-nazis ou islamistes en passant par les politiques gouvernementales racistes et répressives des États de l’Union Européenne.

Cette tendance est issue de la crise générale du capitalisme, qui ne peut répondre aux aspirations des peuples que par la répression et la violence. Le SRI a toujours considéré que la dialectique lutte/répression/résistance était une partie importante, organique, du processus révolutionnaire. Il faut assumer cette dialectique comme partie intégrante de la tendance à la guerre de classes, un espace de maturation et de qualification de la lutte révolutionnaire.

Cette perspective prend un caractère concret avec le développement de nouveaux mouvements de masse, comme celui des Gilets Jaunes en France, des mouvements populaires au Chili, etc. Ces mouvements sont eux aussi issus de la crise générale du capitalisme, et ils expriment, par de nouvelles voies, l’aspiration des peuples à un changement de société. Ces mouvements sont confrontés à une répression très brutale, à laquelle ils offrent, ne serait-ce que par leur continuité, une résistance admirable. La défense des luttes dans la rue est l’une de nos préoccupations dans la période actuelle.

Les enjeux de la résistance du Rojava à l’agression fasciste turque concernent tout le mouvement révolutionnaire. Le destin politique de l’Europe est étroitement lié à celui du Moyen-Orient, et le Rojava est la principale ligne de front. On y voit s’opposer de la manière la plus nette et la plus radicale le projet de société nouvelle aux formes les plus barbares de répression et de réaction. Cet enjeu est assumé par les internationalistes (notamment ceux du Bataillon International de Libération) dont 48 ont payé de leur vie cet engagement. Notre campagne pour fournir les combattant·e·s du Rojava en matériel médical de première ligne est notre contribution modeste, mais effective. La délégation turque a souligné, à notre conférence, l’importance de l’internationalisme, dans toutes ses formes et à tous les niveaux d’action, dans cet affrontement d’une portée internationale.

Le succès du mois d’agitation pour Georges Abdallah est l’expression d’une autre facette de notre travail qui unit la défense des prisonnier·e·s révolutionnaires à la valorisation des causes qu’ils incarnent, dans le cas de Georges à la cause du peuple Palestinien. Cette mobilisation prend un sens tout particulier alors que les peuples arabes, notamment en Irak et au Liban, descendent dans la rue contre des régimes réactionnaires et corrompus.

Malgré les progrès du fascisme et de la réaction, impulsés par le système pour désamorcer les conflits que sa crise génère, les luttes de classes et populaires constituent une alternative puissante, à laquelle nous contribuons dans la mesure de nos moyens. Vous êtes une part de cette alternative, comme dans cette lutte contre la section spéciale d’isolement de la prison de l’Aquila, partie de la lutte contre la loi 41bis, qui a montré que la détermination et l’unité entre prisonnier·e·s révolutionnaires de différentes tendances, renforcée par la solidarité extérieure et intérieure, pouvait déboucher sur une victoire.

C’est en soulignant votre importance pour le processus révolutionnaire et en saluant votre résistance dans les prisons que nous vous adressons, cher·e·s camarades, nos salutations les plus chaleureuses.

Dimanche 17 novembre, des militant·es antifascistes qui participaient à un championnat d’arts martiaux à Moscou ont subi un raid de l’unité « anti-extrémisme » de la police. 25 personnes ont été identifiées, arrêtées et emmenées pour interrogatoire. Les policiers auraient cherché à savoir si des participant·es au tournoi avaient pris part à des émeutes massives à Moscou cet été (voir notre article). Un des antifascistes arrêtés, Vladislav Barabanov, avait déjà été soupçonné d’avoir pris part aux émeutes, mais les charges retenues contre lui ont finalement été abandonnées. Le championnat de dimanche était organisé pour commérer Ivan Khutorskoy, un militant anarchiste bien connu qui avait été abattu en 2009 par le groupe BORN (Organisation de combat des nationalistes russes), un groupe armé fasciste.

Raid contre un championnat d'arts martiaux antifasciste à Moscou

Après avoir été interdits d’accès à leur fac pendant trente jours, quatre syndicalistes étu­diants de l’Unef Nanterre viennent d’être placés en garde à vue! Ces militants sont engagés depuis le début de l’année aux côtés des sans-facs, sacrifiés sur l’autel de la sélection. Le président de la fac a pour principe du refuser de laisser ces jeunes accéder à l’enseignement supérieur et aux études de leur choix. Un refus de principe, car il préfère laisser la tension monter et dépenser l’argent de l’université en embauchant des vigiles privés pour réprimer la contestation plutôt que de négocier les dernières inscriptions. La présidence de Paris-Nanterre avait réuni le 7 octobre dernier une Commission des formations et de la vie universitaire (CFVU) sans convoquer une partie des élus étudiants et étudiantes, dont Barth et Victor. La direction de l’université est allée jusqu’à envoyer des vigiles pour les empêcher physiquement de se rendre sur le lieu de la réunion. Et c’est pour avoir essayé d’entrer dans le bâtiment où se tenait ce conseil que les quatre militants sont accusés de “ violences”. Ils sont retenus par la police parce qu’ils ont voulu faire respecter le droit des élus à siéger et le droit des étudiantes et des étudiants à étudier. Une manifestation solidaire a eu lieu hier lundi devant le commissariat de Nanterre.

Les 4 syndicalistes étudiants de Nanterre

 

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Ce samedi 16 novembre, pour le premier anniversaire du mouvement, l’acte 53 des Gilets jaunes a rassemblé près de 40.000 manifestants dans toute la France. À Paris, des mobilisations se sont organisées en plusieurs endroits. Dans la matinée, sur le périphérique parisien, les forces de l’ordre sont rapidement intervenues pour disperser les manifestants qui bloquaient les voies. Une forte mobilisation a eu lieu place d’Italie où des voitures ont été renversées, des engin de chantier et poubelles incendiées, abribus saccagés… Selon la préfecture de Paris, 147 personnes ont été interpellées durant la journée. À Bordeaux, le centre ayant été bloqué, le cortège a marché dans différents quartiers de la ville. Des heurts ont éclaté à mi-parcours quand certains manifestants ont tenté de forcer les barrages de police pour rejoindre la place Pey-Berland. Au total, huit personnes ont été interpellées selon la préfecture.

À Nantes, pratiquement dès le départ de la manifestation, la police tentera d’empêcher les gilets jaunes de défiler en tirant des gaz lacrymogènes. Des affrontements auront lieu devant la préfecture.
À Toulouse, l’accès à la place du Capitole avait été interdit. Des centaines de manifestants ont été dispersés à de nombreuses reprises. La police a tiré des gaz lacrymogènes et fait usage du canon à eau contre les manifestants seulement 20 minutes après le départ, à 14 h. Les dispersions se sont poursuivies pendant plus de deux heures. Ce samedi, 17 personnes y ont été interpellées « pour jets de projectiles, port d’arme par destination (marteau), rébellion, outrage, port illégal d’insigne de presse et dissimulation de visage ».

À Lyon, les manifestations avaient également été interdites, mais plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées dès 13 h place Bellecour. À Grenoble, la manifestation unitaire contre la politique du président Macron qui réunissait « gilets jaunes », syndicats (GCT, FSU, Solidaires, Unsa, CNT) et des associations a mobilisé plusieurs centaines de personnes. À Saint-Etienne, les manifestants ont défilé sans pouvoir accéder au centre-ville. Des gaz lacrymogènes ont été tirés après la tentative de manifestants de rentrer dans la zone gardée. À Dijon, où toute manifestation non déclarée avait été interdite, des gilets jaunes ont tenté de manifester avant d’être dispersées par des gaz lacrymogènes. Un manifestant a été arrêté pour possession de pétards.

Gilets Jaunes - Acte 53 - manifestation à Nantes

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Suite au drame de l’immolation d’un étudiant devant le bâtiment du CROUS (qui attribue notamment les bourses universitaires) de Lyon, les étudiants de la fac se sont mobilisés. Un rassemblement a notamment été organisé puis un blocus de la fac voté par l’assemblée générale, le mot d’ordre étant de lutter contre la précarité étudiante. Des dizaines d’étudiants ont ensuite lancé une occupation. La présidence de l’université ont alors demandé une intervention policière. Une centaine de gendarme et de membres de la BAC interviennent alors sur le campus pour déloger les opposants. Il est rappeler qu’en France, l’intervention de la force policière sur un campus ne peut se faire dans une université sans l’aval de sa présidence.

répression blocage lyon le bron

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Après des mois de procédure, la cour d’appel a finalement donné son verdict concernant l’extradition de Vincenzo Vecchi. Les juges ont annulé le mandat d’arrêt émis par les autorités italiennes et ordonné sa remise en liberté.  Devant le Parlement de Rennes, une centaine de membres de comités de soutiens s’étaient réunis, comme lors de chaque audience depuis l’arrestation survenue dans le Morbihan le 8 août. Vincenzo faisait l’objet de deux mandats d’arrêts européens émis par les autorités italiennes. En 2012, il avait été condamné à douze ans de prison pour des dégradations lors de manifestations anti-G8, à Gênes en 2001. Il avait aussi été condamné à quatre ans de prison pour sa participation à une manifestation antifasciste à Milan, en 2006.

Vincenzo à sa sortie de la prison de Rennes

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