Ce sont des centaines de procès qui ont eu lieu ou qui se tiennent en France contre des gilets jaunes. Impossible d’en rendre compte systématiquement. Quatre exemples:

Hedi M., 28 ans connu dans la région de Narbonne pour son engagement dans le mouvement avait été interpellé jeudi 3 janvier au matin alors qu’il est en train de filmer pendant le blocage d’un dépôt pétrolier de Port-la-Nouvelle par des gilets jaunes. Il avait ensuite été placé en détention provisoire. Parmi les éléments retenus contre lui, plusieurs messages et vidéos diffusés sur sa page Facebook, et notamment un appel au blocage du dépôt pétrolier de Port-la-Nouvelle. Il a été condamné pour «organisation d’une manifestation sur la voie publique sans déclaration», «participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou destruction ou dégradation», et «entrave à la circulation de véhicules» à 6 mois d’emprisonnement ferme et 3 ans d’interdiction de manifester sur la voie publique, contre deux ans dont six mois de sursis requis par la procureure.

Un homme de 24 ans était accusé d’avoir lancé un caillou en direction de la police lors de la manifestation samedi des gilets jaunes à Bar-le-Duc (Meuse) et d’avoir insulté un policier lors de son interpellation. Il a écopé de six mois de prison dont quatre avec sursis et mise à l’épreuve dont deux mois ferme avec mandat de dépôt.

Le tribunal de Bordeaux a condamné lundi 14 janvier un Gilet jaune de 55 ans à deux mois de prison avec sursis pour détention de pavé et participation à une manifestation non autorisée. Il avait été interpellé samedi 12 janvier à Bordeaux après l’ordre de dispersion. Une peine de huit mois d’emprisonnement avec sursis avait été requise par l’avocat général. L’homme avait été victime d’un tabassage en règle lors de son arrestation, et la vidéo avait circulé sur le web.

Yovan, un gilet jaune de 28 ans a comparu, ce lundi à Toulon, devant la chambre des comparutions immédiates. Il a été condamné à six mois de prison pour « violence » et « outrages » (des insultes lancées aux policiers). Comme il est bénéficiaire d’une allocation d’aide pour le retour à l’emploi, le tribunal lui a déclaré que «ce sont les bourgeois qui paient leurs impôts qui vous financent»…. La sanction est assortie d’une interdiction de paraître à Toulon et à Marseille pendant un an.

Arrestations de Gilets jaunes à Bordeaux (archive)

Arrestations de Gilets jaunes à Bordeaux (archive)

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Mercredi 16 décembre au matin, la police a arrêté 11 personnes : les maires de Verges et Celrà, deux communes de Gérone et neuf autres personnes, dont des militants d’un CDR (Comité de Défense de la République). Plus tard dans la journée, cinq autres personnes seront également arrêtées. Tous ont été arrêtés pour troubles de l’ordre public pour avoir bloqué pendant plus de deux heures la ligne TGV dans la gare de Gérone. Les faits remontent au 1er octobre 2018, date anniversaire du référendum sur l’indépendance de la Catalogne (aussi nommé 1-O) où environ 400 personnes avaient bloqué la ligne de TGV pendant 2 heures. Apparemment, le juge n’avait pas ordonné la détention. Il s’agirait donc d’arrestations uniquement ordonnées par la police. Les détenus ont été relâchés après avoir comparu au poste de police assisté de leurs avocats, en attendant de comparaître devant un juge.

Les maires de Verges et Celrà

Les maires de Verges et Celrà

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Samedi 12 janvier, se tenait une manifestation nocturne des Gilets Jaunes à Pau qui a rassemblé environ 2500 personnes. À la fin de cette manifestation des affrontements ont éclatés avec la police et plus d’une dizaine de personnes ont été arrêtées. Sept de ces dernières ont été placé en garde à vue. La plupart des personnes ont été relâchées dimanche mais sont toujours menacées par une enquête. Trois autres étaient toujours en garde à vue lundi matin.

L’un des gardés à vue est un Gilets Jaune de la première heure. Il est accusé de dégradations sur un véhicule de police, de provocation à la rébellion et d’avoir participé à un rassemblement en vue de violences volontaires sur des biens et des personnes.

Barrage des

Barrage des

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Le panneau publicitaire géant Coca-Cola, situé place De Brouckère, avait été la cible d’une action, le 10 juillet 2016. Le logo avait été remplacé par le message « TTIP Game Over » – No more negotiations – No more free trade deals – It’s time for action », ainsi qu’un appel à la manifestation du 20 septembre contre les accords de libre-échange TTIP et le CETA. Des actions similaires avaient eu lieu sur trois autres panneaux publicitaires : place Stéphanie, rue de la Loi et à la Foire de Libramont. Un militant est aujourd’hui poursuivi pour sabotage et piratage informatique et risque de la prison et une amende allant jusqu’à 125 000€.

Une première audience avait déjà eu lieu le 5 septembre 2018, au cours de laquelle un rassemblement de soutien réunissant entre 200 et 250 personnes s’était tenu (voir notre article). Le procès y avait été reporté au 12 février. Un nouveau rassemblement en solidarité est donc prévu le jour du procès le 12 février à 8h00 place Poelaert.

Plus d’infos ici sur le site du comité de soutien

L'écran Place De Brouckère

L’écran Place De Brouckère

Le prochain apéro du Sacco-Vanzetti se tiendra le vendredi 18 janvier à partir de 19h au local Sacco-Vanzetti (chaussée de Forest, 54, 1060 Saint-Gilles). C’est l’occasion de se rencontrer autour d’un verre, d’une bière ou d’un jus de fruit. Des images de luttes en cours seront projetées, et plusieurs groupes tiendront des stands d’info. Pour proposer le votre, contactez nous. Les fonds serviront au maintien du Local Sacco-Vanzetti et de la lutte contre la répression.

Apéro du Sacco-Vanzetti ce vendredi 18 janvier

Apéro du Sacco-Vanzetti ce vendredi 18 janvier

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Ils avaient été arrêté à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le 15 avril 2018, jour d’affrontements avec les gendarmes mobiles. Jugés en première instance par le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire, les quatre prévenus avaient été condamnés à huit mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve, pour trois d’entre eux : deux jeunes femmes, 19 et 21 ans, et un homme de 45 ans. Le quatrième, 20 ans, avait été relaxé des faits de violence aggravée. En revanche, il avait été condamné à 2.000 € d’amende pour avoir refusé de se soumettre aux relevés d’empreintes.

Tous étaient rejugés, mardi 8 janvier 2019, à Rennes. Ils ont contesté toute violence et tout jet de projectile. L’avocat général a requis une peine avec sursis. Cinq gendarmes, parties civiles, réclament des dommages et intérêts, de 1 000 € à 1 500 €. La décision de la cour d’appel sera rendue le 5 mars. Une plainte a par ailleurs été déposée par l’un des avocats, à l’encontre des gendarmes, pour violences. Elle est transmise au parquet de Rennes, qui a compétence en matière d’affaires impliquant des militaires.

Les affrontements à notre-Dame-des-Landes

Les affrontements à notre-Dame-des-Landes

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Le mouvement des gilets jaunes a semblé s’essouffler pendant la période des Fêtes, mais il a repris de la vigueur ces derniers jours. Pour l’Acte IX, les chiffres officiels évoquent 93.000 manifestants. Plus de 80 000 membres des forces de l’ordre avaient été mobilisés à travers le pays, dont près de 5000 dans la capitale.

À Paris, une manifestation pacifique rassemblant des milliers de participants s’est déroulée dans les rues pour se diriger vers la place de l’Étoile. Par ailleurs, des incidents ont eu lieu sur la place de l’Étoile, où plusieurs petits groupes se sont rassemblés sans prendre part à la manifestation. Des gaz lacrymogènes et des canons à eau ont été utilisés. Les policiers ont procédé dans la capitale à près de 156 interpellations au cours de la journée. 24 personnes ont été blessées à Paris, dont un caméraman de Radio-Canada, atteint au pied par des fragments de grenades de désencerclement utilisées par les forces de l’ordre.

À Bordeaux des incidents ont éclaté sur la place de la Comédie quand des protestataires ont jeté des pierres sur les policiers qui les empêchaient d’emprunter le cours de l’Intendance. Les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes, des flash-ball et des grenades, blessant deux manifestants (voir ici). Des affrontements ont également eu lieu à Toulouse, Bourges, à Strasbourg et à Marseille où sept personnes ont été blessées lors d’affrontements. Les journalistes ont été pris à parti en plusieurs endroits.

Sur les Champs-Elysées hier samedi

Sur les Champs-Elysées hier samedi

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Le samedi 12 janvier, le Conseil Démocratique Kurde en France organisait une marche pour la justice pour Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, trois militantes kurdes assassinées en janvier 2013 (voir notre article). Suite au décès, en décembre 2016, du meurtrier présumé, le procès n’a jamais eu lieu, ne permettant pas de mettre en lumière l’implication de l’état turc dans cette affaire. En mars 2018, les familles des trois militantes kurdes ont déposé une nouvelle plainte, demandant la saisie d’un juge d’instruction pour poursuivre l’enquête.

La marche a rassemblé plusieurs milliers de personnes venant de toute la France, mais aussi de Grande-Bretagne, de Suisse et de Belgique. Une délégation de membres et sympathisant.es du Secours Rouge de Genève et de Bruxelles se sont joints aux camarades internationalistes avec la campagne Shengal pour commémorer la mémoires de trois militantes assassinées et réaffirmer leur soutien aux combattant.es au Kurdistan et en Turquie.

Banderole de la campagne Shengal - Secours Rouge de Genève

Banderole de la campagne Shengal – Secours Rouge de Genève


Banderole de la campagne Shengal - Secours Rouge (Belgique)

Banderole de la campagne Shengal – Secours Rouge (Belgique)

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Le parquet général de Bruxelles avait fait appel contre toutes les dispositions du jugement par lequel quatre personnes ont été acquittées et quelques autres condamnées pour « trafic d’êtres humains ». Le 12 décembre dernier, le tribunal correctionnel de Bruxelles avait acquitté trois citoyennes belges et un résident belge qui avaient hébergé chez eux des migrants. Le tribunal avait par contre condamné les « passeurs » en question à des peines de 12 à 40 mois de prison, avec sursis pour certains. (voir notre article)

Haie d'honneur pour les inculpé(e)s

Haie d’honneur pour les inculpé(e)s

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Des dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi au Pays basque, en Espagne et en France, en faveur du rapprochement des prisonniers d’ETA, actuellement dispersés à travers l’Espagne et la France. Les deux marches ont eu lieu à Bilbao, au Pays basque espagnol, et à Bayonne, au Pays basque français. A Bilbao, quelque 76.000 manifestants, selon les organisateurs, ont défilé dans une avenue du centre de la capitale de la Biscaye, aux cris de « Euskal presoak etxera » (« Les prisonniers basques à la maison ») ou de « presoak kalera amnistia osoa » (« les prisonniers dans la rue, amnistie totale »).

A Bayonne, ils étaient environ 9.000 personnes, à défiler sous le slogan « Orain presoak », ou « les prisonniers maintenant », pour réclamer un meilleur sort pour les 265 prisonniers basques. Moins d’une dizaine des 218 prisonniers d’ETA détenus par l’Espagne se trouvent actuellement au Pays basque et que la grande majorité d’entre eux sont dispersés dans des régions telle que l’Andalousie (sud), Murcie et Valence (sud-est), ou encore en Estrémadure (sud-ouest), à des centaines de kilomètres de leurs proches. 46 membres d’ETA sont détenus en France et un au Portugal.

La manifestation de Bilbao

La manifestation de Bilbao