Le projet de loi relatif au renseignement adopté en Conseil des ministres le 19 mars légalise des procédés d’investigation jusqu’à présent occultes: sonoriser des espaces privés, capter des images, accéder en temps réel aux données de connexion Internet ou installer des dispositifs de recueil des communications couvrant de larges périmètres de l’espace public, suivant la technique du chalutier jetant son filet pour faire le tri ensuite. Justifié par la lutte contre le terrorisme, le projet déborde de ce cadre puisque ces procédés pourront être mis en œuvre pour assurer « la prévention des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique ».

Tout le dispositif est placé entre les mains de l’exécutif évitant le contrôle par le juge judiciaire. La vérification du respect des critères, particulièrement flous, de mise en œuvre de ces procédés, est confiée à une commission qui fonctionne selon une logique inversée : pour les autoriser, un seul membre de la commission suffit, sauf en cas d’urgence, où l’on s’en passe. Mais pour recommander d’y renoncer, la majorité absolue des membres de la commission doit se prononcer, l’exécutif demeurant en dernier ressort libre d’autoriser la mesure. Et si la commission ne dit mot, elle consent. Ce n’est qu’a posteriori, et seulement si le filtre de la commission est passé, que des recours juridictionnels pourront être formés, exclusivement devant le Conseil d’Etat. Secret défense oblige, ils seront instruits sans respect du contradictoire. Ils resteront illusoires puisque par définition, le plaignant doit être dans l’ignorance des mesures de surveillance qui le concernent.

Enfin, aucune limite n’est fixée pour déterminer à quel moment et selon quels critères le régime du renseignement relevant d’une police administrative d’exception doit laisser place à une enquête judiciaire de droit commun, avec les garanties qu’elle comporte pour ceux qui en font l’objet.

Ce lundi matin à l’aube, une bombe incendiaire a explosé devant une des entrées du palais de justice d’Heraklion (Crète). L’action a été revendiquée en soutien aux prisonniers politiques en grève de la faim. D’autre part, toujours en soutien aux grévistes de la faim, les locaux de la radio « Kokkino 105.5 », proche de Syriza, a été occupée à Athènes.

Dossier(s): Archives Grèce

Le 19 mars au matin, les ROS [section spéciale anti-criminalité des carabiniers] ont perquisitionné les domiciles de trois anarchistes et les locaux du Cercle culturel Barbarià et de la bibliothèque populaire Rebeldies à Mentoulles et à Cuneo. Le mandat de perquisition fait référence à une enquête pénale basée sur l’article 270bis (association à finalité terroriste ou de subversion de l’ordre démocratique) et cible tout à la fois la publication de la revue Nunatak et les activités de la Caisse Antirépression des Alpes occidentales, des actions directes et des actes de sabotage (avec une attention particulière à ceux menés contre le chantier du TAV).

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Des textes de lois ont été déposés au ministère de la justice ce 20 mars : l’un d’entre eux prévoit l’abolition du cadre légal entourant les prisons de type-C, l’autre donne un cadre qui permettra dans le futur la libération du prisonnier Savvas Xiros. En pratique, cette loi permettra la libération de prisonniers gravement malades et handicapés.

Le Réseau des Prisonniers Combattants (DAK) n’arrêtera pas la grève de la faim pour autant : ils réaffirment leurs autres demandes : abolition des lois 187 et 187A, abolition de la loi anti-capuche et abolition de la loi sur l’utilisation de l’ADN.

Manifestation le 17 mars à Athènes

Manifestation le 17 mars à Athènes

Le 17 mars, le membre de la CCF en grève de la faim Panagiotis Argirou (qui, seulement deux ans plus tôt, s’est rétabli d’une blessure grave à la tête) a subi un épisode d’évanouissement et a été transféré dans un hôpital en dehors de la prison de Koridallos. Il a plus tard été ramené en prison, seulement pour être transféré de nouveau à l’hôpital du fait d’un taux glycémique très faible.

Le 18 mars, le gréviste de la faim CCF Giorgos Polidoros a également été envoyé à l’hôpital pour subir plusieurs tests. Le camarade a plus tard été transféré de nouveau en prison. Le 19 mars, un autre prisonnier CCF en grève de la faim, Theofilos Mavropoulos, a eu besoin d’être hospitalisé en dehors de la prison à cause de vertiges sévères et de douleurs abdominales et au rein.

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7 bomspotters sont convoqués au tribunal correctionnel le 26 mars et risquent 5 ans de prison et une forte amende. Ces activistes luttent contre la présence d’armes nucléaires américaines en Belgique au site de Kleine Brogel, et plus globalement contre l’armement nucléaire, l’OTAN et la guerre. Les 7 sont accusés de s’être introduit dans le quartier général de l’OTAN, d’y avoir pris des images et de les avoir diffusé. Ils seront convoqués au tribunal correctionnel de Mons le 26 mars (jeudi prochain) et appellent à être présent.

Ils appellent également à des dons de soutien sur le compte IBAN BE71 0013 3162 2969 (BIC GEBABEBB).

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A Bois d’Haine, près de La Louvière, des ouvriers campaient toujours devant les Laminoirs de Longtain où l’on fabrique des tubes métalliques : ils refusent le plan du repreneur qui ne conserve qu’une trentaine d’emplois sur 100. Il y a dix jours, le tribunal de Commerce a validé ce plan. Mais les 70 déçus qui ne retrouveront pas d’emplois ne l’entendent pas ainsi. Ils veulent, et les syndicats les soutiennent, un plan social qui les aidera..

Les travailleurs des Laminoirs de Longtain qui savent qu’ils ne travailleront plus à Bois-d’Haine, mais aussi quelques-uns, solidaires de leurs futurs ex-collègues, qui ont été réembauchés pour la reprise des activités sous la direction de leur (futur) nouveau patron, maintenaient le piquet devant l’usine. Hier en fin d’après-midi, c’est un huissier qui est venu leur signifier un jugement en référé leur ordonnant, sous peine d’une astreinte de 1.000 euros par jour et par personnes, d’évacuer les lieux. Ce n’était pas une surprise pour eux après avoir lu et entendu les déclarations du nouveau propriétaire des Laminoirs.

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Le bilan officiel des affrontements de Francfort est de 14 policiers et 21 manifestants blessés. Les pompiers ont du intervenir 47 fois pour des incendies. 80 policiers et 100 manifestants ont été blessés par les gaz et les pepper-spray. Il y a eu 350 interpellation, (parmi lesquelles celles d’au moins deux Belges, dont un membre de la JOC, interpellés mercredi en fin de matinée).
EDIT: Le membre de la JOC a été remis en liberté mais il écopera au moins d’une amende.

Dossier(s): Allemagne Archives

Début mars, le squat Mummola, situé à l’est d’Helsinki, était menacé d’expulsion. Le matin du mardi 3 mars, les policiers et des employés de la mairie d’Helsinki ont essayé d’expulser le squat, en vain. Le soutien de nombreuses personnes sur place a empêché les autorités d’arriver à leurs fins. Le matin du mercredi 4 mars, des employés de la mairie arrivent avec une sorte de grue pour couper l’électricité au squat. En début d’après-midi, les policiers arrivent pour aider les employés de la mairie.

Mardi 10 mars, toujours dans la matinée, les policiers anti-émeute ont attaqué le squat Mummola… L’expulsion a été suivie de la destruction de la maison. Le soir-même à Helsinki, une manif sauvage réunissant environ 150 personnes a eu lieu en solidarité avec les squatters expulsé-e-s. Des ampoules de peinture ont été jetées sur la police, des voitures de police ont eu leurs fenêtres brisées.

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Dossier(s): Archives Europe

Le conflit salarial qui paralyse la fourrière départementale (gérée par une société privée Caraïbes Développement) depuis 48 jours se retrouve devant le Tribunal de Grande Instance de Fort-de-France. Le secrétaire général de la CSTM, et quatre salariés du site de Mangot Vulcin sont assignés à comparaître ce matin pour répondre d’entrave à l’accès de la fourrière. Le juge doit se prononcer sur la liquidation des astreintes retenues contre les salariés et le leader syndical pour le blocage du site. Si le magistrat prend cette décision, la CSTM et son secrétaire général devraient verser 35.000 euros à la société Caraïbes Développement.

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