Le tribunal pénal fédéral de Bellizone a prononcé ce matin son verdict à l’encontre de notre camarade Andi, membre du secrétariat du Secours Rouge International et militante de l’organisation Revolutionäre Aufbau. Malgré le manque de preuve, le procureur avait requis une peine de quatre ans et demi de prison ferme, se basant sur le principe de contre-révolution préventive, afin de ‘faire passer un message aux militants’. Ce matin, Andi a été reconnue coupable d’avoir fait exploser plusieurs fusées de feu d’artifice contre des cibles de l’establishment, et a été condamnée à 17 mois de prison. Cette peine étant en-dessous de la limite de deux ans, elle pourra probablement purger se peine en semi-liberté. A l’annonce du verdict, les quelques sympathisants qui avaient pu entrer dans la salle ont bruyamment manifesté leur désaccord. Les autres militants, rassemblés devant le tribunal ont alors lancé des pétards et scandé ‘Liberté pour tous les prisonniers politiques!’.

Arrêté en France en 2001, l’ancien chef militaire de l’ETA Javier Garcia Gazetlu, alias ‘Txapote’ avait été remis à la justice espagnole en 2007. Le dirigeant du mouvement avait, à ce moment-là, déjà été condamné à de multiples peines de prison pour diverses actions revendiquées par l’ETA. Aujourd’hui, il a à nouveau été condamné par l’Audience Nationale, qui l’a jugé coupable de l’assassinat en février 2000 d’un dirigeant socialiste et de son garde du corps. La plus haute instance judiciaire espagnole a prononcé une peine de 105 ans de prison à son encontre.

Javier Garcia Gaztelu

Javier Garcia Gaztelu

Le 7 octobre dernier, la France a signé un accord de coopération avec la Turquie pour s’associer à la lutte contre le PKK. Depuis lors, les autorités françaises ont encore intensifié leurs opérations contre la communauté kurde en France. Le 2 novembre, un tribunal correctionnel a notamment exigé la dissolution du centre culturel kurde dans un procès où celui-ci était accusé en tant que personne morale pour des faits liés au PKK aux côtés de cinq autres personnes. Les peines prononcées en France contre les kurdes sont toujours exemplaires. En juillet dernier, 17 kurdes ont écopé de peines avec sursis allant de un à cinq ans de prison. Ce dimanche, quelques trois mille personnes ont manifesté à Paris pour dénoncer cette politique répressive du gouvernement français, ainsi que les récentes actions contre les bases du PKK de la Turquie à la frontière avec l’Irak. Ils l’accusent entre autre d’avoir utilisé des armes chimiques et des bombes au napalm. Les corps d’une quarantaine de guérilleros ont été découverts entièrement brûlés suite à cette offensive turque.

Mardi matin, les autorités françaises avaient interpellé trois espagnols et les avaient placé en garde à vue. La police, en fouillant leur véhicule (ce qu’elle était autorisée à faire durant toute la semaine), avait découvert un piolet, des masques de ski, des paires de gants,… Inculpé pour ‘participation à un groupement en vue de commettre des dégradations’, ils ont été jugés en comparution immédiate jeudi après-midi par le tribunal correctionnel de Nice. Le parquet avait requis entre cinq et dix mois de prison ferme. Les trois hommes, âgés de 24 à 30 ans, ont chacun été condamné à quatre mois de prison, dont un ferme. Ils ont en outre été condamnés à une interdiction de séjour de trois ans dans les Alpes Maritimes. Ils ont été écroués dès la fin de l’audience.

Mardi matin, trois hommes d’origine espagnole avaient été arrêtés et placés en garde à vue pour ‘participation à un groupement en vue de commettre des dégradations’. Ils devaient être présentés à un juge ce matin et être jugés en comparution immédiate en début d’après-midi. Toujours hier avant la manifestation, deux Belges avaient été interpellés à proximité de la gare de Nice. Ils ont été relâchés peu après la manifestation. Dans le courant de la nuit, cinq manifestants espagnols ont été placés en garde à vue. Dans le cadre d’une patrouille, la police (autorisée à ouvrir les coffres de tous les véhicules jusqu’à la fin de la semaine) a trouvé des masques, des gants, des casquettes munies de coques de protection et plusieurs bouteilles de gaz. Elle devait décider ce matin si les cinq hommes interpellés ‘envisageaient ou non de troubler l’ordre public’.

Alors que les contrôles à la frontière franco-italienne ont débuté vendredi en marge du G20 qui commencera jeudi à Cannes, les anti-G20 ont commencé à arriver à Nice où se tiendront diverses activités. Une grande manifestation était programmée aujourd’hui, et jusqu’à la fin de la semaine auront lieu de multiples animations de rue et conférences-débat. Plus de 12.000 hommes ont été déployés à travers tout le département depuis hier, et la ville de Nice a obtenu un renfort de 2500 policiers. Ce matin, trois Espagnols ont été interpellés et placés en garde à vue. Selon le ministère de l’intérieur, ils étaient en possession de boulons, de piolets, de cagoules, de masques à gaz, de T-shirts et de badges sur lesquels était écrit ‘black cross’. 10.000 personnes sont attendues à Nice dans les jours qui viennent, et les autorités ont prévenu que tout militant de la mouvance anarchiste ou autonome sera remis à la justice.

Hier soir, environ 150 personnes s’étaient rassemblées devant le Parlement, à Londres, pour dénoncer les projets de loi dont les discussions doivent commencer aujourd’hui. Parmi ceux-ci, les manifestants souhaitaient montrer leur opposition au projet qui vise à criminaliser le squattage. En protestation, ils avaient prévu de faire une nuit à la belle étoile collective devant le Parlement, et ainsi être présents à l’arrivée des politiciens. Mais la police est intervenue en force peu après minuit. En vertu de la section 132 du Serious Organised Crime and Police Act, organiser ou participer à une manifestation ‘non autorisée’ à moins d’un kilomètre du Parlement est un délit criminel. Des centaines de policiers ont quadrillé la zone et ont utilisé la technique du kettel contre les manifestants. Au moins douze d’entre eux ont été arrêtés, alors que les forces de l’ordre ont utilisé des mégaphones et des bâtons pour disperser le reste de la foule. Ces dernières ont affirmé que le nombre d’arrestations en rapport avec les événements de la nuit allaient probablement être revus à la hausse.

Ce matin, la 29ème chambre du tribunal correctionnel de Paris jugeait onze ‘indignés’ pour ‘dégradation de biens publics’. Le 21 septembre dernier, les forces de l’ordre étaient intervenues lors d’une manifestation place de la Bourse, à Paris, embarquant plusieurs manifestants dans un de leur fourgon pour les emmener en garde à vue. Durant le trajet, une des vitres du véhicule s’est décollée, raison pour laquelle ces onze ‘indignés’ ont comparu ce matin. La procureure, les accusant de s’y être mis à plusieurs, de manière concertée, pour pousser intentionnellement la vitre, a requis une peine de trois mois de prison ferme pour une des manifestantes (selon la présidente du tribunal, celle qui a le ‘casier le plus chargé’: une arrestation pour conduite en état d’ivresse). Les dix autres ont été condamnés à une peine de cent jours-amende à cinq euros, soit 500 euros d’amende. La date du délibéré a été fixée au 14 novembre.

Selon la presse britannique, la force de police la plus importante de Grande-Bretagne utiliserait une technologie de surveillance clandestine qui est capable de se faire passer pour un réseau de téléphonie mobile, émettant un signal qui permet aux autorités de couper les téléphones à distance, d’intercepter les communications et de rassembler des données au sujet des milliers d’utilisateurs dans une région donnée. Ce système de surveillance a été procuré à la Metropolitan Police par la société Datong qui compte également, entre autres, parmi ses clients, les services secrets américains, le ministère de la défense britannique et plusieurs régimes du Moyen-Orient. Classé strictement secret en vertu d’un protocole gouvernemental en tant que ‘Listed X’, il peut émettre un signal sur une zone pouvant aller jusqu’à dix kilomètres carrés, obligeant des centaines de téléphones par minute à donner leurs codes uniques d’identités IMSI et IMEI qui peuvent alors être utilisés pour suivre les mouvements de la personne en temps réel. Le site internet de Datong affirme que ses produits sont conçus pour fournir aux services charger de faire respecter la loi, à l’armée, aux agences de sécurité et aux forces spéciales des moyens pour ‘rassembler les premiers renseignements afin d’identifier et d’anticiper la menace avant qu’elle ne soit déployée’. Le système permet aux autorités d’intercepter les messages et les appels téléphoniques en amenant les téléphones portables dans un certain rayon à utiliser un faux réseau, où ils peuvent être soumis au ‘rejet de service intelligent’, fonction destinée à couper le téléphone.

Datong propose également un émetteur-récepteur, de la taille d’une valise, qui peut être placé dans un véhicule (ou tout autre endroit fixe) et utilisé à distance par les officiers, ainsi que des émetteur-récepteurs portables clandestins avec ‘options d’antenne dissimulée’. Selon certaines sources, la Metropolitan Police aurait acheté du matériel à Dalong pour 143.455 livres (environ 160.000 euros) en 2008-2009, et en 2010, la société aurait rapporté que ses recettes en Grande-Bretagne, entre 2005 et 2010, s’élèveraient à plus de trois millions de livres (près de 3,5 millions d’euros).