En février 2008, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur présentait le nouveau grand plan anti-cybercriminalité français. La fameuse Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure (LOPPSI) était décrite dans ses grandes lignes. Programmée au premier semestre 2008, c’est finalement mercredi prochain que le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres.

La loi veut notamment faciliter la captation à distance de données numériques se trouvant dans un ordinateur (perquisition numérique) ou transitant par lui. Ceci ‘permettra, par exemple, la captation de données au moment où elles s’affichent sur l’écran d’un pédophile ou d’un terroriste‘ assurait la ministre de l’Intérieur. La loi va autoriser la mise en place de mouchard pour capter les données informatiques. La captation de données informatiques permettra aux Officiers de Police Judiciaire (OPJ) ‘commis sur commission rogatoire à mettre en place un dispositif technique ayant pour objet, sans le consentement des intéressés, d’accéder, en tous lieux, à des données informatiques, de les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu’elles s’affichent sur un écran pour l’utilisateur‘. La mise en place du cheval de Troie se fera sous le contrôle d’un juge d’instruction et exigera une commission rogatoire (une délégation venant d’un magistrat) délivrée par un OPJ. Cela ne concernera ‘que’ les infractions relatives aux terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d’armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l’entrée et séjour d’un étranger (!), commises en bande organisée. Cette surveillance pourra durer jusqu’à huit mois (quatre mois, mais renouvelable une fois) et être mise en place à n’importe quelle heure, comme c’est souvent le cas pour ce genre d’infraction.

Pratiquement, on évoque ‘un dispositif technique’ qui permet d’écouter, de garder trace, et de transmettre les informations qui s’afficheront sur l’écran de l’utilisateur surveillé. Des copies d’écran à distance réalisées par un OPJ et le tout, évidemment, sans le consentement de l’internaute. Ce cheval de Troie pourra être appliqué partout, sur n’importe quel système informatique, même celui embarqué dans un véhicule. Seuls quelques ‘privilégiés’ seront sanctuarisés: les professionnels du droit, les médecins, la presse et les parlementaires. Ce mécanisme va exposer les éditeurs de solutions de sécurité dans une situation ambiguë. Les spywares légaux seront-ils volontairement oubliés ou devront-ils être détectés comme n’importe quel malware? Chez les éditeurs installés en France, la mise au pli ne devrait pas poser de difficulté au besoin à l’aide d’un décret. Mais quid des éditeurs installés dans des pays avec qui la France n’a tissé aucun lien de collaboration?

Autre nouveauté: le filtre des sites internet (notament pédophiles) et un ‘fichier d’analyse sérielle’. Avec lui, la police va pouvoir traquer du suspect par rapprochement d’une multitude de fichiers liés à des infractions punies d’au moins cinq ans d’emprisonnement. Il suffira qu’un individu se soit trouvé à chaque fois ou presque là où une infraction a été commise, piégé par son mobile, sa carte bleue, un témoignage recueilli en procédure pour être dans le collimateur.

Les mini-caméras fixées à la hauteur des yeux par des oreillettes équipent déjà des policiers aux Pays-Bas et en Angleterre. La police d’Anvers ainsi que celle de Bruxelles-Nord (Schaerbeek, Evere et Saint-Josse) sont intéressées par cet équipement, mais la police de la Westkust (La Panne, Coxyde et Nieuport) a carrément acquis quatre exemplaire de ce système… en toute illégalité. La loi actuelle sur l’utilisation des caméras de surveillance ne permet pas aux policiers de recourir à ces systèmes. On ne peut filmer la population que dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre. En dehors des opérations de maintien de l’ordre, l’utilisation de caméra relève des Méthodes Particulières de Recherche (MPR), et nécessitent donc l’accord d’un juge. Le chef de la police de la Westkust a décidé de passer outre: ‘Nous provoquons consciemment le législateur pour qu’il réagisse et modifie la loi sur l’utilisation des caméras‘ a déclaré hier Nico Paelinck.

Jon Anza a disparu depuis le 18 avril, alors qu’il se rendait à un rendez-vous à Toulouse et avait pris le train en gare de Bayonne.

En début de semaine, ETA affirmait dans une note ‘qu’elle n’avait aucun doute. Derrière cette disparition, comme au temps du Gal, se trouvent les forces de polices et la collaboration française. Jon Anza est militant de l’organisation et la police le sait, puisqu’elle avait découvert des empreintes dans une cache trouvée par la Police. Cependant la Police cacha cette prise.‘ Et d’informer que Jon Anza avait rendez-vous à Toulouse avec ETA, pour remettre une somme d’argent. Un rendez-vous auquel il ne se rendra jamais.

Les proches de Jon Anza indiquent que si la semaine dernière, toutes les pistes étaient ouvertes, les éléments nous dirigent vers un nouvel épisode de la guerre sale.

En décembre dernier, Juan Mari Mujika avait été séquestré pendant deux heures, victime d’un enlèvement de la part de la police espagnole. Cela est impossible sans l’aide directe de la police française. Il convient encore de rappeler les disparitions encore à ce jour non élucidées: celles de Popo Larre, Naparra et Pertur.

Une manifestation a eu lieu aujourd’hui, samedi à Hendaye et le mouvement pro-amnistie Askatasuna a constitué des groupes de personnes, qui ce même jour referont en train le trajet emprunté par Jon Anza le 18 avril, de la gare de Bayonne à celle de Toulouse . Ils apposeront des affiches, avec la photo du militant, et ce afin de recueillir des indices. Sans parler des crimes commis par le BVE( Batallon Vasco Español), l’époque sanglante du GAL qui débuta en 1983 est encore présente dans bien des mémoires. Joxi Lasa et Joxean Zabala furent les premiers de cette liste macabre dressée par le GAL. Ils furent enlevés le 16 octobre 1983 dans un parking du Petit-Bayonne. Leurs dépouilles seront enfin identifiées en 1995 à Alicante, douze années plus tard.

Quelque 200 personnes ont répondu à l’appel de la Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation et de Kinder Zonder Papieren pour se rassembler ce dimanche devant le centre fermé 127 bis de Steenokkerzeel. La manifestation avait pour but de réclamer la libération des enfants enfermés dans les centres pour étrangers en situation irrégulière en Belgique.

Le Comité Mapuche Belgique organise le 5 juin une soirée de solidarité en la présence de la poète et militante mapuche Rayen Kvyeh. Rayen Kvyeh est née à Huequén et a vécu toute son enfance à la campagne où elle a suivi l’école primaire. Durant les années 1976-1978, elle dirige le Théâtre Trigal à Conception. En décembre 1981, persécutée et emprisonnée par la dictature, elle est contrainte à l’exil et part en l’Allemagne. Elle y dirige le théâtre Las Hormigas à Freibourg et écrit chroniques et poèmes. Elle a également dirigé et publié des chroniques dans la revue Huerquén du Comité Extérieur Mapuche. En 1992 est publié en Allemagne son livre Wvne Coyvn Ñi Kuyeh en mapudungun (langue des mapuches) et en allemand. Un hommage lui a été rendu en 1993 pour son travail littéraire à l’Atelier International de Poésie des Caraïbes et du Monde. Elle est récompensée en 1995 de la ‘Placa José María Heredia’ au Festival International de Poésie des Caraïbes et du Monde et participe à une anthologie de poésie de l’Union Nationale des Écrivains et Artistes Cubains. Elle vit actuellement à Temuko (Chili) où elle dirige la Casa de Arte Mapuche et la revue d’Art, Science et Pensée Mapuche.

Ne manquez pas sa conférence et lecture de poèmes, le vendredi 5 juin à 19h à la Maison de l’Amérique Latine – 27 rue du Collège à 1050 Bruxelles.

Affiche pour la soirée pour le peuple mapuche

Affiche pour la soirée pour le peuple mapuche

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Les travailleurs des chantiers navals de Gijon (Asturies) résistent depuis plusieurs jours contre la fermeture programmée du site le 31 mai prochain. Les travailleurs revendiquent entre autre la reprise de l’effectif par la PYMAR, entreprise d’Etat qui dépend du ministère de l’Industrie et qui gère actuellement les chantier naval.

Retranchés à l’intérieur du site depuis plusieurs jours, ils font face au lock-out décidé par l’entreprise. Le mercredi 20 mai, ils ont tenté de sortir en manifestation pour aller vers le centre-ville, mais la police anti-émeute est intervenue, bloquant toutes les sorties du chantier naval et pénétrant ensuite sur le site. Les affrontements se sont déroulés toute la journée. Les salariés ont riposté à l’aide de frondes, lances à incendie, lances-fusées artisanales (cf. la fin de la vidéo), cocktails Molotovs, boulons… et des grues depuis lesquelles ils ont manoeuvré des containers en feu sur les forces de police.

Les recteurs de 40 universités de 19 pays se sont réunis hier mercredi à Turin pour discuter de problèmes économiques et éthiques et de développement durable. Tout au long de l’après-midi, les forces de l’ordre ont affronté à plusieurs reprises les manifestants, tentant sans succès de les disperser avec des jets de gaz lacrymogène.

Les étudiants protestaient contre la crise économique mondiale qui touche aussi les universités et dont ils ne veulent pas faire les frais. Les étudiants s’en sont ainsi pris à plusieurs banques à leur passage. Ils ont tenté de forcer le cordon de police qui se trouve autour du chateau de Valentino, lieu de la rencontre du G8, jetant des pierres et des extincteurs contre les policiers. L’Italie préside cette année le G8, le groupe des huit pays les plus développés du monde et un sommet de cette organisation aura lieu du 8 au 10 juillet. Dix-sept policiers et deux carabiniers ont été blessés mais sans gravité lors de ces affrontements. Deux manifestants ont également été arrêtés.

Manifestation à Turin

Manifestation à Turin

Les syndicalistes d’ErDF-GrDF (filiales distribution d’EDF et GDF) interpellés jeudi ont été libérés. Les principaux responsables des syndicats CGT de l’Energie en Ile-de-France figuraient parmi les 74 personnes interpellées. Des salariés d’ErDF et GrDF ont, selon la police, commis des dégradations dans les bureaux de l’Association française de gaz (AFG), qui regroupe les grandes entreprises du secteur du gaz, hébergée au siège de l’Union nationale des employeurs de l’industrie gazière (Unemig) rue de Courcelles dans le 8e arrondissement parisien. Selon la préfecture de police de Paris, les responsables du siège de rue de Courcelles ont déposé trois plaintes, l’une pour ‘dégradations volontaires’, la seconde pour ‘violences’, la troisième pour ‘menaces’.

A Chambéry, le 30 avril, l’explosion d’une bombe artisanale dans une soierie désaffectée a coûté la vie à Zoé Aveilla, une jeune squatteuse de 24 ans et gravement blessé son ami, Michaël Dupanloup, 25 ans. Deux autres personnes, qui logeaient (avec un vingtaine d’autres occupants) dans le même squat ‘les Pilots’ (photo ci-dessous) ont été mis en examen les 8 et 15 mai pour ‘association de malfaiteurs à visée terroriste‘ et ‘destruction de preuves‘, et écroués. Les magistrats saisis de l’affaire sont les mêmes que pour l’affaire de Tarnac. Les enquêteurs sont les mêmes. Le vendredi 8 mai a eu lieu une manifestation sauvage d’environ 200 personnes dans les rues de Chambéry, en soutien aux Pilots menacés, et en soutien aux emprisonnés.

Squat à Chambéry

Squat à Chambéry

Quatre personnes ont été interpellées lundi dans les Alpes-de-Haute-Provence. Ces interpellations font suite à la diffusion d’un tract qui comporte l’adresse d’une résidence secondaire du directeur central du renseignement intérieur Bernard Squarcini. Diffusé à plusieurs centaines d’exemplaires lors de manifestations et par mail, le tract aurait également été déposé dans la boîte aux lettres de la résidence de M. Squarcini. Les personnes arrêtées sont membres du Comité de Sabotage de l’Anti-terrorisme (CSA) de cette ville, comité créé en décembre 2008 en soutien au groupe de Tarnac et à Julien Coupat incarcéré

Lundi encore, trois personnes – deux hommes et une femme – considérées comme ‘proches’ de M. Coupat ont été interpellées dans la région de Rouen.

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