Simay Ada Kart, membre du comité central de la Fédération des Associations de Jeunesse Socialiste (SGDF), a vu son assignation à résidence levée par décision judiciaire lors d’une audience tenue le 26 février dernier. Arrêtée lors d’une opération le 24 janvier 2025 puis maintenue sous contrôle judiciaire avec bracelet électronique après sa libération en septembre, elle était poursuivie dans un contexte plus large de répression visant des militants de la gauche révolutionnaire.
La détention de Booker Ngesa Omole, secrétaire général du Parti Communiste Marxiste du Kenya, est dénoncée par de très nombreuses organisations dans le monde comme une persécution politique après son arrestation violente par la police kényane à Isiolo (voir notre article). Selon des déclarations officielles du parti, il aurait été enlevé sans mandat, battu, torturé, transféré à la prison de détention de Kitengela avec le bras cassé, privé de soins médicaux urgents, de libération sous caution et d’accès à ses avocats, sa famille ou ses camarades . Les accusations à son encontre incluent tentative de meurtre sur policiers, liens fantaisistes avec un « cartel de drogues » et possession d’armes déjà légalement enregistrées, des motifs que ses soutiens qualifient de fabrications visant à criminaliser la dissidence, mobilisation et solidarité internationale pour exiger sa libération immédiate.
La tenue d’un « Forum des métiers de défense et sécurité » le mardi 24 février sur le campus de Niort a suscité une vive contestation. L’événement, qui réunissait la police, la gendarmerie et les armées, est dénoncé pour sa mise en avant de dispositifs répressifs, tels qu’un stand de tir, et pour la promotion de métiers liés au maintien de l’ordre et à la guerre.
Le ministère de l’Intérieur a refusé d’accorder à Manuel Jesús García Caparrós, jeune syndicaliste tué par la police lors d’une manifestation pour l’autonomie andalouse le 4 décembre 1977, le statut de victime du terrorisme d’État, estimant que la loi de 2011 sur les victimes du terrorisme ne couvre pas ce type de faits. Bien que l’administration reconnaisse qu’un membre de la police armée a tiré mortellement, elle invoque l’absence de condamnation judiciaire pour rejeter toute indemnisation, privant ainsi la famille d’aides et de réparations. Cette décision, contestée par les proches du militant, ravive le débat sur la reconnaissance des quelque 200 victimes de violences policières recensées durant la transition dite démocratique.
La reddition de Thippiri Tirupati, alias Devuji, officialisée le 24 février 2026 à Hyderabad, marque un tournant dans la lutte contre l’insurrection naxalite en Inde. Membre éminent du bureau politique et chef de la branche militaire du PCI (maoïste), il a déposé les armes après plus de 40 ans de clandestinité, invoquant des problèmes de santé chroniques. Cette reddition intervient alors que Tirupati était pressenti pour devenir le secrétaire général du mouvement après la mort de Basavaraju en 2025 (voir notre article).
Accompagné de trois autres hauts dirigeants, dont Malla Raji Reddy, sa reddition fragilise le commandement central de la guérilla alors que les opérations de contre-insurrection se poursuivent. Par exemple, plusieurs armes ont été saisies et des dizaines d’engins explosifs ont été neutralisés dans les zones frontalières avec le Chhattisgarh, tandis que deux cadres maoïstes recherchés ont été tués le 26 février lors d’un affrontement avec les forces de sécurité dans le district de Bijapur, au sud du Bastar. Les autorités affirment avoir saisi des fusils automatiques, grenades et munitions sur les lieux.
Cinq ans après les manifestations de 2021 contre l’incarcération du rappeur Pablo Hasél à Barcelone, le parquet requiert de lourdes peines (de 5 à 8 ans et demi de prison) contre quatre jeunes poursuivis pour désordres publics, dégradations et attentat aggravé contre agents des Mossos d’Esquadra. Arrêtés lors du troisième jour de mobilisation, ils sont accusés d’avoir lancé des pierres contre des fourgons de la brigade antiémeute (BRIMO) dans un contexte de protestations massives rassemblant plus d’un millier de personnes.
Un nouvel appel à mobilisation internationale est lancé pour la santé de Mumia Abu-Jamal, détenu en Pennsylvanie depuis plus de 43 ans. Si l’ablation de sa cataracte secondaire a été obtenue grâce à la pression de ses soutiens (voir notre article), les traitements indispensables pour sa grave affection rétinienne et son glaucome actif ne sont toujours pas assurés, l’exposant à un risque élevé de cécité, tandis qu’il a aussi besoin de nouvelles lunettes en urgence. Ses soutiens appellent à l’envoi immédiat de courriels au Département correctionnel de Pennsylvanie afin d’exiger une prise en charge médicale complète et rapide, rappelant que le refus de soins pourrait constituer un traitement cruel et inhumain au regard du droit américain et international (plus d’infos).
Le 24 février 2026, le ministère de l’Intérieur a saisi la justice à la suite d’accusations de « reconstitution » de la Jeune Garde, officiellement dissoute en juin 2025, et a annoncé la dissolution de plusieurs groupes supposés liés à cette organisation (voir notre article). L’enquête, confiée à la Direction générale de la gendarmerie nationale et à la section de recherches (SR) de Paris, porte sur le délit de participation au maintien ou à la reconstitution d’une association dissoute, passible de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende.
Fin février 2026 au Népal, plusieurs cadres et partisans du Communist Party of Nepal (Bahumat) (CPN Bahumat) ont été arrêtés dans un contexte de fortes tensions politiques. Son secrétaire général, Dharmendra Bastola, a été interpellé à Katmandou après l’annonce d’une grève nationale, aux côtés de responsables locaux dont Bishnu Timalsina et Binod Marasini, arrêté à Butwal. D’autres militants, parmi lesquels Yukendra Shretha de la Communist Youth Organisation et Basudev Budhal, dirigeant étudiant lié à l’All Nepal National Independent Students’ Union (Revolutionary), ont également été placés en détention, tout comme « Sajak », présenté comme responsable du parti pour avoir contesté la légitimité des élections.
Dans une tribune diffusée à l’occasion d’une grève lancée le 8 février 2026 dans les prisons de l’Alabama (voir notre article), le détenu anarchiste Michael Kimble présente l’arrêt de travail comme « un coup porté à l’État », accusé de maintenir « une situation d’esclavage et de surexploitation » à travers le travail pénitentiaire. « Quand nous refusons de travailler gratuitement (ce qui est de l’esclavage), nous affirmons notre pouvoir en tant que travailleurs et en tant qu’êtres humains », écrit-il, dénonçant le 13e amendement de la Constitution états-unienne qui interdit l’esclavage sauf en cas de condamnation pénale. Revenant sur l’histoire du « convict leasing » en Alabama (système qui louait la main-d’œuvre carcérale à des entreprises privées), le militant affirme que la prison demeure un dispositif d’exploitation économique. Il décrit leur mobilisation comme une stratégie destinée à bloquer la production, éveiller la conscience des prisonniers « en tant que classe opprimée » et exiger l’abolition du travail forcé, de la perpétuité sans libération conditionnelle et des lois sur les récidivistes. « Nous exerçons notre droit de riposter. Qu’y a-t-il de mal à cela ? », conclut-il.
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