La Malaisie applique depuis le 1er juin une nouvelle réglementation interdisant aux moins de 16 ans de créer des comptes sur les principales plateformes comme TikTok, Facebook, Instagram et YouTube. Les plateformes doivent désormais mettre en place une vérification d’âge obligatoire, fondée sur des documents d’identité officiels ou équivalents.
Présentée comme une mesure de protection des mineurs, cette réforme s’inscrit dans une tendance plus large de contrôle accru des usages numériques, avec une vérification renforcée de l’identité des utilisateurs. En exigeant une identification systématique pour accéder aux services, elle est un pas supplémentaire vers la fin de l’anonymat en ligne. Les plateformes risquent des amendes importantes en cas de non-respect des règles.
Les eurodéputés et les États membres de l’Union européenne sont parvenus à un accord pour durcir la politique migratoire européenne. Le texte autorise les pays volontaires à créer des centres de retour dans des États tiers afin d’y transférer les personnes dont la demande d’asile a été définitivement rejetée. Il prévoit également un renforcement des mesures d’expulsion, avec des durées de rétention pouvant aller jusqu’à 24 mois et des interdictions de retour sur le territoire européen pouvant atteindre 10 à 20 ans. Plusieurs États, dont la France et l’Espagne, ont exprimé des réserves sur ces centres externalisés, tandis que d’autres, comme l’Allemagne ou l’Autriche, envisagent déjà leur mise en place.
La Confédération syndicale internationale place la France à son plus mauvais niveau depuis la création de son indice en 2014, alors même que cette organisation n’est pas connue pour sa radicalité. Dans son rapport publié le 19 mai 2026, l’organisation dénonce un recul durable des droits des travailleurs, marqué notamment par la répression de militants syndicaux ou encore par les nombreuses restrictions de manifestations. La France rejoint désormais la catégorie des pays où les violations des droits des travailleurs sont jugées « régulières ». Parmi les nombreux exemples, rappelons que pus de 1000 militants de la CGT ont été réprimés depuis les mouvements sociaux de 2023.
À Paris, environ un millier de personnes ont manifesté pour réclamer la libération d’Ali, un réfugié palestinien incarcéré en France depuis deux ans à la maison d’arrêt d’Osny. Arrêté dans le cadre d’une procédure liée à des accusations transmises par les autorités israéliennes, son maintien en détention provisoire depuis deux ans suscite une mobilisation croissante d’associations et de collectifs qui exigent sa libération immédiate. Durant la manifestation, Ali a transmis une déclaration afin de saluer ses soutiens et a vivement dénoncé la collaboration de la France avec les autorités israéliennes, qui l’ont emprisonné à plusieurs reprises. D’autres affiches et interventions ont également souligné la répression visant plusieurs réfugiés palestiniens, à l’image de Ramy Shaath, menacé d’expulsion en France, et d’Anan Yaeeh, emprisonné en Italie.
À la fin de la manifestation, un membre du Secours Rouge a pris la parole au côté de nombreuses autres organisations et collectifs. Il a notamment déclaré : « Cette répression ne constitue pas seulement une forme de soutien à l’entité sioniste : elle vise aussi à criminaliser, entraver et empêcher toute forme d’auto-organisation de la diaspora palestinienne en Europe, car celle-ci lie la lutte pour la libération de la Palestine à celle contre l’impérialisme, le colonialisme et le racisme d’État. » Il a poursuivi en soulignant que « le soutien aux prisonniers de la cause palestinienne en Europe doit aussi passer par le soutien aux antimilitaristes qui ont saboté la machine de guerre génocidaire au Royaume-Uni, en Allemagne ou ailleurs, et qui sont aujourd’hui en détention provisoire et la cible de procès politiques. C’est le cas des 25 de Filton, des 6 de Brize Norton, des 5 d’Ulm ou encore des 7 de l’OIP. Cette journée doit être un point d’appui pour renforcer nos fronts de résistance et de solidarité contre la répression et son monde ! » Cette manifestation était organisée à l’occasion d’une journée nationale d’actions de soutien à Ali, où des initiatives ont également été organisées à Toulouse, Nantes, Marseille, Chambery, ou encore Bruxelles.
Au Royaume-Uni, le propriétaire de cafés Shams Sadiq affirme que la police de Manchester lui aurait proposé des avantages, voire une tolérance sur certaines infractions mineures, en échange d’informations sur le groupe Palestine Action, interdit par les autorités britanniques. Selon son témoignage relayé par la presse, cette proposition aurait été faite après une arrestation liée à des activités présumées en lien avec ce mouvement, passible de lourdes sanctions en vertu de la législation antiterroriste. L’affaire s’inscrit dans un contexte de durcissement des mesures contre le mouvement pro-palestinien, et en particulier contre Palestine Action depuis son interdiction, laquelle rend illégale toute forme de soutien et expose les personnes concernées à des poursuites pénales.
Le journaliste germano-turc Hüseyin Doğru, cofondateur de red.media, fait l’objet de sanctions européennes depuis 2025, entraînant notamment le gel de ses comptes bancaires et de fortes restrictions à ses activités. Selon les autorités européennes, ce média aurait diffusé des contenus qualifiés de « réseau de propagande russe », en réalité c’est sa couverture du génocide en cours à Gaza et des mobilisations anti-impérialistes qui est en cause. Après le blocage temporaire des comptes de son épouse, contesté par la justice allemande qui a évoqué de « sérieux doutes » sur sa légalité, les comptes de sa mère ont à leur tour été gelés. La banque justifie cette mesure par un supposé lien de contrôle financier avec son fils. Cette affaire suscite des critiques de la part de soutiens du journaliste et d’organisations dénonçant une forme de sanction collective touchant des proches non visés par les sanctions.
Un rapport publié par des chercheurs de l’Université Queen Mary de Londres et l’organisation Defend Our Juries estime que le Royaume-Uni a considérablement renforcé son arsenal juridique contre les mouvements de protestation depuis 2019. Les auteurs pointent notamment le Police, Crime, Sentencing and Courts Act de 2022, qui a créé une infraction pénale de « nuisance publique » passible de jusqu’à dix ans de prison, ainsi que le Public Order Act de 2023, qui a introduit de nouvelles infractions visant certaines formes d’actions militantes, comme le blocage d’infrastructures ou le fait de s’attacher à des bâtiments ou à des routes lors de manifestations.
Le rapport souligne également le recours croissant aux injonctions judiciaires, c’est-à-dire des ordonnances de justice interdisant certaines actions ou manifestations dans des lieux précis. Le non-respect de ces injonctions peut entraîner des poursuites pour outrage au tribunal et des peines d’emprisonnement. Les auteurs citent plusieurs affaires impliquant des militants écologistes et pro-palestiniens, dénonçant des détentions provisoires prolongées et des restrictions imposées aux accusés pour évoquer leurs motivations politiques devant les jurés.
Le ministère de la Justice a annoncé la création d’une salle d’audience au sein de l’enceinte pénitentiaire de Fleury-Mérogis, en Essonne, une première en France. Prévue pour être opérationnelle fin 2027, cette infrastructure accueillera principalement les procès liés à la criminalité organisée afin de réduire les transferts de détenus considérés comme dangereux. Inspiré du modèle italien de lutte contre la mafia, ce projet vise à renforcer la sécurité et à limiter les risques d’évasion lors des extractions judiciaires, notamment après l’évasion meurtrière du narcotrafiquant Mohamed Amra en 2024.
Des milliers de personnes ont manifesté entre Algorta et Berango, au Pays basque, pour soutenir 16 habitants poursuivis devant l’Audience nationale espagnole pour avoir participé en 2022 à un « Ongi Etorri » (cérémonie de bienvenue) en l’honneur d’Ibai Aginaga, libéré après vingt ans de prison. Les prévenus risquent au total 36 ans d’emprisonnement, 171 ans d’inéligibilité et 76 000 euros d’amendes. Les organisateurs de la mobilisation dénoncent une atteinte aux droits civils et politiques, tandis que les accusés affirment vouloir utiliser leur procès pour défendre la liberté d’expression, l’amnistie et les revendications politiques basques.