Le gouvernement français a annoncé son intention de dissoudre simultanément deux organisations : le groupe identitaire d’extrême droite Patria Albiges, implanté dans le Tarn, et l’organisation antifasciste Front de Rue, active notamment à Lille et dans le Nord. Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement des politiques de dissolution visant divers mouvements politiques ou militants, en particulier issus de la gauche révolutionnaire.
Le cas de Front de Rue s’inscrit dans une série plus large de procédures visant des collectifs antifascistes, écologistes ou propalestiniens, déjà engagées ces dernières années. À travers cette répression administrative, le gouvernement impose une forme de censure brutale des contenus et pratiques politiques contestant sa politique et celle de l’extrême droite. En particulier, l’antifascisme est durement réprimé à travers ce nouvel épisode, mais aussi la confirmation de la dissolution de la Jeune Garde, plusieurs affaires judiciaires en cours dans différentes villes, ou encore l’emprisonnement de neuf antifascistes de Lyon après la mort du néonazi Quentin Deranque.
Une affiche en soutien à la campagne « Nous sommes tous YPJ », installée sur le mur du centre autonome Rote Flora dans le quartier de Schanzenviertel à Hambourg, a été recouverte de peinture par la police quelques jours après son installation. Cette censure intervient alors même que les YPG et le YPJ ne sont pas interdits en Allemagne. Plusieurs militants ont saisi la justice administrative afin de contester ces pratiques et d’obtenir des éclaircissements sur les directives qui les encadrent.
Réalisée à l’occasion d’une journée internationale d’action dans le cadre d’une campagne internationale. Celle-ci vise à soutenir le maintien des Unités de protection des femmes (YPJ) au sein du futur système de défense syrien, dans le cadre de leur intégration à une Syrie démocratique après l’accord conclu le 29 janvier 2026 entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS). Cette campagne estime que la reconnaissance institutionnelle et constitutionnelle des YPJ est essentielle pour garantir les droits des femmes, la sécurité et l’égalité dans la future Syrie.
Le gouvernement fédéral belge étudie la possibilité de renforcer les contrôles visant les bénéficiaires d’aides sociales, notamment par des visites domiciliaires obligatoires et le recours à des détectives privés chargés d’enquêter sur d’éventuelles fraudes. La ministre chargée de la lutte contre la fraude sociale, Anneleen Van Bossuyt, souhaite mettre en place un cadre juridique permettant ces pratiques d’ici la fin de l’année 2026. Ces choix politiques suscitent de vives critiques de la part de nombreuses organisations, qui dénoncent un durcissement de la surveillance des personnes les plus précaires alors que plusieurs aides sociales font déjà l’objet de restrictions.
À l’approche de la Journée internationale de solidarité avec les prisonniers anarchistes, un banquet populaire gratuit est organisé le 6 juin 2026 au Parc Ouest de Molenbeek, à Bruxelles. Les organisateurs invitent habitants et militants à partager un repas collectif, cuisiner ensemble ou apporter des plats à mettre en commun, dans une démarche de solidarité et de renforcement des liens communautaires. L’événement se veut un espace de rencontre et d’échange autour des questions de répression policière, de militarisation et d’incarcération. Prévu de 14h à 19h, il proposera également de la musique, des activités ouvertes à tous les âges et des discussions avec des personnes engagées dans les luttes contre la répression étatique et le système carcéral.
Le 11 mai 2026, un groupe d’anarchistes a revendiqué l’expropriation d’une banque à Kato Tithoréa, un village de la région de Grèce-Centrale. Quelques heures plus tard, cinq personnes ont été arrêtées lors d’une opération policière accompagnée de perquisitions, portant à huit le nombre total de prévenus dans cette affaire. Poursuivis notamment pour braquage de banque et détention d’armes, six d’entre eux ont été placés en détention provisoire après leur audition du 15 mai.
Ces six détenus ont été répartis dans plusieurs établissements pénitentiaires du pays. Une femme a été incarcérée à la prison de Korydallos, tandis que les cinq autres prévenus ont été répartis entre les établissements de Korydallos, Tríkala, Larissa, Malandrino et Nauplie. Les collectifs de soutien dénoncent cette dispersion géographique qui est une mesure visant à isoler les prévenus et à limiter leurs communications.
Deux personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées lors de manifestations organisées à Nanyuki, au Kenya, contre un projet de centre de quarantaine destiné à accueillir des citoyens états-uniens exposés au virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Les protestataires dénoncent un risque sanitaire pour le pays, alors qu’aucun cas d’Ebola n’y a été recensé. Des affrontements avec les forces de l’ordre ont éclaté et plusieurs arrestations ont également eu lieu à Nairobi lors d’un rassemblement similaire.
Soutenu par le président William Ruto et les États-Unis, le projet fait l’objet d’une contestation croissante. La Haute Cour kényane a prolongé la suspension de son ouverture et ordonné au gouvernement de rendre publics les accords conclus autour de cette infrastructure. Parallèlement, des élus démocrates états-uniens ont critiqué cette initiative, estimant que les ressortissants états-uniens exposés au virus devraient être pris en charge aux États-Unis plutôt qu’à l’étranger.
L’avocat et militant franco-palestinien Salah Hamouri est au cœur d’une nouvelle controverse après la publication, le 25 mai 2026, d’accusations du Shin Bet, le service de renseignement intérieur israélien. Celui-ci l’accuse d’avoir organisé et dirigé depuis la France une cellule liée au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une organisation de gauche palestinienne considérée comme terroriste par Israël et l’Union européenne. Salah Hamouri rejette ces accusations, tandis que ses avocats dénoncent des allégations « artificielles et infondées » visant un opposant au gouvernement israélien. Afin de le soutenir, de très nombreuses personnalités ont publié une tribune de soutien dans les colonnes de Médiapart.
Dans ce contexte, la préfecture du Doubs a interdit une conférence que Salah Hamouri devait tenir le 4 juin à Besançon dans le cadre du « Besac Antifa Fest ». Les autorités ont invoqué un risque de troubles à l’ordre public soit disant lié à la situation actuelle en Palestine et au Liban. Déporté de Palestine vers la France en 2022 après plusieurs périodes de détention, Hamouri poursuit depuis son engagement en faveur des droits des Palestiniens depuis l’Europe.
Depuis fin avril 2026, les organisations syndicales de l’Aude sont en conflit avec la nouvelle municipalité de Carcassonne, dirigée par le maire Rassemblement national Christophe Barthès, après la décision de mettre fin à leur mise à disposition de locaux municipaux, notamment la Bourse du travail. Cette décision a été annoncée lors du conseil municipal du 30 avril, puis mise en œuvre début juin, entraînant l’intervention d’un huissier le 1er juin pour constater le maintien des syndicats dans les lieux qu’ils occupent parfois depuis plusieurs décennies.
Le 4 juin 2026, Yssoufou Traoré doit comparaître devant le tribunal de Paris dans une affaire liée à des faits survenus lors d’une manifestation à Paris le 8 juillet 2023, organisée en hommage à son frère Adama Traoré, décédé en 2016 suite à l’intervention des gendarmes. À la suite de la dispersion de cette marche, il avait été interpellé par des agents de la BRAV-M. L’interpellation a été très violente, incluant un plaquage ventral ayant entraîné plusieurs blessures graves (fracture du nez, traumatisme crânien et contusions multiples). Pris en charge à l’hôpital, il a ensuite été placé en garde à vue alors qu’il était encore hospitalisé. Une plainte déposée concernant ces violences policières a été classée sans suite, tandis qu’une procédure judiciaire a été engagée à son encontre. Ses soutiens organisent un rassemblement devant le tribunal de Paris le 4 juin à 13H afin de le soutenir.
Entre 2021 et 2026, dans une entreprise du secteur chimique située en France et appartenant à une filiale de multinationale, un salarié militant de la CNT-AIT a été licencié après avoir diffusé, avec d’autres travailleurs, un tract syndical à l’entrée de l’usine et échangé sur des revendications liées aux conditions de travail. Le document critiquait le management et défendait des positions anarchosyndicalistes, notamment l’autogestion et une opposition aux formes hiérarchiques de l’organisation du travail. L’employeur a justifié le licenciement par le contenu du tract et le contexte de diffusion, estimant qu’il pouvait nuire à l’entreprise dans ses relations commerciales.
Le salarié a contesté cette décision devant les juridictions prud’homales et judiciaires, engageant une procédure qui s’est étalée sur plusieurs années. Les tribunaux ont successivement examiné la légalité du licenciement, la réalité de l’activité syndicale et la liberté d’expression dans le cadre professionnel. Au terme de ces procédures, le licenciement a été annulé, les juges estimant qu’il constituait une atteinte à la liberté d’expression et relevait de l’exercice d’une activité syndicale. L’entreprise a été condamnée à verser environ 24 000 euros de dommages et intérêts au salarié concerné.