Habitant d’Evry-Courcouronnes, un jeune de 19 ans affirme cumuler 9 000 euros de dettes liées à des amendes répétées, certaines contraventions étant, selon ses déclarations, dressées sans que l’infraction soit clairement caractérisée et relevant d’une logique d’intimidation. Depuis une large campagne de dénonciation de ces pratiques se développe. En effet, plusieurs observateurs soulignent que la « multiverbalisation » est un outil d’éviction de l’espace public visant certaines populations, en particulier racisées. Illustrant cette politique, des verbalisations pour « tapage » en plein jour ou « dépôt d’ordures » sans éléments matériels établis ont été évoquées.
À Liège, plusieurs manifestants ont reçu des convocations de la police fédérale à la suite de leur participation à une mobilisation organisée fin septembre devant l’université, en opposition à un événement du Centre Jean Gol et à la présence de Georges-Louis Bouchez. Ces convocations interviennent après des arrestations et des perquisitions déjà menées dans le cadre de cette affaire (voir notre article). Selon le Front Antifasciste de Liège, les autorités chercheraient notamment à établir l’existence d’une « association de malfaiteurs » ou à poursuivre certains faits liés aux incidents survenus lors du rassemblement.
Le mercredi 18 mars 2026, une table ronde est organisée à Forest (Bruxelles) pour discuter de la répression du mouvement antifasciste à travers le monde, avec le Comité Budapest, le Secours Rouge, l’AFA-BXL et le TSP (Tutsaklarin Sesi Platformu). L’événement abordera des épisodes historiques et récents, de la dissolution de la Ligue Communiste en 1973 à l’affaire de Budapest, en passant par les campagnes médiatiques criminalisant l’antifascisme et les appels à classer les organisations antifa comme terroristes. L’événement débutera à 18h30 au ZonneKlopper, avenue de la Verrerie 23, avec tables de presse et bar sur place (prévoir du cash).
Le 6 mars 2026, treize personnes poursuivies dans le comté de DeKalb, en Géorgie, dans le cadre du mouvement “Stop Cop City”, doivent comparaître pour des audiences sur des requêtes préliminaires. Neuf d’entre elles demandent l’abandon des poursuites engagées sans mise en accusation formelle. Parmi les prévenus figure Priscilla, dont l’avocat, Xavier T. de Janon du People’s Law Collective, plaidera la requête en annulation des charges. Selon la défense, plusieurs accusés sont restés pendant près de trois ans sans inculpation officielle pour des chefs d’accusation criminels, ce qui les a empêchés de contester publiquement les faits devant un tribunal, tout en subissant une longue période d’incertitude, de stigmatisation et de pression financière. Par ailleurs, le bureau du procureur général de Géorgie poursuit toujours 61 personnes dans une vaste procédure pour association de malfaiteurs, après que la Fulton County Superior Court a annulé le chef principal d’accusation ; l’affaire est désormais examinée par la Georgia Court of Appeals.
Le 2 mars 2026 marque cinq années de rassemblements hebdomadaires organisés à Madrid devant le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération par le Mouvement pour les prisonniers politiques sahraouis, afin de dénoncer la situation des prisonniers politiques sahraouis détenus au Maroc et d’exiger leur libération. Par ailleurs, le mouvement rappelle aux autorités que, selon les Nations unies, l’Espagne reste la puissance administrante du Sahara occidental, un territoire toujours inscrit sur la liste des territoires à décoloniser. Plus de 30 détenus purgent de lourdes peines, parfois à perpétuité, à l’issue de procès dénoncés pour irrégularités procédurales et aveux obtenus sous la torture, tandis que leurs conditions de détention (éloignement à près de 1 000 kilomètres de leurs familles, isolement, mauvais traitements et absence de soins médicaux adéquats) sont régulièrement dénoncées.
Après avoir été transféré à la prison de Scotland Correctional, le détenu Shine White a entamé une grève de la faim le 24 février 2026 pour protester contre des conditions de vie inhumaines. En novembre dernier, il avait déjà entamé une action similaire (voir notre article). Il dénonce notamment sa cellule insalubre dont le plafond est couvert de moisissures noires (provoquant des problèmes de santé restés sans soins) ainsi que la confiscation de sa tablette, outil indispensable pour accéder à son courrier et à l’assistance juridique. Militant de longue date déjà victime de violences par le passé pour avoir dénoncé le système carcéral, il appelle ses soutiens à interpeller les autorités pénitentiaires pour obtenir la fin de ces représailles et le rétablissement de ses droits fondamentaux (voir ici).
Le 2 mars 2026, la cour d’appel de Douai a relaxé Jean-Paul Delescaut, secrétaire départemental de la CGT dans le Nord, initialement condamné en avril 2024 par le tribunal correctionnel de Lille à un an de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme » (voir notre article), à la suite de la publication en ligne d’un tract syndical trois jours après le 7 octobre 2023. En première instance, il avait également été condamné à verser 5 000 euros de dommages et intérêts à des parties civiles. Le procès en appel s’était tenu le 2 décembre 2025 à Douai, en présence de plusieurs centaines de soutiens, tandis que l’avocat général avait requis la confirmation de la peine initiale.
Le 26 février 2026 au soir, des affrontements ont éclaté entre des étudiants et des agents de la police de la circulation dans le quartier de Palermo, dans la localité de Teusaquillo à Bogotá, lors d’un contrôle visant des motocyclettes stationnées près d’un établissement universitaire. L’intervention aurait suscité l’opposition de plusieurs jeunes, entraînant des émeutes par les autorités. Deux policiers ont été blessés et transportés vers un centre médical, tandis que deux personnes ont été arrêtées et devront répondre notamment de blessures, de dégradations et d’autres infractions liées aux troubles. Des renforts ont été déployés pour rétablir l’ordre, et la situation est revenue au calme vers 21 heures.
La situation des prisonniers politiques en Iran, notamment au Rojhelat (Kurdistan d’Iran), suscite de vives inquiétudes alors que des coupures massives d’internet, des perturbations téléphoniques et des pannes d’électricité dans certaines villes compliquent fortement toute communication avec les détenus. De nombreux militants civils, journalistes, défenseurs des droits des femmes, syndicalistes et membres de minorités ethniques et religieuses purgent déjà de lourdes peines pour des accusations liées à la « sécurité nationale ». L’isolement accru, l’absence d’informations sur leurs proches et le climat sécuritaire tendu exerceraient une pression psychologique intense sur les prisonniers. Des informations font également état de frappes ayant visé des sites liés aux Gardiens de la révolution et au ministère du Renseignement, notamment à Sanandaj (Sine), faisant craindre pour la sécurité de certains détenus récemment arrêtés. Aucune modification officielle des conditions de détention n’a toutefois été confirmée à ce stade. Depuis le début de l’offensive, les frappes militaires états-uniennes et israéliennes ont fait plus de 550 morts. Lors de la guerre des 12 jours, plusieurs prisonnières politiques avaient déjà dénoncé l’agression impérialio-sioniste et ses conséquences (voir notre article).
Au 1er février 2026, les prisons françaises comptaient 86 645 personnes détenues pour 63 289 places opérationnelles, soit un taux de densité carcérale de 136,9 %, selon les données du ministère de la Justice. Ce niveau inédit confirme une hausse continue de la population carcérale malgré une capacité d’accueil stable, la barre des 86 000 détenus ayant déjà été franchie début janvier. 6 596 personnes sont contraintes de dormir sur un matelas au sol, contre 4 490 un an plus tôt.