Les juges d’instruction parisiens ont ordonné un non-lieu général en faveur de Christian Tein, président du FLNKS, et de plusieurs militants kanak de la CCAT, mis en examen dans le cadre de l’enquête ouverte après les révoltes de 2024 en Kanaky, déclenchées par le projet colonial de dégel du corps électoral. Ces militants avaient été déportés en France et placé en détention provisoire durant plusieurs mois.
Les juges ont estimé qu’il n’existait pas de charges suffisantes et ont écarté les accusations d’insurrection, considérant que les éléments du dossier ne permettaient pas de caractériser une volonté de renversement des institutions. Le parquet de Paris a toutefois annoncé faire appel de cette décision et demander des actes d’investigation complémentaires. Parallèlement, plusieurs Kanak restent détenus en France suite aux révoltes de 2024, après avoir été déportés à plus 16 000 kilomètres de chez eux.
Ramadan Farhat a été tué le 3 juin 2026 lors d’une frappe israélienne visant la localité d’Az-Zrariyah (Zrariyeh), dans le sud du Liban. Il a été tué aux côtés de plusieurs membres de sa famille. Selon les informations relayées par des médias libanais, il avait combattu dans sa jeunesse au sein du Parti communiste libanais et de Jammoul avant de passer plusieurs années à l’étranger, puis de revenir au Liban. Cela intervient dans un contexte d’intensification de l’agression israélienne qui a déjà fait des milliers de morts, dont une grande majorité de civils.
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Téba, étudiante à l’université Paris 1, à quatre mois de prison avec sursis, 800 euros d’amende, plus de 8 000 euros de dommages et intérêts et un stage obligatoire au Mémorial de la Shoah pour « provocation non publique à la discrimination, à la haine ou à la violence » et harcèlement scolaire. L’affaire porte sur l’exclusion de plusieurs personnes pro-israéliennes d’un groupe Instagram de promotion universitaire et sur des échanges liés à la question du sionisme. L’étudiante, qui dénonce l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme, a annoncé faire appel de cette décision.
Au moment du verdict, un rassemblement de soutien avait lieu devant le tribunal judiciaire de Paris à l’initiative de la Fédération Syndicale Etudiante et d’autres collectifs. Par ailleurs, de nombreuses organisations dénoncent une criminalisation croissante des mobilisations en faveur de la Palestine et soulignent que cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de convocations policières, poursuites judiciaires et sanctions visant militants, syndicalistes et responsables associatifs engagés sur cette question. Les soutiens de Téba soulignent également qu’elle a été la cible de campagnes de harcèlement et de menaces après la diffusion de son identité sur des réseaux pro-israéliens.
Les militants sahraouis Salah Eddine Sabar et Ibrahim Babit ont été libérés après plusieurs mois de détention, malgré un important dispositif policier déployé autour du tribunal le jour de leur sortie. Cette présence visait à limiter les rassemblements de solidarité et les manifestations de soutien organisées à l’occasion de leur libération. À leur sortie, les deux hommes ont brandi un dessin du drapeau sahraoui réalisé durant leur détention, un symbole de résistance et d’attachement à l’identité sahraouie. Les réseaux de solidarité ont salué leur libération et rendu hommage à la mobilisation qui s’est poursuivie tout au long de leur emprisonnement malgré les pressions et les restrictions.
Le syndicat Limter-İş, affilié à la confédération DİSK, a organisé un rassemblement à Istanbul pour dénoncer l’incarcération de plusieurs de ses dirigeants et militants syndicaux, détenus depuis quatre mois dans le cadre d’une opération visant le Parti Socialiste des Opprimés (ESP) et plusieurs organisations. Les organisations présentes ont affirmé que ces poursuites visent à affaiblir les luttes ouvrières et la défense des droits syndicaux, soulignant que les personnes emprisonnées sont engagées de longue date dans les combats contre les accidents du travail, la précarité et les atteintes aux droits des travailleurs. Tout en saluant la libération récente d’un responsable syndical, ils ont dénoncé la détention prolongée de plusieurs autres dirigeants sans jugement et appelé syndicats, organisations professionnelles et défenseurs des droits à se mobiliser en vue des prochaines audiences judiciaires.
Le site IAATA rapporte que des banderoles de soutien aux prisonniers mobilisés contre les Quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) ont été aperçues début juin sur le périphérique de Toulouse. Cette action fait écho au mouvement de protestation engagé depuis mai par une partie des détenus des établissements de Condé-sur-Sarthe et de Vendin-le-Vieil, qui dénoncent des abus de pouvoir, des conditions de détention jugées dégradantes et réclament de meilleures conditions d’accès aux activités, aux communications avec leurs proches et à l’exercice de leurs droits.
Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert le 5 juin 2026 une enquête préliminaire pour « tortures » et « crimes de guerre » concernant le traitement réservé à des ressortissants français arrêtés par Israël lors de l’interception de la flottille pour Gaza en mai dernier. L’enquête, confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, fait suite à un signalement du ministre des Affaires étrangères, après la diffusion d’images montrant des militants interpellés, agenouillés et les mains liées.
La flottille, composée d’une cinquantaine de navires partis de Turquie pour contester le blocus de Gaza, a été interceptée dans les eaux internationales par les autorités israéliennes, qui ont kidnappé 430 militants, dont 37 Français, avant leur expulsion. Les avocats de plusieurs participants ont salué l’ouverture de l’enquête tout en rappelant que les violences dénoncées s’inscrivent dans un contexte plus large de violences subies par la population palestinienne. Plusieurs plaintes individuelles sont également en préparation.
De nouveaux heurts ont éclaté ce vendredi à Bruxelles, au lendemain de ceux survenus lors de la manifestation des enseignants. Vers midi, de nombreux jeunes se sont rassemblés dans le centre-ville puis se sont heurté à la police. Celle-ci a procédé à plusieurs charges et a fait usage de gaz lacrymogène et d’autopompes. Plusieurs véhicules de la société de location Poppy ont été endommagés, dont l’un a été incendié. Des poubelles et des conteneurs ont également été incendiés. Des dégâts ont par ailleurs été causés au mobilier urbain ainsi qu’à du matériel de chantier. La police a procédé à des nassages à la gare centrale, à l’Albertine, au skatepark et ailleurs encore, jusqu’en début de soirée. Il y a eu au moins une centaine d’interpellations, dont une dizaine d’arrestations judiciaires.
Ce bilan provisoire s’ajoute à celui de la veille, qui s’élève finalement à 15 personnes interpellées à Bruxelles (14 judiciairement et une administrativement) et à 14 à Namur (4 judiciairement et 10 administrativement). À la suite des événements de jeudi, le ministre de la Défense a proposé que l’armée organise des « camps de rééducation militaire pour les jeunes fauteurs de trouble».
Des affrontements ont éclaté mercredi 3 juin à Santiago entre la police antiémeute et des milliers d’étudiants, lycéens et enseignants mobilisés contre les coupes budgétaires décidées par le gouvernement du président José Antonio Kast. Les forces de l’ordre ont empêché la progression du cortège vers le palais présidentiel en recourant à des gaz lacrymogènes et des canons à eau, tandis que des manifestants ont répliqué en lançant des projectiles.
Cette mobilisation intervient dans un contexte de tensions sociales liées à la politique d’austérité du gouvernement, qui a récemment annoncé une réduction des dépenses publiques. Aucun bilan officiel n’a été communiqué, mais plusieurs interpellations ont été constatées sur place.