Aujourd’hui, le Parlement turc débat d’un nouvel ensemble de lois portant sur la législation du travail. Certaines des propositions autoriseraient les employeurs à délocaliser des travailleurs contre leur volonté, rendraient les travailleurs – et non les employeurs – financièrement responsables pour les primes de prestations maladie et permettraient aux employeurs d’engager des apprentis durant quatre mois sans salaire.
Des milliers de personnes s’étaient rassemblées ce matin dans un parc au centre d’Ankara pour s’opposer à cette possible nouvelle législation. Leur objectif était de défiler jusqu’au Parlement, ce que les forces de l’ordre ont violemment empêché. Les unités anti-émeutes avaient bloqué la route principale reliant le parc au bâtiment public avec une rangée de fourgons et de canons à eau. Dès l’arrivée de la tête du cortège, elles ont utilisé des gaz lacrymogènes et des jets d’eau pour repousser les manifestants. Ceux-ci ont répliqué en jetant des pierres, des oeufs et des bâtons aux policiers.
Manifestation d’ouvriers à Ankara
Ce mercredi, une opération de ratissage conjointe de la police et de la CRPF s’est déroulée dans l’état du Jharkhand, à la frontière avec l’Orissa. Les forces de sécurité ont annoncé avoir, au cours de cette action, arrêté un guérillero maoïste et saisi deux mines terrestres, du matériel explosif et des affiches dans un des villages ciblés. Kushal Kerketa, âgé de 24 ans, est suspecté d’être impliqué dans diverses activités maoïstes dans le district de Sundergarh. La police l’accuse également d’être le bras droit de Sameer, commandant de zone du Jharkhand.
Samedi à 14h, 500 personnes s’étaient réunies devant l’ambassade d’Egypte à Paris, à l’appel de divers collectifs. Leur objectif était de manifester leur soutien au peuple égyptien, ainsi que de soutenir la lutte qui dure depuis plus d’un mois en Tunisie. La police avait disposé entre la foule et le bâtiment de l’ambassade pas moins de huit camions de CRS. Une demi-douzaine de voitures de police et quelques cars stationnaient aux alentours. Vers 17h, les 200 personnes qui étaient toujours présentes ont décidé de former un cortège pour remonté les Champs Elysées. Après quelques centaines de mètres, plusieurs dizaines de policiers ont surgi pour encercler les manifestants, resserrant les rangs et empêchant les gens de se disperser ou de quitter le cortège. Après plus d’une demi-heure, ces derniers ont montré des signes d’impatience. Immédiatement, les forces de l’ordre ont envoyé du gel lacrymogène (contrairement au gaz, il ne s’évapore pas, imprègne la peau et les vêtements, et ‘optimise’ la sensation de brûlure et de gêne respiratoire). Pris au piège, les manifestants qui tentaient de sortir du cortège ont été frappés à coups de matraque, et un grand nombre d’entre eux sont tombés inconscients au milieu de la foule. Les pompiers, débordés par l’afflux de blessés, ont réquisitionné un concessionnaire de voiture à proximité pour pouvoir les prendre en charge. Vers 20h, près de 120 personnes avaient été interpellées et transportées au commissariat pour un contrôle d’identité. Dans un communiqué lundi, le porte-parole de la police a justifié ces arrestations et la charge des CRS par le fait qu’aucune demande préalable d’autorisation de manifestation ni de parcours n’avait été introduite.
Récemment, le gouvernement du Bangladesh a annoncé sa volonté d’acquérir des terres situées à quarante kilomètres au sud de la capitale, Dacca, afin d’y construire un nouvel aéroport. Cette acquisition entraînerait l’expropriation de plusieurs milliers d’agriculteurs et de villageois qui vivent actuellement sur ces terres. Aujourd’hui, plus de 20.000 personnes ont manifesté sur le site pour dénoncer le projet gouvernemental. La police a dispersé la foule par des jets de gaz lacrymogènes et des tirs de balles en caoutchouc. Les manifestants ont répliqué, armés de bâtons et de barres de fer, en mettant le feu à un camp et à un véhicule de police. Ils ont également dressé des barricades à travers plusieurs routes. Un policier est décédé et plus de cinquante personnes ont été blessées au cours de ces affrontements.
Manifestation contre un aéroport à Dacca
Des milliers de personnes ont à nouveau défilé ce samedi dans les rues de Manchester et de Londres, à l’appel notamment d’un syndicat d’étudiants. Elles manifestaient contre l’austérité draconienne et le quasi-triplement des droits universitaires imposés par le gouvernement, encadrées par un important dispositif policier. A Manchester, la police est intervenue pour encerclé une centaine de personnes qui tentaient de s’écarter du parcours pour rejoindre le centre-ville. Une vingtaine d’entre elles ont été arrêtées pour troubles de l’ordre public et obstruction de la voie publique. A Londres, six personnes ont également été arrêtées sur la même base.
Arrestation en marge d’une manifestation estudiantine à Manchester