Le 6 janvier 2026, l’armée israélienne a fait irruption sur le campus de l’université de Birzeit, au nord de Ramallah, pour disperser un rassemblement étudiant organisé en solidarité avec les prisonniers palestiniens. Les forces israéliennes ont utilisé des balles réelles, des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes, brisant la porte principale de l’université et pénétrant dans différents bâtiments. Plusieurs étudiants ont été blessés, dont trois touchés par des tirs à la jambe, pris en charge par le Croissant-Rouge et transportés à l’hôpital. Des responsables universitaires et journalistes ont également été arrêtés, notamment le vice-président académique Asim Khalil et les journalistes Moatasem Saqf Al-Hait et Karim Khmaisah. Environ 8 000 étudiants se trouvaient sur le campus au moment de l’assaut, qui a également conduit à la saisie de matériel appartenant au mouvement étudiant.

En Tunisie, plusieurs travailleurs humanitaires de l’ONG française Terre d’asile, détenus depuis plus de 20 mois pour avoir prétendument « facilité l’entrée illégale et le séjour » de migrants, ont été libérés dans la nuit de lundi 5 à mardi 6 janvier. Parmi eux figure Sherifa Riahi, ancienne directrice de l’ONG, condamnée à deux ans de prison avec sursis, tout comme ses collègues incarcérés. La décision judiciaire, saluée par leurs soutiens, intervient dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et de tensions politiques accrues sous la présidence de Kaïs Saïed, tandis que le tribunal doit encore statuer sur le sort des autres accusés laissés en liberté.

En Iran, le mouvement de contestation déclenché par des revendications économiques est entré dans sa deuxième semaine et a déjà fait au moins 29 morts, dont deux membres des forces de sécurité, selon l’ONG HRANA, tandis qu’environ 1 200 personnes ont été arrêtées. Des centaines de manifestants auraient également été blessés, et des armes lourdes auraient été utilisées par les autorités dans certaines régions pour réprimer les protestations. Les manifestations ont touché près de 88 villes dans 27 des 31 provinces du pays, illustrant l’ampleur du mouvement. Le gouvernement iranien ne communiquant aucune donnée officielle, ces chiffres reposent principalement sur des informations relayées par des ONG et des activistes à l’étranger, dont la vérification de manière indépendante reste difficile.

En Iran, la nouvelle vague de manifestations déclenchée par l’inflation et la crise économique s’accompagne d’une répression croissante du régime, malgré la reconnaissance par le guide suprême Ali Khamenei du caractère « juste » de certaines revendications. Les autorités ont annoncé l’arrestation d’organisateurs de rassemblements, tandis que la télévision d’État confirme le début d’une vaste opération sécuritaire. Selon plus ONG, au moins 15 manifestants ont été tués et plus de 580 arrêtés depuis le 28 décembre, dans un mouvement de protestation qui s’est étendu à au moins 60 villes.

Le 1er janvier, les autorités israéliennes ont de nouveau arrêté Raghad Nassar Salah Al-Fani, ancienne prisonnière palestinienne de 27 ans, lors d’une perquisition menée au domicile familial situé dans le quartier sud de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie. Libérée en novembre 2023 dans le cadre de la première phase de l’accord d’échange de prisonniers, elle avait auparavant passé une année en détention administrative.

Le 30 décembre 2025, le tribunal de Béjaïa a rejeté la demande de libération provisoire de Lyes Touati, militant du Parti socialiste des travailleurs (PST), arrêté le 14 décembre 2025 et détenu depuis plus de deux semaines (voir notre article). Cette décision s’inscrit dans une répression plus large menée par le régime d’Abdelmadjid Tebboune : interdiction des manifestations, restrictions du droit de grève, arrestations de militants, mais aussi la suspension administrative du PST. Face à cette situation, les appels se multiplient pour exiger sa libération immédiate et l’abandon des poursuites.

Des manifestations spontanées contre la cherté de la vie se poursuivent en Iran depuis plusieurs jours et gagnent de nombreuses villes, donnant lieu à des affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre. Selon les agences de presse iraniennes, au moins six personnes ont été tuées, dont des civils dans l’ouest et le sud-ouest du pays ainsi qu’un membre des forces du Bassidj, et plusieurs dizaines d’autres ont été blessées. Les autorités font état d’attaques contre des bâtiments publics et de l’usage de gaz lacrymogène par la police, tandis qu’une trentaine de personnes ont été arrêtées à Téhéran pour troubles à l’ordre public. Sur fond de forte inflation et de dépréciation du rial, le gouvernement affirme tolérer les manifestations pacifiques mais promet une réponse ferme à toute dérive violente ou tentative de déstabilisation.

À partir du 1er janvier 2026, Israël suspend plusieurs organisations humanitaires internationales travaillant à Gaza pour non-respect de ses nouvelles règles de contrôle. Parmi les ONG concernées figurent des acteurs majeurs comme Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, Action Against Hunger, Oxfam ou Caritas. Les autorités israéliennes justifient ces suspensions par la crainte que des organisations palestiniennes opèrent sous couvert humanitaire, ce que les ONG contestent, dénonçant des règles arbitraires pouvant mettre leur personnel en danger.

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En Tunisie, des partis d’opposition, la Ligue tunisienne des droits de l’homme et des familles de détenus ont organisé trois jours de mobilisation en solidarité avec les prisonniers politiques, à l’appel de l’avocat Ayachi Hammami (voir photo), en grève de la faim depuis son arrestation début novembre. Cette initiative vise à empêcher l’oubli des détenus d’opinion après la vague récente d’arrestations et à coordonner les actions de soutien. Les organisateurs dénoncent également les restrictions croissantes imposées aux avocats et aux organisations de défense des droits humains, privées d’accès aux prisons, alors que plusieurs détenus poursuivent des grèves de la faim pour faire entendre leurs revendications.