Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le 20 janvier 2026, l’armée israélienne a arrêté Walid Harazna, étudiant à l’université de Birzeit et membre de l’Union démocratique de la jeunesse palestinienne, alors qu’il se rendait à l’université, six mois après sa libération précédente. Hier, il a été transféré en détention administrative pour quatre mois. Harazna est ciblé en raison de son rôle dans le bureau exécutif du Bloc de l’unité étudiante et son engagement politique au sein du mouvement étudiant.

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En Turquie, une infirmière d’Istanbul a été arrêtée le 26 janvier 2026 pour avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux où elle se tressait les cheveux en solidarité avec les YPJ (Unité de Proection des Femmes) du Rojava. Accusée de « propagande terroriste », elle n’a fait qu’un geste symbolique pour dénoncer la violence contre les femmes kurdes en Syrie par les groupes djihadistes. Les autorités turques, qui assimilent les FDS (Forces Démocratiques Syriennes, une coalition militaire dirigée par les YPG/YPJ) au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), criminalisent cette expression de solidarité, tandis que des manifestations pro-kurdes se multiplient dans le pays. L’affaire intervient dans un contexte de négociations fragiles de paix entre Ankara et le PKK, soulignant la pression exercée sur toute forme de protestation ou de soutien politique aux Kurdes.

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Le 26 janvier 2026, le tribunal du Pirée a condamné le militant révolutionnaire turc Halil Demir à 4 ans et demi de prison à l’issue d’une procédure expéditive marquée par une violation flagrante du droit à un procès équitable. Malgré l’indisponibilité de son avocat, le tribunal a refusé le report d’audience ainsi que la désignation d’un avocat commis d’office, conduisant à une condamnation sans défense, sans prise de parole et sans véritable procès. Cette affaire est directement liée aux événements de 2021 à la prison de Korydallos, où des prisonniers politiques turcs avaient été frappés dans l’enceinte du tribunal : Halil Demir est poursuivi pour avoir résisté à ces violences. En réaction, il a entamé une grève de la faim pour exiger le respect de ses droits fondamentaux. Ses soutiens dénoncent une coopération répressive entre les États grec et turc visant à criminaliser les réfugiés et militants politiques, et appellent à une solidarité internationale.

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En Ouganda, le gouvernement de Yoweri Museveni justifie une vaste offensive sécuritaire après les élections du 15 janvier 2026 par la lutte contre de supposés « gangs criminels », tout en assumant la coupure d’Internet et les arrestations. Selon des responsables militaires, des milliers de partisans de l’opposition auraient été arrêtés et plusieurs dizaines tués.

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Des agents de la police états-unienne de l’immigration (ICE) doivent être déployés aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina (6-22 février 2026) pour appuyer la sécurité de la délégation états-unienne, en soutien au service diplomatique des États-Unis. Officiellement, l’ICE affirme qu’aucune opération d’immigration ne sera menée sur le sol italien et que toutes les opérations resteront sous autorité italienne. Cette annonce a toutefois déclenché une vive polémique, dans un contexte marqué par des violences récentes impliquant l’ICE aux États-Unis, notamment à Minneapolis (voir notre article).

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En Bade-Wurtemberg, le syndicaliste Danial Bamdadi s’est vu refuser la nationalité allemande depuis 2022 par les autorités locales, qui invoquent une supposée « attitude extrémiste » liée à sa participation à des manifestations contre l’AfD et à une mobilisation anti-guerre. Les informations proviennent des services de protection de la Constitution. Réfugié iranien depuis 2012, il conteste cette décision en justice, tandis que ses soutiens dénoncent une atteinte aux libertés politiques, dans un contexte de durcissement de la politique migratoire allemande.

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Lors d’une interview accordée au New York Post, Donald Trump a affirmé que les forces états-uniennes avaient utilisé une arme expérimentale baptisée « Discombobulator » lors de l’opération militaire du 3 janvier 2026 contre le Venezuela, qui a conduit au kidnapping du président vénézuélien Nicolás Maduro et Cilia Flores. Selon Trump, cette arme aurait permis de neutraliser les systèmes de défense et de désorienter les personnes sur le terrain. L’intervention, qualifiée par Washington de « frappe de grande envergure », s’est déroulée dans la nuit du 2 au 3 janvier à Caracas, provoquant de vives réactions internationales (voir notre article).

Le groupe français Capgemini collabore avec la police fédérale états-unienne ICE pour identifier et localiser des migrants, via des contrats de « skip-tracing » pouvant atteindre 365 millions de dollars. Sa filiale américaine, près de Washington, gère également un standard téléphonique pour les victimes de crimes imputés à des étrangers. Cette coopération illustre le rôle des entreprises privées dans la politique d’immigration agressive de l’administration Trump.

Parallèlement, Gregory Bovino, responsable de la Customs and Border Protection (CBP), est devenu le visage de la militarisation de la lutte contre l’immigration, dirigeant des raids expéditifs et controversés à Minneapolis et dans d’autres villes. Critiqué après la mort de l’infirmier Alex Pretti, il a été décidé qu’il parte de la ville suite à la mobilisation croissante.

Rédigée par le militant anarchiste Luca « Stecco » Dolce depuis sa cellule de prison en Italie, cette déclaration propose une analyse du génocide à Gaza à travers le prisme de la lutte des classes et de l’anti-autoritarisme. L’auteur dénonce le « complexe techno-industriel » : un système où la guerre, la surveillance des frontières et l’exploitation des travailleurs sont interconnectées. Par ailleurs, il appelle à transformer l’émotion collective en action directe et en auto-organisation, tout en dénonçant l’hypocrisie et la complicité des États européens et des institutions internationales (lire en intégralité).

[…] Les anarchistes, et pas seulement eux, n’attendent pas qu’une révolution se produise d’elle-même ; ils la vivent ardemment, en étudiant et en s’organisant.

Saboter et attaquer le système de domination ne suffit certainement pas à préparer un changement radical, mais cela nous en rapproche, et nous permet de regarder en face la vie que nous désirons, en agissant contre un ennemi qui nous lie à son système, dont nous voulons nous libérer. Cette vie libre nous est de plus en plus refusée ; nous ne sommes pas éduqués à la capacité de choisir, à réfléchir et à activer une volonté libre qui dicte les lignes directrices et les règles sociales qui brisent celles, autoritaires, actuelles, en choisissant consciemment les voies et les méthodes qui évitent un système meurtrier, toxique et injuste.

Nous devons détruire l’idée moraliste de la « confrontation démocratique » : elle nous éloigne de certaines possibilités de lutte, et je crois que le meilleur exemple de fracture insurrectionnelle se manifeste à travers les émeutes indonésiennes de ces derniers mois. En réponse aux revendications du peuple, à leurs propositions d’auto-organisation et de communisme anti-autoritaire, l’autorité s’est montrée arrogante et violente. La réponse subversive a été claire et précise : la mise en scène démocratique a été réduite en cendres dans les incendies des maisons des politiciens. Leur arrogance s’est retournée contre eux et ils sont devenus, pour une fois, les cibles matérielles, la proie d’une fureur libératrice. […]

Le militant anarchiste Arturo Lugo a été arrêté à Guadalajara le 8 janvier 2026 par l’État mexicain et transféré à la prison de haute sécurité de l’Altiplano. Ses soutiens dénoncent des actes de torture et rappellent qu’il avait déjà subi des violences et des agressions sexuelles en avril 2020 lors de l’évacuation de l’école FES Acatlán (UNAM), où il protestait contre le harcèlement sexuel institutionnalisé. En réponse, un appel est lancé pour un mois de février de « lutte anti-autoritaire » sous toutes ses formes afin d’exiger sa libération immédiate.