Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

L’incertitude domine en Syrie après une offensive majeure, alors que le chef de HTS, Abou Mohammed al-Scharaa, a annoncé dimanche soir un cessez-le-feu et un accord avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), sans confirmation de ces dernières. Le commandant en chef des FDS, Mazlum Abdi, a seulement indiqué que des discussions étaient prévues à Damas ce lundi 19 janvier, précisant que ses forces s’étaient retirées des zones de Raqqa et de Deir ez-Zor. Par ailleurs, il a affirmé que : « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir ; nous en avons la force. C’est une résistance, et je suis convaincu que, comme nous l’avons fait ces quatorze dernières années, nous réussirons à nouveau à l’avenir. » Il a également dénoncé l’alliance entre le gouvernement de transition syrien, la Turquie et les puissances impérialistes visant à démanteler l’autonomie du Rojava. Selon plusieurs analyses de la situation militaire et territoriale dans le nord-est de la Syrie, les forces des kurdes et leurs alliés (Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie et Forces démocratiques syriennes) auraient perdu une part très significative de leur territoire, de 40% à 66% selon les différentes estimations. Parallèlement, Damas a annoncé la signature de décrets reconnaissant certains droits culturels et administratifs kurdes, une mesure jugée largement insuffisante par les dirigeants kurdes, qui dénoncent l’absence de garanties réelles sur l’autonomie politique, la sécurité et l’avenir du Rojava.

Six combattants naxalites ont été tués lors d’une opération conjointe des forces de sécurité dans le district de Bijapur, au Chhattisgarh, entre samedi 17 et dimanche 18 janvier 2026. Quatre d’entre eux, identifiés comme Dilip Vedja, membre du comité divisionnaire, Madvi Kosa et Lakkhi Madkam, membres de comités de zone, ainsi que Radha Metta, ont été abattus lors d’un premier échange de tirs samedi dans une zone forestière du nord-ouest du district. Deux autres cadres maoïstes ont ensuite été tués dimanche matin dans la poursuite de la même opération, menée sur la base de renseignements faisant état d’une présence rebelle dans la région, selon la police locale.

Dossier(s): Inde-Népal Tags: ,

Dans la nuit du 12 au 13 janvier 2026, le siège bruxellois de Sodexo-Pluxee, multinationale gérant plusieurs prisons privées au Royaume-Uni, a été visé par une action militante dénonçant son rôle dans l’incarcération de prisonniers politiques pro-palestiniens, dont l’un d’entre eux est toujours en grève de la faim (voir notre article). Boîte aux lettres endommagée, graffitis et affiches appelant au boycott de Sodexo ont été apposés en solidarité avec les membres de Palestine Action incarcérés, organisation classée « terroriste » après des actions contre l’industrie de l’armement liée à Israël (voir notre article).

Dossier(s): Belgique Tags: , ,

Le Pentagone a placé 1500 militaires, basés en Alaska et spécialisés dans les opérations en conditions hivernales, en état d’alerte en vue d’un possible déploiement au Minnesota, alors que les manifestations s’intensifient à Minneapolis après la mort de Renee Good, une femme de 37 ans tuée par un agent de la police de l’immigration (ICE). Donald Trump a menacé d’invoquer l’Insurrection Act, une loi d’exception permettant l’intervention de l’armée sur le territoire américain, si les autorités locales ne parviennent pas à rétablir l’ordre face aux protestations et aux attaques visant l’ICE.

Dossier(s): Amérique du Nord Tags:

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Berne pour dénoncer le sommet du World Economic Forum à Davos, dont plusieurs sections suisses du Secours Rouge International, malgré un important dispositif policier. La police a interdit tout départ en manifestation, nassé la place de la gare et attaqué à plusieurs reprises les manifestants déjà encerclés, extrayant certains avec violence. Environ 200 contrôles d’identité ont été réalisés et 25 personnes ont été amenées au poste, mais toutes ont été libérées dans la nuit. Les manifestants dénoncent l’utilisation du sommet pour servir les intérêts de la bourgeoisie suisse et des dirigeants impérialistes, citant notamment la présence de Donald Trump, Isaac Herzog et Mohammed al-Joulani, ainsi que des entreprises comme UBS, RUAG, Holcim, Trafigura et Vitol.

Dossier(s): Suisse Tags: ,

À Mayotte, des incidents graves impliquant la Police aux frontières (PAF) en juillet 2025 révèlent une répression violente et largement impunie. Dhali Moussa Djaloud, 27 ans, a été blessé par balle dans le dos lors d’une intervention des unités du Groupe d’appui opérationnel à Kawéni, laissant sa famille sans ressources et lui-même dans l’incapacité de travailler. Malgré une plainte pour « tentative d’assassinat », les enquêtes restent au point mort, et la version officielle des autorités est contestée par les témoins et la victime. Quelques semaines plus tôt, un kwassa-kwassa transportant une trentaine de passagers, dont des enfants, a chaviré après un choc avec un patrouilleur de la PAF, entraînant la mort d’au moins deux personnes, alors que les rescapés dénoncent une intervention tardive et un recours potentiellement délibéré à la force pour « tamponner » les embarcations en cas de refus d’obtempérer. Ces événements s’inscrivent dans un contexte de militarisation accrue à Mayotte, où les patrouilleurs et la gendarmerie utilisent régulièrement armes à feu et techniques dangereuses. Les victimes et rescapés, souvent menacés d’expulsion, restent sans réparation, tandis que les autorités locales et le parquet maintiennent un silence quasi total sur ces affaires.

Dossier(s): Afrique Tags: , ,

Le 20 janvier marque le début des auditions judiciaires des militants antifascistes arrêtés lors des événements du 12 octobre 2025, jour de la fête nationale espagnole, à Vitoria-Gasteiz. Ces poursuites font suite aux affrontements survenus lors d’une mobilisation convoquée par la Falange Española de las JONS. En réaction, des centaines de personnes avaient manifesté, étant le théâtre de répression policière. Les personnes mises en cause dénoncent une criminalisation politique protégeant les fascistes, soulignant qu’aucun membre de la Falange n’a été poursuivi.

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Dans un contexte de fortes tensions à Minneapolis, où environ 3 000 agents de la police fédérale de l’immigration (ICE) sont déployés depuis début décembre pour traquer les personnes sans-papiers, une juge fédérale a imposé des limites aux méthodes de l’agence. Saisie par six habitants dénonçant des abus lors de manifestations contre les raids de l’ICE, la juge Kate Menendez a interdit aux agents d’arrêter ou de détenir des manifestants pacifiques dans leurs véhicules, ainsi que d’utiliser du spray au poivre ou des munitions contre eux, tant qu’ils n’entravent pas les opérations. Cette décision intervient alors que des collectifs citoyens s’organisent pour documenter et ralentir les actions de l’ICE, et que les autorités locales démocrates, dont le gouverneur Tim Walz et le maire Jacob Frey, s’y opposent ouvertement, suscitant une enquête du ministère de la Justice pour entrave. Le département de la Sécurité intérieure dispose de 72 heures pour se conformer à ce jugement, susceptible toutefois d’être contesté en appel.

Militant de Dallas–Fort Worth et fils de survivants du génocide du Bangladesh, Raunaq Alam est visé par une campagne de répression en raison de son engagement pro-palestinien. Arrêté en mars 2024 après une action symbolique contre une église soutenant Israël, il a subi perquisitions, inculpations et réincarcérations répétées, malgré le refus initial d’un grand jury de l’inculper. Le 24 septembre 2025, alors qu’il participait à une conférence de presse, un juge a déclaré sa liberté sous caution insuffisante et ordonné son arrestation. Raunaq s’est rendu volontairement au tribunal, accompagné de ses parents. Il a ensuite été placé en isolement total en quartier de haute sécurité à la prison du comté de Tarrant, dans des conditions inhumaines : cellule sale, sans lumière naturelle ni air frais, infestée d’insectes, privation d’accès à la cantine, entraves lors des visites de ses avocats et contacts familiaux limités à un écran. Le 27 septembre 2025, à l’issue d’une audience de deux heures, deux cautions totalisant 40 000 dollars ont été fixées, assorties d’une assignation à résidence de 30 jours sous bracelet électronique. Bien que le jury l’ait ensuite condamné uniquement à cinq ans de probation et à une amende de 10 000 dollars, rejetant l’accusation de crime de haine, le juge Brian Bolton a ignoré cette clémence et a imposé une peine de six mois de prison, le maximum autorisé, au titre des conditions de probation. Détenu depuis décembre 2025, Raunaq fait aujourd’hui l’objet d’un appel, tandis que sa défense et ses proches sollicitent un soutien financier pour couvrir les frais juridiques (voir ici).

Le 4 mai prochain, deux militantes du collectif Urgence Palestine Pau comparaîtront devant le tribunal pour diffamation, suite à une plainte déposée par François Bayrou. Il leur est reproché d’avoir réalisé des collages dénonçant la responsabilité politique du gouvernement français dans le génocide à Gaza. Le collectif, qui dénonce une répression généralisée des voix solidaires du peuple palestinien, appelle à un rassemblement de soutien le jour du procès à 13h, place de la Libération à Pau.

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