Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Lors des célébrations du Nouvel An 2026 en Allemagne, au moins deux personnes sont mortes et des centaines d’autres ont été arrêtées dans un contexte de violences et de répression policière. Deux jeunes de 18 ans ont perdu la vie à Bielefeld en manipulant des engins pyrotechniques, tandis que de nombreux blessés ont été recensés dans plusieurs villes, dont Berlin où des hôpitaux ont accueilli des patients souffrant de mutilations graves. La police a procédé à environ 400 arrestations dans la capitale et a fait état d’au moins 24 policiers blessés. Des affrontements ont éclaté dans plusieurs grandes villes, avec usage massif de feux d’artifice contre les forces de l’ordre, mise en place de barricades et incendies de poubelles.

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Le 30 décembre 2025, la direction du centre fermé de Merksplas, sur ordre de l’Office des étrangers, a mené des fouilles répressives et placé 15 détenus au cachot après avoir eu connaissance de projets d’actions collectives contre l’enfermement. En réaction, une vingtaine de personnes détenues ont entamé une grève de la faim. Elles dénoncent des conditions de détention inhumaines : nourriture déplorable, absence de soins médicaux, violences, isolement, présence de mineurs cachés, enfermement prolongé de personnes malades, âgées ou ayant une vie familiale en Belgique, ainsi que des atteintes linguistiques et à la dignité. Les grévistes exigent un traitement digne et respectueux de leurs dossiers, rappelant que ces centres fermés sont des prisons pour des personnes innocentes.

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les États-Unis ont bombardé plusieurs villes du Venezuela, dont Caracas, touchant des quartiers militaires, des installations pétrolières et des infrastructures stratégiques. L’opération, autorisée par Donald Trump et présentée comme une « lutte contre le narcotrafic », s’inscrit dans la continuité des pressions militaires et économiques états-uniennes sur le pays. Le gouvernement vénézuélien a déclaré l’état d’exception et appelle la population à se mobiliser face à cette agression. Cette action illustre le redéploiement impérialiste des États-Unis dans la région, visant notamment certaines ressources stratégiques comme le pétrole au Venezuela. Par ailleurs, l’administration états-unienne a annoncé avoir kidnappé le président vénézuélien Maduro.

La crise migratoire à la frontière polono-biélorusse a révélé que la Pologne a contourné le droit européen en créant une zone d’exception de trois kilomètres où les ONG, journalistes et avocats étaient interdits, permettant des expulsions immédiates vers la Biélorussie. Ces pratiques violent le principe de non-refoulement, la CEDH et la Charte des droits fondamentaux de l’UE. Le cas polonais montre comment le droit européen, inefficace et sans moyens coercitifs, se plie aux intérêts nationaux, sacrifiant les droits fondamentaux au nom de la sécurité et du contrôle migratoire.

Dans le cadre des mobilisations contre le World Economic Forum (WEF), le Secours Rouge Genève et Ligne Rouge organisent un week-end de conférences à Genève les 9 et 10 janvier, suivi d’une manifestation nationale et unitaire à Berne le 17 janvier. Créé en 1971 par l’économiste Klaus Schwab pour diffuser les doctrines de management américaines auprès des grandes entreprises européennes, le WEF s’est rapidement imposé comme un lieu de rencontre entre chefs d’État et dirigeants capitalistes pour consolider l’ordre économique mondial. Chaque année, les forces de la gauche révolutionnaire s’organisent pour le dénoncer et le combattre.

Le programme complet

Un document interne de la police antiterroriste britannique suggère que de nombreux manifestants arrêtés après l’interdiction de Palestine Action l’ont été à tort. Daté du 28 août 2025, ce guide tactique de sept pages précisait que des actions comme brandir un dessin de Private Eye ou tenir des pancartes avec des messages tels que « Genocide in Palestine, Time to Take Action » ne devaient pas constituer un motif d’arrestation (voir notre article). D’autres formes de protestation, comme afficher des slogans Palestine Action à domicile ou porter des t-shirts humoristiques, étaient également jugées acceptables. Pourtant, depuis l’interdiction du groupe en juillet (voir notre article), plus de 2 000 personnes ont été arrêtées pour soutien présumé au groupe, dont certaines selon le guide n’auraient pas dû l’être. Ce document, jusqu’ici tenu secret et obtenu via une procédure judiciaire, révèle la confusion des forces de l’ordre et souligne le manque de transparence du gouvernement sur l’application de l’interdiction.

Près de trois mois après le placement en détention provisoire des Ulm 5, cinq personnes poursuivies pour une action visant une usine d’armement d’Elbit Systems, plusieurs rassemblements de solidarité ont eu lieu les 30 et 31 décembre devant les différents établissements pénitentiaires où elles sont incarcérées (voir notre article). Portées depuis Berlin avec le soutien de collectifs locaux, ces mobilisations se sont déployées sur deux jours devant cinq prisons, dans le but de dénoncer le rôle d’Elbit Systems dans l’industrie de l’armement et de rompre l’isolement carcéral. Elles s’inscrivent dans un mouvement plus large de soutien aux prisonniers politiques et de dénonciation de la répression des luttes internationalistes, avec également des expressions de solidarité envers Daniela Klette, des antifascistes poursuivis et plusieurs militants kurdes emprisonnés.

A l’occasion du réveillon du 31 décembre 2025, des centaines de personnes se sont rassemblées devant la prison de Pentonville, sur Caledonian Road à Londres, pour soutenir les détenus pro-palestiniens en grève de la faim qui poursuivent leur mobilisation à l’entrée de la nouvelle année. La police a été déployée en nombre et a empêché à deux reprises les manifestants de marcher, avant de les repousser vers l’enceinte de la prison. Selon plusieurs témoignages, des arrestations ont eu lieu et des protestataires ont été encerclés par la police devant les grilles de la prison jusque tard dans la nuit.

Les grévistes de la faim ont entamé leur mouvement depuis plusieurs semaines : Heba Muraisi en est à son 62ᵉ jour, Teuta Hoxha à son 56ᵉ jour et Kamran Ahmed à son 55ᵉ jour de grève de la faim, poursuivant leur action malgré l’aggravation des risques pour leur santé. Ils se mobilisent pour exiger que le Royaume-Uni rompe ses liens avec le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems, mette fin à l’interdiction de Palestine Action, garantisse la libération sous caution immédiate des 33 prisonniers britanniques pour leur engagement pro-palestinien et la fin de la censure en détention.