Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le tribunal administratif de Paris a suspendu en référé, le 6 janvier 2026, la révocation de Majdouline B., infirmière à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière licenciée en novembre 2025 pour avoir refusé d’ôter son calot chirurgical porté quotidiennement hors des zones où il est prescrit. Si le juge a reconnu l’existence d’une faute disciplinaire liée au refus répété d’obéir à sa hiérarchie, il a estimé que la sanction de révocation pouvait être disproportionnée dans l’attente d’un jugement au fond. À la suite de cette décision, l’AP-HP s’est engagée à revoir la sanction afin d’en garantir la proportionnalité. Soutenue par des collègues et des syndicats, l’infirmière, en poste depuis 2018, s’est dite soulagée et souhaite retrouver son statut de fonctionnaire, tandis que ses soutiens dénoncent une « chasse aux bouts de tissu » visant des soignantes, dans une affaire où l’islamophobie était largement mobilisée.

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Disparus le 25 décembre 2005 à Bojador, quinze jeunes Sahraouis âgés de 17 à 30 ans ont disparu après leur participation à l’Intifada de l’Indépendance, un mouvement de mobilisation populaire sahraoui lancé en 2005 dans les territoires occupés pour revendiquer le droit à l’autodétermination, le respect des droits humains et la fin de l’occupation marocaine, et violemment réprimé par les autorités. Vingt ans plus tard, leurs familles accusent l’État marocain d’enlèvement et affirment qu’ils seraient détenus dans des prisons secrètes, rejetant la version officielle évoquant leur mort lors d’une tentative de migration vers les Canaries, jamais étayée par des preuves scientifiques indépendantes. Malgré la mobilisation du Comité des mères des quinze, la saisine d’instances internationales dont le Comité de l’ONU contre les disparitions forcées et de nombreuses actions de protestation marquées par la répression, le harcèlement et les menaces, aucune enquête crédible n’a été menée. Les familles dénoncent une politique persistante de déni et d’impunité et appellent la communauté internationale à ouvrir une enquête indépendante, rappelant que cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de violations graves des droits humains au Sahara Occidental occupé, où des centaines de Sahraouis restent portés disparus depuis 1975.

Deux personnes ont été blessées par balles le 8 janvier 2026 à Portland lors d’une intervention d’agents fédéraux de la police aux frontières. Les autorités fédérales affirment que les occupants d’un véhicule auraient tenté de percuter les agents, qui ont alors ouvert le feu, blessant un homme et une femme dont l’état reste inconnu. L’incident, faisant l’objet d’une enquête, survient au lendemain de la mort d’une femme tuée par un agent de l’immigration à Minneapolis (voir notre article), un événement qui a provoqué des manifestations et ravivé la mobilisation contre l’ICE (Service de l’immigration et des douanes des États-Unis) et ses méthodes.

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Depuis mardi 6 janvier, les quartiers de Şêxmeqsûd (Cheikh Maqsoud) et Eşrefiyê (Achrafieh) subissent les attaques de groupes affiliés au gouvernement de transition syrien (voir notre article). Ce jeudi 8 janvier, ces forces ont intensifié les bombardements sur la zone avec des drones et de l’artillerie lourde. En deux jours, 11 personnes ont été tuées et plus de 60 ont été blessées.

Des manifestations se sont organisées et continuent à s’organiser dans différentes villes d’Europe depuis le début de l’attaque. Un rassemblement se tiendra à Bruxelles le vendredi 9 janvier à 15h devant la gare centrale. Le samedi 10 janvier, la grande manifestation « Justice & Vérité » se tiendra à Paris pour les militant·es kurdes assassiné·es à Paris en 2013 et 2022 (voir notre article).

Le 31 décembre 2025, un détenu du centre pénitentiaire Camp-Est à Nouméa s’est évadé lors d’une extraction médicale au Médipôle de Dumbéa, où il devait passer un examen radiologique pour une douleur au pied. L’homme a pris la fuite à son arrivée, malgré la présence de trois agents d’accompagnement, et aucune entrave n’avait été posée en raison de sa blessure. Cette évasion fait suite à des incidents survenus quelques jours plus tôt, le 25 décembre, où des dégradations avaient été constatées dans plusieurs cellules lors de tentatives d’évasion.

Selon Diosdado Cabello, le ministre de l’Intérieur du Venezuela, l’opération menée par les États‑Unis qui a abouti au kidnapping du président Nicolás Maduro et de son épouse aurait fait environ 100 morts, incluant des membres des forces de sécurité et d’autres personnes présentes lors de l’assaut. D’après Caracas, une grande part des agents chargés de la protection de Maduro ont été tués « à bout portant » et des ressortissants cubains présents au Venezuela figurent également parmi les victimes, tandis que Maduro et son épouse ont été blessés au cours de l’opération. Le gouvernement intérimaire a instauré une semaine de deuil national en hommage aux militaires tombés lors de cette intervention.

En Turquie, la répression judiciaire visant les avocats engagés se poursuit. Le 5 janvier dernier, l’avocat du Halkın Hukuk Bürosu (Bureau juridique du peuple) et prisonnier politique Aytaç Ünsal a entamé une grève de la faim d’une semaine. Celle-ci vise à dénoncer deux décisions emblématiques de cette politique répressive : l’incarcération de l’avocat Naim Eminoğlu et le blocage de la libération de Selçuk Kozağaçlı, pourtant éligible à une remise en liberté, empêchée par une décision arbitraire du conseil administratif et de surveillance. À travers cette action, Aytaç Ünsal dénonce l’acharnement des autorités contre les avocats qui défendent les opposants politiques.

Une journée de solidarité est organisée le 24 janvier à Txiberrin (Urduliz) en soutien aux personnes de la ville de Berango poursuivies en justice pour leur engagement en faveur de l’accueil et de la solidarité aux personnes migrantes criminalisées.  Cette mobilisation entend dénoncer la répression judiciaire visant des initiatives locales d’entraide et défendre le droit à l’accueil. La journée prévoit une chaîne humaine, des prises de parole, un repas populaire et des concerts, et s’inscrit dans une campagne plus large en faveur de l’amnistie et de la défense des droits civils et politiques face à la criminalisation des mouvements solidaires au Pays Basque.

Dossier(s): Pays-Basque Tags:

Depuis le 1er janvier 2026, un amendement du Code pénal tchèque assimile explicitement la propagande communiste à la propagande nazie, interdisant toute promotion publique de ces idéologies, y compris l’usage de symboles tels que l’étoile rouge ou le marteau et la faucille, et prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. La mesure est toutefois critiquée par plusieurs universitaires et politologues, qui estiment que le communisme constitue un courant idéologique pluriel, distinct par nature du nazisme, et que cette assimilation dénature l’histoire et criminalise un courant politique et idéologique hétérogène. L’impact concret de cette réforme reste incertain, aucune condamnation pour propagande communiste n’ayant été prononcée depuis 1989.

Le Conseil d’État a rendu un avis critique sur l’avant-projet de loi porté par le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR), qui prévoit la possibilité pour le gouvernement d’interdire administrativement des associations ou groupements considérés comme « une menace grave pour la sécurité nationale ». Dans son avis du 31 décembre, la haute juridiction pointe des notions jugées trop vagues (« extrémisme violent », « promotion active », « infiltration »). Le Conseil d’État rappelle notamment que la dissolution définitive d’organisations relève de la justice et ne peut être décidée par le seul exécutif. Le projet mentionne explicitement le réseau de soutien aux prisonniers palestiniens Samidoun et a suscité de vives critiques y compris dans la majorité gouvernementale. Il devrait être amendé, le gouvernement ayant annoncé vouloir en revoir certains aspects sans renoncer à l’objectif d’un dispositif d’intervention rapide.