Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Du 10 au 17 décembre 2025, la Chine et Singapour ont mené l’exercice militaire conjoint Cooperation 2025, axé sur les opérations antiterroristes urbaines, au cours duquel les forces des deux pays ont déployé des drones et des robots loups dans des entraînements coordonnés. Cet entraînement illustre l’intégration accrue des technologies sans pilote dans les combats urbains et témoigne de l’investissement continu dans l’innovation militaire de la part de Pékin et Singapour.

Samedi 27 décembre, une marche était organisée jusqu’à la prison de Zaballa, en Álava, pour dénoncer la situation des prisonniers politiques basques et appeler à intensifier la lutte pour l’amnistie globale. Des dizaines de personnes ont participé, sous une forte surveillance policière : tous les manifestants ont été fouillés individuellement, la mobilisation a été filmée et contrôlée par drone et hélicoptère, et les autorités ont imposé des contrôles stricts tout au long du parcours. Les organisateurs dénoncent une tentative de criminalisation du réseau de solidarité, évoquant des amendes pouvant atteindre 153 600 euros pour les mobilisations devant les prisons, et affirment que ces mesures visent à affaiblir le mouvement basque.

L’ICE avait prévu une rafle massive le samedi 29 novembre sur Canal Street. Dans la semaine avant la rafle, des activités groupes communautaires et nombreux groupes anti-ICE ont été informés de ce projet. La plupart de ces groupes utilisent des méthodes d’organisation autonomes/décentralisées, organisées par secteur géographique, avec un effort à l’échelle de la ville pour coordonner le partage des ressources (données sur les plaques d’immatriculation, etc.) et le partage des informations sur les rafles de l’ICE. Ce samedi là, des groupes d’activistes ont mis en garde les personnes menacées (notamment les vendeurs·euses ambulant·es) près de Canal Street. Puis de nombreuses personnes ont commencé à se rassembler devant un garage appartenant au gouvernement, où les agents de l’ICE se préparaient.

Quand l’ICE a ouvert la porte du garage pour évaluer la situation, la foule a commencé à scander « ICE hors de New York ». Des barricades légères ont commencé à apparaître derrière les premiers rangs de la foule. Les policiers de la ville (NYPD) ont commencé à s’interposer entre les agents de l’ICE et la foule qui accumulait du matériel de blocage (poubelles, palettes, etc.). Les agents de l’ICE sont restés piégés à l’intérieur du garage de 10h jusqu’en début d’après-midi. Pendant ce temps, le NYPD a fait plusieurs interpellations et disposé des grillages antiémeutes. Quand les voitures ont enfin commencé à sortir du garage, plusieurs personnes courageuses ont courru pour sauter devant le convoi. Cela l’a ralenti suffisamment pour que d’autres personnes puissent placer des objets en travers de la route. Le convoi, protégé par les policiers anti-émeutes du NYPD, a pu difficilement se dégager en raison des obstacles et des jets de projectiles. Finalement, une moitié du convoi est retournée au garage et l’autre moitié a quitté New-York, se dirigeant vers Jersey City. Après la fin de l’action, des groupes communautaires ont continué à surveiller le quartier de  Canal Street, au cas où l’ICE auraient essayé de revenir, et des groupes anti-ICE ont patrouillé le reste de la journée et le lendemain. Le NYPD a fait une dizaine d’arrestations, tout au long de la journée, et a accusé deux de ces personnes de violences contre des policiers. Plus de détails ici

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A l’occasion de la Conférence internationale de soutien aux prisonniers politiques organisée à Paris par la Plateforme Voix des Prisonniers, le prisonnier anarchiste Nikos Maziotis a adressé un message de salutations aux 300 participants venant de 18 pays (lire en intégralité).

[…] Dans cette guerre sociale et cette lutte de classes, le système international de domination actuel, l’État et le Capital, ne se contente pas de nous éliminer physiquement ou de nous emprisonner. Il exige que nous renoncions à notre identité politique, à notre lutte, à notre organisation, aux choix de confrontation que nous avons faits, à la révolution, à la lutte armée. Il exige que nous reconnaissions être des criminels, des terroristes et des éléments antisociaux, alors que ce sont précisément là les caractéristiques propres du système qu’il incarne. Notre devoir, en tant que prisonniers/prisonnières politiques, est donc de rester fidèles et cohérents avec les choix de lutte que nous avons faits. C’est là notre victoire morale et politique face aux criminels étatiques et capitalistes et à leurs appareils. Aucune révision, donc. Aucune repentance pour nos choix. […]

Détenus depuis plusieurs semaines pour avoir protesté contre la mort d’enfants et les accidents du travail dans des centres de formation (voir notre article), seize jeunes membres du Parti des travailleurs de Turquie (TİP) ont été libérés le 26 décembre dernier des prisons de Bakırköy et Silivri. Après leur sortie, les porte-paroles du TİP ont dénoncé l’injustice de leur détention, affirmant que leur lutte pour la protection des enfants et contre les conditions de travail dangereuses continue, et qu’ils poursuivront leurs actions jusqu’à la fermeture de ces centres et la démission des responsables concernés.

Le même jour, l’activiste Ozan Deniz Ödemiş a été libéré. Membre des Gençlik Komiteleri (Comités de jeunesse, en turc), il avait été arrêté et détenu le 23 décembre dernier pour « insulte au président » (voir notre article). Suite à cette annonce, son organisation a réagi en affirmant :  « Nous briserons les attaques et le blocus imposés à la jeunesse et nous libérerons tous les prisonniers révolutionnaires ».

Pour le réveillon 2025 à Bruxelles, les six zones de police de la capitale, sous un commandement unifié dirigé par Michel Goovaerts, déploieront des moyens supplémentaires, en coordination avec la police fédérale, les pompiers, les services de secours et les transports publics. Cette décision fait suite aux incidents de l’année précédente, qui avaient entraîné 159 arrestations, des interventions pour des incendies de véhicules et des dégradations de bus et trams. Des mesures ciblées incluent l’assignation à résidence de six personnes et l’analyse systématique des alertes incendie pour déterminer la nécessité d’escortes policières.

Lowkey est un rappeur et activiste britannique‑irakien connu pour son engagement politique à travers sa musique. Régulièrement, il est la cible du lobby pro-israélien qui tente de censurer ses sons et productions. En featuring avec Mai Khalil, il a sorti un morceau de musique le 26 décembre dernier en soutien aux 33 prisonniers pro-palestiniens actuellement détenus au Royaume-Uni. Plusieurs d’entre eux sont toujours en grève de la faim pour dénoncer leur détention provisoire ainsi que la complicité des autorités britanniques avec le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems (voir notre article).

Arrêté le 14 décembre 2025 et placé en détention préventive, le dirigeant du Parti socialiste des travailleurs (PST) et activiste Lyes Touati fait l’objet de poursuites après une publication Facebook critiquant ironiquement le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), une organisation sécessionniste et pro-sioniste interdite en Algérie. Accusé à tort d’y appartenir, il risque jusqu’à dix ans de prison, dans un contexte de répression accrue contre les militants depuis le Hirak de 2019. Déjà ciblé par un harcèlement judiciaire et policier et condamné par le passé à six mois de prison ferme sans incarcération effective (voir notre article), Lyes Touati est aujourd’hui au cœur d’une large campagne de solidarité internationale lancée fin décembre 2025, réclamant sa libération et l’abandon des poursuites.

Le 9 décembre 2025, la publication d’un poème de Pablo Hasél, « Quand les rues ne seront plus appelées injustice », extrait du recueil L’Art de résister, a remis en lumière son œuvre politique et poétique. Écrit en prison, le texte projette une société future libérée de la misère et de l’oppression, où l’espace urbain devient symbole de justice sociale et de mémoire révolutionnaire. Ce poème rappelle la détention de Pablo Hasel lui-même, rappeur antifasciste et communiste condamné à plusieurs années de prison en 2021 pour « apologie du terrorisme ».

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Le 25 décembre 2025, le tribunal de première instance de Sefrou a condamné le rappeur marocain Pause Flow (Jawad Asradi) à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 2.000 dirhams pour outrage à une instance organisée et à des fonctionnaires publics. Interpellé le 18 novembre 2025, ces accusations sont en lien avec plusieurs chansons publiées au cours des huit dernières années.

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