Un second échange international antimilitariste s’est tenu à Hambourg en novembre 2025, réunissant des militants de plusieurs pays pour réfléchir aux luttes contre la militarisation et le service militaire. Vendredi 21 novembre, cinq militant·e·s anarchistes arrivant de Milan ont été arrêtés par la police fédérale allemande dès leur sortie de l’avion à l’aéroport de Hambourg. Ils ont été contrôlés, interrogés sur la rencontre et sur leurs activités anarchistes. Face à leur refus de coopérer, et après plusieurs heures, il leur a été notifié qu’ils seraient refoulés. Après avoir passé la nuit au poste de police, la police fédérale a modifié leur réservation de vol pour le lendemain matin. Leurs documents ont été remis au pilote et ils ont été renvoyés en Italie, où ils ont été accueillis par la police italienne et relâchés. Les documents remis aux militants justifiaient leur interpellation par leur échange contre un service militaire et leur rejet du militarisme au cours de l’année précédente.

Les forces armées allemandes, notamment le Bataillon de la garde de la Bundeswehr habituellement dédié aux cérémonies, ont lancé un exercice de cinq jours dans le métro de Berlin pour s’entraîner à des scénarios de combat urbain, simulant une attaque souterraine menée par une force étrangère. Ce choix s’explique par la configuration de la capitale, avec ses rues étroites et ses immeubles élevés, qui imposent une préparation spécifique en cas de déploiement rapide. Les entraînements, centrés sur des échanges de tirs dans les tunnels et la protection du gouvernement fédéral en situation de crise, incluent aussi l’extraction de blessés dans des conditions réalistes. L’armée allemande justifie par ailleurs cet entraînement renforcé par la nécessité d’améliorer sa préparation défensive depuis l’invasion russe de l’Ukraine.

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Après un nouveau report, le grand procès de Dresde contre sept militant·es antifascistes s’ouvre le 25 novembre 2025 devant la Cour régionale supérieure. L’affaire combine deux volets majeurs de la répression actuelle : d’une part, des accusations liées au « complexe de Budapest », après des affrontements ayant blessé des néonazis en marge d’un rassemblement fasciste à Budapest en janvier 2023, qui ont déjà conduit à une chasse internationale et à de lourdes condamnations, comme celle de la militante Hanna à cinq ans de prison (voir notre article). D’autre part, les prévenus sont accusés d’agressions dans plusieurs villes de Saxe et de Thuringe. Au cœur du dossier se trouve l’utilisation de l’article 129 du code pénal allemand sur la « criminalité organisée », instrument régulièrement utilisé pour criminaliser la gauche révolutionnaire, auquel s’ajoutent des charges comme blessures graves, dégradations ou vol, et même des accusations de tentative de meurtre déjà rejetées dans un précédent procès. Avec 132 audiences prévues jusqu’à l’été 2027, ce procès contre Johann, Paul, Henry, Tobias, Thomas, Melissa et Julian s’annonce comme l’un des plus vastes menés contre des antifascistes depuis des décennies.

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Le procès de Daniela Klette, ex-membre présumée de la Fraction Armée Rouge (RAF), a connu un tournant inattendu lorsque le tribunal de Verden a accepté la demande du parquet d’abandonner cinq chefs d’accusation, faute de témoignages fiables après des décennies. Cette décision pourrait avancer la fin du procès au printemps 2026, alors que des audiences étaient initialement prévues jusqu’à l’automne de la même année. Depuis mars 2025, Klette est jugée pour une série d’attaques commises entre 1999 et 2016, mais l’accusation reconnaît que des témoins âgés ou malades ne peuvent plus se souvenir clairement des faits, et que leurs souvenirs sont parfois influencés par des médias ou d’autres témoignages.

Cette réduction des charges vise aussi à accélérer la procédure, car de nouvelles poursuites devraient être engagées en 2026. La justice fédérale prépare en effet un second procès, cette fois pour des actions attribuées à la RAF au début des années 1990, dont des attaques contre l’ambassade américaine à Bonn, la prison de Weiterstadt et un centre informatique de la Deutsche Bank. Ce nouveau procès est attendu à l’automne 2026.

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Le tribunal supérieur de Berlin a condamné le militant kurde Mehmet Karaca à deux ans de prison pour appartenance au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), avec sursis pendant trois ans, et l’a libéré après environ un an de détention provisoire. Le tribunal estime qu’il a occupé entre 2014 et 2024 plusieurs postes organisationnels en Allemagne au sein du PKK, mais n’a retenu qu’une partie des accusations. Le jugement affirme tenir compte du contexte politique actuel ainsi que des déclarations du PKK annonçant l’abandon de la lutte armée et plusieurs concessions importantes (voir notre article), bien que les activités de l’organisation restent interdites en Allemagne et qu’elle figure toujours sur la liste européenne des organisations terroristes. À sa sortie, Karaca a été accueilli par des soutiens.

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Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant la prison de Dinslaken le 15 novembre dernier pour soutenir l’antifasciste Emmi (voir notre article). Elles ont joué ses chansons préférées, transmis des messages de proches et communiqué avec certaines détenues. Emmi a entendu le rassemblement, mais n’a pas pu le voir puisqu’elle est détenue dans la partie basse de la prison. Dans les déclarations finales, ses soutiens ont appelé à sa libération et à celle de toutes les personnes incarcérées.

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La répression autour de l’affaire dite du « complexe de Budapest » se poursuit. Le 13 janvier 2026 doit s’ouvrir devant la cour d’appel de Düsseldorf un troisième procès, où six militant·es antifascistes sont accusé·es de violences contre des néonazis lors des mobilisations contre le rassemblement fasciste du « Jour de l’honneur » à Budapest en 2023. Dans le procès en cours devant la Cour régionale supérieure de Düsseldorf contre Paula, Nele, Emi, Moritz, Clara et Luca, 72 jours d’audience sont prévus à ce jour. Les six accusé·es sont en détention provisoire depuis qu’ils et elles se sont rendus volontairement aux autorités en février et mars 2025.

Depuis la mobilisation de Budapest, une chasse conjointe germano-hongroise vise les antifascistes : arrestations, menaces d’extradition et procédures multiples. Par ailleurs, les autorités tentent à nouveau de construire l’accusation de « tentative de meurtre » pour alourdir les peines. Cela fait suite à la condamnation de Hanna à cinq ans de prison, à la menace d’extradition de Zaid, à l’extradition de Maja et à un nouveau méga-procès à Dresde (voir notre article).

Suite à une action militante contre le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems à Ulm début septembre, cinq militants ont été placés en détention provisoire (voir notre article). Outre les accusations d’intrusion et de dégradation de biens, ils sont également accusés d’appartenance à une organisation criminelle. Daniel, Leandra, Vi, Walt et Zo ont été répartis dans différentes prisons du sud-ouest de l’Allemagne et subissent diverses formes de harcèlement. Afin de les soutenir, le Rote Hilfe Stuttgart organise une campagne pour leur écrire et leur distribuer leurs courriers.

Nom des prisonniers : Daniel (iel/aucun pronom, écrire en anglais), Leandra (elle, écrire en anglais/espagnol), Vi (iel/aucun pronom, écrire en allemand/anglais), Walt (iel/aucun pronom, écrire en anglais) et Zo (iel/aucun pronom, écrire en anglais)

Adresse : Rote Hilfe eV · Böblinger Straße 105 · 70199 Stuttgart

Mercredi 12 novembre, un rassemblement était organisé place du Châtelet à Paris pour soutenir l’antifasciste Zaid qui s’est récemment réfugié en France (voir notre article). Au même moment se tenait une audience devant la Cour d’Appel de Paris concernant la demande d’extradition des autorités hongroises contre ce militant accusé d’avoir participé à une mobilisation antifasciste en janvier 2023 à Budapest. Le parquet a déclaré ne pas avoir eu le temps d’étudier les documents fournis par les avocats de Zaid, ni préparé ses arguments. Le dossier a donc été renvoyé au 14 janvier prochain.

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Le musicien kurde Şerif Oğur a été arrêté à Olpe, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à la suite d’une demande d’extradition de la Turquie. Selon sa famille, il a été interpellé le 5 novembre lors d’un rendez-vous au bureau de l’immigration, puis remis à la police. Réfugié en Allemagne depuis 2019 pour des raisons politiques, il est connu pour ses activités artistiques au sein d’un centre culturel kurde. Sa famille redoute une incarcération s’il est renvoyé en Turquie, en raison de son engagement dans le mouvement kurde. Les autorités turques ont multiplié ces dernières années les demandes d’extradition visant des opposants politiques, journalistes et artistes en exil.

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