Des collectifs anarchistes appellent à une mobilisation internationale en soutien à Alfredo Cospito, militant emprisonné depuis 2012 et actuellement détenu sous le régime italien de haute sécurité « 41 bis ». Ce régime compte aujourd’hui plus de 700 détenus, dont des révolutionnaires comme des membres des BR-PCC (voir notre article). Le mandat de quatre ans d’Alfredo sous le régime 41 bis expire en mai 2026. Avant de signer le renouvellement, le ministre de la Justice consultera les services antimafia et antiterroriste. Ses soutiens appellent à se mobiliser pour éviter un renouvellement.

Condamné à 23 ans dans le cadre du procès « Scripta Manent », Cospito avait entamé en 2022 une grève de la faim de six mois pour dénoncer ce régime d’isolement. Malgré une forte mobilisation, ses revendications n’ont pas été satisfaites, mais la Cour constitutionnelle lui a permis d’éviter la perpétuité incompressible.  Alors que plusieurs pays, comme la France, s’inspirent du modèle 41 bis (voir notre article), ses soutiens appellent à se mobiliser en soutien à Cospito comme partie intégrante de la lutte contre les politiques carcérales en Europe (voir ici).

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Un second échange international antimilitariste s’est tenu à Hambourg en novembre 2025, réunissant des militants de plusieurs pays pour réfléchir aux luttes contre la militarisation et le service militaire. Vendredi 21 novembre, cinq militant·e·s anarchistes arrivant de Milan ont été arrêtés par la police fédérale allemande dès leur sortie de l’avion à l’aéroport de Hambourg. Ils ont été contrôlés, interrogés sur la rencontre et sur leurs activités anarchistes. Face à leur refus de coopérer, et après plusieurs heures, il leur a été notifié qu’ils seraient refoulés. Après avoir passé la nuit au poste de police, la police fédérale a modifié leur réservation de vol pour le lendemain matin. Leurs documents ont été remis au pilote et ils ont été renvoyés en Italie, où ils ont été accueillis par la police italienne et relâchés. Les documents remis aux militants justifiaient leur interpellation par leur échange contre un service militaire et leur rejet du militarisme au cours de l’année précédente.

Le 18 novembre 2025, les huit détenus anarchistes inculpés dans l’affaire dite de « l’Étoile du chaos » ont comparu pour la première fois devant un tribunal le 18 novembre 2025. Ils ont donc été transférés au centre de détention du parquet. Accusés d’avoir jeté des pierres sur des policiers et causé quelque 2 milliards de roupies de dégâts lors de la manifestation du 30 août (voir notre article), ils sont poursuivis pour violences publiques, résistance collective et dégradations au titre des articles 170, 214 et 406 du code pénal. Les huit — Muhamad Subhan, Eli Yana, Muhamad Vansa Alfarisi, Muhamad Rifa Aditya, Veri Kurniawan Kusuma, Joy Erlando Pandiangan, Muhamad Jalaludin Mukhlis et Jatnika Alang Ramdani Septiawan — affirment avoir été torturés afin de les contraindre à avouer.

Pour leur écrire en anglais ou en indonésien : [Nom] · JI. Jakarta n°42-44 · Kebonwaru, Kec. Batununggal · Kota Bandung, Jawa Barat · Indonésie

Depuis la prison de Trente, l’anarchiste italien Massimo Passamani a annoncé qu’il renonçait volontairement pendant une semaine à sa permission de sortie pour travailler. Un geste destiné à exprimer sa solidarité avec les membres de Palestine Action détenus au Royaume-Uni, actuellement en grève de la faim, ainsi qu’avec Luca Dolce, lui aussi engagé dans cette lutte collective (voir notre article). Passamani explique que cette décision n’est pas adressée à l’administration pénitentiaire, mais à toutes celles et ceux qui, dans le monde, se mobilisent contre le génocide du peuple palestinien. Dans une déclaration (lire en entier), il évoque la force qu’il puise dans les luttes menées par les prisonniers palestiniens et les militants incarcérés en Grande-Bretagne, soumis à une répression féroce.

[…] La force qui me parvient depuis les prisons britanniques — et qui reflète à son tour la ténacité de cette résistance que les prisons sionistes et les centres de détention administrative ne parviennent pas à briser, malgré l’isolement, la torture et les viols — prend non seulement la forme d’une communauté d’éthique et d’idéaux, mais aussi celle de l’intensité des émotions que je ressens en lisant les déclarations des grévistes de la faim.

Je suis convaincu, parce que je le sens dans chaque fibre de mon être : l’élan mondial contre le génocide à Gaza et contre le système global qui le rend possible est un nouveau départ, un commencement.

En plus de ce qui s’est passé dans les rues, dans les ports, dans les universités ; en plus des sabotages menés jour et nuit, les protestations qui relient les prisonniers par-delà les barreaux, les pays et les continents en sont également un signe important.

Avant tout parce que la relation qui se tisse entre « dedans » et « dehors » est une relation de réciprocité et de circularité, et non un simple soutien allant de « l’extérieur » vers « l’intérieur ». Le fait que la fermeture de tous les établissements d’Elbit Systems au Royaume-Uni fasse partie des revendications des Prisoners for Palestine montre la volonté de ne pas séparer son propre destin de la libération de la Palestine — un objectif qui exige rien de moins que la subversion mondiale des rapports de pouvoir et d’exploitation, dont le colonialisme de peuplement sioniste est un élément essentiel. […]

L’Anarchist Black Cross de New York City vient de publier une nouvelle édition, en anglais, de son « Guide illustré des prisonniers politiques et des prisonniers de guerre » (disponible en cliquant ici). On y trouve de courtes biographies, des photos et des mises à jour d’adresses concernant des prisonniers issus des mouvements africains-américains, antifascistes, antispécistes ainsi que des luttes autochtones aux États-Unis.

Le Conseil du tribunal correctionnel d’Athènes a décidé de prolonger de six mois la détention provisoire du militant anarchiste Nikos Romanos et des autres accusés dans l’affaire de l’explosion d’Ampelokipi (voir notre article). Alors que le procureur avait proposé de remplacer la détention provisoire par une assignation à résidence et un bracelet électronique, le Conseil des tribunaux correctionnels a décidé de rejeter la proposition et de prolonger sa détention.

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Ilya Shakursky a été transféré dans la prison de Penza le 28 octobre dernier. Le 29 octobre, il a été placé à l’isolement pendant sept jours, et le 5 novembre, sa peine a été prolongée de 14 jours supplémentaires. Militant anarchiste et antifasciste, il a été arrêté dans le cadre de l’affaire dite Network Case lancée en Russie en 2017, visant un groupe d’activistes accusés par le FSB d’avoir formé une « organisation terroriste ». Le 10 février 2020, Shakursky était condamné à 16 ans de prison (voir notre article).

Le 31 octobre à partir de 5h40 du matin, une opération policière à grande échelle a visé des structures anarchistes dans la ville crétoise d’Héraklion. Le squat Evangelismos ainsi que des appartements privés ont été pris d’assaut par les forces spéciales et plusieurs personnes ont été arrêtées. L’attaque d’État fait suite à une action menée par des anarchistes contre le ministre grec récemment démissionnaire du parti Nouvelle Démocratie au pouvoir, Makis Voridis. Il y a quelques jours, il a été débusqué dans un restaurant d’Héraklion et forcé à fuir. En conséquence, le parti au pouvoir a annoncé des représailles. Makis Voridis a un passé de fasciste, des liens avec l’ancienne junte, et est connu pour sa politique extrêmement xénophobe et favorable à Israël en tant que ministre de la Migration et de l’Asile ces dernières années. Il a dû démissionner dans le cadre d’une affaire de corruption.

Le squat Evangelismo à Heraklion (archive)

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Le 29 mai 2024, l’Initiative des étudiants anarchistes d’Athènes a mené une campagne de contre-information dans toutes les universités athéniennes concernant la coopération des universités grecques avec des entreprises impliquées dans le génocide en Palestine. Le lendemain, des policiers lourdement armés ont arrêté un militant à quelques rues de son domicile. Les seules preuves présentes dans le dossier étaient quatre photos floues prises avec son téléphone portable par le doyen de la faculté de génie électrique, Panagiotis Tsanakas. Ces photos montrent deux personnes au visage dissimulé, taguant des slogans comme « Free Palestine ». Le 31 octobre dernier, l’audience de première instance pour dégradation de biens publics et refus de se soumettre à la prise d’empreintes digitale se tenait. Le jeune homme a été condamné à 14 mois de prison ferme, assortis d’un sursis jusqu’à l’appel.

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Ces dernières semaines, l’état de santé de Jorge Esquivel s’est détérioré, à cause d’une politique de négligence médicale de l’administration de la prison Reclusorio Sur dans la ville de Mexico. Militant actif dans le milieu des squats de Mexico et arrêté le 8 décembre 2022, il a été condamné à sept ans et demi de prison en juin 2024. Depuis, il n’a pas reçu de traitement pour améliorer son état de santé qui est fragilisé en raison de graves problèmes gastro-intestinaux et d’une intervention chirurgicale.

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