Au 16 février 2026, la surincarcération carcérale en Belgique s’aggrave avec 609 détenus contraints de dormir à même le sol, soit 43 de plus qu’une semaine auparavant. La situation touche principalement la Flandre (322 cas répartis dans dix établissements), notamment à Anvers, Gand et Hasselt, tandis que 181 personnes sont concernées en Wallonie, surtout à Mons, Marche-en-Famenne et Leuze-en-Hainaut. À Bruxelles, la prison de Haren compte à elle seule 104 détenus dormant par terre.
Le 11 février 2026, le tribunal administratif de première instance d’Héraklion, en Crète, a ordonné la libération de Mohammed Khatib, coordinateur européen de Samidoun, et son « auto-expulsion » vers la Belgique dans les prochains jours. Détenu depuis le 7 février dans des conditions particulièrement insalubres, il faisait face à une campagne de pression visant à le maintenir en détention. Son interdiction de territoire grec reste en vigueur, apparemment à la demande de l’État d’Israël, et il prévoit de contester cette mesure sur le plan juridique et politique. Dans une déclaration publiée le soir-même, le militant palestinien a affirmé : « Je suis libre, après cinq jours de détention dans ce qu’ils appellent des « centres fermés ». Mais ce ne sont en réalité que des laboratoires de torture et d’humiliation où des dizaines de mineurs, de jeunes, de personnes âgées, de réfugiés, de migrants et de Grecs précaires subissent les mêmes conditions inhumaines. Je vous remercie de votre solidarité et de votre soutien, mais n’oublions pas celles et ceux qui sont laissés derrière les barreaux, privés de droits et de justice. Ces abus et tortures systémiques en Grèce rappellent les méthodes employées par l’État sioniste contre le peuple palestinien, et celles utilisées par les puissances coloniales à travers le monde. »
Son placement en détention avait suscité une vague de solidarité dans plusieurs pays européens. En France, plus de 70 organisations, dont le Secours Rouge Toulouse, Urgence Palestine, Guerre à la guerre et Samidoun, ont co-signé une déclaration de soutien (voir ici). À Athènes et Héraklion, plusieurs initiatives solidaires ont été organisées pour exiger sa libération et dénoncer la complicité de l’État grec avec Israël. À Bruxelles, un rassemblement a eu lieu le 11 février devant l’ambassade de Grèce, rassemblant des dizaines de personnes. Une délégation du Secours Rouge de Belgique y était présente avec une banderole « Liberté et asile pour Mohammed Khatib » et a également pris la parole.
La chambre du conseil de Bruxelles a reporté au 14 avril l’examen du dossier lié au décès dans la cellule d’un commissariat de Sourour Abouda, morte le 12 janvier 2023. D’ici là, les parties doivent remettre leurs conclusions concernant l’identification des policiers impliqués (au moins sept selon la partie civile). Le parquet demande de son côté le renvoi de la seule zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles devant le tribunal correctionnel pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution. La décision sur un éventuel renvoi en correctionnelle interviendra après examen des conclusions.
Neuf personnes qui auraient participé à la manifestation du 18 septembre 2025 contre la venue de Georges-Louis Bouchez à l’Université de Liège ont été inculpées après des perquisitions matinales, des saisies de matériel et des auditions fondées notamment sur l’analyse de vidéos. Elles sont poursuivies pour association de malfaiteurs, rébellion en groupe, coups et blessures et incitation à la haine, certaines ayant été libérées sous conditions strictes.
Le Front antifasciste de Liège affirme que les opérations ont visé des étudiants, jeunes et militants soupçonnés d’avoir participé à un rassemblement marqué par blocages, bousculades et jets de fruits pourris, dénonçant une tentative d’intimidation politique du mouvement social. La manifestation avait rassemblé environ 400 personnes et donné lieu à des altercations et plusieurs blessés.
Le 7 janvier 2026, Mohammed Khatib a été arrêté à l’aéroport d’Héraklion, en Crète, alors qu’il se rendait à une conférence pour intervenir sur la situation des prisonniers palestiniens. Les autorités grecques ont annoncé qu’il serait expulsé vers la Belgique, depuis il est toujours emprisonné (voir notre article). Cette détention s’inscrit dans un contexte de répression croissante contre les militants palestiniens en Europe, utilisant leur statut de réfugié et la menace de leur révocation comme outils de coercition et de censure. Un appel à la mobilisation a été lancé pour se rassembler ce mercredi 11 février à 16H30 devant l’ambassade de Grèce à Bruxelles (10 rue des Petits Carmes, 1000 Brussels) pour dénoncer la répression des soutiens à la résistance palestinienne, condamner la complicité des puissances occidentales dans le génocide en cours en Palestine et exiger la libération immédiate de Mohammed Khatib.
À la suite de l’immolation d’un jeune à Anderlecht, le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) propose que chaque zone de police dispose d’inspecteurs spécialisés jeunesse, alors qu’environ 75% en sont actuellement dotées. Ces policiers sont chargés du suivi des mineurs, des contacts avec les écoles, les familles et les services sociaux, ainsi que de l’accompagnement des jeunes impliqués comme victimes ou auteurs dans des procédures judiciaires.
Le lieutenant-général Thierry Esser, responsable des ressources humaines de l’armée belge, a déclaré qu’un rétablissement de la conscription devait être envisagé comme « plan B » en cas d’échec des efforts de recrutement, présentés comme la priorité actuelle. Suspendu depuis 1993 et absent de l’accord de coalition du gouvernement, le service militaire obligatoire refait néanmoins surface dans le débat public alors que les dépenses militaires augmentent et que plusieurs pays européens discutent aussi de cette option. Parallèlement, le ministre de la Défense Theo Francken pousse déjà un service militaire volontaire de 12 mois pour les jeunes.
Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) veut déployer rapidement 90 militaires dans les rues d’Anvers et de Bruxelles, sans calendrier précis pour l’instant. Environ 45 soldats seraient chargés de la protection d’institutions juives à Anvers, tandis que les autres participeraient à des patrouilles mixtes avec la police des chemins de fer à Bruxelles. Le projet, discuté depuis plusieurs mois dans le cadre de la lutte contre la violence liée à la drogue et l’insécurité urbaine, reste toutefois bloqué faute d’accord politique au sein du gouvernement fédéral, notamment sur fond de désaccords autour de la surincarcération carcérale. Selon le ministre, les protocoles administratifs seraient prêts et la mise en œuvre pourrait intervenir en deux semaines après validation politique.
Coordinateur européen du réseau Samidoun, le militant palestinien Mohammed Khatib a été arrêté le 7 février à l’aéroport d’Héraklion alors qu’il se rendait en Crète pour participer à un événement de solidarité avec la Palestine et ses prisonniers, avant d’être placé en détention en vue d’une expulsion vers la Belgique pour des motifs de « sécurité nationale ». Samidoun dénonce une escalade répressive visant la communauté palestinienne et les militants pour la Palestine en Europe, dans un contexte de rapprochement politique et économique entre la Grèce, Israël et des puissances occidentales. Le jour même, des soutiens se sont mobilisés devant le commissariat de la ville crétoise pour exiger sa libération, tandis que de nombreuses organisations ont dénoncé cette nouvelle attaque contre le militant (voir notre article).
Face à la surincarcération, la ministre de la Justice Annelies Verlinden étudie la création d’une prison flottante pouvant accueillir environ 300 à 350 détenus, potentiellement opérationnelle dès l’été 2026. Inspiré d’expériences néerlandaises et d’un ancien ponton utilisé à Gand pour des migrants, le projet reste toutefois complexe pouvant entrainer d’éventuelles adaptations législatives.