Christian Tein (photo), et d’autres responsables du mouvement indépendantiste, arrêtés suite au soulèvement kanak, vont être placé en détention provisoire en France, après leur mise en examen à Nouméa. Cette décision a été prise par un juge des libertés et de la détention (JLD), appelé à se prononcer sur le sort de Christien Tein, considéré comme le dirigeant de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), et de dix autres personnes, interpellées mercredi en même temps que lui (voir notre article). Les chefs de mise en examen n’ont pas été précisés.  Christian Tein doit être incarcéré à Mulhouse (Haut-Rhin). Une autre mise en cause, Brenda Wanabo, chargée de la communication de la CCAT, doit être placée en détention à Dijon. Mère de trois enfants, dont le plus jeune a 4 ans, cette militante va être séparée de sa famille. Quant à Frédérique Muliava, directrice de cabinet du président du Congrès de Nouvelle-Calédonie Roch Wamytan, elle doit être incarcérée à Riom, près de Clermont-Ferrand. Ces décisions interviennent six semaines après le début du soulèvement kanak.

Libéré de la prison de type L de Patnos, le militant kurde Nurettin Çelik a été accueilli en héros à Hakkari (Colemêrg) par les membres de sa famille et des représentants de divers partis politiques, notamment le Parti de l’Égalité et de la Démocratie du Peuple (DEM Parti), le Parti des Régions Démocratiques (DBP) et des sympathisants. La cérémonie de bienvenue, qui s’est tenue sur la place de la Liberté, le long de l’autoroute Hakkari-Van. Les participants ont accueilli Çelik avec enthousiasme, en lui offrant des fleurs et en allumant des feux d’artifice et des torches. Les applaudissements et les chants ont résonné en signe de soutien et de célébration.

Le prisonnier politique Nurretin Kaya est en grève de la faim depuis plus de 200 jours. Il pèse actuellement 40 kg. Cette lutte extrême (jeûne de la mort) menée par le camarade turc s’oppose à la politique de torture de l’isolement. En Turquie, il existe des prisons avec des cellules spéciales (S,R,Y) où vous n’avez aucun contact avec d’autres êtres humains, pas même avec les gardiens, qui vous parlent à travers un microphone. Vous n’avez jamais la lumière du jour et vous n’entendez aucun son. C’est la situation que vivent quotidiennement les prisonniers de la gauche révolutionnaire turque et kurde.

 

Depuis le 7 octobre, l’armée israélienne a emprisonné des milliers de Palestiniens et, faute de place dans les prisons, ils ont dû être regroupés dans des camps de concentration gérés par l’armée, dont celui de Sde Teiman. Que total, quelque 4.000 Palestiniens ont été détenus à Sde Teiman depuis le 7 octobre, quelque 1.500 d’entre eux ont été finalement libérés faute de preuve. Actuellement, un millier d’entre eux restent détenus dans le camp. Légalement, es suspects ne peuvent pas être détenus plus de 45 jours, sans aucun contrôle judiciaire. A l’issue de cette période, les détenus doivent être relâchés ou être transférés pour ceux accusés d’implication dans des « activités terroristes » vers des prisons gérées par l’administration pénitentiaire. Mais de nombreux détenus restent enfermés dans le camp au delà de ce délais.

Les témoignages d’anciens détenus mais aussi de lanceurs d’alerte israéliens relatifs au camp de Sde Teiman révèlent une politique systématique de mauvais traitements envers les prisonniers palestiniens; passage à tabac, humiliation, menottes serrées au sang 24H sur 24, etc.. Un médecin militaire a témoigné que des détenus avaient dû être amputés d’un membre à la suite de blessures causées par la manière dont ils étaient menottés. Entravé et les yeux bandés des jours durant, ils étaient nourris à la paille forcés de déféquer dans des couches. 27 détenus Sde Teiman seraient décédés de blessures ou faute de soins durant leur incarcération depuis le 7 octobre. Le nombre des témoignage et leur reprise dans les média ont amené le chef d’état-major israélien, le général Herzl Halevi, a annoncer cette semaine la création d’une commission d’enquête. On sait la politique israélienne qui consiste a ouvrir un nombre d’enquête infime par rapport aux crimes de guerre commis pour tenter préserver son image d’armée « morale », mais il est révélateur que la procureure en chef de l’armée ait révélé que la moitié des 70 enquêtes lancées par son service contre des soldats soupçonnés de mauvais traitements envers des détenus Palestiniens, concernent Sde Teiman.

Thanos Hatziangelou, membre de l’Organisation Action anarchiste (voir nos articles),  est sorti de prison le 25 mai, après avoir longuement attendu la réponse du tribunal sur sa libération conditionnelle. Les conditions restrictives qui lui ont été imposées sont l’interdiction de quitter Thessalonique, l’obligation de résider dans la maison qu’il avait déclarée, à Thessalonique, et deux pointages par mois à un poste de police.

 

La justice iranienne a condamné à six ans de prison le père d’un jeune homme exécuté l’an dernier dans une affaire liée aux manifestations de 2022, et qui avait mené une campagne pour sauver la vie de son fils. Son fils, Mohammad Mehdi Karami, avait été exécuté en janvier 2023 (voir notre article) après avoir été reconnu coupable du meurtre d’un membre de la milice répressive des Bassidji liée au Corps des Gardiens de la Révolution islamique en novembre 2022. L’Iran était alors secoué par des manifestations déclenchées par la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune femme kurde arrêtée pour avoir enfreint le code vestimentaire de la République islamique. Karami avait diffusé sur les réseaux sociaux des vidéos implorant pour que la vie de son fils soit épargnée, et après sa mort, avait publié des images montrant sa tombe et des proches du jeune homme en deuil. Il a été arrêté en août 2023. Mashallah Karami a été condamné par un tribunal révolutionnaire de Karaj, près de Téhéran, pour organisation illégale de rassemblements et collecte de dons. Son avocat  a annoncé qu’il ferait appel.

En janvier 2024, Ecevit Piroğlu avait été libéré de la prison après 32 mois d’incarcération suite à une demande d’extradition de la Turquie (voir nos articles ici et ici). Lors de cette incarcération, Ecevit Piroğlu avait suivi une grève de la faim de 136 jours. Malgré la décision de la Cour suprême serbe selon laquelle il ne peut être extradé vers la Turquie, le 12 janvier 2024, il a de nouveau été arrêté. Celui-ci a entamé en février une nouvelle grève de la faim pour dénoncer l’acharnement politique et judicaire envers lui. Cela va faire 3 ans qu’Ecevit Piroğlu est en prison. Il entame le 100ème jour de grève de la faim et son état de santé se dégrade.

Les forces de sécurité iraniennes ont arrêté au moins 14 activistes kurdes dans la ville d’Oshnavieh, dans la province d’Azerbaïdjan occidental, et dans plusieurs villages environnants au cours des derniers jours, et les ont emmenés dans un lieu non divulgué. Les arrestations de ces personnes auraient été effectuées principalement par les services de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et seraient liées à l’organisation du Newroz de cette année. Parmi les personnes arrêtées figurent Yousef Haji Khosh, Rahim Rafati, Fakhraddin Modarresi, Omid Rashid-Pak, Arman Ebrahimi, Salah Ghazi, Hesamoddin Mahmoudi, Mowloud Rousta, Hassan Rasouli, Jafar Rasouli, Mohammad Soltanpour, Ghafour Sheikh-Mohammadi, Hadi Lawa et Ako Ebrahimi. Hadi Lawa, un chanteur kurde, Ghafour Sheikh-Mohammadi, Ako Ebrahimi, Mohammad Soltanpour et Jafar Rasouli ont été arrêtés à leur domicile à Oshnavieh le 30 avril.

Le 1er mai, trois autres militants, Hesamoddin Mahmoudi, Mowloud Rousta et Hassan Rasouli ont été arrêtés dans la ville. De plus, dans la soirée du même jour, les forces de sécurité ont fait une descente au domicile de Yousef Haji Khosh, membre du Conseil central et du Comité exécutif du Front uni kurde, dans le village de Kona Ghala, et l’ont arrêté tout en le battant. Le 2 mai, Salah Ghazi a été arrêté dans le village de Gundeh Vileh à Oshnavieh, tandis qu’Arman Ebrahimi, Omid Rashid-Pak, Rahim Rafati et Fakhraddin Modarresi ont été arrêtés dans d’autres quartiers de la ville.

La cour de Cassation de juillet 2022 avait requalifié le chef d’inculpation de « massacre commun » en « massacre avec la finalité de porter atteinte à la sûreté de l’État », en ce qui concerne la double attaque explosive contre la caserne des élèves des Carabinieri de Fossano, le 2 juin 2006. La Cour d’assises d’appel de Turin devait calculer les peines pour Anna Beniamino et Alfredo Cospito. Pendant la période de la grève de la faim contre le 41-bis et la peine de perpétuité avec période de sûreté illimitée et par la suite, il y a donc eu une série d’audiences au cours desquelles le Parquet a demandé 27 ans et un mois de prison pour Anna et la réclusion à perpétuité pour Alfredo. Suite aux contradictions politiques survenues avec la grève de la faim et le développement du mouvement internationale de solidarité, le 26 juin dernier, la Cour d’assises d’appel a, enfin, établi des peines de 17 ans et 9 mois pour Anna et de 23 ans pour Alfredo. Le Parquet de Turin a encore une fois présenté un pourvoi en cassation contre cette décision dans le but d’essayer d’obtenir les plus lourdes condamnations demandées en 2022. Ce 24 avril, les condamnations à 23 ans et à 17 ans et 9 mois de prison ont été définitivement confirmées.

Makbule Özer a de nouveau été incarcérée lundi à Van après avoir été déclarée apte à l’emprisonnement par l’autorité médico-légale turque. Cette Kurde de 81 ans, originaire de la région de Van, avait été arrêtée l’année dernière avec son mari Hadi Özer pour “soutien au terrorisme”. Le couple avait été condamné à plus de deux ans de prison. Après quatre mois de détention, l’exécution de la peine de Makbule Özer avait été suspendue en septembre 2022 compte tenu des multiples problèmes de santé dont elle souffre. La dernière évaluation médico-légale, publiée vendredi, a annulé une décision antérieure qui avait reporté sa peine, entraînant sa réincarcération à Van. Makbule Özer a commenté cette décision: “Je ne peux plus marcher, mais on me ramène en prison. Je ne peux pas utiliser mes mains et mes pieds et j’ai beaucoup de maladies. Comme j’ai du mal à respirer, on me branche parfois sur un appareil à oxygène. Quand j’étais en prison, les autres femmes se sont occupées de moi. Sans ces amies, je n’aurais pas pu survivre là-bas”.