Nous vous parlions le 17 décembre du procès contre le gilet jaune Roland Veuillet pour “acte d’intimidation”, “participation à un attroupement après sommation de se disperser”, “entrave à la circulation des véhicules”, “rébellion”, “dénonciation calomnieuse” et “outrage” ; le tout pour une période allant de décembre 2018 à décembre 2019 (voir notre article). Roland a affronté politiquement la justice, tournant le dos au tribunal jusqu’à son expulsion de l’audience. Sa demande de remise en liberté a été acceptée ce 26 décembre. Il est placé sous contrôle judiciaire en attendant son procès le 9 janvier. Il doit pointer trois fois par semaine à la gendarmerie de Nîmes (dont le samedi) et il est interdit de manifestation et de port d’arme.

Rassemblement de soutien

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Mardi 21 mai 2019, les trois anarchistes Natascia, Giuseppe et Robert avaient été été arrêté·es à Milan par le Raggruppamento Operativo Speciale (ROS, l’unité anti-terroriste des Carabinieri) dans le cadre d’une opération répressive appelée « Prometeo » (voir notre article). Les trois activistes sont accusé·es principalement « d’attaque terroriste ou de subversion ». Natascia est toujours en prison, alors que Robert a été libéré. Quant à Giuseppe, dans la matinée du mardi 17 décembre, il a en plus été accusé, dans le cadre de l’opération « Spark » (une opération du ROS de Turin cette fois), d’avoir tenté de détruire un distributeur automatique de billet de La Poste de Gênes, en juin 2016, à l’aide d’un engin incendiaire (voir notre article).

Pour lui écrire:
Giuseppe Bruna
C. C. di Pavia
via Vigentina 85
27100 Pavia
Italia – Italy

Emblème du ROS

La semaine dernière, la famille d’un volontaire britannique du YPG a été arrêtée et mise en garde à vue pour « soutien à un groupe terroriste ». Le père, la mère et le frère de l’internationaliste ont été interrogé·es pendant 12 heures. Vendredi 20 décembre, Daniel Burke, membre du YPG en 2017-2018 ayant combattu Daech lors de l’offensive de Deir-ez-Zor, est passé devant le devant le tribunal à Westminster. Il est accusé de « financement du terrorisme » pour avoir donné de l’argent à plusieurs de ses camarades via PayPal. Il est également accusé d’avoir aidé un autre britannique à rejoindre les rangs du YPG. Arrêté le 7 décembre, il est depuis en détention provisoire.

Daniel Burke

Daniel Burke

Le 4 décembre, le tribunal de Versailles a condamné, en comparution immédiate, Amélie H. à 17 mois de prison et à 3 ans de privation de ses droits civiques, civils et de famille pour «violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique». Depuis plusieurs mois, Amélie H. photographiait et filmait des policiers (ou les plaques d’immatriculation de leurs véhicules) aux abords de différents commissariats de la région parisienne. Elle postait ensuite certaines de ces photos sur différents comptes Facebook (tous supprimés depuis), archivant les informations en cas de violences policières. Suite à la diffusion de ces photos, des policiers de Guyancourt et de Versailles se sont fait prescrire des ITT (incapacité totale de travail) de plusieurs jours, ce qui permettra au tribunal de qualifier ces faits en violence sur personne dépositaire de l’autorité publique. Amélie H. a fait appel de sa condamnation, et dénonce que le tribunal n’ait pas pris en compte son témoignage sur l’acharnement des forces de l’ordre et des violences policières à son encontre.

17 mois de prison pour avoir photographié des policiers

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Samedi 14 décembre, le « Collectif Éphémère des Pères et des Mères Nöel en Colère » entamait la réquisition et l’occupation d’un un immeuble vide depuis plusieurs années afin de dénoncer et de sensibiliser sur le mal-logement et les inégalités (11 millions de logements vides en Europe contre 4,6 millions de personnes sans-abris dont 15.000 et 30.000 sur l’ensemble de la Région de Bruxelles-Capitale). Les militant·es souhaitaient également dénoncer la loi anti-squat votée l’an dernier qui criminalise l’occupation des bâtiments vides (voir notre article). Hier, la police, semble-t-il sous la direction du commissaire Vandersmissen, a expulsé les militant·es et arrêté deux personnes sans-papiers.

Occupation d'un bâtiment vide par Collectif Éphémère des Pères et des Mères Nöel en Colère

Occupation d’un bâtiment vide par Collectif Éphémère des Pères et des Mères Nöel en Colère

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Mercredi 18 décembre, des prisonniers anciens combattants FARC, détenus dans la cour 4 de la prison de La Picota à Bogotá, ont publié une série de revendications dans lesquelles ils demandent à être libérés conformément à l’amnistie négociée dans le cadre de l’accord de paix. Plus de 600 FARC restent, en effet, enfermés dans cette prison et sont menacés de transferts vers une prison étrangère à celle concernée par ces mêmes accords. Ces prisonniers auraient été torturés à de multiples reprises. La Force alternative révolutionnaire commune (le parti politique issus des FARC qui ont rendus les armes) ne reconnaît que 171 de ces prisonniers. Les autres auraient été retirés des listes d’amnistie.

Prisonniers appartenant aux FARC

Prisonniers appartenant aux FARC

Depuis 2015, 15.530 personnes ont été détenues dans les opérations policières contre le Parti Démocratique du Peuple (HDP). Parmi elles, 16 députés du HDP, dont des coprésidents, 7 membres du Comité exécutif central, 21 membres de l’Assemblée du Parti et plus de 750 dirigeants provinciaux et de district (voir notre article). Une manifestation de solidarité aura lieu demain à Bruxelles.

Rassemblement de solidarité avec le HDP

 

Le 16 octobre, Daniel Gallardo a été arrêté lors d’une manifestation de soutien aux prisonniers indépendantistes catalans à la Puerta del Sol (Madrid). Il est accusé d’avoir attaqué un policier avec un bâton en bois (ce qu’il conteste). Les motifs d’accusation sont « troubles publics », « attaque », « résistance à l’autorité » et « coups et blessures ». Il s’agit d’accusations habituelles utilisées par les policiers dans le cadre de manifestations. Concrètement, Daniel était intervenu pour venir en aide à une de ses camarades de son groupe de 4 militant·es qui était en train de se faire frapper par un policier. Les quatre personnes ont été arrêtées mais Daniel est le seul qui fait l’objet d’une détention préventive ordonnée par le tribunal d’instruction numéro 22 de Madrid. Il y a quelques jours, le tribunal a rejeté l’appel déposé par son avocat pour demander sa libération.

Plus d’infos ici.

Manifestation de soutien aux prisonniers indépendantistes catalans à la Puerta del Sol (Madrid)

Manifestation de soutien aux prisonniers indépendantistes catalans à la Puerta del Sol (Madrid)

Jeudi 12 décembre, Roland Veuillet, un Gilet Jaune de Nîmes, est passé devant le tribunal correctionnel après une garde à vue au commissariat pour « acte d’intimidation envers un policier ». Le militant comparaissait dans le cadre d’un procès où l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés avaient été rassemblés pour une même audience. Il devait ainsi être jugé pour « acte d’intimidation », « participation à un attroupement après sommation de se disperser », « entrave à la circulation des véhicules », « rébellion », « dénonciation calomnieuse » et « outrage » ; le tout pour une période allant de décembre 2018 à décembre 2019.

Dès son arrivée dans le box des détenus, Roland Veuillet a revendiqué son statut de prisonnier politique et affirmé n’avoir « rien à faire face au tribunal correctionnel ». Son avocate a quant-à-elle demandé à ce que Roland Veuillet sorte du box des détenus et puisse être jugé à la barre. Le président du tribunal a cependant décidé de le laisser derrière les vitres du box encadré par des policiers. Face à cette décision, Roland Veuillet a refusé de répondre au tribunal puis s’est couché dans le box face à des policiers médusés et des juges décontenancés. Cette réaction a provoqué plusieurs réactions de la part des nombreux soutiens issus du monde syndical et de l’univers des Gilets jaunes présents dans la salle. Le président a alors ordonné l’évacuation des soutiens qui, mécontent du huis clos qui s’annonçait, ont demandé au prisonnier s’ils et elles devaient obtempérer. Roland Veuillet a répondu de rester dans la salle et de se coucher également. Les soutiens ont cependant dû quitter la salle d’audience sous la pression des policiers.

Roland Veuillet s’est ensuite relevé mais a décidé de tourner le dos au tribunal. Le président a exigé qu’il arrête de tourner le dos sous peine d’être évacué dans la cellule. Lorsque son éviction du box fut ordonnée, Roland Veuillet a choisi de se recoucher. Les policiers sont cependant parvenus à l’extraire du box. Finalement les juges, à la demande du vice-procureur, ont décidé le placement en détention du militant en attente de son procès le 9 janvier 2020. Des renforts de policiers sont venus s’assurer qu’aucun débordement ne perturbe l’annonce de l’incarcération de Roland Veuillet. Celui-ci a annoncé qu’il entamait une grève de la faim et de la soif.

Roland Veuillet

Roland Veuillet

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Mardi 3 décembre, Furkan Sevim, étudiant à l’Université Eskişehir Anadolu, a été condamné à 7 ans et 6 mois de prison pour « appartenance à une organisation armée » et à 2 ans et 3 mois de prison pour « propagande pour une organisation illégale. Il écope donc au total d’une condamnation de 9 ans et 9 mois de prison. Sevim a été arrêté l’année dernière lors d’une descente de police à son domicile suite à une plainte déposée au Centre de communication de la présidence (CİMER) concernant son activité sur les réseaux sociaux. 
Au cours du procès sa possession d’un livre sur Ibrahim Kaypakkaya, d’une casquette avec une étoile, d’une lettre qui lui a été envoyée par des étudiants en détention provisoire ainsi que l’impression d’un discours de Mahir Çayan (co-fondateur du Parti-Front de libération des peuples de Turquie) à l’Université d’Ankara ont été considérés comme des éléments incriminants.
Action du DHKP-C à Istanbul (archive)

Action du DHKP-C à Istanbul (archive)