Lors d’une audience tenue le 14 janvier devant la 13ᵉ cour pénale de grande instance d’Istanbul, Muharrem Cengiz, membre de Grup Yorum, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité aggravée. Les autorités turques lui reprochent d’avoir mené, dans le quartier de Gazi, des actions contre la corruption ainsi que contre des trafiquants de drogue. Cette décision s’inscrit dans un contexte de répression croissante visant les milieux de gauche et progressistes, dont Grup Yorum constitue une illustration brutale. Depuis 2016, plus de trente personnes liées au groupe de musique ont été détenues. Plus d’une dizaine sont actuellement incarcérées pour des accusations en lien avec leur activité musicale et politique, tandis que six membres figurent sur la liste des personnes les plus recherchées par le ministère de l’Intérieur turc.

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Le média Révolution Permanente (RP) a été relaxé ce lundi 12 janvier par le tribunal de Paris dans un procès en diffamation intenté par un professeur, après la publication d’un article relayant en 2022 un communiqué d’étudiantes de Paris-1 dénonçant la gestion universitaire de violences sexistes et sexuelles (VSS). Les juges ont estimé que l’article s’inscrivait dans une démarche légitime de relais de la parole étudiante et de prise en compte des victimes de VSS, rejetant l’accusation de « chasse à l’homme ». RP salue cette décision comme une victoire pour la liberté d’expression, le droit d’informer et la lutte contre les procédures-bâillons visant les médias militants (voir notre article).

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Alex, militant de la Ligue de la Jeunesse Révolutionnaire (LJR), arrêté en mars 2025 pour « apologie du terrorisme » après un discours en manifestation, passe en procès ce 13 janvier au tribunal judiciaire de Paris. De nombreuses organisations appellent à se rassembler dès 12h30 devant le tribunal porte de Clichy pour le soutenir. De son côté, le militant communiste libanais et ancien prisonnier politique Georges Abdallah lui a adressé un message de soutien (lire ici). Dans celui-ci, il affirme que : « La situation de notre camarade Alex […] répond en tout point aux critères de la politique de persécution et de harcèlement judiciaire dont font l’objet les protagonistes révolutionnaires […] L’acharnement judiciaire n’est qu’un élément d’une large panoplie mise à disposition de la contre-révolution préventive. »

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Le vendredi 16 janvier 2025 à partir de 9h30, un rassemblement est appelé devant le tribunal de L’Aquila, où se tiendront la dernière audience et le verdict du procès d’Anan, Ali et Mansour (voir notre article). Ce procès illustre la criminalisation des réfugiés palestiniens en Europe où de nombreux cas de détention se multiplient en Italie, mais aussi en France ou en Belgique. Dans cette affaire, ils sont accusés de soutien à une organisation liée aux Brigades des Martyrs d’Al‑Aqsa en Cisjordanie occupée.

À la veille de l’ouverture de leur procès devant la Cour régionale supérieure de Düsseldorf (voir notre article), plusieurs antifascistes poursuivis ont publié une déclaration politique dans laquelle ils dénoncent une criminalisation ciblée de l’antifascisme. Ils qualifient l’accusation de tentative de meurtre « d’escalade politiquement motivée et totalement absurde » et affirment que les autorités cherchent avant tout à « dissuader toute activité antifasciste ». Rejetant les représentations médiatiques les décrivant comme un groupe violent et structuré, ils dénoncent des récits construits en synergie avec l’extrême droite. Inscrivant leur procès dans un contexte de montée de l’extrême droite et de banalisation des violences néonazies, ils rappellent que « la violence d’extrême droite est une réalité » et interrogent frontalement le monopole étatique de la force : « dans quelle mesure privilégions-nous le monopole de l’État sur l’usage de la violence à la nécessité de combattre le fascisme ? ». Revendiquant l’héritage historique de l’antifascisme, ils soulignent enfin que, « une fois le fascisme au pouvoir, il est impossible de le dissuader par la discussion », et présentent leur procès comme un moment éminemment politique, dépassant largement les faits qui leur sont reprochés.

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Le 13 janvier 2026 s’ouvre à Düsseldorf un vaste procès s’inscrivant dans l’affaire dite de Budapest, visant Paula, Nele, Emi, Moritz, Clara et Luca, accusés d’avoir participé en février 2023 à des affrontements avec des néonazis dans la capitale hongroise, en marge du rassemblement d’extrême droite du « Jour de l’honneur ». La justice allemande retient des chefs d’accusation lourds : violences aggravées, appartenance à une organisation criminelle et tentative de meurtre. Les six militants, en détention provisoire depuis qu’ils se sont rendus début 2025 après deux ans de clandestinité, comparaissent dans un procès ultra-sécurisé prévu sur 72 audiences jusqu’en janvier 2027, accompagné d’une mobilisation solidaire et de critiques sur une criminalisation de l’antifascisme.

Le 8 janvier 2026, le tribunal de Perpignan a prononcé l’abandon des poursuites engagées par le directeur de la police municipale de la mairie RN contre le journal indépendant l’Empaillé (voir notre article), poursuivi pour l’avoir qualifié de « caïd » dans une enquête publiée en octobre 2023 sur la politique sécuritaire et les méthodes de la police municipale locale. Les juges ont retenu un vice de procédure lié au non-respect du droit au silence lors de la mise en examen du directeur de publication, mettant fin à ce que le média dénonçait comme une procédure bâillon, sans examen du fond ni indemnisation des frais engagés.

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Le 9 janvier 2026, la justice française a condamné un agriculteur retraité de 74 ans à six mois de prison avec sursis pour avoir écrasé un œuf sur la tête de Jordan Bardella lors d’une séance de dédicace à Moissac fin novembre (voir notre article). Déjà condamné en 2022 pour un acte similaire contre Éric Zemmour, le prévenu a écopé de 1000€ d’amende, de 500€ de dommages pour atteinte à l’image et de 600€ de frais de justice, reconnaissant un geste politique mais qu’il a regretté, tandis que le parquet et la défense ont qualifié les faits de « violence pénale grave portant atteinte au débat démocratique ».

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Le 8 janvier 2026, u n tribunal bahreïnien a condamné le dirigeant de gauche Ibrahim Sharif à six mois de prison pour « insulte à Israël » et incitation à faire pression sur les régimes arabes afin de mettre fin au génocide à Gaza. Arrêté le 12 novembre 2025 à son retour du Liban (voir notre article), il était poursuivi pour des déclarations critiquant Israël, appelant à condamner la normalisation et dénonçant la complicité des Etats arabes face aux crimes en Palestine et au Liban.

Le leader kurde Selahattin Demirtas, détenu depuis 2016 à la prison d’Edirne, a été condamné le 6 janvier à un an, cinq mois et 15 jours de prison pour « insulte au président ». Les accusations portent sur plusieurs discours prononcés il y a plus de dix ans et ont été regroupées dans un même dossier. Son équipe juridique n’a pas obtenu de délai supplémentaire pour préparer sa défense et prévoit de faire appel. Déjà condamné en 2021 pour des critiques du gouvernement concernant l’abattage d’un avion russe en 2015, Demirtas bénéficie par ailleurs d’une décision définitive de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) exigeant sa libération, jusqu’à présent ignorée par les autorités turques.