Deux rassemblements auront lieu ce mercredi 23 mai à Bruxelles, Place Poelaert (devant le Palais de Justice) à l’appel de la « Coordination Semira Adamu ». Le premier rassemblement aura lieu à 17h30, des vêtements d’enfants seront accrochés. Le second rassemblement aura lieu à partir de 22h et sera une veillée aux flambeaux.

Concernant l’avancée de l’affaire, le parquet poursuit son mutisme. Une certaine partie des migrants qui étaient dans la camionnette ont repris leur route vers l’Angleterre tandis que les parents de Mawda Shawdi ont reçu un ordre de quitter le territoire. Un policier a été longuement entendu jeudi dernier, mais il a quitté la pièce libre. Les parents ont livré leur version des faits qui est radicalement différente des nombreuses versions contradictoires livrées par la justice jusqu’à maintenant: quatre voitures de polices entouraient la camionnette, une de chaque côté et deux derrière. Mawda et ses parents se trouvaient à droite du conducteur, les personnes qui se trouvaient à l’arrière ont brisé la vitre afin de montrer qu’il y avait des enfants dans la voiture. La patrouilleuse de gauche a tiré vers l’avant du véhicule -visant probablement le chauffeur- mais la balle a touché Mawda. Après l’arrêt du véhicule, Mawda a été emmenée dans l’ambulance dans laquelle elle est décédée, les migrants ont été arrêtés et questionnés pendant 24h, ce n’est qu’après ce délai que les parents ont appris le décès de leur fille.

Manifestation en mémoire de Mawda à Bruxelles le 18/5

Manifestation en mémoire de Mawda à Bruxelles le 18/5

Un large groupe de signataires appelle à manifester ce lundi 21 mai devant le siège du Mouvement Réformateur de Liège à 19h rue Vinâve d’Ile, 9 (à proximité de la place cathédrale) pour résister à la politique migratoire répressive et xénophobe qui est à l’origine de la mort de Mawda, migrante kurde de 2 ans, assassinée par la police le 17 mai matin. Le siège du MR a été choisi car il est le seul parti francophone représenté au niveau fédéral, et l’organisation du 1er Ministre actuel. L’appel exige la fin des rafles, la fermeture des centre fermés, l’accueil et la régularisation des sans-papiers ainsi que la démission des ministres Jambon et Francken.

Ce vendredi soir, 450 personnes s’étaient rassemblées à Bruxelles et 50 à Mons. À Bruxelles, les manifestants se sont réunis devant l’Office des Étrangers (Parc Maximilien, Bruxelles-Nord) avant de manifester vers le Ministère de l’Intérieur (Parc royal, zone neutre) en scandant « Tout le monde déteste la police », « Police/État/Francken/Jambon, assassin! » et « Solidarité avec les sans-papiers ». Plusieurs dizaines de policiers équipés de matraques et de boucliers attendaient les manifestants derrière des barrières barbelées et devant une auto-pompe dans la rue royale pour bloquer la zone neutre (interdite aux manifestations). La manifestation s’est alors ré-orientée vers Madou avant de repartir vers le Parc Maximilien. Quelques heures plus tard, la police est revenue pour une rafle contre les sans-papiers qui occupent le parc.

Manifestation en mémoire de Mawda à Bruxelles le 18/5

Un rassemblement aura lieu ce soir à 18h devant l’Office des Étrangers à Bruxelles (Chaussée d’Anvers, 59 B, 1000 Bruxelles) pour exiger la démission de Jan Jambon (vice-premier et ministre de la sécurité et de l’intérieur) et Théo Franken (secrétaire d’état à l’asile et aux migrations).

Ce jeudi 17 mai au matin, une quinzaine de patrouilleuses avec 30 policier à l’intérieur ont pris en chasse une camionnette avec une trentaine de migrants à l’intérieur. Lors de la course-poursuite sur l’autoroute E42, la police a plusieurs fois ouvert le feu sur le véhicule. Mawda, une jeune Kurde (de 2 ou 3 ans selon les sources) originaire de la région de Soulémaniyé, dans le Kurdistan irakien, a ainsi été tuée d’une balle dans la joue occasionnant un trauma crânien. La police et la justice ont publié plusieurs fois de façon contradictoire depuis hier matin, affirmant d’abord que ce n’était pas une balle qui avait tué Mawda, avant d’affirmer que les occupants du véhicule s’étaient servi de l’enfant pour casser la vitre arrière, avant de finalement reconnaître que c’était une « balle perdue » (qui visait pourtant le fourgon) qui avait causé la mort. La police accuse à présent les migrants d’avoir utilisé Mawda comme « bouclier humain ».

Une première enquête accuse directement les migrants « d’homicide volontaire », une enquête du Comité P (« police des polices ») doit également déterminer si la police a fait usage d’un usage disproportionné de la force.

Mawda

EDIT: Alors que les autorités multiplient les communications pour noyer le poisson et différer l’aveu de culpabilité des policiers, 350 manifestants se sont rassemblés devant l’Office des étrangers avant de partir dans une manifestation sauvage qui a pris fin près de la maison communale de Saint-Josse.

La manifestation de cette fin d’après-midi

Mawda
La manifestation de cette fin d'après-midi

Quatre Italiens et deux Suisses ont été placés en garde à vue dans les Hautes-Alpes. Ils sont accusé d’ « aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire national et en bande organisée ». Ces militants avaient participé ce dimanche à une expédition en solidarité avec les migrants qui passent par différents cols des Alpes pour arriver en France. Les gendarmes ont essayé en vain d’empêcher l’entrée en France des activistes et des migrants qui les accompagnaient. Cette action était une réponse au coup médiatique des « Identitaires » qui prétendaient avoir fermé le col de l’Échelle.

Six arrestations après l’action solidaire du col de Montgenèvre

Une trentaine de personnes se sont rassemblées ce matin Place Poelaert en solidarité avec Jiyed et Mounir, deux personnes sans-papiers qui avaient été arrêtées lors d’une rafle policière dans les locaux de l’asbl Globe Aroma le 9 février dernier. L’audience de ce matin, le pourvoi en cassation, a été reporté à une date ultérieure. Les manifestants ont discuté du futur de la mobilisation et de la répression des sans-papiers.

Rassemblement de solidarité avec Jiyed et Mounir

Jiyed et Mounir, qui avaient été arrêtés lors de la rafle policière contre l’asbl Globe Aroma, sont maintenus en détention selon la décision de la Chambre du Conseil cet après-midi. Le front commun syndical FGTB-CSC, qui avaient déjà réuni une centaine de manifestants ce matin à 9h et plusieurs dizaines au long de la journée, appelle à la mobilisation avec des rassemblements quotidiens dès ce mardi 20 février au Carrefour Arts/Loi de 12h à 14h.

Rassemblement pour Jiyed et Mounir ce lundi matin

Rassemblement pour Jiyed et Mounir ce lundi matin

Le vendredi 9 février Globe Aroma, centre artistique bruxellois qui accueille des primo arrivants-artistes, avait été le théâtre d’un raid policier. Au cours de ce raid sept personnes avaient été arrêtées, deux qui ont été amenées au centre fermé 127bis. Il s’agit de Monir Tahri, militant syndical de la CSC et de Jihed Cheikhe, peintre mauritanien. Un rassemblement est prévu ce lundi 19 février à 8h30 au palais de justice (place Poelaert) pour les soutenir dans le cadre de leur passage au tribunal.

Un autre événement est également prévu ce samedi 17 février, pour sensibiliser le public face aux actions policières et au « Plan Canal ».

Liberté pour Mounir !

Liberté pour Mounir !

Sept personnes sans-papiers ont été arrêtées hier soir, le 9 février, aux locaux de l’association « Globe Aroma », qui expose régulièrement les œuvres d’artistes sans-papiers et qui se veut un lieu d’échange entre les migrants et le domaine des arts. La police est rentrée au motif d’un contrôle de l’ASBL, mais avec la volonté claire de rafler des personnes sans-papiers. Parmi les sept personnes arrêtées, quatre ont été libérées et les trois autres ont été emmenées au Centre Fermé 127bis et sont donc menacées d’expulsion. Parmi les trois se trouve Mounir, un militant syndical à la CSC depuis plusieurs années, ainsi que Jihed Sheikh, l’artiste qui exposait hier soir avec son frère jumeau, également arrêté. Le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close aurait normalement dû être présent à l’exposition mais ne s’y est pas présenté, il a donné un ordre « d’inspection sociale » qui a servi de prétexte à la police pour entrer sur les lieux.

Une manifestation aura lieu demain 11 février à 15h devant le Centre Fermé 127bis.

Liberté pour Mounir !

Les rafles se poursuivent très régulièrement au Parc Maximilien, devant l’Office des Étrangers. Suite à une fuite annonçant une vague d’arrestation par la Police Fédérale, 2.500 personnes se sont rassemblées en 48h pour former une chaîne humaine et protéger les migrants de la grosse rafle qui devait avoir lieu hier dimanche soir. La majorité des migrants menacés a pu trouver refuge chez des volontaires qui les ont hébergé, et les 2.500 manifestants ont formé une chaîne humaine du Parc jusqu’à la Gare du Nord. Un site d’extrême-droite avait appelé ses sympathisants à venir prendre en photo les manifestants.

La police fédérale a finalement organisé sa rafle au même moment sur les quais des gares bruxelloises, 17 sans-papiers ont été arrêtés.

2500 personnes rassemblées contre les rafles

2500 personnes rassemblées contre les rafles

Le 17 août 2016, une quarantaine de passagers d’un avion s’apprêtant à décoller de Bruxelles vers le Cameroun, s’étaient levés de leurs sièges en entendant les cris d’un homme. Ce dernier, menotté et escorté par des policiers au fond de l’avion, était expulsé de Belgique. Le commandant de bord avait ensuite demandé à chacun de se rasseoir. Il avait également demandé aux policiers et à leur détenu de descendre de l’avion et à son personnel de désigner aux policiers restés sur le tarmac les « récalcitrants » parmi les passagers. Six de ces derniers avaient alors été arrêtés par la police, sur base uniquement des désignations de membres du personnel de bord. Ces personnes avaient été menottées bien qu’elles n’opposaient aucune résistance aux policiers et avaient passé une nuit en détention, manquant ainsi leur avion.

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a acquitté ce mercredi ce six personnes poursuivies pour entrave méchante à la circulation aérienne et pour non-respect des directives du commandant de bord d’un avion. Le tribunal a suivi la défense, mais aussi le procureur, selon lesquels il n’existait aucune preuve qu’il y avait eu une intention d’entraver méchamment la circulation aérienne dans le chef des prévenus.

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