Les prisonniers et prisonnières du PKK et du PAJK (Parti de la libération des femmes du Kurdistan, Partiya Azadiya Jin un Kurdistan) ont commencé une grève de la faim illimitée, en alternance de dix jours en dix jours, dans les prisons à travers la Turquie et Kurdistan du Nord. Les grévistes demandent la reconnaissance de la demande du peuple kurde pour l’autonomie, la fin de l’isolement imposé à Öcalan, l’arrêt des sièges et des couvre-feux.
La police turque a une nouvelle fois fait usage de gaz lacrymogènes et tiré des balles en caoutchouc samedi à Istanbul pour disperser des manifestants qui dénonçaient la prise de contrôle par les pouvoirs publics du principal quotidien turc, le journal Zaman. Avec 650 000 exemplaires imprimés chaque jour, Zaman est le plus gros tirage de la presse turque. La justice turque a ordonné vendredi la désignation d’un administrateur pour diriger le quotidien et sa version anglophone, Today’s Zaman. Plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblées dès vendredi soir devant le siège du journal pour empêcher les forces de l’ordre d’y pénétrer. Ils avaient déjà été dispersés (photo).
Répression des premières manifestations de soutien à Zaman
Répression des premières manifestations de soutien à Zaman
Deux militantes du DHKP-C, Cigdem Yaksi et Berna Yilmaz, ont mené une attaque ce jeudi contre le quartier général des unités de la police antiémeute dans le district de Bayrampasa à Istanbul. En milieu de matinée, les deux femmes ont lancé plusieurs grenades, qui n’ont pas explosé, puis ouvert le feu à l’arme automatique. Les policiers ont riposté et blessé une des deux assaillantes. Deux policiers ont été légèrement blessés. Les deux militantes ont été tuées lors d’une opération lancée par les forces de l’ordre contre l’immeuble où elles s’étaient retranchées après leur attaque.
Pour protester contre les massacres qui ont lieu à Sur (Diyarbakır), une grève de la faim solidaire aura lieu ces 5-6 mars à la « Maison du Peuple » de Saint-Josse.
Ce 1er mars, les ouvriers de l’usine Renault ont débrayé et manifesté pour les salaires et contre les licenciements à Bursa. La police a voulu empêcher la manifestation, notamment par des tirs de gaz lacrymogènes. Un ouvrier a été hospitalisé et quinze autres arrêtés. Les ouvriers de l’usine automobile Tofas sont entrés en lutte pour rejoindre leurs camarades de Renault.
Le prisonnier anarchiste vegan Osman Evcan a été récemment transfé de la prison de Kandira 1 à la prison de type-L de Silivri 6. Il est fouillé nu, a des caméras dans sa cellule, subit une interdiction de courriers et de visites et ne peut plus consommer de nourriture vegan. Il est donc reparti en grève de la faim depuis le 22 février dernier.
A Sur (Amed/Diyarbakir), les massacres se poursuivent après trois mois de siège. Au moins 200 personnes sont prises au piège dans des caves alors que l’armée turque continue à bombarder sans relâche la ville. Des centaines de civils ont déjà été massacrés. Les « couvre-feux » sont actifs dans 20 villes de 7 province, dont Cizré (Sirnak) et Sur (Amed/Diyarbakir).
Vingt-six personnes ont été blessées, dont une grièvement, aujourd’hui dimanche lors de nouveaux affrontements dans le nord-est de la Turquie entre forces de l’ordre et manifestants hostiles à un projet minier. La police anti-émeutes a violemment dispersé avec des gaz lacrymogènes et bâtons quelque 2.000 personnes rassemblées dans le centre-ville d’Artvin à l’appel d’une organisation écologiste locale. Les manifestants, dont de nombreuses femmes, ont voulu franchir une barricade érigée par les forces de l’ordre menant à la colline de Cerattepe, à une dizaine de kilomètres du centre-ville, où est située une exploitation d’or et de cuivre.
Depuis plus d’une semaine, des milliers d’habitants d’Artvin et des alentours sont mobilisés contre ce projet minier, sur un site naturel, qui prévoit l’abattage d’une forêt. Il est conduit par le groupe Cengiz Holding, dirigé par un proche du président Erdogan. La semaine dernière, les forces de l’ordre étaient intervenues à plusieurs reprises pour déloger les manifestants qui bloquent l’accès au site (voir notre article).
Le 17 février, une attaque avait visé un convoi militaire à Ankara, dans un contexte de guerre civile au Bakuré et d’agression turque contre le Rojava. Immédiatement, le gouvernement turc avait servit son agenda en accusant les YPG d’avoir conduit une action en Turquie. Les TAK (Faucons de la Liberté au Kurdistan), un groupe armé indépendant -et critique- du PKK a finalement revendiqué l’attaque ce 19 février.
Dans le quartier de Gazi, rattaché au district de Sultangazi à Istanbul, la population a monté des barricades en réponse à l’attaque de la police sur les manifestants et le Cemevi (lieu de culte alévi). Dans le quartier, où 3 personnes ont été blessées, les affrontements continuent. Dimanche, la police qui a attaqué une manifestation dénonçant les massacres au Kurdistan, a ensuite assiégé le Cemevi. Encerclant les alentours du Cemevi, la police a attaqué celles et ceux qui s’opposaient à eux avec du gaz et des tirs de balles en caoutchouc. La population du quartier a monté des barricades autours de leur Cemevi pour le protéger. Ils ont répondu aux attaques de la police en lançant des pierres. Par la suite, les véhicules blindés S84 et U1 de la police ont ouvert le feu sur la population du quartier. Suite aux attaques, trois personnes nommées ont été transporté à l’hôpital, blessé par les tirs de la police, deux grièvement.
A l’appel des organisation révolutionnaires, un grand nombre de personnes se sont rassemblées devant l’hôpital de Gazi. Suite à une nouvelle attaque de la police contre ce rassemblement, les affrontements ont repris dans les rues du quartier. Les gaz lancés par les véhicules blindés de la police ont noyé le quartier sous le lacrymogène, les lieux de travail ont spécifiquement été pris pour cible. Les milices révolutionnaires du TKP/ML-TiKKO, du DHKPC, du YDG-H et du MLKP ont monté des barricades dans les rues du quartier et résistent toujours.