Depuis le 21 décembre 2024, Facebook, réseau social de META, censure les publications faisant état des attaques commises par la Turquie au Kurdistan. La page de « Kurdistan au féminin », page publiée en français, est victime des algorithmes, ces derniers suppriment systématiquement leurs publications.

Voici quelques publications censurées par Facebook:

34 personnes ont été arrêtées par les autorités turques, des personnalités politiques, des journalistes et des militants, accusés d’appartenance à une organisation « terroriste ». Une opération policière lancée le 21 janvier dans le cadre d’une enquête sur le Parti communiste marxiste-léniniste (MLKP). Parmi les personnes arrêtées figurent Hatice Deniz Aktaş, coprésidente du Parti socialiste des opprimés (ESP), Berfin Polat, coprésidente de la Fédération des clubs de jeunesse socialistes (SGDF) et Züleyha Müldür, correspondante de l’agence de presse Etkin (ETHA). Les autorités turques ont mené des raids simultanés dans 35 localités d’Istanbul et 13 autres à Ankara, ciblant des membres de l’ESP, de la SGDF et du Conseil des femmes socialistes (SKM). La police a aussi effectué une descente dans la Fondation pour la recherche scientifique, éducative, esthétique, culturelle et artistique (BEKSAV) à Istanbul, du matériel audio a été saisi dans un studio utilisé par Grup Vardiya, un collectif musical de gauche. Ces arrestations sont considérées comme faisant partie d’une répression plus large contre la dissidence. Des milliers de responsables politiques, d’activistes et de journalistes ont été arrêtés ces dernières années en Turquie.

Ce jeudi 16 janvier, les manifestant.es regroupé.es autour du barrage de Tishreen (Tişrîn) ont été la cible d’une nouvelle attaque turque tuant plusieurs civil.es et en blessant dix autres. Pour le deuxième jour consécutif, des avions de guerre turcs et des drones de combat ont pris pour cible des sit-in organisés près du barrage de Tishreen, au sud de Manbij, où des civils se regroupent pour réclamer la fin des attaques de l’occupation turque et de ses factions de mercenaires.

Selon les témoins sur place, le bombardement pose un risque grave d’effondrement du barrage, ce qui pourrait entraîner l’inondation de dizaines de villages et entraîner une panne totale d’électricité dans toute la région, privant des millions de personnes d’électricité et démultiplierait les risques de crises humanitaires dans la région.

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La justice turque a bloqué l’accès à 7 sites d’information ayant une ligne éditoriale socialiste. La censure frappe la Gazete Patika, ETHA, Union de lutte, Kızıl Bayrak, Özgür Gündem, le journal Umut et le journal Yeni Demokrasi. Cette décision du 8 janvier, prise par le 10e juge pénal de paix d’Ankara, évoque « la protection de la sécurité nationale et de l’ordre public ». Il y a quelques jours, sur les réseaux sociaux, les comptes X des journaux kurdes: MA, JINNEWS et Yeni Yaşam ont également été bloqués par la justice turque.

Ce mercredi 15 janvier, un convoi de civils se rendant au barrage de Tishreen a été atteint par une double attaque de drones turques faisant 4 morts et 23 blessés. C’est la deuxième attaque contre des civils à proximité ou sur le barrage de Tishreen depuis le 8 janvier (voir notre article).

Depuis le 8 janvier, la population de différentes régions de l’AANES se relaient au barrage pour protéger le lieu et soutenir les Forces démocratiques syriennes (FDS) et les Unités de défense des femmes (YPJ) contre les attaques de l’ANS soutenu par la Turquie qui tentent de prendre le contrôle du barrage de Tishreen et d’avancer vers Kobané.

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Des milliers de personnes venant de différentes région (Hasakah, Raqqa, Jazira) de l’Administration Autonome du Nord-Est Syrien (AANES) était en route, ce mercredi 8 janvier, avec comme objectif de se rassembler au sommet du barrage de Tishreen pour protester et condamner les attaques militaires turques en cours. Sur la route du barrage, le convoi a été attaqué par un drone turc faisant 5 morts et blessants 15 personnes.

L’attaque n’a pas arrêté le convoi et des manifestants sont arrivés sur le barrage. Une déclaration de l’AANES a été lu appelant la coalition internationale à trouver une solution aux problèmes du nord et de l’est de la Syrie et à mettre fin aux attaques de la Turquie et des groupes mercenaires alliés contre la région.

Le barrage risque de s’effondrer depuis plus d’un mois en raison des bombardements turcs incessants alors qu’il est crucial pour la région. Il renferme environ 1,9 milliard de mètres cubes d’eau et génère une grande quantité d’électricité et d’énergie dans la région dont dépend des dizaines de milliers de personnes.

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Ce Samedi 28 décembre, une délégation du parti turc pro-kurde DEM (Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie) s’est entretenue avec le fondateur du PKK, Abdullah Öcalan. Ce dernier est emprisonné à vie sur une île au large d’Istanbul. Il s’agit de la première visite de ce parti, le prédécesseur du DEM, le parti HDP, a rencontré Öcalan pour la dernière fois en avril 2015. Un déplacement autorisé par le gouvernement turc après la demande du DEM de pouvoir rendre visite à Öcalan, âgé de 75 ans.

« Les Filles de Kobanê : une histoire de rébellion, de courage et de justice » dédié aux combattantes kurdes lors la lutte contre DAECH à Kobanê, a été interdit en Turquie pour la deuxième fois (voir article ici) . Un tribunal a ordonné l’interdiction et la confiscation du livre accusé de faire de la propagande pro PKK. Publié à l’international, « The Daughters of Kobanê » s’appuie sur des centaines d’heures d’entretiens et de reportages de terrain menés par Gayle Tzemach Lemmon. Il raconte l’histoire de femmes combattantes kurdes qui ont joué un rôle crucial dans la lutte contre l’EI dans la ville kurde syrienne de Kobanê en 2014 et 2015.

Istanboul, les forces de l’ordre ont réprimé une manifestation contre les attaques djihadistes ciblant les Kurdes du Rojava ( nous lire ici et ici ). Des membres des Forces du Travail, de la Paix et de la Démocratie d’Istanbul se sont rassemblés à Şişhane pour protester contre les attaques des HTC/HTS ( Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda devenue Tahrir al Cham ) et  l’ASL/SFA ( Armée Syrienne Libre ) soutenues par la Turquie. Les manifestants, parmi lesquels des députés du parti DEM, ont été bloqués par la police et soumis à une répression brutale après avoir protesté contre cette intervention arbitraire en scandant « Bijî berxwedana Rojava » ( Vive la résistance du Rojava ). 50 personnes ont été interpelées et placées en garde à vue.

Après la victoire écrasante du parti DEM aux élections locales du 31 mars au Kurdistan turc, l’État cherche des raisons pour destituer les maires élus et les remplacer par des administrateurs désignés. Pour ce faire, des dossiers longtemps en souffrance sont ressortis des sous-sols du système judiciaire. Un nouveau cas de ce type semble se produire à Bahçesaray (Miks), dans la province de Van. Après neuf ans de procédures interminables, le co-maire de la ville, Ayvaz Hazır (parti DEM), a été condamné à trois ans et onze mois de prison pour « appartenance à une organisation terroriste » et « commission de crimes au nom d’une organisation terroriste » pour avoir participé à une manifestation en 2015.

La nomination d’un administrateur désigné par le pouvoir s’annonce donc à Bahçesaray, comme cela a déjà été le cas à Colemêrg, Êlih, Mêrdin/Mardin, Xelfetî/Halfeti, Dersim/Tunceli, Pulur/Ovacık et Esenyurt.

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