Sinan E., Abdullah G., Serhat E., Hakan H. et Hugo G. sont toujours emprisonnés aux Pays-Bas. Il y a plus d’un mois, ils avaient participé à la protestation devant le bâtiment de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OPCW) à La Haye, pour dénoncer l’usage des armes chimiques par la Turquie contre la résistance kurde (voir notre article). Le procureur général a invoqué des dommages à des biens publics, des violences à l’encontre de la police, une violation de la loi sur les rassemblements et une violation de domicile. La prochaine audience aura lieu le 23 février. Serhat E. doit être expulsé vers la France car sa procédure d’asile y est en cours. À l’occasion de la semaine d’action impulsée Radical Solidarity aux Pays-Bas, des banderoles ont été accrochées sur divers bâtiments et ponts d’Amsterdam pour demander la libération des OPCW4 et la fin des attaques aux armes chimiques au Kurdistan. Une manifestation doit conclure aujourd’hui  à La Haye cette semaine d’actions.

Dans la nuit du 2 janvier, la vitre d’une voiture de Securitas AB a été brisée et du bitume a été déversé dans le véhicule et son système d’aération. Cela en solidarité avec les peuples en lutte en Turquie, avec la lutte de libération kurde et avec tous les prisonniers révolutionnaires dans les prisons turques. En Turquie, la société Securitas assure des fonctions de surveillance dans de nombreuses prisons – parfois même dans les prisons de type F – et participe ainsi à la répression, à l’enfermement, à l’isolement, à la torture et aux violences sexuelles. Alors qu’en avril 2019, en raison de la situation précaire due à la pandémie de Corona, des prisonniers issus de structures mafieuses, entre autres, ont été libérés des prisons, la situation des prisonniers révolutionnaires s’aggrave actuellement. Des décès comme ceux de Halil Güneş et Abdülrezzak Şuyur, se sont multipliés: des révolutionnaires souffrant de maladies graves qui se sont vu refuser non seulement une libération anticipée mais aussi un traitement médical. Lire le communiqué

 

Claudio Lavazza a été condamné à 49 ans d’un braquage de banque, à Malaga, suite à laquelle deux policiers avaient été mortellement blessés dans une fusillade en 1996. En plus, en 1999, la tribunal de Malaga a condamné Claudio et deux anarchistes (eux aussi déjà condamnés pour le braquage) à 11 ans de prison, pour l’irruption dans le consulat d’Italie, toujours à Malaga, en décembre 1996 en solidarité avec les anarchistes arrêtes en Italie suite à l’opération « Pontelungo ». Claudio a reçu d’autres condamnations, de la part des États français et italien, à cause de ses années de lutte et de clandestinité, dans différents pays : à la fin des années 70 il a pris part à la lutte révolutionnaire, en particulier avec sa participation aux Proletari Armati per il Comunismo, pour ensuite se rapprocher des idées anarchistes au cours de sa longue cavale.

Il avait été extradé en France (voir notre article) en mai 2019 et condamné en novembre 2019 à 10 ans pour le braquage de la Banque de France de Saint-Nazaire, qui a eu lieu le 4 juillet 1986. Une campagne de solidarité avec Claudio débutera le 7 janvier. Il aurait dû être libéré le 11 décembre dernier, le procureur de Mont-de-Marsan en charge de son dossier continue de le maintenir derrière les barreaux. Une affiche internationale a été imprimée (actuellement en italien, espagnol, anglais et français). Ceux qui souhaitent la diffuser peuvent demander des copies et des informations à l’adresse électronique suivante : inattuali@riseup.net. Un appel a aussi été lancé pour lui écrire :

Claudio Lavazza
écrou 11818, CD 1 cellule 5, 1D
CP de Mont-de-Marsan
Chemin de Pémégnan
BP 90629
40000 Mont de Marsan (FRANCE)

 

Neuf ans après l’assassinat des trois femmes kurdes – Sakine Cansiz, co-fondatrice du PKK, Fidan Dogan, représentante en France du Congrès national du Kurdistan (KNK), et Leyla Saylemez, membre du mouvement de jeunesse kurde – la justice française refuse d’investiguer l’implication des services secrets turcs dans ce triple féminicide. Des manifestations auront lieux dans plusieurs pays. Voici les dates pour la France et la Belgique.

Mercredi 5, Paris, 11H, Marche blanche du Centre démocratique du Kurdistan (16 rue d’Enghien) jusque devant les locaux du centre d’information du Kurdistan (CIK, 147 rue La Fayette) où le massacre a eu lieu. Vous pourrez à cette occasion déposer des fleurs pour rendre hommage aux trois femmes.
Mercredi 5, Bruxelles, 13H, devant la résidence de l’ambassadeur de France, 42 boulevard du Régent
Samedi 8, Paris, 12H, Gare du Nord, grande manifestation..
Samedi 8, Strasbourg, 13H, Place de la Gare, manifestation.
Samedi 8, Marseille, 13H, Canebière, manifestation.
Samedi 8, Bordeaux, 13H, Place Stalingrad, manifestation.
Samedi 8, Bruxelles, 15H, rassemblement place de la Monnaie.
Dimanche 9, Paris, 12H30, Cérémonie d’hommage devant le 147 rue La Fayette.
Dimanche 9, Toulouse, 14h30, Métro Jean Jaurès, manifestation.

Six personnes interpellées après la manifestation du samedi 27 février dans le centre de Barcelone, qui dénonçait l’état espagnol et l’emprisonnement du rappeur Pablo Hasél, étaient inculpés de manifestation illicite, désordre, agression contre des agents des forces de l’ordre, dommages,  tentative d’homicide et appartenance à un groupe criminel. Les accusations reposent uniquement sur la déclaration rédigée une division de la police catalane à laquelle appartiennent les agents qui ont procédé aux arrestations.

L’accusation de tentative de meurtre pour l’attaque contre la camionnette de police dans laquelle se trouvait un agent (photo) est tombée après qu’un rapport technique des pompiers ait conclu que le risque pour la vie du policier était « faible ». Les avocats ayant déposé de nouvelles demandes de mise en liberté, le juge a décidé le 9 novembre une caution provisoire de 40 000 à 45 000 euros avec, en cas de paiement de la caution et donc de libération, des mesures de restriction des libertés seront prises (pointage hebdomadaire au tribunal, retrait du passeport et interdiction de quitter l’Espagne). Deux des manifestants ont pu quitter leurs cellules. Cependant, les quatre autres sont toujours en détention provisoire. Tous ont déposé un recours contre le montant de la caution fixée par le juge. L’affaire est encore en cours mais les cautions ont déjà été réduites à 15.000 euros..

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Le tribunal départemental de Bucarest avait rejeté la demande d’enregistrement d’un nouveau parti communiste roumain en mai 2014. Le jugement a été confirmé en octobre 2014, par la cour d’appel de Bucarest. Les tribunaux roumains ont estimé que le nouveau programme et la constitution du Parti communiste roumain proposés contenaient des dispositions contraires à la loi du pays sur les partis politiques et qu’il y avait un réel danger de saper les valeurs démocratiques. L’affaire a ensuite été portée devant la Cour européenne des droits de l’homme en avril 2015, mais la Cour a finalement jugé que l’Etat roumain était justifié de refuser d’enregistrer le Parti communiste roumain « pour protéger la sécurité nationale et les droits et libertés d’autrui ».

 

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Le rappeur Valtonyc, réfugié en Belgique depuis 2018 pour échapper à une peine de trois ans et demi de prison, a vu ce mardi 28 décembre la justice belge rejeter une nouvelle fois la demande de transfèrement émise par la justice espagnole. Valtonyc avait été condamné en Espagne en 2018 pour avoir, entre autres, « insulté la couronne » et fait « l’apologie du terrorisme » avec des textes se référant à l’ETA ou aux GRAPO. La cour constitutionnelle belge a invalidé en octobre la loi de lèse-majesté de 1847 (voir notre article). Il n’existe donc plus en Belgique de loi qui corresponde au chef d’accusation espagnol contre Valtonyc, selon les juges de la chambre des mises en accusation de Gand. À l’instar du chef indépendantiste catalan Carles Puigdemont, qu’il fréquente en Belgique, il va donc pour voir poursuivre son exil. Le mandat d’arrêt européen avait été mis en place pour remplacer les extraditions entre pays de l’UE par de simples transfèrements judiciaires. Les cas de Valtonyc et de Carles Puigdemont créent de véritables précédents qui limitent les effets des mandats d’arrêt européen.

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Le successeur du Véhicule blindé à roues de la gendarmerie (VBRG) est désormais connu: il s’agit de l’ « ARIVE » (pour ARmoured Infanty VEhicle), un blindé 4×4 produit par l’industriel Soframe (voir notre précédent article). Il répondra dans la gendarmerie au nom de Centaure. Il s’agit d’un imposant blindé 4×4 de 14,5 tonnes (soit deux de plus que le VBRG qu’il remplace). Il affiche une longueur de 6,2 mètres pour une largeur de 2,45 mètres et une hauteur de 2,5 mètres. Et contrairement à son prédécesseur, il possède, de manière uniforme, des capacités de pousser, ainsi que de dégagement, grâce à des lames montées sur des vérins pneumatiques, installées à l’avant du véhicule. Enfin, ces véhicules disposeront d’équipements optroniques modernes et de capacités actualisées, donc téléopérées, en matière de tir et de lancement de grenades. 90 exemplaires de cet engin blindé seront commandés, soit 30 de plus que le parc actuel des VBRG. La livraison du premier Centaure est attendue au 1er semestre 2022.

En 2019, la ministre des Armées, Florence Parly, avait décidé d’accélérer d’un an le programme d’hélicoptère interarmées léger. Le 22 décembre, elle a notifié le contrat d’acquisition et de soutien de 169 hélicoptères à Airbus Helicopters. avec une commande de 169 appareils, un marché global évalué à 10 milliards d’euros (qui comprend le développement et la livraison des appareils, la fourniture du système de soutien et de formation ainsi que la maintenance en condition opérationnelle pendant dix ans). Ce contrat comprend dix hélicoptères H160 pour la Gendarmerie nationale pour 200 millions d’euros, qui seront livrés à partir de 2026.

L’ARmoured Infanty VEhicle de Soframe

 

Voilà des années que les polices belges utilisent la technologie ANPR avec des caméras permettant la reconnaissance automatisée des plaques minéralogiques et déjà les immatriculations pouvaient être confrontées aux bases de données. Mais lundi 21, la police fédérale, la douane et la zone de police de Grensleie a utilisé un nouveau système qui analyse les données des caméras ANPR et qui envoie aux équipes sur place un signal lorsqu’un véhicule potentiellement suspect se dirige dans leur direction.

Il s’agissait en l’occurrence d’une opération de contrôle orientée drogues sur la E17. Le signal envoyant aux policiers un avertissement lorsque approchait un véhicules qui ont déjà été utilisés pour des transports de drogue, ou dont le propriétaire est connu pour des infractions liées à la drogue. Sur place, une équipe spécialisée de la police fédérale de la navigation et des équipes de la police fédérale de la route interceptaient les véhicules qui étaient contrôlés par une équipe de la douane dotée d’un camion équipé d’un scanner qui permet de détecter les marchandises dans les espaces cachés, et par des chiens antidrogue.

La justice italienne a abandonné les charges qui pesaient contre la capitaine allemande du navire humanitaire après son arrestation en juin 2019 dans le port de Lampedusa avec 42 migrants à bord. La capitaine du Sea Watch 3, un navire humanitaire affrété par l’ONG Sea Watch pour venir en aide aux migrants en Méditerranée, avait alors forcé le passage pour accoster à Lampedusa avec 42 migrants secourus au large de la Lybie à son bord. Cela lui avait valu des poursuites engagées par la justice italienne et le ministre de l’Intérieur de l’époque, Matteo Salvini. Ce dernier lui reprochait notamment d’avoir tenté une manœuvre dangereuse contre la vedette des douanes qui venait à sa rencontre pour l’empêcher de jeter l’ancre. Elle risquait jusqu’à dix ans de prison pour «résistance ou violence envers un navire de guerre».

Jeudi, le tribunal d’Agrigente, en Sicile, a définitivement abandonné ces poursuites. Cette décision intervient alors que Sea Watch a annoncé ce samedi avoir secouru en tout plus de 270 migrants en Méditerranée centrale, dans le cadre de trois opérations de sauvetage menées depuis vendredi par le Sea Watch 3. Ainsi vendredi matin ils ont récupéré 93 migrants qui se trouvaient dans les eaux internationales au sud de l’île italienne de Lampedusa. Puis le bâtiment a porté assistance à deux bateaux gonflables en détresse pendant la nuit et tôt le matin en ce samedi de Noël..

 

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