Des préoccupations ont été soulevées concernant l’apparition de plusieurs cas présumés de tuberculose parmi des détenus de la prison de haute sécurité de type F d’Adana. Au moins quatre prisonniers, dont le partisan du TKP/ML et prisonnier politique Ünal Yiğit, présenteraient des symptômes de la maladie après la découverte de lésions pulmonaires, mais l’accès aux examens et aux traitements médicaux serait entravé par certaines pratiques dites de sécurité, notamment l’imposition de fouilles buccales avant les transferts à l’hôpital. Cette situation alimente les inquiétudes sur la propagation possible de la maladie dans l’établissement et sur les conditions sanitaires en détention.
La justice britannique a confirmé l’abandon des poursuites pour « infraction terroriste » visant le rappeur nord-irlandais Mo Chara, membre du groupe Kneecap, accusé d’avoir brandi un drapeau du Hezbollah lors d’un concert à Londres en 2024. L’affaire avait déjà été classée en 2025 en raison d’un vice de procédure, le délai légal d’inculpation ayant été dépassé d’un jour, et la Haute Cour a désormais rejeté l’appel du parquet. L’artiste a dénoncé une tentative injustifiée de le présenter comme un terroriste et une procédure assimilée à une chasse aux sorcières par sa défense. Connu pour ses prises de position politiques, notamment en soutien à la Palestine et contre la présence britannique en Irlande du Nord, le groupe a vu plusieurs concerts annulés et une tournée nord-américaine abandonnée dans le contexte de cette affaire.
Parallèlement, Kneecap a annoncé rejoindre le convoi humanitaire international « Nuestra America » à destination de Cuba, destiné à acheminer nourriture, médicaments et fournitures essentielles vers l’île frappée par une grave crise économique en raison du blocus états-unien. Le convoi, organisé par une coalition internationale de mouvements et de personnalités publiques, doit converger à La Havane le 21 mars afin de dénoncer les effets de la politique de l’administration Trump et d’apporter une aide matérielle à la population cubaine.
Dix militants liés aux organisations Mazdoor Adhikar Sangathan, FACAM et bsCEM auraient été enlevés par des forces de police et de renseignement à Delhi les 12 et 13 mars, et restent introuvables depuis deux jours. Selon les informations diffusées par leurs soutiens, sept arrestations auraient eu lieu près du campus nord de l’Université de Delhi et trois dans d’autres quartiers, les personnes étant emmenées dans des véhicules blindés sans notification officielle. Cette opération s’inscrirait dans un contexte de répression croissante contre ces organisations, déjà ciblées après des manifestations contre la pollution de l’air en novembre dernier, au cours desquelles des étudiants avaient été arrêtés et auraient subi des mauvais traitements (voir notre article). La disparition de ces dix militants suscite des appels à révéler immédiatement leur lieu de détention et à garantir leur libération, face aux inquiétudes concernant leur sécurité.
Le prisonnier républicain Seán McVeigh, détenu à la prison de Maghaberry en Irlande du Nord, s’est vu refuser une libération temporaire pour raisons humanitaires après la mort soudaine de la mère de sa fille, alors qu’il est désormais son seul parent. L’administration pénitentiaire a rejeté la demande sans tenir compte de la situation familiale, allant jusqu’à mentionner à tort dans sa réponse que la requête concernait un « renouvellement de vœux de mariage ». La décision a été contestée en urgence devant la justice, mais le recours a également été rejeté par un juge impliqué dans le procès d’autres accusés liés à l’affaire, ce qui alimente les accusations de partialité.
Une manifestation contre le racisme, les fascistes et les violences d’État est organisée le 14 mars à Toulouse dans le cadre d’une journée nationale de mobilisation dans plus de 100 villes. Initialement prévue dans le centre-ville, la marche a été contrainte de modifier son parcours après la décision de la préfecture de la Haute-Garonne d’interdire tout rassemblement revendicatif dans l’hypercentre de samedi midi à dimanche minuit. Les autorités utilisent de nombreux prétextes fallacieux pour justifier leur choix. Les organisateurs dénoncent de leur côté une décision visant à éloigner la mobilisation du cœur de la ville et à réduire sa visibilité, la manifestation se déroulant finalement au départ du métro des Arènes à 14H30.
À partir de la rentrée 2026, les collèges et lycées publics de Floride devront dispenser chaque année un cours obligatoire consacré à « l’histoire du communisme », présenté principalement sous l’angle de ses « crimes » et de ses « dangers ». Soutenu par des organisations conservatrices proches de la droite états-unienne, le programme vise explicitement à renforcer l’adhésion des élèves au capitalisme et aux principes du « libre marché », tout en valorisant le patriotisme et l’image des États-Unis comme modèle politique. Le contenu prévu présente notamment le maccarthysme comme un combat légitime contre le communisme, associe socialisme et communisme comme une même menace idéologique et affirme que ces idées auraient infiltré divers mouvements politiques ou sociaux. Cette orientation s’inscrit dans une politique éducative plus large de l’État visant à limiter l’enseignement de thèmes liés aux inégalités raciales, au genre ou à la diversité.
La détention de Gabriela Gallardo, militante du Mouvement Guévariste Terre et Liberté emprisonnée depuis mai 2022 alors qu’elle souffre d’une tumeur cérébrale nécessitant un suivi médical spécialisé, constitue une grave violation des droits humains. Bien qu’une ordonnance de remise en liberté pour raison médicale lui ait été accordée en août 2022 au motif que son maintien en prison mettait sa vie en danger, cette mesure a été annulée en octobre 2024 sans amélioration de son état de santé. Depuis, elle a été transférée entre plusieurs établissements pénitentiaires, le dernier étant la prison Guayas n°2 à Guayaquil, marquée par la surincarcération, les violences et les crises sanitaires. Privée d’un accès régulier aux soins nécessaires, sa santé se serait fortement détériorée : perte de dents faute de soins, opération d’urgence pour une hernie et interruptions répétées de son traitement. Sa détention se prolonge en outre sans jugement définitif, son audience d’appel étant repoussée depuis près de deux ans.
Le rappeur libanais Jaafar Touffar a été arrêté le 12 mars par les renseignements militaires après avoir publié une vidéo critiquant le président et le Premier ministre pour leur attitude jugée conciliante envers les États-Unis et Israël dans le contexte de l’agression militaire israélienne du Liban. Convoqué par téléphone sans explication officielle, l’artiste s’est présenté à une caserne où il a été placé en détention. Connu depuis 2008 pour un rap mêlant folklore libanais et messages politiques, notamment en soutien à Georges Abdallah, il dénonçait dans sa vidéo la passivité du gouvernement face au conflit. Une coalition d’organisations de défense de la liberté d’expression a condamné l’arrestation, soulignant qu’il s’agit d’une atteinte aux droits fondamentaux et d’un usage abusif de la justice militaire contre des civils. Un autre critique du gouvernement, l’influenceur pro-résistance Ali Berro, a également été arrêté récemment et reste détenu.
Un rassemblement est appelé le 18 mars à 18h30 au métro Jeanne-d’Arc à Toulouse à l’initiative de 25 organisations, syndicats et collectifs locaux, à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques. Les organisateurs dénoncent l’emprisonnement de militants à travers le monde (notamment en Palestine, en Turquie, au Maroc, en Europe ou aux États-Unis) en raison de leur engagement politique dans des luttes sociales, anticoloniales, antifascistes, écologistes, féministes, anarchistes ou encore communistes. Ces détentions s’inscrivent dans une tendance à la criminalisation des mouvements contestataires et à une radicalisation autoritaire des États, visant à intimider et isoler les militants.
En Suisse, le Conseil des États a approuvé plusieurs motions visant à renforcer les capacités de surveillance, notamment par l’extension des écoutes téléphoniques ciblées. Jusqu’à présent, ces interceptions ne sont autorisées que dans des affaires liées au terrorisme, à la prolifération nucléaire ou aux attaques contre des infrastructures critiques. Les nouveaux textes proposent d’inclure également l’« extrémisme violent » parmi les motifs permettant de recourir à ces mesures. Les propositions ont été justifiées par certains élus après des affrontements lors d’une manifestation à Berne en octobre 2025, impliquant notamment des manifestants pro-palestiniens et la police. Le projet doit désormais être examiné par le Conseil national.