À Villepinte, une manifestation organisée par la coalition antimilitariste Guerre à la Guerre contre le salon international de l’armement Eurosatory a été dispersée par les forces de l’ordre et les services de sécurité de l’événement. Néanmoins, celle-ci a pu bloquer l’entrée principal de l’événement durant une quinzaine de minutes. Les manifestants dénonçaient notamment la présence d’entreprises israéliennes et la complicité des États et industriels de l’armement dans les guerres et les génocides à travers le monde. Les participants ont été nassés durant plusieurs heures, puis verbalisés et/ou embarqués pour des vérifications d’identité. La Legal Team Antiraciste appelle à contester les sanctions en les contactant.
Joy, 34 ans, l’une des trois militantes connues sous le nom de « KS3 », est détenue à la prison de Bronzefield depuis son arrestation en avril après une action contre l’entreprise Keysight Technologies, fournisseuse des équipements utilisés par l’armée états-unienne et l’industrie militaire israélienne. L’action aurait causé 2,4 millions de livres de dégâts.
Joy a été placée à l’isolement après avoir dénoncé le traitement réservé à une détenue souffrant de troubles psychiques. Elle a également été privée de médicaments prescrits et victime de comportements humiliants de la part d’une surveillante pénitentiaire.
À Bruxelles, un rassemblement de soutien à Karim, figure du milieu associatif et culturel bruxellois ainsi que fondateur d’un média de rue, est appelé devant le palais de justice le 19 juin. Selon ses soutiens, il a subi des violences policières lors de son interpellation les 7 et 8 juin ainsi que durant sa détention.
Malgré ces accusations de violences policières, Karim fait l’objet de poursuites pour cinq infractions et son matériel audiovisuel a été saisi. Ses soutiens dénoncent une inversion des responsabilités et une tentative de faire taire une voix engagée dans la mise en lumière des quartiers populaires et des luttes sociales de Bruxelles.
À Ajaccio, le secrétaire national du STC Educazione et vice-président de Scola Corsa, Jean-Pierre Luciani, a été placé en garde à vue le 16 juin après avoir tenté d’accéder au rectorat de Corse. Cette action s’inscrivait dans le contexte d’une mobilisation pour l’avenir de Scola Corsa, un réseau associatif d’écoles immersives en langue corse. Le rectorat l’accuse d’avoir cherché à s’emparer des clés du bâtiment et a déposé plainte pour des faits qualifiés de « vol avec violence ».
Le syndicaliste conteste toute violence et affirme que les images de vidéosurveillance démontrent l’absence d’agression. Cette interpellation intervient alors que les parents d’élèves de Scola Corsa multiplient les actions pour obtenir des garanties de l’État sur la pérennité de l’enseignement immersif en corse, notamment par une occupation de la préfecture de Haute-Corse et des rassemblements de soutien devant les commissariats de Bastia et d’Ajaccio.
En Turquie, Mehmet Acettin, cofondateur de l’agence de presse ETHA et défenseur des droits humains, a été de nouveau placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête visant la revue Marksist Teori. L’éditrice Nadiye Gürbüz a également été entendue, tandis que des mandats d’arrêt ont été émis contre plusieurs responsables de la publication. Selon le parquet d’Istanbul, la revue aurait servi à financer le Parti Communiste Marxiste-Léniniste (MLKP). Les médias et organisations visés dénoncent quant à eux une opération politique et une nouvelle offensive contre la presse d’opposition et les milieux marxistes en Turquie.
Les militants communistes Lidia et Diego, membres de la revue marxiste-léniniste Supernova, ont été placés en garde à vue après des perquisitions menées à leur domicile à Marseille le 16 juin 2026. Les forces de l’ordre ont saisi du matériel informatique, des ouvrages politiques et des documents militants. Une perquisition a également visé le centre culturel Ghassan Kanafani. Cette opération est liée à leurs engagements politiques en faveur de la Palestine et des luttes anti-impérialistes qu’ils développent depuis près de trente ans.
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En France, 49 personnes sont décédées en 2025 lors d’interventions de la police, de la gendarmerie ou de la police municipale selon le média Basta. Les décès résultent principalement de tirs par arme à feu, mais aussi de poursuites liées à des refus d’obtempérer, d’interpellations ou de situations impliquant des personnes en détresse psychique. Parmi les cas les plus marquants figurent la mort de Bilal, décédé à Toulouse après une intervention de la police municipale, ainsi que celle de Faara Tournier en Kanaky, Kanak tué par un tir de gendarme. Ces décès s’inscrivent dans un contexte où plus d’une vingtaine de morts liées à des interventions des forces de l’ordre ont déjà été recensées au cours des cinq premiers mois de 2026.
Dans ce cadre, le comité invite les soutiens à organiser des collectes de fonds, ateliers contre la répression, séances d’écriture de lettres, collages d’affiches ou déploiements de banderoles. La campagne vise à maintenir la solidarité autour de Jakhi McCray alors que sa procédure judiciaire se poursuit.
La Cour d’appel britannique a confirmé l’interdiction de l’organisation Palestine Action et annulé une précédente décision de la Haute Cour qui jugeait cette mesure illégale. Cette décision maintient la possibilité de poursuites contre les quelque 3 000 personnes arrêtées dans le cadre des actions et mobilisations liées au mouvement. Elle renforce également l’usage des dispositifs antiterroristes contre des militants poursuivis pour des actions de désobéissance civile visant principalement des entreprises d’armement liées à Israël. Plusieurs activistes risquent désormais d’être condamnés avec une « connexion au terrorisme », bien qu’ils n’aient pas été reconnus coupables d’infractions terroristes.
«Ceci n’est pas une défaite. Palestine Action a été si efficace dans la perturbation de l’industrie des armements israélienne, que l’État a déployé toute sa puissance contre nous. En agissant ainsi, ils ont exposé la manière dont ils privilégient le régime sioniste au détriment de ses propres citoyens. Tant que nous continuerons à résister, nous aurons gagné », a réagi Huda Ammori, cofondatrice du mouvement.
Perihan Atmaca et Ali Aycen, arrêtés le 3 janvier à Patras pour avoir, selon les autorités grecques, aidé des militants révolutionnaires, ont été remis en liberté à l’issue de leur procès le 15 juin. Le tribunal de Patras les a condamnés à trois ans de prison, soit la peine minimale prévue, tout en ordonnant leur libération. Lors de l’audience, soutenue par plusieurs organisations de la gauche grecque et des observateurs venus de différents pays européens, les deux prévenus ont rejeté les accusations de trafic d’êtres humains. Ils ont défendu la légitimité de la solidarité avec les militants engagés contre le fascisme et l’impérialisme, affirmant que cette solidarité ne saurait constituer un crime.