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Albanie : Une militante turque réfugiée en France arrêtée, une procédure d’extradition examinée

Jülide Yazıcı, militante politique turque et réfugiée politique en France, membre de l’Union pour la reconstruction communiste (URC) et collaboratrice de la revue Teori ve Politika (Théorie et Politique), a été arrêtée le 4 août à l’aéroport international de Tirana, en Albanie. Les autorités albanaises examinent une demande d’extradition transmise par la Turquie dans le cadre d’une notice Interpol. Ses soutiens dénoncent cette procédure politique et alertent sur les risques de torture et de traitements inhumains en cas de renvoi vers la Turquie.

RDC : Évasion massive à la prison de Luebo, plus de 50 détenus en fuite

La totalité des détenus de la prison de Luebo, dans la province du Kasaï de la République Démocratique du Congo, se sont évadés dans la nuit du 30 au 31 juillet, laissant la prison entièrement vide. L’opération a été soigneusement préparée et pourrait avoir bénéficié de complicités au sein des services de sécurité. Les fugitifs ont forcé une porte sans ouvrir les cadenas et emporté trois armes, tandis que les gardiens ont quitté les lieux.

Inde : Trois maoïstes recherchés arrêtés

Trois membres présumés de la guérilla maoïste, recherchés dans le Jharkhand et le Bengale-Occidental, ont été arrêtés lors d’une opération conjointe de la police de Seraikela-Kharsawan et de la CRPF, force paramilitaire fédérale indienne. Madan Mahato, Ravi Sardar et l’épouse de ce dernier, Meena Pahariya, faisaient l’objet de primes de recherche cumulées de 22 lakhs de roupies (environ 25 000 dollars). Plus de 50 affaires seraient enregistrées contre eux. Les autorités les accusent notamment de recrutement, de planification d’attaques et de soutien logistique aux activités maoïstes dans plusieurs districts des deux États.

Les arrestations ont été menées dans plusieurs localités à partir de renseignements recueillis par les forces de sécurité. Selon la police, un fusil AK-47, un pistolet, des munitions, d’autres armes et des documents liés aux activités maoïstes ont été saisis. Les trois personnes sont actuellement interrogées.

Italie : Mille euros d’amende pour une banderole antifasciste

À Mantoue, deux militantes du collectif antispeciste No Food No Science ont été condamnées à deux amendes de 500 euros chacune, soit 1 000 euros au total, pour avoir brièvement accroché le 28 mars devant la préfecture de police une banderole portant le message « Free Maja – Free all antifas », lors d’une mobilisation antifasciste contre un rassemblement d’extrême droite. Les militantes ont été suivies et surveillées par la police, tandis que celle-ci les ont empêchées d’accrocher une seconde banderole.

Turquie : Mort d’un jeune prisonnier Kurde après des blessures en détention

Özcan Aksu, un jeune Kurde arrêté le 22 juin 2026 à Istanbul et placé en détention provisoire à la prison de Marmara (Silivri), est décédé le 5 juillet à l’hôpital de Bakırköy, douze jours après son incarcération. Sa famille affirme avoir constaté de nombreuses blessures lors d’une visite le 26 juin : visage tuméfié, œil gonflé, lèvre blessée, saignements et blessure au bras. Elle dit avoir découvert d’autres lésions sur son corps après son décès. La cause officielle de la mort et les circonstances exactes des blessures n’ont pas été établies publiquement.

La famille et les avocats d’Aksu, soutenus par des organisations de défense des droits humains, demandent une enquête indépendante sur de possibles actes de torture et retards dans sa prise en charge médicale. Une plainte pénale a été déposée, avec des demandes d’expertise médico-légale indépendante, de conservation des dossiers et des images de vidéosurveillance, ainsi que d’audition des policiers, gardiens et personnels médicaux concernés.

Syrie : Le journaliste kurde Ahmet Polad détenu depuis 200 jours, la solidarité s’amplifie

Le journaliste Ahmet Polad, membre de l’Union de la presse libre du Rojava (YRA) et collaborateur notamment de l’agence de presse ETHA, d’Özgür TV et de Perspektive Online, est détenu depuis 200 jours après avoir été enlevé le 18 janvier 2026 à Raqqa avec la journaliste allemande Eva Maria Michelmann. Les deux journalistes, qui couvraient depuis plusieurs années la situation au Rojava, avaient trouvé refuge dans un centre de jeunesse lors d’attaques menées par des milices djihadistes. Ils ont alors été arrêtés par des forces liées au gouvernement syrien, transférés dans un lieu inconnu et privés de toute information jusqu’en avril. Un ancien détenu ayant affirmé avoir vu Ahmet dans la prison d’Alep a révélé leur détention. Eva Maria Michelmann a finalement été libérée le 19 juin et a pu regagner l’Allemagne.

Depuis, Ahmet Polad reste détenu sans accès à sa famille, à son avocat ou aux organisations internationales comme la Croix Rouge. Son avocat à Damas a été empêché de le rencontrer et a été menacé après que les autorités ont refusé de reconnaître officiellement sa détention. Des témoins rapportent qu’Ahmet a subi des blessures lors de sa détention, faisant craindre pour sa vie. Sa campagne de soutien accuse les autorités de Damas de maintenir des disparitions forcées et des détentions arbitraires visant notamment des journalistes. Elle appelle à la mobilisation pour exiger sa libération ainsi que celle des 628 personnes actuellement portées disparues ou détenues par le régime de Damas à la suite des affrontements du début d’année au Rojava. À l’occasion de son 200ᵉ jour de détention, plusieurs initiatives de solidarité ont été organisées dans différents pays européens, notamment en Belgique, devant l’Association des journalistes professionnels à Bruxelles, et en France, dans les rues de Toulouse, par des sections membres du Secours Rouge International.

Corée du Sud : Huit militants étudiants arrêtés après une action contre une base militaire étatsunienne

Huit membres du Syndicat progressiste des étudiants universitaires coréens (KPUSU) ont été interpellés après une manifestation contre la présence militaire étatsunienne devant la base aérienne de K-55 Osan à Pyeongtaek, au sud de Séoul. Six militants avaient pénétré dans l’enceinte de la base en scandant des slogans appelant au retrait des Etats-Unis du pays, tandis que deux autres avaient été arrêtés à l’entrée. D’abord retenus par les Forces des États-Unis en Corée (USFK), ils ont ensuite été remis à la police sud-coréenne pour enquête.

Le groupe affirme que l’action visait à dénoncer l’influence américaine sur le projet de transformation de l’aéroport de Gwangju en pôle majeur de production de semi-conducteurs. Ce projet nécessite des discussions avec Washington car l’aéroport est également une base aérienne à usage conjoint américano-sud-coréen, permettant aux forces étatsuniennes de se déployer rapidement en cas d’urgence. Toute modification de cette installation militaire doit donc être coordonnée avec les États-Unis dans le cadre de l’accord bilatéral de défense.

Italie : La détention d’un militant anarchiste confirmée après une opération antiterroriste

Le juge des libertés et de la détention de Bologne a confirmé le maintien en détention de Pietro Rosetti, arrêté lors de l’opération contre le mouvement anarchiste du 16 juin. Alors que les autres personnes interpellées dans cette affaire ont été libérées, Pietro reste incarcéré à la prison de Terni sous un régime de haute sécurité. Il est poursuivi pour une infraction liée au « terrorisme de la parole », introduite récemment dans le Code pénal italien, sur la base de brochures saisies lors d’une perquisition. Les avocats de Pietro ont annoncé des recours devant la Cour de cassation et une demande de réexamen de la mesure de détention. Des collectifs anarchistes appellent à maintenir la mobilisation, les actions de solidarité et à lui écrire à cette adresse :

Pietro Rosetti
C.C. di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

Allemagne : Une veillée à Cologne en soutien aux prisonniers politiques en Turquie

La 146ᵉ veillée organisée à Cologne a été consacrée aux maires, députés et militants politiques détenus en Turquie. Les participants ont notamment attiré l’attention sur les situations d’Ekrem İmamoğlu, Figen Yüksekdağ, Selahattin Demirtaş, Can Atalay et de nombreux autres prisonniers politiques, en appelant à leur libération. Plusieurs intervenants ont pris la parole. Les organisateurs affirment vouloir poursuivre leur mobilisation malgré les menaces et les messages haineux reçus sur les réseaux sociaux, afin de maintenir la pression en faveur des libertés politiques et des droits humains.

Turquie : Plusieurs militantes socialistes libérées après des mois d’emprisonnement

Cemre et Medine, deux militantes socialistes arrêtées lors d’une opération visant des organisations de gauche avant le sommet de l’OTAN à Ankara, ont été libérées. A leur sortie, elles ont souligné leur détermination à poursuivre la mobilisation contre la répression politique et pour obtenir la libération des autres militants encore incarcérés.

Par ailleurs, Canan Kaplan (à droite sur la photo), coprésidente de la Fondation pour la recherche sur la science, l’éducation, l’esthétique, la culture et l’art (BEKSAV), a été remise en liberté lors de la deuxième audience de son procès à Istanbul. Arrêtée en février dans le cadre d’une vaste opération visant le Parti Socialiste des Opprimés (ESP) et différentes organisations progressistes et révolutionnaires, elle était accusée en raison de ses activités culturelles et artistiques au sein de BEKSAV, que les autorités présentent comme liée à une organisation interdite. De son côté, la militante a affirmé que « BEKSAV a fait l’objet de telles accusations en raison de sa position politique et de son identité socialiste. Nous participons aux résistances ouvrières, nous montons sur scène pour les celebrations de Newroz. Participer à ces événements n’est pas un crime. Je ne crois pas que l’on puisse commettre un crime par le biais de l’art ». Le tribunal a ordonné sa libération malgré la demande du parquet de maintenir sa détention.

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