Une cour d’appel fédérale a autorisé l’entrée en vigueur de l’Arkansas Act 372, une loi qui permet de poursuivre pénalement les bibliothécaires et les libraires accusés de mettre à disposition de mineurs des ouvrages jugés « préjudiciables », sans que ces notions soient clairement définies. Toute personne, y compris hors de l’Arkansas, pourra contester la présence d’un livre dans une bibliothèque ou une librairie. Les professionnels risquent jusqu’à un an de prison, la simple présence d’un ouvrage sur une étagère, sa mise en avant ou sa recommandation pouvant être assimilées à une « diffusion ». Adoptée en 2023, la loi avait été suspendue puis partiellement déclarée inconstitutionnelle en 2025 avant que la cour d’appel ne rétablisse son application le 30 juillet 2026. Les organisations de défense des libertés civiles et de la liberté d’expression dénoncent un texte favorisant l’autocensure et visant en particulier les ouvrages traitant des questions LGBTQIA+ ou d’autres sujets étant la cible de larges attaques par différentes forces réactionnaires et fascistes. Par ailleurs, elles craignent que cette décision ne serve de précédent à l’adoption de mesures similaires dans d’autres États américains.
Près de deux ans après l’ouverture d’un « processus pour la paix et la société démocratique » avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le gouvernement turc a déposé le 5 août au Parlement une « loi-cadre » destinée à encadrer le désarmement de l’organisation et le retour des anciens membres de l’organisation, auto-dissoute en mai 2025 après l’appel de son leader emprisonné, Abdullah Öcalan. Présenté comme le socle juridique du processus, le texte ne prévoit pas d’amnistie générale, mais un examen individuel pouvant conduire à la suspension des enquêtes, des procès ou de l’exécution des peines pour les personnes poursuivies pour des activités liées au PKK. Le dispositif s’applique aux infractions liées à l’organisation, mais exclut notamment les « homicides volontaires » commis dans le cadre de ses activités ainsi que certaines condamnations à la réclusion à perpétuité ou à la perpétuité aggravée, en particulier pour des faits antérieurs au 1er juin 2005. Les bénéficiaires, y compris ceux résidant à l’étranger, devront déposer une demande dans les six mois suivant l’entrée en vigueur de la loi.
Le projet est aussi critiqué pour le rôle central qu’il confie aux institutions sécuritaires de l’État. Son application dépendra d’abord d’une confirmation par le Conseil national de sécurité (MGK), l’instance réunissant les plus hautes autorités politiques, militaires et de renseignement du pays, que le PKK a effectivement cessé toute activité et remis l’ensemble de ses armes. La mise en œuvre sera ensuite supervisée par un conseil interministériel composé notamment des ministres de la Justice, de l’Intérieur, de la Défense, des Affaires étrangères, ainsi que du chef des services de renseignement (MIT), aux côtés d’une commission parlementaire. Les reports de poursuites ou de peines seront soumis à une période probatoire de cinq ou dix ans, durant laquelle toute nouvelle infraction entraînera la reprise des procédures ou l’exécution de la peine. Ces dispositions instaurent de fait une interdiction d’activité politique pour les anciens membres du PKK et vise en réalité davantage à contrôler et démanteler le mouvement kurde que favoriser une véritable « réconciliation ». Aucune disposition n’est prévue pour Abdullah Öcalan, dont la condamnation à la perpétuité aggravée prononcée avant 2005 le maintient de facto en dehors du dispositif, alors que sa libération est une revendication centrale du PKK et du mouvement kurde depuis des décennies.
Des militants, des défenseurs des droits humains et des représentants des peuples autochtones ont entamé une grève de la faim à San Salvador pour dénoncer les projets destructeurs pour les territoires, notamment l’exploitation minière, les travaux au sein de la forêt d’El Espino et d’autres projets d’aménagement. Ils demandent également la libération des personnes détenues dans le cadre du régime d’exception. Cette mobilisation fait suite à plusieurs mois de veillées et d’actions de sensibilisation, les manifestants dénonçant l’absence de réponse des autorités.
Le Comité de solidarité antifasciste de Budapest à Leipzig a publié un document à propos des aveux des six militants antifascistes jugés à Düsseldorf pour des affrontements avec des néonazis lors de la « Journée d’honneur » à Budapest en février 2023. D’autres déclarations ont été diffusées à ce sujet, en particulier sur Indymédia, ici ou encore ici, là et là. Le 14 juillet 2026, les accusés ont reconnu leur participation aux faits, tout en défendant politiquement leur engagement antifasciste et en contestant l’accusation de tentative de meurtre portée par le parquet fédéral allemand. La plupart d’entre eux, originaires de Iéna, ville associée à l’histoire du réseau néonazi NSU, ont expliqué leur parcours militant et refusé de renier leurs convictions. Le comité estime que ces déclarations peuvent constituer un outil politique permettant de replacer le procès dans son contexte et de défendre la légitimité de l’antifascisme, tout en soulignant les débats stratégiques et éthiques qu’elles soulèvent. Il critique toutefois le manque d’implication des structures de solidarité dans la préparation de la stratégie judiciaire et appelle à renforcer les liens entre militants, accusés et collectifs de soutien. Tout en reconnaissant les divergences internes sur les pratiques antifascistes, le comité réaffirme sa solidarité avec les inculpés.
Pranab Doley, défenseur des droits des peuples autochtones et coordinateur du Greater Kaziranga Land and Human Rights Protection Committee, a été arrêté le 12 juillet 2026 dans l’État d’Assam après avoir contesté un projet d’hôtel de luxe près du parc national de Kaziranga. Il est poursuivi dans le cadre d’une affaire liée à une mobilisation contre la construction d’un complexe hôtelier cinq étoiles du groupe Hyatt, prévu sur des terres importantes pour les communautés locales et l’écosystème, notamment comme corridor pour les éléphants.
79 prisonniers politiques seraient actuellement détenus dans des établissements relevant du Bureau of Corrections (BuCor), l’administration pénitentiaire philippine chargée de la gestion des prisons nationales, dont 45 à la prison de New Bilibid (NBP) à Muntinlupa. Les détenus concernés contestent les transferts en cours vers d’autres établissements, décidés par le BuCor dans le cadre du projet de fermeture progressive de la NBP d’ici 2028 et de transformation du site en zone commerciale.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent des transferts de ces prisonniers, majoritairement des paysans et des militants engagés dans des luttes sociales, qui perturbent les liens de soutien avec leurs familles et leurs collectifs. Elles accusent également le BuCor de privilégier un projet immobilier au détriment d’une véritable réponse aux problèmes de surpopulation carcérale et de détention politique.
Plusieurs militants socialistes arrêtés dans le cadre de l’opération de répression politique du 3 février 2026 ont été libérés après leur première audience devant le tribunal correctionnel d’Istanbul. Parmi eux figurent Hivda Selen, membre du comité central de la SGDF (Fédération des associations de jeunesse socialiste), Onur Mete et Ruşa Sabur, du Grup Vardiya et du centre culturel BEKSAV, ainsi qu’Uğur Ok, vice-président de l’ESP (Parti socialiste des opprimés), Süleyman Horoz, Aytaç Sarıkaya et Levent Tuncaloğlu, militants de l’ESP. Ils étaient poursuivis pour leur participation à des activités politiques, artistiques, syndicales ou commémoratives.
La militante trans socialiste Eylem Sıla Bayram, arrêtée pour avoir voulu déposer un œillet à Kazancı Yokuşu en hommage aux victimes du 1er Mai 1977 à Istanbul, a également été libérée. Cette date fait référence au massacre de la place Taksim, où des dizaines de milliers de personnes réunies pour la Journée internationale des travailleurs avaient été prises pour cible par des tireurs non identifiés, provoquant la mort de 34 personnes et marquant durablement la mémoire du mouvement ouvrier et de la gauche turque. La SGDF, l’ESP, BEKSAV et les autres organisations concernées ont salué ces libérations et demandé l’abandon des poursuites visant les dizaines de militants socialistes encore détenus.
Yeni Demokrat Kadın (YDK) et Ankara Pride ont lancé une campagne de soutien à Duru, une jeune militante trans de YDK emprisonnée en raison de son engagement contre l’OTAN et en faveur des droits des personnes LGBTQIA+, des campus universitaires aux rues d’Ankara. Les organisations appellent à lui envoyer des lettres afin de lui témoigner leur soutien en contactant directement Ankara Pride. De son côté, la militante trans Duru a fait parvenir une lettre soulignant son engagement à poursuivre la lutte.
Quand je me dis qu’il ne me reste plus rien à écrire, je réalise que mon crayon ne s’arrête jamais. Vous m’avez tellement, tellement manqué. Il paraît que vous continuez à faire vivre [les choses] à l’extérieur. Je vous entends toutes et tous, et je suis fière de nous. Une fois de plus, beaucoup de nos ami·e·s ont été assassinés à cause de la bassesse de cette vie, de ce système. Je suis tellement triste. Comme je l’avais déjà dit dans ma lettre précédente, lubunya [terme queer/LGBTQIA+ désignant les hommes gays perçus comme efféminés et les femmes trans] : nous avons une promesse. Nous allons secouer ce monde jusque dans ses fondations. Pour notre Hande, notre Çağla, notre Poyraz. Nous sommes en colère, et tellement. En nous dirigeant vers le 20 novembre, nous ne ferons pas que vivre notre deuil. Nous ne disparaîtrons pas à cause de votre haine. La malédiction des personnes trans que vous avez massacrées pèse sur vous. .. Nous avons encore tant de gullüm [moments de joie/fous rires queer] à faire vivre, de vélos à enfourcher et de luttes à mener. N’oublie pas, lubunya, nous sommes le remède les un·e·s des autres. Ayez confiance en vous, en votre force. Et n’oubliez pas, si quelqu’un doit détruire ce monde, ce sont les pédés qui le détruiront ! Je serre fort vos beaux cœurs dans mes bras. Je vous aime.
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La Commission européenne poursuit les négociations d’un accord de coopération policière entre Europol et Israël, malgré des réserves juridiques du Conseil de l’UE. Le projet prévoit d’élargir les échanges de données personnelles et d’informations criminelles avec les autorités israéliennes, y compris pour des activités menées à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, une disposition jugée contraire au droit européen et international par le service juridique du Conseil, car elle reviendrait à reconnaître de facto l’application de l’accord aux territoires occupés depuis 1967.
Selon des documents révélés par Statewatch, la Commission a dépassé le mandat de négociation qui lui avait été confié et mené les discussions sans informer pleinement les États membres entre 2018 et 2022. Bien que le processus ait été gelé après les objections du Conseil, des échanges avec les autorités israéliennes se sont poursuivis jusqu’en 2026. L’accord, en négociation depuis 2021, vise à permettre des transferts de données personnelles entre Europol et les services israéliens dans les domaines du terrorisme et de la criminalité organisée.
La direction de Sciences Po Paris a mis en place des méthodes de surveillance ciblant des étudiants engagés dans les mobilisations de soutien à la Palestine. Dans une enquête récemment publiée, Médiapart révèle que des étudiants ont été suivis sur les réseaux sociaux, photographiés à leur insu et identifiés grâce à leurs vêtements ou accessoires, tandis qu’un responsable de la vie étudiante a utilisé un faux compte sur les réseaux sociaux. Au total, 48 étudiants ont fait l’objet d’une enquête disciplinaire depuis 2024, dont 13 suspendus à titre conservatoire, la plupart ayant ensuite été réintégrés. L’enquête évoque également l’utilisation de données personnelles et de contenus extérieurs dans certaines procédures disciplinaires, notamment des photos issues de comptes Instagram ou d’un documentaire tourné en caméra cachée.