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Articles

Italie : Dix détenus poursuivis après une révolte dans une prison

Dix détenus seront entendus par un juge après la révolte survenue dimanche à la prison de Capodimonte à Bénévent. Poursuivis pour révolte et dégradations, ils ont été placés sous mandat d’arrêt avant d’être maintenus en détention en raison d’autres condamnations en cours. À la suite des incidents, dix prisonniers ont également été transférés vers d’autres établissements.

France : Procès pour l’éborgnement de Jérôme Rodrigues et indemnisation d’un Gilet jaune blessé

Huit ans après les faits, le policier soupçonné d’avoir lancé la grenade ayant grièvement blessé Jérôme Rodrigues lors d’une manifestation des Gilets jaunes en janvier 2019 sera jugé devant la cour criminelle de Paris du 28 juin au 2 juillet 2027 pour violences volontaires ayant entraîné une mutilation. Les juges ont écarté la légitime défense.

Par ailleurs, le tribunal administratif de Nantes a condamné l’État à indemniser à hauteur de 11 500 € un manifestant blessé par un tir de LBD lors d’une manifestation de décembre 2018. La justice a retenu que ses fractures du crâne et de l’orbite étaient compatibles avec un tir des forces de l’ordre, engageant la responsabilité de l’État.

Anvers : Le président de la FGTB sanctionné après une manifestation de soutien à la Palestine

Le président de la FGTB, Bert Engelaar, a reçu une sanction administrative communale de la Ville d’Anvers après sa participation à une manifestation en soutien à la Palestine le 29 juin 2026. Il conteste cette décision, affirmant n’avoir commis aucune infraction. Il dénonce une sanction visant l’exercice du droit fondamental de manifester et annonce vouloir engager des recours juridiques. Bert Engelaar affirme également avoir été victime de violences lors de l’intervention policière pendant la manifestation, évoquant des coups reçus et des images montrant une intervention qu’il juge disproportionnée.

Inde : Création d’une organisation au Telangana pour la libération des prisonniers politiques

Un Forum uni pour la libération des prisonniers politiques du Telangana a été créé afin de demander la libération des prisonniers politiques, notamment celles accusées de liens avec le mouvement maoïste. Coordonné par le professeur Haragopal et soutenu par plusieurs organisations, avocats et intellectuels, le forum réclame l’abandon des poursuites jugées abusives, l’abrogation de la loi antiterroriste UAPA (Unlawful Activities Prevention Act) et la libération immédiate des prisonniers politiques. Il souligne que près de 90 % des personnes emprisonnées dans des affaires liées au maoïsme seraient des Adivasis, une population autochtone durement réprimée.

Plusieurs cas individuels sont mis en avant : Moola Devender Reddy, âgé de plus de 60 ans, détenu à Jagdalpur et ayant presque perdu la vue ; Kartam Joga, paralysé et hospitalisé à Chanchalguda ; Gangadhar Rao, âgé de plus de 75 ans, détenu depuis plus de quatre ans sans procès ; Shiva Reddy et Admal de Poovarthi, incarcérés depuis douze ans comme prévenus ; Kamala et Rajitha, détenues respectivement depuis trois et quatre ans à la prison pour femmes de Chanchalguda. Le forum mentionne aussi Innaiah, militant de Bharat Bachao détenu sous UAPA, malgré des problèmes de santé et le décès de ses deux parents pendant son incarcération, ainsi que Sanjay Deepak Rao, détenu depuis plus de trois ans sans jugement.

La situation concerne également d’autres États : en Andhra Pradesh, environ 40 à 50 prisonniers seraient détenus dans plusieurs établissements, dont Sake Kalavathi (sept ans de détention et 55 affaires), Korra Nageswara Rao (40 affaires), Vantala Ramakrishna (45 affaires), Marri Valasa (25 affaires) et Korra Singru (20 affaires). Le forum cite aussi des détenus maintenus depuis de longues périodes dans le Madhya Pradesh, le Chhattisgarh, l’Odisha et ailleurs, notamment Surendra Gadling, avocat détenu sans libération sous caution depuis huit ans, ainsi que Omar Khalid et Sharjeel Imam, emprisonnés à Delhi depuis plus de cinq ans sans procès ni caution.

Maroc : La mobilisation continue en soutien aux prisonniers politiques Yasser Mounbir et Ashraf Bayoud

Âgé de 22 ans, l’artiste Yasser Mounbir (à droite sur la photo) est poursuivi après avoir publié des dessins dénonçant notamment l’injustice sociale, la pauvreté et la répression politique. Ces poursuites constituent une criminalisation de l’expression artistique et s’inscrivent dans un contexte de restrictions croissantes visant les voix critiques, journalistes, militants et artistes. Il est accusé d’outrage à une institution constitutionnelle et d’outrage à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions. Sa prochaine audience est prévue le 4 août 2026.

Par ailleurs, Ashraf Bayoud, connu pour ses vidéos critiques envers le régime, a été placé en détention après sa présentation devant le procureur du Roi. Selon ses proches, les accusations retenues contre lui n’étaient toujours pas connues au moment de son placement en détention. Son audience doit se tenir le 6 août prochain.

USA : Appel à une grève nationale des prisonniers du 1er mai au 19 juin 2027

Jailhouse Lawyers Speak appelle à une grève nationale des personnes détenues du 1er mai au 19 juin 2027, sous le mot d’ordre « From May Day to Juneteenth: We Refuse to Slave » (« Du 1er mai au 19 juin : Nous refusons l’esclavage »). La campagne prévoit notamment des arrêts de travail, des ralentissements de la production et un boycott des achats en cantine. Elle s’articule autour de trois revendications principales : l’abolition de l’exception du 13e amendement autorisant le travail forcé des personnes condamnées, le rétablissement du droit de vote des personnes détenues ou anciennement condamnées, et la libération des prisonniers politiques. L’organisation appelle également les soutiens extérieurs à relayer l’appel dans les prisons, à publier les témoignages de personnes détenues, à faire pression sur les responsables politiques et à documenter les éventuelles mobilisations ou représailles pendant la période de grève.

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Turquie : Emprisonné, le Dr Barış Kaya dénonce des violences policières

Le Dr Barış Kaya, emprisonné depuis le 26 juin 2026 dans le cadre d’une vaste opération policière, affirme être poursuivi en raison de son engagement en faveur d’un accès gratuit aux soins. En 2025, il a déjà été poursuivi pour de tels motifs. Dans une lettre écrite depuis la prison de Marmara, il dénonce son arrestation, des violences policières durant sa garde à vue, ainsi qu’une tentative présumée des services de renseignement de le recruter comme informateur. Il assure également que plusieurs autres personnes interpellées dans la même affaire ont subi des mauvais traitements. Le médecin rejette les accusations portées contre lui et défend son activité auprès des populations les plus précaires, rappelant avoir notamment participé à des actions de solidarité pendant la pandémie de Covid-19 et après le séisme de Hatay. Il souligne que son incarcération fait partie d’une répression plus large contre les milieux révolutionnaires et progressistes, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre son engagement en faveur du droit à la santé et des libertés démocratiques.

Chers travailleurs de la presse, députés, collègues et notre peuple,

Je suis un médecin qui a été déclaré « terroriste » parce que je pratique la médecine pour le peuple et que je défends le droit du peuple à une santé gratuite. Je suis en détention depuis le 26 juin dans le cadre d’un dossier forgé de toutes pièces lors des opérations de l’OTAN. Je souhaite vous faire part du processus de garde à vue et d’arrestation. Le mardi 23 juin, alors que je me rendais à la Chambre des médecins d’Istanbul, on m’a fait descendre de force de mon véhicule en me disant : « Il manque une déposition, tu viens avec nous ». Bien que j’aie dit : « Si je dois faire une déposition, je me rendrai moi-même à la police ou au procureur ; il n’est pas nécessaire de me barrer la route ainsi et d’essayer de m’emmener de force », cela n’a pas été pris en compte. J’ai été encerclé par 10 à 15 policiers et mis en garde à vue sous la torture. Ils m’ont jeté à terre de force, m’ont cogné le front contre le sol. J’ai subi la torture des menottes dans le dos. Ils ont serré les menottes sur mes poignets. Mes poignets ont gonflé, ont anduré des bleus et cela a provoqué des engourdissements dans mes mains. Des contusions et des écorchures sont apparues sur diverses parts de mon corps. Je suis resté 4 jours en garde à vue. Mes amis qui avaient été placés en garde à vue dans le cadre de la même enquête que moi ont également subi des tortures. Pour prendre leurs empreintes digitales, ils ont traîné nos amis sur le sol avec les menottes dans le dos. Ils ont déchiré leurs vêtements et leurs chaussures. Ils ont donné un coup de poing dans le nez d’Emir Karakum et l’ont fait saigner. Ils ont roué de coups de pied mes autres amis au sol. Ils ont essayé de casser leurs doigts et leurs bras. Le mercredi 24 juin, aux urgences de l’Hôpital de la Ville Okmeydanı Cemil Taşçıoğlu où nous nous étions rendus pour l’examen de garde à vue, parce que j’ai dénoncé les tortures de la police, ils nous ont insultés et sont intervenus contre le peuple qui réagissait à la torture. Toujours pendant la garde à vue, le mercredi 24 juin vers 17h00, on m’a traité comme un coupable et le MIT m’a fait une proposition de collaboration. Bien que l’interdiction de voir mon avocat pendant 24 heures n’ait pas été levée, ils m’ont sorti de la cellule en disant « visite d’avocat ». On m’a conduit devant une porte où il était écrit « Salle de déposition ». De l’intérieur est sortie une personne mesurant environ 1,80 m pour 90 kg, à la moustache épaisse et au teint châtain. Il m’a accueilli à la porte en disant : « Viens Barış ». À ce moment-là, en regardant à l’intérieur, j’ai demandé : « Et mon avocat, où est-il ? », et il a répondu : « On t’a amené en pensant à un avocat ? ». Lorsque j’ai dit « Oui », il a répondu : « Viens t’asseoir, discutons un peu ». Lorsque j’ai dit : « Vous essayez de me faire devenir un collaborateur », il a rétorqué : « Nous allons juste discuter ». Je lui ai répondu : « Je n’ai rien à discuter avec vous » et j’ai tourné les talons pour partir. Il m’a interpellé par derrière : « Ce que tu vas entendre te plaira ». J’ai répondu : « Je ne veux rien entendre de votre part. Vous proposez la collaboration. La collaboration est une lâcheté. » À ce moment-là, 2 policiers étant directement à nos côtés, 7 ou 8 autres policiers présents sur place et 5 personnes en garde à vue ont été témoins de ces discussions.

En entrant dans la cellule, alors que je scandais le slogan « Être un collaborateur est un acte déshonorant » en frappant à la porte, le commissaire venu à la porte s’est emporté en disant : « Ne tapez pas sur les portes, les gens sont dérangés ». Et quand nous avons répondu : « Alors ne proposez pas la collaboration », il est parti en disant : « D’accord, nous ne proposerons pas la collaboration ». Nous ne sommes pas assez bas pour vendre les valeurs de notre peuple. Nous n’avons pas appris cela de notre famille. La malhonnêteté et le déshonneur ne sont pas dans notre sang ! Il n’y a rien que les ennemis du peuple, qui essaient de me harceler par des moyens illégaux, en essayant de me faire devenir un collaborateur, en torturant, en brisant ma porte, en barrant ma route, en m’empêchant de pratiquer la médecine, en m’arrêtant et en m’emprisonnant pour que je ne cherche pas mes droits, puissent me donner. Je veux la justice, je veux la liberté, je veux ce qui me revient de droit. Et je l’obtiendrai de mes propres mains, avec la solidarité de notre peuple. Ils essaient de créer un jardin de roses sans épines pour pouvoir vendre facilement votre pays à l’impérialisme. Ils attaquent toutes les institutions et organisations révolutionnaires et démocratiques, ils arrêtent quiconque se trouve sur leur chemin.

Moi aussi, sous prétexte que « l’OTAN va arriver », je suis devenu un « coupable potentiel » et j’ai été arrêté. Ils ont peur de tout le monde, parce qu’ils sont coupables. Le fascisme s’est tellement institutionnalisé que nous sommes arrêtés sans même qu’un motif raisonnable ne soit nécessaire, sans être traduits devant un procureur, les juges d’instruction faisant office de notaires et piétinant le droit. Une autre « sauce » qu’ils utilisent comme motif d’arrestation est le fait que je pratique la médecine pour le peuple. On dit que je soigne des membres d’une organisation. Je suis médecin et, comme tout médecin, j’ai juré en débutant ma profession d’utiliser mes connaissances professionnelles au profit du peuple, sans distinction de langue, de religion, de race ou d’opinion politique, et de ne pas être complice d’une quelconque initiative qui nuirait au peuple. Non seulement je ne suis pas coupable puisque je remplis les exigences de la profession, mais je ne vais pas non plus demander l’autorisation de quiconque pour exercer mon métier. Ceux qu’ils appellent membres d’une organisation, si c’est le peuple à qui j’ai cousu et distribué gratuitement des masques de mes propres mains parce qu’ils vendaient les masques contre de l’argent pendant la pandémie de COVID, je « soigne » ces membres d’organisation. Ceux qu’ils appellent membres d’une organisation, si c’est le peuple sinistré du séisme de Hatay à qui nous avons fabriqué et distribué gratuitement un médicament contre la gale de nos propres mains parce qu’ils les avaient attrapés à cause du manque d’eau, de logement et de mauvaises conditions d’hygiène et leur vendaient le médicament payant, je soigne ce membre d’organisation. Ceux qu’ils appellent membres d’une organisation, si c’est le patient atteint d’un cancer qui ne peut pas aller à l’hôpital faute d’argent pour les examens ; si c’est l’ouvrier rendu handicapé dans des meurtres dits accidents du travail ; si c’est le retraité qui n’a pas la force de marcher parce qu’il ne peut pas rapporter de pain chez lui ; si ce sont les patients à qui l’on demande des centaines de milliers, des millions dans un hôpital privé pour leur opération ; si ce sont les jeunes qu’ils ont poussés à la dépression parce qu’ils ne trouvent pas de travail, parce qu’on les prive d’avenir ; si ce sont les millions de personnes qu’ils empoisonnent avec de la drogue, je soigne ces membres d’organisation. Nous, quelles que soient les circonstances, ne nous soumettrons pas au fascisme sur cette voie que nous avons empruntée pour notre peuple. Nous continuerons à pratiquer la médecine pour notre peuple, à défendre le droit à la santé gratuite de notre peuple. Nous sommes le peuple, nous avons raison, nous vaincrons. Avec mes amitiés…

Dr. Barış KAYA

Prison de Type L Marmara N° 2

Pays basque : Le recours contre l’annexe de justice du CRA d’Hendaye rejeté

Le tribunal administratif de Pau a rejeté le référé-liberté déposé contre la nouvelle annexe de justice du Centre de rétention administrative (CRA) d’Hendaye. Introduit par une personne retenue, le Syndicat des avocats de France et l’Association d’avocats pour la défense des étrangers de Pau, le recours dénonçait des atteintes au droit à un procès équitable et aux droits de la défense, notamment en raison de la tenue des audiences au sein même du CRA, jugée susceptible de limiter l’accès du public, des proches et des soutiens aux audiences.

Les requérants envisagent de faire appel devant le Conseil d’État. Ils prévoient également de contester une note interne du CRA autorisant notamment la police à demander aux avocats d’ouvrir leurs sacs et à les soumettre à un contrôle au détecteur de métaux, ainsi qu’à exiger l’identification des personnes assistant aux audiences.

Indonésie : Des anarchistes libérés, tandis que la répression se poursuit

À Bandung, plusieurs anarchistes emprisonnés après la répression des mobilisations d’août-septembre 2025 approchent de leur date de libération. Rhexcy ont été libérés le 29 juillet 2026, Tebe et Iyong le 31 juillet, Jalus le 3 août, et Apip est attendu en septembre 2026. Dans les affaires connexes, Adit et Nopal devraient être libérés en 2027, Pem, Herdy, Dana et Abul ont déjà retrouvé la liberté, tandis que Komar, de nouveau incarcéré à Surabaya, est annoncé libérable en septembre 2026.

Parallèlement, la répression se poursuit après les affrontements du 1er mai 2026 à Bandung. Les anarchistes Mpe, Dilan et Pablo sont actuellement jugés pour leur participation présumée à une émeute et à des dégradations de biens publics. Ils dénoncent des violences policières lors de leur détention. Au total, 13 personnes ont été arrêtées dans cette affaire : 3 mineurs ont été libérés sous contrôle, tandis que 10 personnes restent poursuivies.

Sénégal : La répression contre les personnes LGBTQIA+ s’étend aux femmes lesbiennes

Au Sénégal, huit femmes ont été arrêtées la semaine dernière pour des « actes contre nature » et placées en détention, marquant une extension de la répression visant désormais aussi les personnes lesbiennes. Depuis le durcissement de la législation en mars 2026, plus d’une centaine d’hommes ont déjà été interpellés. Les femmes lesbiennes, souvent plus exposées aux contraintes familiales et ayant moins de possibilités de mobilité, rencontrent davantage de difficultés pour échapper aux persécutions, poussant certaines à fuir le pays.

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