Des affrontements ont éclaté jeudi à Sao Paulo entre la police militaire brésilienne et un grand nombre d’étudiants protestant contre les réformes du système d’éducation publique. La police anti-émeute a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants. Selon le projet de réforme du gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, 94 écoles publiques seront fermées et plus de 300.000 étudiants seront relocalisés dans le but d’économiser de l’argent, tandis que les établissements d’enseignement seront utilisé à d’autres fins ou vendus.

Arrestation d'un manifestant jeudi à Sao Paulo

Arrestation d’un manifestant jeudi à Sao Paulo

Des affrontements ont éclaté mardi dans la ville israélienne d’Ashkelon entre des manifestants sionistes et arabes devant un hôpital où le dirigeant du FPLP Bilal Kayed est en grève de la faim. Bilal Kayed refuse de s’alimenter depuis 56 jours pour protester contre sa détention sans jugement par Israël et a été transféré à l’hôpital Barzelai après que son état de santé s’est brusquement dégradé. Il souffre notamment de problèmes aux reins, a des difficultés à se tenir début et les médecins ont mis en garde contre un risque d’accident vasculaire cérébral.

Ce mardi, des manifestants arabes et juifs soutenant la cause de Kayed se sont rassemblés devant l’hôpital, certains portant des pancartes portant l’inscription « la détention administrative est illégale ». La détention administrative est un régime extrajudiciaire israélien controversé permettant de détenir un prisonnier pendant une durée illimitée sans inculpation ni procès pour une période de six mois renouvelable indéfiniment. Des députés arabes du Parlement israélien faisaient partie des manifestants. Des Israéliens issus de la droite, certains criant « Mort aux terroristes », ont organisé une contre-manifestation et les deux parties ont échangé des coups. La police est intervenue et a été la cible de jets de pierres de la part des contre-manifestants. Elle a annoncé avoir arrêté 10 sionistes et trois arabes suspectés notamment de troubles à l’ordre public.

Manifestants du FPLP pour Bilal Kayed

Manifestants du FPLP pour Bilal Kayed

Ce jeudi soir, deux explosions ont frappé la police turque, la première à Mardin a fait quatre mort dans l’explosion d’un véhicule de police, la seconde à Amed/Diyarbakir a tué cinq personnes. Dans les heures qui ont suivi, 17 militants ont été arrêtés au motif d’appartenance à une organisation terroriste, quatre journalistes ont été détenus et les bureaux du HDP à Istanbul ont été (illégalement) perquisitionnés ce vendredi matin. La perquisition a été menée par des équipes ‘antiterroristes’ de l’armée avec l’appui de véhicules blindés et d’un hélicoptère. Le PKK (qui n’a pas revendiqué les deux explosions mais en est accusé) a récemment promis d’amener la guérilla dans les villes autant que dans les montagnes.

Perquisition aux bureaux du HDP à Istanbul (archive)

Perquisition aux bureaux du HDP à Istanbul (archive)

Une perquisition a été effectuée au domicile de Hugo Périlleux Sanchez dans le cadre d’une enquête concernant le piratage de l’écran Coca-Cola à De Brouckère. Il a été embarqué et son matériel informatique a été saisi. L’action avait été revendiquée par le collectif “écran de fumée” qui visait à dénoncer les négociations sur les traités de libre-échange et la place de la publicité dans l’espace public. Le 10 juillet dernier, les activistes s’étaient rendus sur le toit du bâtiment de la Régie Foncière de la Ville de Bruxelles. Ils sont rentrés dans l’ordinateur qui se trouvait à côté de l’écran et ils ont remplacé le logo Coca-Cola par celui des « TTIP Game Over » avec le message suivant : « No more negotiations, No more free trade deals, It’s time for action”.

Un Leetchi a été ouvert ici pour les frais de justice.

Piratage de l’écran Coca-Cola à De Brouckère (TTIP Game Over) from zin tv on Vimeo.

Le panneau coca

Le panneau coca

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C’est sur base des recherches décrite dans l’épisode précédent de notre feuilleton que fut rédigé le manuel d’interrogatoire KUBARK. Parfois très détaillé, parfois très allusif. C’est ainsi que la torture visant à amollir et stresser le sujet n’est évoqué qu’incidemment, par exemple au détour d’instruction sur l’installation électrique requise. La CIA n’a jamais hésité à recourir à la torture, et avait même un cours de torture à Fort Bragg. Mais sous la torture la victime a tendance à raconter n’importe quoi pour faire stopper la souffrance. KUBARK vise à ce que le sujet donne volontairement toutes les informations espérées, et mêmes celles dont l’interrogateur ne soupçonnait pas l’existence.

Au sommaire du manuel KUBARK

Au sommaire du manuel KUBARK

Pour provoquer le syndrome DDD, c’est la peur de la torture, la menace permanente d’être à nouveau torturé qui opère. Un procédé privilégié est d’obliger le prisonnier à rester dans des positions douloureuses. La détermination morale à résister et son désir de s’effondrer afin que la douleur cesse, enferme le sujet dans un combat autodestructeur. La douleur auto-infligée permet d’éviter le mécanisme par lequel le sujet entre en confrontation directe avec son tortionnaire, lui opposant sa résistance. On enlève au torturé la possibilité de se confronter à une volonté adverse. C’est un technique que l’on a vu employer à une grande échelle à Abou Ghraib.

Le sous-officier Charles Graner, de la police militaire, considéré comme le responsable des sévices à Abou Ghraib, affirmait avoir obéir aux ordres qui lui demandaient d'

Le sous-officier Charles Graner, de la police militaire, considéré comme le responsable des sévices à Abou Ghraib, affirmait avoir obéir aux ordres qui lui demandaient d’

KUBARK a fondé la torture psychologique contemporaine en détaillant ses treize éléments de base : 1) l’isolement ; 2) la débilitation psychologique ; 3) la désorientation spatiale ; 4) la désorientation temporelle ; 5) la désorientation sensorielle ; 6) la privation sensorielle ; 7) le désespoir provoqué ; 8) l’assaut sensoriel (par exemple par sur-stimulation, comme dans le cas de la torture par le son) ; 9) les menaces (dont les simulacres d’exécution) ; 10) les traitements bestiaux (où le sujet est ramené au rang d’animal) ; 11) les humiliations sexuelles et les viols ; 12) les profanations (forcer les victimes à assister ou à accomplir des dégradations de ce qu’elles considèrent comme sacré) ; 13) la manipulation pharmacologique. Ces éléments permettent l’application de trois principes.

Premier principe : la désorientation ou la confusion, bouleverser les attentes et les réactions conditionnées de la personne interrogée. Elle est habituée à un monde qui fait sens, prévisible et s’y ancre pour préserver son identité et sa capacité de résistance. Dans l’espace clos de la détention, l’entreprise de déstabilisation passe d’abord par une perturbation systématique des régularités temporelles : horloges trafiquées, qui avancent puis retardent, horaires irréguliers, nuits à géométrie variable… La texture même du réel est attaquée, les rythmes habituels sont détraqués pour plonger le sujet dans un état de désorientation.
Cette stratégie de dissolution des cadres se prolonge aussi dans la sphère sociales. La cible est privée de ses repères logiques et sémantiques ordinaires : la bombarder de questions absurdes et incohérentes, lui faire des demandes contradictoires et farfelues, prendre un ton de voix qui dément la teneur des propos tenus… Le sujet va s’ingénier à donner du sens à une situation devenue mentalement insupportable. Il s’épuisera dans une tâche d’interprétation sans fin.

Deuxième principe : celle du rétrécissement du monde. La mise à l’isolement commence par la confiscation de tous les effets personnels (les symboles de la vie passée peuvent être une source de force morale). Le sentiment de cette séparation doit être intensifié, par tous les moyens, de sorte que le prisonnier en vienne à se persuader qu’il est coupé de toutes forces amies capables de le soutenir. Mais on ne veut pas seulement le couper du monde. On lui en recrée aussi un autre à la place. À mesure que l’ambiance et les repères du monde extérieur se font plus lointains, leur importance pour la personne interrogée se réduit. Ce monde est alors remplacé par la salle d’interrogatoire, ses deux occupants et leur relation. Le sujet se fonde de plus en plus sur les valeurs du monde de l’interrogatoire, plutôt que sur celles du monde extérieur.
Priver le sujet de monde ne signifie pas seulement le couper de son univers familier et de ses proches, mais aussi de tout horizon de conscience plus vaste, géographique et historique, affectif et politique. Fabriquer des individus esseulés ou recroquevillés dans de petits mondes aux préoccupations à la fois vitales et mesquines ; faire s’enfermer mentalement les sujets dans des univers à quelques personnages, dont les micro-drames éclipsent ceux du monde.

Ulrike Meinhof subit une programme voisin de KUBARK:  isolement total, anesthésies de force, une cellule insonorisée et sans fenêtre, lumière artificielle s’allume de telle manière à briser le cycle du sommeil.

Ulrike Meinhof subit une programme voisin de KUBARK: isolement total, anesthésies de force, une cellule insonorisée et sans fenêtre, lumière artificielle s’allume de telle manière à briser le cycle du sommeil.

Troisième principe : l’autoprédation, qui correspond au procédé, déjà évoqué, de l’autodouleur. Il faut que le sujet se fasse le bourreau de soi-même, et les effets en seront démultiplié par la culpabilisation: On lui demandera au sujet, sur un ton plein de sollicitude : « Mais pourquoi donc te fais-tu ça ? »

Lorsque les Américains entendirent tester in vivo, en 1971, au Vietnam, l’efficacité de KUBARK sur un résistant communiste, Nguyen Van Tai, qui avait résisté aux tortures physiques les plus extrêmes. ils lui firent construire une cellule particulière et une chambre d’interrogatoire, toutes les deux complètement blanches, un espace totalement nu, hormis une table, une chaise, un trou percé pour les toilettes, avec des caméras de surveillance et des micros omniprésents pour pouvoir enregistrer tous ses faits et gestes.
Enfermé et torturé trois ans dans ce cube sans fenêtres, Tai parvint à tenir bon en organisant, de façon méthodique et obstinée, un rituel de petits contre-poisons quotidiens. Il se réveillait automatiquement tous les jours à 6 heures du matin, récitait alors en silence les paroles de l’hymne nord-vietnamien, effectuait des exercices physiques, composait des poèmes et des chansons dans sa tête, et saluait une étoile qu’il avait grattée sur son mur pour représenter le drapeau nord-vietnamien.
Entretenir le souvenir de la conscience du monde était indispensable pour ne pas se laisser enfermer, mentalement aussi, dans le cube blanc que les interrogateurs avaient assigné à son existence. Il répétait cette routine toute la journée, puis à 10 heures, tous les soirs, il se mettait au lit. On peut interpréter les rituels de cette discipline personnelle comme autant de techniques de contre-conditionnement, mises en œuvre par le sujet lui-même, en réponse au conditionnement externe que l’on essayait de lui faire subir.

Nguyen Van Tai, qui a survécu à la guerre et a pu décrire son expérience dans les mains de la CIA

Nguyen Van Tai, qui a survécu à la guerre et a pu décrire son expérience dans les mains de la CIA

Pour en savoir plus:
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Éditions ZONE
Paru le 7 juillet 2012
192, pages, 16 euros
ISBN : 2-355-22045-X

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Mihemed Abdullahi a été pendu à la prison d’Urmia aux premières heures du 9 août au motif de Moharebeh (ennemitié envers Dieu). Durant son interrogatoire, il avait été torturé, son bras et sa jambe avaient été fracturés. Après avoir été innocenté et acquitté, le juge a arbitrairement réouvert l’affaire pour condamner Mihemed à la peine de mort. Mihemed Abdullahi était accusé d’être membre de Komala, il avait nié appartenir à la guerilla. Cinq autres prisonniers kurdes ont été éxécutés au même moment au motif de traffic de stupéfiants.

Mihemed Abdullahi

Mihemed Abdullahi

Marios Seisidis et Kostas Sakkas ont été arrêtés au matin du 5 août dans les environs de Sparte, dans le Péloponnèse. Tous deux étaient recherchés par la police et ont déjà été prisonniers par le passé. Ils ont tous deux refusé la prise d’empreintes digitales et la prise de photos par la police et ont été battus pour cela. Ils sont immédiatement passés devant un tribunal d’Athènes où l’audience a été ajournée au 17 août (toujours à Athènes). Suite à cela, ils ont été transférés dans des prisons éloignées: Marios à Malandrino, Kostas à Domokos.

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Ce 28 juillet, un colis piégé à été envoyé au procureur Houzouris, il s’agissait d’une petite bombe emballée dans un livre vidé avec des lames de rasoir et des clous reçue au domicile de Houzouris. Une équipe de démineurs de la police a fait exploser l’engin. La police a comparé ce colis qui avait déjà été envoyé au juge Ponga, celui qui avait refusé de libérer Evi Statiri l’année dernière. La presse et la police grecques accusent la Conspiration des Cellules de Feu, en particulier Gerasimos Tsakalos qui s’est récemment exprimé à propos du tribunal de Houzouris.

Un colis piégé pour le procureur Houzouris

Un colis piégé pour le procureur Houzouris

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Au dernier comptage, en septembre 2015, il y avait 1,4 milliard de smartphones et tablettes tournant sous Android dans le monde. Un nombre aussi astronomique pose des questions de sécurité: ces appareils fonctionnent sous des versions d’Android différentes (la dernière, Android 7.0 Nougat est attendue dans les prochains jours), avec des processeurs différents et des applications pré-installées différentes. Cette fracturation pose régulièrement des problèmes: on se rappelle de Stagefright, et de Shellshock. La nouvelle faille géante, Quadrooter, vise les 900 millions d’appareils qui tournent sous des processeurs du fondeur Qualcomm. C’est un ensemble de quatre failles qui permettent à une application « de source inconnue » (téléchargée en dehors du Play Store) et ne demandant « aucune autorisation particulière » de prendre un accès root sur l’appareil et d’y faire ensuite tout ce qu’on voudrait lui faire réaliser. Trois des quatre failles ont déjà été patchées par Qualcomm, mais les mises à jour mettront très longtemps à arriver, si elles arrivent un jour. Les Nexus recevront eux probablement le patch dans la mise à jour de sécurité de septembre.

Heureusement, depuis Android 4.2, Google a déployé une couche de sécurité « Verify Apps » dont le rôle est précisément de lutter contre ce genre d’applications qui exploitent l’accès root. Google a annoncé que 90% des appareils étaient protégés par cette fonction qui bloquera automatiquement l’installation.

Checkpoint, qui a découvert la faille, a mis en ligne une application pour savoir si votre appareil est vulnérable (attention, ce n’est pas parce qu’il est vulnérable qu’il est infecté). Pour la télécharger, c’est ici. Inutile d’acheter l’antivirus de Checkpoint pour ne pas être infecté: évitez simplement d’installer des applications qui ne proviennent pas du Play Store.

Le détecteur de Checkpoint

Le détecteur de Checkpoint

La police a à nouveau tiré à balles réelles contre des manifestants ces derniers jours, faisant au moins une centaine de morts (selon Amnesty). Les tensions proviennent à nouveau de la tentative du gouvernement éthiopien d’étendre la capitale du pays en expropriant les terres des paysans oromos, des tensions qui avaient déjà fait 400 morts il y a quelques mois. Les manifestations ont été réprimées dans l’Oromia et dans l’Amhara. Dans l’Amhara, les manifestations étaient principalement dirigées en opposition à des expropriations alors que dans l’Oromia, elles demandaient la libération de prisonniers politiques (qui luttaient également contre les expropriations). Dans la capitale, Addis-Abeba, 500 manifestants ont bravé le danger de manifester ce samedi, ils ont été brutalement dispersés mais il n’y a pas eu de tir à balles réelles. Le gouvernement éthiopien a demandé aux forces de sécurité de faire usage de « tous les moyens nécéssaires » pour réprimer les manifestations. Internet a été bloqué durant le wee tout comme une partie du réseau téléphonique, ces blocages semblent avoir été levés à présent.

Manifestation anti-gouvernementale le 6 août

Manifestation anti-gouvernementale le 6 août

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