Une manifestation de la communauté kurde (NavBel) aura lieu ce samedi 20 août, Place Saint-Jean à Anvers. Le rassemblement de tiendra en réponses aux conditions de détention d’Abdullah Öcalan, qui continuent à de détériorer. Le leader emprisonné du PKK est maintenu à l’isolement total depuis le 5 avril 2015 sans qu’on ait de nouvelles de lui, le contexte du coup d’État manqué (les putschistes trouvaient Erdogan trop « clément » avec le PKK) fait craindre le pire. La libération d’Öcalan est l’une des revendications du PKK, condition préalable à la moindre négociation avec l’état turc.

Rassemblement pour la libération d'Ocalan

Rassemblement pour la libération d’Ocalan

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Suite à l’arrêt du projet Truecrypt, le plus efficace des outils de chiffrement grand public, plusieurs développeurs avaient repris le flambeau pour poursuivre le développement de Truecrypt. Veracrypt, l’un de ces forks (un logiciel basé sur un autre) est passé ce 17 août en version 1.18a. Au menu des mises à jour: l’implémentation du chiffrement de l’EFI (le remplaçant des BIOS), des nouveaux algorythmes de chiffrements (Camellia, Kuznyechik, Magma et Streebog).

Autre bonne nouvelle, le moteur de recherche DuckDuckGo a fait une donation de 25.000$ qui servira à faire un audit. L’audit est organisé par l’OSTIF (Open Source Technology Improvement Fund) qui a confié l’analyse à la société française Quarkslab en lui demandant de communiquer le résultat de l’audit de façon chiffrée aux développeurs de Veracrypt (la société française Idrix) afin que les éventuelles failles découvertes ne soient pas utilisées avant d’être patchées.

Veracrypt

Veracrypt

Une centaine de manifestants ont protesté mercredi 17 août devant le Bureau du procureur général d’Ukraine à Kiev. Poignets ligotés et sacs plastiques sur la tête, ils dénonçaient le procureur général Iouriy Loutsenko, un proche du président Porochenko, accusé d’avoir fait séquestrer, battre et torturer des enquêteurs du Bureau national anticorruption qui enquêtaient sur l’entourage du président, et indirectement sur le président lui-même. La corruption atteint de telles proportions en Ukraine qui l’Union européenne pourrait bloquer la libéralisation du régime de visas Schengen pour les Ukrainiens.

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Dans certains quartiers de Qamishlo et à Hassakah, des milices loyalistes du régime d’Assad gardent le contrôle. Une nouvelle escalade des tensions à Hassakah entre les Asayish (forces de sécurité des YPG) et les NDF (National Defence Forces, milices pro-Assad) ont conduit à des bombardements aériens sur des zones civiles ainsi que sur les batiments des Asayish de la part du régime qui a tué six civils et deux officiers kurdes. Le commandement YPG a promis de réagir à l’agression. Des sources confirmées affirment que ce sont les avions de la coalition qui ont éloigné ceux du régime.

Bombardements du régime à Hassakah

Bombardements du régime à Hassakah

Au moins 18 Palestiniens ont été blessés hier mardi, en majorité atteints par des balles de calibre 22 ou des balles caoutchoutées, lors d’affrontements avec des soldats israéliens qui menaient des perquisitions dans le camp de réfugiés de Fawwar, près de Hébron dans le sud de la Cisjordanie occupée. Les25 blessés. Les heurts ont éclaté quand un important convoi de véhicules militaires israéliens est entré tôt dans le camp, où vivent environ 10.000 personnes. Les soldats ont mené des perquisitions et ont démoli le mur d’une maison où ils affirment avoir saisi deux pistolets. Les affrontements se sont poursuivis plusieurs heures avant que le calme ne revienne à la mi-journée.

Fawwar a été installé par l’ONU en 1949, un an après la création de l’état d’Israël et la fuite ou l’expulsion de près de 800.000 Palestiniens. Comme tous les camps de réfugiés des Territoires occupés, il ressemble désormais à une ville à part entière. La plupart de ces camps sont situés à l’intérieur des villes, à l’unique exception de Hébron, où les deux camps se trouvent en dehors de la cité commerçante. Fawwar avoisine la colonie israélienne de Beit Haggay et une base militaire israélienne, tandis qu’un mirador a été construit par l’armée israélienne à l’entrée du camp.

Répression à Hébron

Répression à Hébron

Le tribunal régional de première instance de Toledo Ciitye a permis la liberté sous caution de Benito et Wilma Tiamzon, les principaux dirigeants emprisonnés du Parti communiste des Philippines, pour favoriser les pourparlers de paix entre le Front national démocratique des Philippines (FNDP) et le gouvernement philippin en Norvège. Le couple Tiamzon étaient parmi les 22 consultants du NDFP qui participeront aux pourparlers de paix à Oslo 20 au 27 août. Leur liberté provisoire est strictement liée à leur participation aux négociations de paix à Oslo, à compter d’août et jusqu’à six mois par la suite, ou dès que les négociations de paix ont abouties ou sont stoppées. La libération sous caution sera donc considérée comme terminée après que leur rôle dans les pourparlers de paix est terminée. Le couple Tiamzon avait été arrêté à Cebu en avril 2014 (voir notre article).

 Benito et Wilma Tiamzon

Benito et Wilma Tiamzon

38 étudiants de l’Ecole normale rurale de Cheran ont été arrêtés lundi après-midi suite au blocage, le matin, par environ 150 étudiants de différentes écoles de l’Etat, d’au moins deux tronçons de la route Siglo XXI (qui connecte le Michoacan au centre et à l’ouest du Mexique). Les normaliens se sont affrontés à la police d’État venu lever les barrages. 36 manifestants ont été arrêtés au kilomètre 347, à Ecuandureo, et deux autres sur la route de Patzcuaro. Après ces arrestations, un autre groupe a manifesté devant le bureau du procureur général, situé à Morelia et a incendié un camion. Le Gouverneur de l’Etat a averti que les élèves « seront traités comme des criminels parce qu’ils se comportent comme tel » et a déclaré que plusieurs d’entre eux étaient probablement en lien avec des « groupes criminels » et des « organisations de guérilla ». Son secrétaire a qualifié le blocage de la route « d’opération terroriste »…

Arrestations à Ecuandureo

Arrestations à Ecuandureo

Le FPLP a co-organisé aujourd’hui mardi, avec la Commission des Prisonniers et L’Union de la Jeunesse Progressiste Palestinienne de Gaza une manifestation devant le Centre français dans la ville de Gaza. La manifestation avait pour mot d’ordre la libération immédiate de Georges Abdallah et de Bilal Kayed qui entre aujourd’hui dans son 63ème jour de grève de la faim.

Le rassemblement à Gaza

Le rassemblement à Gaza

Un commandant maoïste a été abattu par la police à la frontière entre les état du Chhattisgarh et de l’Orissa ce mardi matin dans le village de Chandameta. Comme à l’accoutumée, la police a présenté cette mort comme le résultat d’une « fusillade » qui a duré « une heure » – alors qu’il semble une fois de plus qu’il s’agisse d’un exécution extra-judiciaire. Le maoïste tué était connu sous le pseudonyme de Arjun et commandait la milice de la zone de Chandmeta. Il était recherché notamment pour une attaque qui avait coûté la vie à cinq paramilitaires et à deux civiles.

La police du Chhattisgarh dans une opération anti-maoïste

La police du Chhattisgarh dans une opération anti-maoïste

La plus célèbre des barricades est celle édifiée à Paris le 5 juin 1832 rue de la Chanvrerie. Si Hugo n’avait pas magnifié sa résistance dans Les Misérables, nul n’en aurait entendu parler: l’insurrection manquée de juin 1832 restant de l’ombre de celles, victorieuses, de 1830 (chute du Charles X) et de 1848 (fin de la monarchie).
La barricade de la rue de la Chanvererie (joignant la rue Saint-Denis à la rue Mondétour, une rue disparue lors du percement de la rue Rambuteau), appuyée sur le cabaret Corinthe de la veuve Hucheloup et ses deux serveuses, Matelotte et Gibelotte. Un grand nombre de personnage du roman convergent vers la barricade: Marius, l’amoureux de Cosette, et ses amis insurgés, étudiants et ouvriers, socialistes et républicains, Enjolras, Cobeferre, Courfeyrac Bossuet Joly et Bahorel, mais aussi le vieux Mabeuf, le doux botaniste, le jeune Gavroche, et le policier Javert venu les espionner.

Gavroche et le vieux Mabeuf à la tête des insurgés

Gavroche et le vieux Mabeuf à la tête des insurgés

« Cependant, en quelques minutes, vingt barres de fer avaient été arrachées de la devanture grillée du cabaret, dix toises de rue avaient été dépavées ; Gavroche et Bahorel avaient saisi au passage et renversé le baquet d’un fabriquant de chaux appelé Anceau, ce baquet contenait trois barriques pleines de chaux qu’ils avaient placées sous des piles de pavés ; Enjolras avait levé la trappe de la cave, et toutes les futailles vides de la veuve Hucheloup étaient allées flanquer les barriques de chaux ; Feuilly, avec ses doigts habitués à enluminer les lames délicates des éventails, avait contre-buté les barriques et les baquets de deux massives piles de moellons. Moellons improvisés comme le reste, et pris on ne sait où. Des poutres d’étai avaient été arrachées à la façade d’un maison voisine et couchées sur les futailles. Quand Bossuet et Courfeyrac se retournèrent, la moitié de la rue était déjà barrée d’un rempart plus haut qu’un homme. Rien n’est tel que la main populaire pour bâtir tout ce qui se bâtit en démolissant.
« Matelote et Gibelotte s’étaient mêlées aux travailleurs. Gibelotte allait et venait chargées de gravats. Sa lassitude aidait à la barricade ; elle servait des pavés comme elle eût servi du vin, l’air endormi.

« Rien de plus bizarre et de plus bigarré que cette troupe. L’un avait un habit veste, un sabre de cavalerie et deux pistolets d’arçon, un autre était en manches de chemise avec un chapeau rond et une poire à poudre pendue au côté, un troisième plastroné de neuf feuilles de papier gris et armé d’une alêne de sellier. Il y en avait un qui criait:
Exterminons jusqu’au dernier et mourrons au bout de notre bayonnette! Celui-là n’avait pas de bayonnette. Un autre étalait par-dessus sa redingote une buffleterie et une giberne de garde national avec le couvre-giberne, orné de cette inscription en laine rouge: ordre public. Force fusils portant des numéros de légions, peu de chapeaux, point de cravates, beaucoup de bras nus, quelques piques. Ajoutez à cela tous les âges, tous les visages, de petits jeunes gens pâles, des ouvriers du port bronzés. Tous se hâtaient, et, tout en s’entr’aidant, on causait des chances possibles, – qu’on aurait des secours vers trois heures du matin, – qu’on était sûr d’un régiment, – que Paris se soulèverait. Propos terribles auxquels se mêlaient une sorte de jovialité cordiale. On eût dit des frères; ils ne savaient pas les noms les uns des autres. Les grands périls ont cela de beau qu’ils mettent en lumière la fraternité des inconnus. »

Deux barricades sont construites en équerre, toutes deux appuyées sur le Corinthe, la grande sur la rue de la Chanverie, la petite sur la rue Mondétour. Jean Valjean arrive à son tour, dans l’intention de sauver Marius
La barricades et canonnée et attaquée. Le vieux Mabeuf est foudroyé lorsqu’il relève le drapeau rouge couché par la mitraille. Epomine « un peu amoureuse » de Marius meurt en le sauvant. Les munitions s’épuisent et Gavroche est tué à son tour en allant ramasser dans la rue les cartouches sur les cadavres des soldats.
Lorsque l’on s’aperçoit que l’insurrection ne prend pas, on se résout à résister jusqu’à la mort: « Montrons que, si le peuple abandonne les républicains, les républicains n’abandonnent pas le peuple. ». Quand on décide de faire partir les défenseurs en surnombre, personne ne veut partir, on oblige les pères de familles à quitter la barricade. Et le dernier acte se joue le 6 juin.

« Chacun choisit sa place comme au spectacle. On s’accote, on s’accoude, on s’épaule. Il y en a qui se font des stalles avec des pavés. Voilà un coin de mur qui gêne, on s’en éloigne ; voici un redan qui peut protéger, on s’y abrite. Les gauchers sont précieux ; ils prennent les places incommodes aux autres. Beaucoup s’arrangent pour combattre assis. On veut être à l’aise pour tuer et confortablement pour mourir.

« Les assaut se succédèrent. L’horreur alla grandissant. Alors éclata, sur ce tas de pavés, dans cette rue de la Chanvererie, une lutte digne d’une muraille de Troie. Ces hommes hâves, déguenillés, épuisés, qui n’avaient pas mangé depuis vingt-quatre heures, qui n’avaient pas dormi, qui n’avaient plus que quelques coups à tirer, qui tâtaient leurs poches vides de cartouches, presque tous blessés, la tête ou le bras bandé d’un linge rouillé et noirâtre, ayant dans leurs habits des trous d’où le sang coulait, à peine armés de mauvais fusils et de vieux sabres ébréchés, devinrent des Titans. La barricade fut dix fois abordée, assaillie, escaladée, et jamais prise.

« Le canon, sans faire de brèche praticable, avait assez largement échancré le milieu de la redoute ; là, le sommet de la muraille avait disparu sous le boulet, et s’était écroulé ; et les débris, qui étaient tombés, tantôt à l’intérieur, tantôt à l’extérieur, avaient fini, en s’amoncelant, par faire, des deux côtés du barrage, deux espèces de talus, l’un au dedans, l’autre au dehors. Le talus extérieur offrait à l’abordage un plan incliné.
« Un suprême assaut y fut tenté et cet assaut réussit. La masse hérissée de bayonnettes et lancée au pas de gymnastique arriva irrésistible, et l’épais front de bataille de la colonne d’attaque apparut dans la fumée au haut de l’escarpement. Cette fois c’était fini. Le groupe d’insurgés qui défendait le centre recula pêle-mêle. »

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C’est dans le cabaret qu’ont lieu les derniers combats:

« Rien ne manqua à la prise d’assaut du cabaret Hucheloup ; ni les pavés pleuvant de la fenêtre et du toit sur les assiégeants et exaspérant les soldats par d’horribles écrasements, ni les coups de feu des caves et des mansardes, ni la fureur de l’attaque, ni la rage de la défense, ni enfin, quand la porte céda, les démences frénétiques de l’extermination.

« Quelques instants après, les soldats délogeaient les derniers insurgés au haut de la maison. Ils tiraillaient à travers un treillis de bois dans le grenier. On se battait dans les combles. On jetait des corps par les fenêtres, quelques-uns vivants. Deux voltigeurs ; qui essayaient de relever l’omnibus fracassé, étaient tués de deux coups de carabine tirés des mansardes. Un homme en blouse en était précipité, un coup de bayonnette dans le ventre, et râlait à terre. Un soldat et un insurgé glissaient ensemble sur le talus de tuiles du toit, et ne voulaient pas se lâcher, et tombaient, se tenant embrassés dans un embrassement féroce. Lutte pareille dans la cave. Cris, coups de feu, piétinement farouche. Puis le silence. La barricade était prise. »

Enjolras face au peloton, est rejoint par l’ivrogne Grantaire. Grantaire avait cuvé son vin pendant la bataille et, faute de n’avoir combattre, se précipite devant le peloton pour au moins partager d’exécution de son camarade. Marius seul est sauvé, emmené inconscient par Jean Valjean, dans ce qui donne à Hugo l’occasion de la troisième grande envolée épique du roman (après la bataille de Waterloo et la prise de la barricade): la traversée des égouts de Paris.

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