Le week-end du 14-15 novembre, une banderole géante a été fixée sur une des tours du Square Albert 1er pour dénoncer les violences policières et les meurtre policiers. Cette banderole indiquait “Stop violences policières. Justice pour Adil, Mehdi, Akram… Ni Oubli Ni Pardon”. Cette action a été organisée par les collectifs “Justice pour Adil”, “Justice pour Mehdi”, le “Comité Mawda Justice-Vérité” ainsi que le “Comité Justice Pour Lamine”. Les organisations rappellent que le Square Albert 1er est situé dans le quartier de Cureghem (Anderlecht), quartier ciblé en permanence par les contrôles, les violences, les passages à tabac, les harcèlements de la police. C’était aussi le quartier où vivait Adil. Elle rappellent également les assassinats policier de Adil (assassiné par la police il y a 7 mois), Akram (il y a 4 mois), Mehdi (il y a 15 mois), Lamine (il y a 30 mois), Mawda (il y a 30 mois). Plus d’infos ici.

Action contre les violences et meurtres policiers à Bruxelles

Action contre les violences et meurtres policiers à Bruxelles

Mardi 17 novembre, une manifestation contre le couvre-feu et les mesures autoritaires s’est tenue à Liège (voir notre article). L’organisation “Les dodos” appelle à une nouvelle manifestation le samedi 28 novembre à 21h à la Place Saint Lambert contre le couvre-feu et pour des mesures sanitaires solidaires. L’organisation appelle à respecter les mesures de sécurité sanitaire et annonce d’ores et déjà qu’elle organisera la solidarité si les manifestant·es reçoivent des amendes. Les personnes qui reçoivent des amendes sont ainsi invitées à contacter l’adresse mail “cortegedebraises@riseup.net”. Plus d’infos ici.

Manifestation contre le couvre-feu à Liège

Manifestation contre le couvre-feu à Liège

La nuit du 16 au 17 mai 2018, un véhicule transportant des migrants s’est immobilisé sur un parking autoroutier à Maisières, près de Mons, après avoir été visé par un coup de feu, fatal pour une petite Kurde âgée de deux ans.  Le policier poursuivi avait reçu toutes les informations indiquant que des migrants, dont des enfants, se trouvaient dans la camionnette qui circulait sur l’E42. Lundi, le policier avait menti en déclarant qu’il pensait poursuivre des individus qui venaient de commettre un vol cargo sur un parking dans la région de Namur.

Pourtant, ce n’est qu’une peine d’un an de prison avec sursis qui a été requise contre le policier assassin, tandis que des peines lourdes étaient demandées contre les deux jeunes Irakiens poursuivis dans le cadre de l’affaire Mawda. Le chauffeur encourt dix ans et son convoyeur présumé sept ans de prison ferme! Après les plaidoiries de l’avocat du policier poursuivi et de l’avocat de l’État belge, le tribunal correctionnel de Mons a suspendu l’audience. Celle-ci reprendra le 10 décembre avec les plaidoiries des avocats des deux détenus. A l’ouverture du procès, un millier d’espaces publicitaires ont été détourné pour dénoncer la politique migratoire de la Belgique et le meurtre de Mawda.

Un mois de prison (avec sursis), c’est la condamnation prononcée ce lundi par les juges correctionnels liégeois, à l’encontre de cinq syndicalistes de la FGTB, dont le président Thierry Bodson. C’est l’affaire du blocage d’autoroute, au viaduc de Cheratte, voici cinq ans, lors d’une grève générale (photo). C’est la moitié de ce qui a été réclamé, lors du réquisitoire, prononcé au cours de l’audience d’octobre par la procureur du roi. En dépit des demandes d’acquittement formulées par la défense, le délit d’entrave méchante à la circulation a été retenu, par la simple présence des manifestants sur les lieux. Une douzaine d’autres prévenus, donc le rôle a été considéré comme secondaire, sont punis de quinze jours de prison et à des amendes. Les syndicalistes viennent de décider d’interjeter appel.

Suite au rapport annuel du comité R (Organe parlementaire contrôlant les services de renseignements en Belgique), on peut apprendre que le recours aux méthodes de recherche exceptionnelle est en augmentation pour la période courant de 2018 à 2019. Sous ce terme est regroupé les méthodes les plus sensibles de collecte de renseignement : surveillance de lieux privés, écoute de ligne téléphonique, collecte de données bancaires et intrusion dans un système informatique.

L’utilisation de ce type de méthodes est passé de 344 à 449 pour le compte de la Sûreté de l’État, de 28 à 76 pour l’organe militaire que constitue le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS). En 2019, la Sûreté a mis sur écoute 255 lignes téléphoniques, introduit 48 ordinateurs et observé ou pénétré 29 lieux non-accessibles au public. Au SGRS, on dénombre 40 cas d’écoute téléphonique et 20 dossiers de collecte d’informations bancaires. A coté de cela, on constate une diminution de 12 % de l’utilisation des méthodes “ordinaires” (essentiellement l’identification d’un numéro par les opérateurs téléphoniques) mais il n’est pas clair si cette tendance est la même pour les méthodes “spécifiques” (données d’un voyage privé ou encore localisation d’une personne par le biais de la géolocalisation d’un appareil électronique, …)

Le siège de la Sûreté de l'État

Le siège de la Sûreté de l’État

La quatrième tentative a été la bonne pour la justice de l’État espagnol. Après s’être vue refuser trois demandes d’extradition introduites en 2004, 2005 et 2015, la Cour d’appel de Gand avait finalement accédé à la demande d’extradition de Natividad Jauregui, accusée d’avoir participé à des actions d’ETA dans les années 80, et installée de longue date en Belgique (voir notre article). Elle avait été emprisonnée mercredi et ce samedi 21 novembre elle a été extradée. Ses voisins et ses amis s’étaient rassemblés en solidarité devant la prison.

Jeudi 19 novembre, les familles des prisonniers ont manifesté devant la la prison de Huy pour réclamer un droit inconditionnel aux contacts physiques avec leurs proches emprisonnés. Le retour des contacts physiques entre les détenu.e.s et leurs proches était, en effet prévu le 14 septembre, après 186 jours sans aucun contact. Les syndicats d’agent.e.s pénitentiaires avaient cependant posé un préavis de grève contre l’assouplissement des conditions de visites. L’administration pénitentiaire a alors  proposé des mesures sanitaires plus restrictives, telles que la mise en quarantaine de deux semaines suite à une visite familiale. Les manifestant·es exigent le rétablissement des contacts physiques lors des visites à table et le retour des visites hors surveillance. Ils refusent également la mise en quarantaine de deux semaines et toute restriction supplémentaire. La Clac (Collectif de Luttes Anti-Carcérales) a participé à la manifestation aux cotés des familles des prisonniers. Plus d’infos ici.

Les poursuites pour des faits de violences supposément commises à l’encontre des policiers ne pourront plus être classées sans suite. La directive du collège de procureurs généraux sera adaptée en ce sens et sera d’application la semaine prochaine, a annoncé jeudi à la Chambre le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld).

Édit 12h15 : La tentative d’expulsion d’aujourd’hui a été stoppée.

Édit 12h : L’expulsion semble suspendue mais la police est toujours présente.

Aujourd’hui, des représentants du CPAS accompagnés de la police sont venus devant le squat “Le Fusain” (2 rue du Wimpelberg à Needer over hembeek) pour exiger l’évacuation du squat pour midi. Les occupants sont menacés d’expulsion forcée s’ils n’obtempèrent pas. Cette expulsion est pourtant illégale puisque la Région de Bruxelles-Capitale a pris un arrêté visant à suspendre les expulsions pour raison sanitaires. Le squat le Fusain est situé à l’ancienne commissariat de la 9ème division de police. Le CPAS est propriétaire du bâtiment.

Menace d'expulsion contre le squat "Le Fusain"

Menace d’expulsion contre le squat “Le Fusain”

Mardi 17 novembre, une manifestation contre le couvre-feu et les mesures autoritaires a eu lieu à Liège. Cette manifestation dénonçait les mesures injustes dans la gestion sanitaire qui affectent prioritairement les personnes les plus fragilisées.  Rappelant l’importance du respect des gestes sanitaires et du port du masque, les manifestant·es ont bravés le couvre-feu qu’ils et elles dénoncent comme étant une des mesures aggravant les inégalités sociales.

Des membres du collectif de soignant·es “La santé en lutte” y étaient présent en soutien. Les soignant·es rappellent ainsi que la pandémie n’a pu faire autant de victime que parce que les gouvernements avaient préalablement détruit notre système de santé. Les soignant·es dénoncent également la logique capitaliste de la gestion de la pandémie qui a voulu que les aspects privés de nos vies soient cadenassés pour garder le plus intacts possible les aspects économiques. Des membres des Brigades de Solidarité Populaire de Liège, qui distribuent des colis alimentaires durant la pandémie, étaient également présents. Plus d’infos ici.

Manifestation contre le couvre-feu à Liège

Manifestation contre le couvre-feu à Liège