Secours Rouge

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Samedi 8 juin, la mobilisation des Gilets Jaunes a rassemblé près de 10.500 manifestants selon la police, plus de 19.500 selon les Gilets Jaunes. La plus grosse mobilisation s’est tenue à Montpellier, où des heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre, qui ont usé massivement des gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser les manifestants. Selon la préfecture, la journée s’est soldée par une dizaine de blessés légers parmi les manifestants et les forces de l’ordre ainsi que seize interpellations.

En banlieue parisienne, un millier de personnes ont participé à la manifestation “Les gilets jaunes en banlieue, Acte I”, partie de Saint-Denis à Bobigny. La marche s’ouvrait avec une banderole “ni oubli ni pardon 2005-2019” en référence à la date de la mort de Zyed et Bouna, décédés dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois en 2005 alors qu’ils fuyaient la police. Des échauffourées ont éclaté à Drancy et à l’approche de la préfecture à Bobigny.

Affrontements à Montpellier lors de l'Acte 30 des Gilets Jaunes

Mardi 4 juin, un militant de l’organisation indépendantiste et socialiste occitane Libertat a été victime d’un enlèvement policier pendant 3 jours. Les policiers sont arrivés chez lui au matin, alors qu’il y était seul et l’ont emmené au commissariat de Pau puis à celui de Tarba, où il fut gardé à vue en incommunication totale, sans même pouvoir appeler un·e avocat·e ou un·e proche. Après trois jours à dormir par terre et sans presque pouvoir manger, eu lieu son procès pour l’attaque de la loge maçonnique de Tarbes pourtant condamnée par Libertat elle-même dans un communiqué.

Au cours d’un procès sans la présence d’un·e avocat·e, le procureur a demandé 2 000 € d’amende et 2 ans d’interdiction de participer à une manifestation. Finalement, il a été condamné par le tribunal français à 140 heures de Travail d’Intérêt Général et 6 mois sans pouvoir manifester.

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Logo de l'organisation Libertat

Logo de l’organisation Libertat

Quatre syndicalistes de la CGT, poursuivis pour «violences en réunion» à l’encontre du député Rassemblement national (RN) du Nord Sébastien Chenu, ont été relaxés ce mercredi par le tribunal correctionnel de Valenciennes. Fabrice, Nicolas, Roland et Yohan étaient accusés d’avoir violemment exclu l’élu RN d’une manifestation organisée en mars 2018 à Valenciennes par la CGT Métallurgie. Dès le début de ce rassemblement, visant à protester contre ontre la fermeture de la tuberie de Saint-Saulve, en banlieue de Valenciennes. Sébastien Chenu avait été fermement prié de partir, bousculé et s’était retranché dans une agence de voyages. Une dizaine de policiers étaient intervenus pour le protéger. Chenu a 10 jours pour faire appel.

Chenu protégé par les policiers après son expuslion de la manfiestation

Chenu protégé par les policiers après son expuslion de la manfiestation

Le 28 mai, la cour d’appel de Toulouse a pris la décision de maintenir en détention préventive un gilet jaune d’origine suisse. Arrêté en marge d’une mobilisation en février dernier à Toulouse alors qu’il ne participait pas aux manifestations, il lui est reproché d’avoir déclaré une fausse identité lors d’un contrôle. Il a par la suite refusé de se soumettre au prélèvement ADN. La justice lui reproche aussi le fait d’avoir été en possession d’une clef passe partout. L’avocat général a appuyé le maintient en détention de l’accusé par sa vraisemblable appartenance à « l’ultragauche » suite au matériel trouvé (tract, affiches, brochures, banderoles, … ) lors des perquisitions à son domicile. Le risque de fuite en cas de libération conditionnelle a aussi été évoqué.

Manifestation de gilets jaune à Toulouse

Manifestation de gilets jaune à Toulouse

Mardi 4 juin, 20 personnes passaient au tribunal correctionnel de Rennes pour “association de malfaiteurs”. Elles étaient accusées d’avoir participé à une opération transports gratuits dans différentes stations de métros de Rennes à l’occasion du mouvement contre la “Loi Travail” en 2016 (voir notre article). Un rassemblement de soutien était organisé devant la cité judiciaire pendant l’audience.

Ainsi le 19 mai 2016 à 6h00 du matin, les militant·e·s s’étaient introduits dans plusieurs bouches du métro rennais pour y saboter des bornes d’accès. Grâce à des clefs, iels ont ouvert les boîtiers et débranché les fils, ou ont utilisé de la mousse expansive. Le même jour, la police arrêtait 20 personnes dans le cadre de cette affaire. Notons qu’avant même leur arrestation, une note des renseignements les désignait comme “un groupe paramilitaire”, “une mouvance d’ultra-gauche” prête à passer à l’action “lors de réunions conspiratrices”. Les militant·e·s contestent cette qualification mais ont refusé de communiquer sur leurs personnalités ou leurs vies actuelles et ce afin de ne pas être jugé selon leurs profil social.

À l’issue du procès, 19 personnes ont été déclarés coupables de dégradation ou tentative de dégradation ainsi que d’association de malfaiteur. Ils ont été condamné·e·s à 4 mois de prison avec sursis et de 150 et 300 euros d’amende. Seul un prévenu a écopé d’un mois de prison avec sursis, car il a été reconnu comme n’ayant pas participé directement aux actions.

Rassemblement de soutien aux inculpé·e·s de l'opération transports gratuits à Rennes

Rassemblement de soutien aux inculpé·e·s de l’opération transports gratuits à Rennes

Le 13 octobre 2017, Sandra Muller lance le hashtag #Balancetonporc : « ! Toi aussi raconte en donnant le nom et les détails d’un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends.» Puis, quelques heures plus tard : «Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit. Eric Brion, ex-patron de Equidia. #Balancetonporc.» Un an et demi plus tard, Eric Brion a décidé de l’attaquer en justice. Il réclame 50.000 euros de dommages et intérêts et la suppression du tweet dans lequel son nom apparaît. Sandra Muller sera jugée devant la 17e chambre civile du tribunal de grande instance de Paris.

Sandra Muller initiatrice du hashtag #Balancetonporc

Sandra Muller initiatrice du hashtag #Balancetonporc

Samedi 25 mai, un cortège parisien de la manifestation européenne “Stop Dublin” s’apprêtait à partir de La Chapelle pour exiger l’abrogation du règlement Dublin III. Pour rappel, selon ce règlement, le pays dans lequel a été formulée la demande d’asile étant celui qui est chargé de son instruction et de la décision finale, ce qui oblige pratiquement le demandeur à rester dans ce pays quelque soit sa destination réelle.

Au moment du rassemblement, des contrôles de police ont eu lieu entre le lieu de départ de la manifestation et la Porte de la Chapelle – où campent des centaines de personnes exilées. Neuf personnes ont été emmenées au commissariat dont cinq se rendaient à la manifestation. Parmi ces derniers, trois Soudanais du Darfour, un Sénégalais et un Malien. Parmi les autres personnes arrêtées, il y avait deux Maghrébins, un Indien et un Afghan. Tous ont été contrôlés au faciès.

L’un des Soudanais a été libéré, car il était sous assignation à résidence en procédure Dublin. Mais ses deux compatriotes, également en procédure Dublin, sont toujours détenus au centre de Vincennes. Le premier risque un renvoi vers l’Espagne. Le second risque un renvoi direct vers le Soudan, bien qu’il soit en procédure de réadmission Dublin vers l’Italie, et malgré les menaces qui pèsent sur lui en cas de retour dans son pays d’origine.

Voir ici l’appel pour leur libération

Stop Dublin

Stop Dublin

Mercredi 22 mai 2019, une Gilet Jaune de Toulouse a été condamnée à sept mois de prison dont deux mois fermes. Elle était accusée d’avoir diffusé le visage des policiers de la BAC sur Internet avec des légendes telles que « Voici l’ennemi ». En réalité, elle n’a fait que diffuser des images de violences policière sur Facebook, auxquels des gens ont réagi de manière véhémente contre la police.

Le tribunal l’a condamnée pour « complicité d’outrage et délit de diffusion d’images » à sept mois de prison dont cinq avec sursis, et mandat de dépôt à la clé. Elle devra verser 3 400 € aux policiers niçois visés. La Gilet Jaune est déjà en prison depuis début avril où elle purge une peine de sept mois de prison ferme suite à des violences en manifestation.

Les gilets jaunes à Paris (archive)

Les gilets jaunes à Paris (archive)

Un habitant de Vaas (Sarthe), David B., Gilet jaune mobilisé depuis le début du mouvement en novembre dernier, a été interpellé par les policiers et placé en garde à vue au Mans mardi 28 mai. Cette procédure fait suite au dépôt de deux plaintes, devant la gendarmerie de Château-du-Loir, par lui et son épouse le 18 février 2019 pour des violences policières.

Deux jours plus tôt, le 16 février, à l’occasion d’une manifestation des Gilets jaunes au Mans, David et sa femme, Vanina, ont été molestés par les policiers dans la rue du Port. Ils ont donc déposé une plainte chacun. Après une semaine la police a téléphoné pour fixer un rendez-vous à David pour audition, au Mans. Il donne son accord mais la veille du rendez-vous, le 23 mai, les policiers ont rappelé pour lui demander s’il était toujours d’accord pour venir. Il a répondu oui et on lui a alors expliqué qu’il serait placé en garde à vue à l’issue de l’audition. David a indiqué qu’il était une victime et qu’il ne viendrait pas s’il était placé en garde à vue. Le rendez-vous manqué du 24 mai n’a pas mis de temps à avoir des conséquences pour David: Il a été interpellé ce mardi 28 mai à son domicile et placé en garde à vue…

La manifestation des Gilets jaunes au Mans le 16 février

La manifestation des Gilets jaunes au Mans le 16 février